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LA
VOIX DES SANS - VOIX (VSV)
Rapport
d'information sur les personnes âgées à
Kinshasa/R.D.C.
Juillet
1999
B.P.
11.445
Bureau : Avenue des Ecuries
n° 3858
KINSHASA
I
R.D.
CONGO (EX-ZAIRE)
Kinshasa - Ngaliema
TELEPHONE
243-88-40394
(entre Kintambo/Magasin et Séminaire
Jean 23)
TELEPHONE
243-12-50514
et 243-12-50832
R.D. CONGO (EX-ZAIRE)
FAX.
243-12-34441 FAX 243-88-43527
FAX 243-88-40394
E-
mail : vsv@ic.cd
LES
PERSONNES AGEES DE PLUS EN PLUS
SANS
ASSISTANCE :
SOYONS
SOLIDAIRES AVEC ELLES A
L'OCCASION DE L'ANNEE INTERNATIONALE DES
PERSONNES AGEES 1999
Ont
contribué à la réalisation de ce rapport :
*
WILLY TUKAYENDJI
* FLORIBERT CHEBEYA
*
MICHELINE MAPANGALA
* EGYUNA KHADY MANGIAU
*
JUSTIN CHIBA
* TIMOTHE DIKUIZA
*
OIVIER KUNGWA.
Toute
personne a droit à un niveau de vie suffisant
pour assurer sa santé, son bien-être et ceux
de sa famille, notamment pour l'alimentation,
l'habillement, le logement, les soins médicaux
ainsi que pour le services sociaux nécessaires;
elle a le droit à la sécurité en cas de chômage,
de maladie, d'invalidité, de veuvage, de
vieillesse ou dans les autres cas de perte de
ses moyens de subsistance par suite de
circonstances
indépendantes de sa volonté
(Déclaration
Universelle des Droits de Homme, Art. 25, alinéa
1)
AVANT-PROPOS
A
l'occasion de l'année internationale des
personnes âgées en 1999, la Voix des Sans-Voix
pour les droits de l'homme (VSV) a voulu joindre
ses efforts à ceux de la communauté
internationale en vue de s'appesantir particulièrement
sur la situation de cette catégorie de la
population.
Le
présent rapport constitue une modeste
contribution de la VSV pour une prise de
conscience plus accrue en vue d'améliorer les
conditions de vie des personnes de troisième âge.
Ce
travail, qui est en fait le résultat des
plusieurs missions des descentes sur le terrain,
se présente comme une étape dans la réalisation
de l'objectif que
s'est assigné la VSV pour produire d'ici
fin 1999 un rapport global sur la situation des
personnes âgées en provinces de la république
démocratique du Congo (RDC).
Pour
la réalisation de ce rapport et autres démarches
ultérieures relatives aux personnes âgées, la
VSV adresse ses sentiments de profonde gratitude
à toutes les personnes morales et physiques qui
nous ont aidée et voudraient nous appuyer dans
cette laborieuse entreprise. La VSV remercie
particulièrement le consultant, monsieur Willy
Tukayendji Kiabua qui n'a ménagé aucun effort
pour la réalisation de ce rapport.
Enfin,
pour les imperfections éventuelles décelées
ça et là, la VSV sollicite l'indulgence des
lecteurs qu'elle invite d'ores et déjà à
contribuer à l'enrichissement de l'œuvre pour
que tous ensemble, nous puissions devenir plus
utiles aux
personnes âgées.
Nos
remerciements réitérés.
INTRODUCTION
Une
personne âgée est celle qui atteint l'âge de
la retraite. Cet âge diffère d'un pays à un
autre.
En
république démocratique du Congo (RDC), les
employés sont mis à la retraite à l'âge de
55 ans ou 60 ans, pour la fonction publique, et
de 60 ans ou 65 ans pour le secteur para-étatique
et privé.
En
milieu rural, les personnes âgées de 60 à 70
ans restent encore productives à moins que les
maladies ne les affaiblissent.
Problématique
de la prise en charge des personnes âgées vulnérables
CATEGORISATION
En
principe, une personne âgée en situation
d'ancien salarié, doit vivre de sa pension de
retraite ou de l'assurance vieillesse grâce à
ses quotes-parts retenues mensuellement par
l'employeur chargé de les verser à l'institut
national de sécurité sociale (INSS).
Concrètement,
en RDC actuellement, bénéficiaire d'une
pension, d'une assurance ou pas, les personnes
âgées vivant en milieu urbain sont à l'état
d'abandon par les pouvoirs publics. Celles qui
tiennent le coup sont les personnes âgées qui
avaient investi dans leurs enfants en leur
assurant une solide formation scolaire et
universitaire. Il en est de même de celles qui
avaient acheté au moins une maison ou autre
bien rentable placés en location ou autre forme
d'exploitation lucrative. Toutes les personnes
âgées ne sont pas faibles ou vulnérables. Ne
sont appelées personnes âgées vulnérables
que celles qui sont en situation de pauvreté et
de manque d'assistance.
Les
personnes âgées appartenant aux catégories
suivantes sont considérées comme en situation
particulièrement difficile. Il s'agit de :
-
personnes âgées mendiantes
- personnes âgées sans domicile fixe
-
personnes âgées dites " sorciers "
- personnes âgées abandonnées
-
personnes âgées infirmes, sans soutien
- personnes âgées de ou dans la rue
-
personnes âgées sans enfants
- personnes âgées dans les hospices
-
personnes âgées retraitées
- personnes âgées déplacées
Il
va sans dire qu'une personne âgée peut se
retrouver en situation de cumul des catégories
susmentionnées. C'est le cas, pour exemple,
d'une personne âgée qui est en même temps
sans domicile fixe, dite " sorcier ",
abandonnée, infirme sans soutien...
La
république démocratique du Congo (RDC) compte
(environ) 3,5% des personnes âgées. Ces
personnes ne sont pas toutes vulnérables mais
ne vivent pas non plus dans des conditions décentes
(normales) suite à l'état de précarité de la
majorité active de la population et à la démission
de l'Etat dans le domaine, notamment, socio-économique
et culturel. Les personnes âgées censées bénéficier
d'un soutien familial connaissent donc le même
sort que leurs protecteurs, à
savoir 78,5% de la population (totale) végétant
sous le poids de la misère.
CAUSES
Plusieurs
causes sont à la base de la vulnérabilité des
personnes âgées. Il s'agit de la détérioration
galopante de la situation socio-économique
entraînant la paupérisation croissante de la
population, du déplacement de la population et
l'explosion démographique urbaine, de la
disparition des modèles familiaux
traditionnels, de l'insuffisance des services
sociaux de base, particulièrement des hôpitaux
et des génatries, des coutumes rétrogrades.
En
ce qui concerne particulièrement les coutumes rétrogrades,
beaucoup de tribus ne tolèrent pas, par
exemple, la présence face à face du beau-fils
à côté de sa belle-mère, ni de la
belle-fille à côté de son beau-père.
En
milieu urbain, à cause de la promiscuité qui
caractérise les ménages congolais (60 %
occupent une maison de 2 chambres à coucher),
la personne âgée est de trop dans une famille.
Un grand-père ou une grande-mère par exemple
ne peut partager la même chambre avec ses
petits fils ou ses petites-filles. Plusieurs
coutumes fragilisent les personnes âgées
jusqu'à les pousser à l'abandon. Par contre,
les enfants qui acceptent de vivre avec leurs
parents âgés manquent souvent les moyens de
les entretenir.
La
vulnérabilité des personnes âgées se
manifeste au niveau de la santé, de
l'alimentation et de l'habitat : le désengagement
de l'Etat dans le secteur de la santé ne leur
permet pas de bénéficier d'un suivi médical
correct ; les nutritionnistes diététiciens ne
prennent pas en charge leur alimentation
; ces personnes âgées logent dans des édifices
abandonnés, des marchés et des gares
ferroviaires où elles vivent en dehors
des conditions d'hygiène élémentaire
tout le restant de leur vie. Très peu de
personnes âgées sont prises en charge par les
hospices où elles retrouvent une nouvelle vie.
Les
personnes âgées dites " sorciers "
sont d'office déclarées non grata et chassées
de la maison car elles représentent un danger
de mort.
Hormis
le problème lié à la coutume, toutes les
autres causes de la vulnérabilité de la
personne âgée gravitent autour d'un point
commun, à savoir la pauvreté.
Comme
conséquences, la vulnérabilité des personnes
âgées conduit à leur marginalisation par
rapport à la société et la famille,
exploitation par l'environnement économique et
social, désocialisation, exposition aux
maladies, au stress dû au manque d'affection,
la diminution de la durée de leur vie et leur
abandon.
En
milieu rural, la personne âgée est généralement
très respectée ; elle est une bibliothèque
vivante, voire une référence pour les jeunes.
Au
niveau du ministère des affaires sociales et
famille, les personne âgées sans soutien
peuvent être admises dans les hospices en vue
d'y recevoir hospitalité, encadrement et
assistance.
Institut
National de Sécurité Sociale (INSS)
La
pension de retraite est l'allocation dont bénéficie
une personne active ayant pris sa retraite à l'âge
de 65 ans, pour les hommes et 60 ans pour les
femmes. La retraite peut subvenir tôt avant 65
ans suite à un accident de travail ou suite à
la volonté du travailleur qui estime qu'il est
fatigué. Il existe trois sortes de pension :
Pension
de retraite normale : Ici, le travailleur
remplit toute les conditions : avoir 65 ans d'âge
et 32 ans de service. Le pensionné reçoit
chaque trimestre sa pension de retraite ;
lorsqu'il meurt, une pension des survivants
(pour la veuve et les orphelins) est payée. La
veuve doit présenter les documents suivants :
-
le brevet, de prestation sociale délivré par
l'INSS à toute personne retraitée normale.
-
l'attestation de mariage
-
le certificat de décès du mari
-
l'attestation d'inhumation du mari
-
les attestations de scolarité des enfants de
plus de 16 ans
-
les certificats de naissance des enfants de
moins de 16 ans.
Cette
pension est payée une seule fois.
L'allocation
unique de retraite est payée aux travailleurs
retraités qui n'ont pas rempli toutes les
conditions ; ils ont été mis en retraite avant
d'atteindre 65 ans, ils n'ont pas travaillé
pendant 32 ans au moins. Elle est payée une
seule fois.
Les
accidentés de service reçoivent une rente
relative à l'handicap qu'ils ont contracté au
travail. La rente dépend de l'avis du médecin
de l'INSS chargé de consulter tous les accidentés
de travail.
La
pension payée à la personne retraitée
provient des cotisations versées par cette
dernière durant les années de travail (3,5%
sur le salaire) et de la contribution de son
employeur pour chaque employé (5%) auprès de
l'INSS. Cette pension permet donc à la personne
de vivre après sa retraite.
HOSPICE
Kinshasa
compte sept hospices pour personnes âgées à
charge de l'Etat congolais et à charge des privés
religieux. Il s'agit pour la première catégorie,
de l'hospice de Kabinda et de Kintambo. Sont
rangés, dans le seconde catégorie, l'hospice
Saint Pierre (commune de Kinshasa), l'hospice
Saint François et l'hospice de l'Armée du
Salut (tous deux dans la commune de Kintambo),
l'hospice Bolingani (commune de Limete/Kingabwa)
et l'hospice Saint Marc (commune de Kimbanseke/Kingasani).
Conditions
d'admission dans un hospice de l'Etat
Toute
personne est habilitée à détecter un cas
d'indigence d'une personne âgée qu'elle porte
à la connaissance de la commune. C'est la
municipalité qui est chargée, à travers ses
assistant sociaux, de procéder aux enquêtes
aux fins de confirmer l'indigence de la personne
à prendre en charge. Un procès-verbal est
dressé à cet effet et est approuvé par le
bourgmestre. Le procès-verbal
est envoyé à la division urbaine des
affaires sociales pour l'établissement d'une
attestation d'indigence signée par le chef de
division.
C'est
seulement à cette condition que la personne
indigente peut se présenter à un hospice muni
de son attestation pour la prise en charge et
pour bénéficier aussi des soins médicaux
gratuits dans la institutions médicales de l'Etat.
1.
Hospice de Kabinda
Cet
hospice de l'Etat est situé
sur l'avenue Kabinda à proximité de
l'entrée principale de la Radio Télévision
Nationale Congolaise (RTNC), dans la commune de
Lingwala. Il dispose de deux bâtiments pouvant
accueillir une cinquantaine des pensionnaires.
L'unique bâtiment opérationnel
actuellement héberge douze personnes âgées
dont quatre femmes et huit hommes. L'autre en réfection
est pris en charge par la communauté hellénique
de Kinshasa.
L'hospice
de Kabinda dispose d'un centre de santé non
approvisionné en matériels et médicaments. Le
personnel médical, constitué d'un médecin,
d'un infirmier A1 et de trois infirmiers A3
s'occupent des soins médicaux, en plus des
personnes âgées, des malades extérieurs. Les
recettes consécutives aux prestations médicales
du centre de santé ne profitent pas aux
pensionnaires de l'hospice.
En
cas de décès, pour acquérir auprès de l'hôtel
de ville un cercueil et un moyen de transport
pour l'inhumation, les démarches sont tellement
longues et fatiguantes qu'il arrive souvent
qu'un cadavre entre en stade de décomposition.
La
restauration des pensionnaires à l'hospice de
Kabinda pose des problèmes très sérieux. Les
personnes âgées passent de fois trois jours
sans manger par manque des vivres, l'Etat ayant
pratiquement démissionné. Ce sont des
donateurs privés comme Mamans Catholiques,
Communauté hellénique... qui ponctuellement
offrent des vivres à l'hospice. Les personnes
âgées souffrant des maladies à régime sont
obligées de manger des aliments parfois
incompatibles. Il n'existe pas d'horaire fixe
des repas ; on mange lorsque la nourriture est
trouvée.
Comme
les pensionnaires de cet hospice meurent littéralement
de faim, ils sortent pour mendier dans la rue et
reviennent le soir pour dormir.
Mal
payé et donc démotivé, le personnel néglige
les pensionnaires qui se retrouvent
presqu'abandonnés ; les soins intimes, pourtant
indispensables, ne leur sont donnés que
rarement.
2.
Hospice de Kintambo
Situé
au croisement des avenues Lomami et Komoriko
dans la commune de Kintambo, cet hospice de l'Etat
est constitué d'un seul bâtiment mal entretenu
pouvant abriter au plus trente personnes.
Actuellement, l'effectif total est de onze
pensionnaires dont cinq hommes et six femmes.
Ils vivent dans des conditions sociales
inacceptables, exposés notamment aux intempéries.
Comme
il n'y existe pas de centre de santé, les
personnes âgées malades sont envoyées à
Kabinda pour y recevoir des soins médicaux. Ce
transfert est
fait au prix de multiples acrobaties
compte tenu de l'inexistence de moyen de
transport affecté aux hospices de l'Etat.
La
prise en
charge alimentaire pose autant des problèmes
qu'à l'hospice de Kabinda. Cette difficulté
est aggravée par l'emplacement défavorable de
l'hospice. Etant quelque peu caché,
il n'est pas très remarqué par la
population pour susciter l'attention agissante
des gens de bonne volonté, des donateurs privés.
Le
service rendu par le personnel est au minimum du
fait de mauvais paiement et du manque de matériel
de travail.
3.
Hospice Saint Marc de la paroisse
Saint Marc de Kingasani
Fondé
le 1er novembre 1977, cet hospice de la congrégation
des soeurs des pauvres de Bergam (Italie) a six
bâtiments : deux pour logement et infirmerie,
deux pour la buanderie
Les
pensionnaires qui y résident sont généralement
recommandés par la commune, les curés des
paroisses et autres religieux. L'hospice peut
accueillir au maximum 34 personnes, actuellement
elles sont 31 dont 24 femmes et 7 hommes. L'âge
approximatif est de 70 ans. On y trouve rarement
les personnes de moins de 60 ans.
Toutefois,
l'hospice Saint Marc a exceptionnellement
accueilli par compassion et devoir de charité
d'autres personnes nécessiteuses. Il s'agit,
notamment, de :
1.
Mademoiselle Asena Bibi, 32 ans, a été admise
à l'hospice le 9/05/98, elle a connu un
accident qui lui a causé une paralysie des
membres inférieurs.
2.
Madame Ngungu Aline, 42 ans, femme battue divorcée
et admise à l'hospice pour la protéger contre
les actes de violence et autres traitements de
son mari.
3.
Monsieur Jérôme, 15 ans, admis à l'hospice
parce qu'il était abandonné par ses parents.
Pour soupçons de sorcellerie, l'enfant a été
délaissé à l'âge de 4 ans maintenant, Jérôme
étudie à Kinsantu.
Les
soins médicaux dispensés aux personnes âgées
de l'hospice sont assurés par le personnel du
centre hospitalier de Kingasani. Les patients
souffrant de diabète, d'hypertension artérielle
et autres maladies sont bien suivis par les médecins
et infirmiers du centre hospitalier. Lorsque
survient un décès, tous les frais funéraires
sont à charge de la congrégation. Le fonds
assurant le restauration provient
essentiellement de la congrégation. Quelques
donateurs, comme Orgaman, PAM, Caritas, etc.
offrent ponctuellement des vivres à l'hospice.
Les pensionnaires bénéficient de trois repas
par jour : matin, midi et soir. Au petit-déjeuner,
du thé, du lait ou de la bouillie avec du pain
sont servis ; au déjeuner, du riz, du fufu, des
haricots, de la viande, du poulet, ou du poisson
et de légumes ; le dîner est la répétition
du petit-déjeuner. L'hospice respecte la
prescription alimentaire des malades à régime.
A
la fin du mois, chaque pensionnaire bénéficie
d'un peu d'argent de poche provenant de
l'hospice. Des activités productives sont exercées
par les personnes âgées elles-mêmes telles
que les travaux des jardins, la fabrication des
balais ou le nettoyage des locaux.
L'encadrement
spirituel est assuré par les prêtres qui
passent dire la messe et font faire la
confession. Le personnel est assez bien rémunéré
et travaille avec conscience, il est constitué
d'un infirmier du dispensaire, deux cuisinières,
trois mamans pour la buanderie et la toilette ou
soins hygiéniques des femmes, d'un homme pour
les soins des hommes et une sentinelle. Les
difficultés auxquelles est confronté l'hospice
sont l'approvisionnement en vivres et
l'irresponsabilité de certains employés qui
volent.
Compte
tenu des moyens financiers limités, l'hospice
n'est pas disposé à recevoir de nouveaux
pensionnaires.
4.
Hospice Saint François de Kintambo
Fondé
vers 1964, l'hospice Saint François est
constitué de trois bâtiments : un pour le
logement, un pour le restaurant et salle des
soins et un pour la cuisine et le dépôt.
Il
est à charge de la communauté Franciscaine
Missionnaire de Marie qui assure son
fonctionnement. Il peut recevoir au maximum
quatorze pensionnaires et actuellement, il en
compte onze dont sept hommes et quatre femmes.
Les personnes âgées acceptées par l'hospice
sont recommandées par les curés des paroisses
et par la commune. Toutes doivent posséder une
attestation d'indigence. La personne à admettre
doit avoir 60 ans ou plus.
Comme
il n' y a pas de centre de santé propre à
l'hospice, les malades sont transférés à l'hôpital
de Kintambo où ils bénéficient des soins médicaux
et de santé gratuits quelque soit la maladie déclarée.
Grâce aux fonds de la communauté, la
restauration des pensionnaires est assurée à
raison de trois repas par jour. Il leur est
servi au petit-déjeuner du thé, lait, pain ;
au déjeuner et dîner, du riz, du fufu ou de la
patate douce avec du poisson frais ou salé, de
haricots, de la sardine, de la viande... Le
repas de midi permet au pensionnaire de garder
une partie pour le soir. Ainsi les cuisiniers ne
sont plus obligés de revenir préparer. Vu
l'insuffisance du budget, l'hospice reçoit une
aide des donateurs privés, comme Caritas,
ambassade d'Espagne, d'Italie, de Belgique,
l'Ordre Souverain de Malte, etc.
L'hospice
connaît de problèmes des moyens financiers et
d'insuffisance du personnel. L'incidence de la
situation financière difficile se fait sentir
au niveau de l'approvisionnement en vivres, vêtements
et médicaments.
5.
Hospice Saint Pierre
C'est
l'hospice du diocèse de Kinshasa ; il a été
fondé en 1943 et comporte 3 grands bâtiments ;
il y a 24 chambres de 2 personnes par chambre,
un dispensaire, une lingerie, une buanderie, une
salle polyvalente, 2 bureaux, 2 magasins, 1
cuisine, 4 toilettes pour femmes, 4 toilettes
pour hommes, 4 douches pour femmes, 4 douches
pour hommes.
La
majorité des pensionnaires sont des personnes
âgées recommandées par les curés des
paroisses. Ces derniers doivent écrire à la
commission diocésaine Caritas et à la
directrice de l'hospice. Toute ces personnes
doivent disposer chacune d'une attestation
d'indigence. L'hospice peut recevoir au maximum
48 personnes, actuellement, il y en a 39 dont 26
femmes et 13 hommes. Tous ont l'âge de 70 ans
et plus. Le personnel du dispensaire assure les
soins médicaux aux pensionnaires, et pour des
cas graves, ils
sont transférés à l'hôpital Saint
Joseph/Limete. En cas de décès, les frais
relatifs à l'enterrement sont supportés par
l'hospice.
La
restauration des personnes âgées ne pose pas
beaucoup de problèmes ; le diocèse se charge
de l'approvisionnement régulier des vivres.
Trois repas sont servis de façon régulière en
tenant compte des malades à régime ; le matin,
du thé, lait, sucre et pain ; à midi, du riz
ou fufu avec du poulet, du poisson, de haricots
ou encore du poisson frais ou salé. Les légumes
accompagnent tous les repas de midi.
Les
pensionnaires participent quelques fois aux
travaux de l'hospice surtout à la cuisine. Une
messe précédée d'une confession est dite
chaque samedi pour l'encadrement spirituel des
pensionnaires.
L'hospice se plaint de la petitesse du
budget disponible et de la délicatesse
d'assurer une prise en charge psychologique des
personnes de troisième âge.
6.
Hospice Armée du Salut
L'hospice
a été fondé en 1969, il est situé au n°23,
avenue Boboliko dans la commune de Kintambo. Il
est composé de : 3 bâtiments de 4 chambres
chacun (2 personnes par chambre) ; 1 bâtiment
avec une cuisine, un réfectoire, une salle à
manger, les douches, lits pour invalides, d'un
chauffe-eau de 220 litres, des baignoires, des
machines à lessiver.
La
capacité maximale de l'hospice est de 30
personnes ; actuellement, il en contient 22 dont
6 hommes et 16 femmes. Une personne âgée qui
vient de la commune avec son attestation
d'indigence, vérifiée par l'assistante sociale
de l'hospice et pouvant s'adapter aux règlements
de la maison peut être admise sans problème.
L'âge autorisé est de 55 ans et plus.
Dans
la même enceinte où se trouve l'hospice, un
grand centre de santé de l'Armée du Salut
assure des soins médicaux aux pensionnaires,
les médicaments et matériel médical ne
faisant pas défaut.
L'approvisionnement
en vivres est régulier et les personnes âgées,
au réfectoire, mangent à leur faim à la
grande satisfaction de tous : la diversité des
plats et les menus spéciaux sont assurés au
petit-déjeuner, déjeuner et dîner. Le
personnel travaille dans de bonnes conditions,
avec une rémunération réaliste. Certains
pensionnaires font des activités productives et
le revenu leur sert d'argent de poche. En
limitant le nombre des pensionnaires à 30
personnes, l'hospice tient à sauvegarder
l'ambiance familiale en communauté.
7.
Hospice Bolingani
Sis
au n°21-23, sur avenue Katambi dans la commune
de Limete au quartier Kinga-bwa, l'hospice
Bolingani a été fondé vers 1980 et comporte
trois bâtiments : deux bâtiments pour le
logement des pensionnaires et le bâtiment de la
cuisine et du dépôt.
Comme
cet hospice est catholique, ce sont les légionnaires
qui détectent les cas à prendre en charge et
font appel à Caritas qui fait des enquêtes en
vue de confirmer l'indigence de ces personnes.
La capacité de ce home est de 13
personnes ; actuellement, il en compte 9 dont
une femme et huit hommes, dont certains
proviennent d'autres communes que Limeté.
L'âge
des pensionnaires varie de 60 à 110 ans. Pour
raisons humanitaires, une personne avec handicap
physique âgée de 49 ans a été admise à
titre exceptionnel, l'intéressé a une jambe
amputée et l'autre jambe est faible et ne peut
être utilisée.
Les
soins médicaux sont assurés par un infirmier
engagé par la paroisse. Il consulte, établit
des ordonnances ; les médicaments sont achetés
par le curé de la paroisse. Le cas échéant,
une personne âgée malade peut être
transférée au centre de santé Kizito. En cas
de décès, la paroisse prend en charge les frai
funéraires. La restauration est totalement à
charge du curé qui est aidé par des légionnaires
qui font des dons. Orgaman, Ordre Souverain de
Malte, Soyapro, PAM et autres font
ponctuellement de dons en vivres et vêtements
aux personnes âgées de l'hospice. On y sert
deux repas : matin et soir ; le matin, c'est du
thé, du lait, du sucre avec pain ; si l'on sert
de la bouillie, le pain est supprimé. Au soir,
du riz, du fufu est servi avec de poisson frais,
du poisson salé et séché, de haricots, etc.
Une
attention particulière est réservée aux
malades sous régime alimentaire spécial.
Le
personnel est pris en charge par l'Etat . Il
s'agit d'une cuisinière, d'une femme de salle,
d'un travailleur tous travaux, d'un économe et
d'une directrice.
L'insuffisance
de matériel de travail, l'approvisionnement non
régulier en vivres, vêtements et médicaments
sont les difficultés qu'éprouve l'hospice.
En
1993, sur 27000 personnes âgées nécessiteuse
recensées, 100 seulement étaient prises en
charge par les hospices, c'est-à-dire moins de
1%.
Le
ministère des affaires sociales et famille ne
dispose pas encore des résultats
de récentes enquêtes sur l'effectif
total des personnes âgées.
Au
regard de la détérioration continuelle des
conditions socio-économiques de la population,
il est possible le nombre des personnes âgées
ait sensiblement
augmenté alors que le nombre d'hospices
est resté statique ainsi que leur capacité
d'accueil.
CONSTATS
:
1.
Tous les hospices de l'Etat connaissent des
problèmes de fonctionnement et les conditions
de vie y sont déplorables.
2.
Les hospices privés fonctionnent normalement et
les personnes âgées y sont effectivement
prises en charge.
3.
La contribution de l'Etat à la prise en charge
des personnes âgées des hospices privés se
limite aux facilités sous forme d'exonérations
à l'importation des biens (matériels, véhicules,
médicaments...) qu'il accorde aux associations
reconnues par
le ministère des affaires sociales et famille.
Pour les catholiques, ces exonérations passent
par CARITAS et, pour les protestants, par CPRA
(entraide protestante au Congo). Aussi, l'Etat
assure la rémunération du personnel de
l'hospice Bolingani à Kingabwa dans la commune
de Limete.
Recommandations
Etat
congolais
1.
d'assurer une prise en charge effective et décente des personnes âgées au lieu de se contenter des actions
ponctuelles fortement médiatisées à
l'occasion des fêtes.
2.
de construire d'autres hospices
pour accueillir le sur plus
des personnes âgées laissées pour
compte.
3.
prévoir un budget à allouer au ministère des
affaires sociales et famille en faveur des
hospices.
4.
veuiller au respect des mécanismes de sécurité
sociale dans l'intérêt des personnes âgées.
5.
organiser une campagne de sensibilisation de la
population sur la situation des personnes âgées.
Population
Contribuer
à la prise en charge de des personnes âgées
en famille, en leur garantissant l'affection que
nécessite leur état psychologique et en
appuyant si possible les efforts de l'Etat pour
améliorer les conditions de vie des personnes
âgées en hospice.
CONCLUSION
Pour
éviter le risque de voir cette année se
terminer sans que les personnes âgées sentent
qu'elle est la leur, l'Etat congolais devrait dépasser
le niveau des slogans en posant plutôt
de gestes salvateurs
pour améliorer les conditions de vie des
personnes de troisième âge en assurant leur
prise en charge effective.
Avec
nous, apprenez à mieux connaître et défendre
les Droits de l'Homme, vos droits.
Réalisation :
La
Voix des Sans-Voix pour les Droits de l'homme (VSV)
Nouvelles
coordonnées (adresse):Avenue des Ecuries n°
3858
commune
de Ngaliema (entre Kintambo/Magasin et séminaire
jean 23)
B.P.
11445 Kinshasa I
République
Démocratique du Congo(RDC)
Téléphone
(243-88)40394 Téléphone (243-12)50514
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