LA VOIX DES SANS - VOIX (VSV)

Rapport d'information sur les personnes âgées à Kinshasa/R.D.C.

Juillet  1999

B.P. 11.445                                           Bureau : Avenue des Ecuries  n° 3858

KINSHASA I                                       R.D. CONGO (EX-ZAIRE)      Kinshasa - Ngaliema

TELEPHONE 243-88-40394                                    (entre Kintambo/Magasin et Séminaire Jean 23)

TELEPHONE 243-12-50514  et 243-12-50832                                                    R.D. CONGO (EX-ZAIRE)

FAX. 243-12-34441 FAX 243-88-43527  FAX 243-88-40394 

 E- mail : vsv@ic.cd

 

LES PERSONNES AGEES DE PLUS EN PLUS  SANS ASSISTANCE : SOYONS SOLIDAIRES AVEC ELLES A L'OCCASION DE L'ANNEE INTERNATIONALE DES PERSONNES AGEES 1999

Ont contribué à la réalisation de ce rapport :

* WILLY TUKAYENDJI                    * FLORIBERT CHEBEYA

* MICHELINE MAPANGALA                     * EGYUNA KHADY MANGIAU

*  JUSTIN CHIBA                         * TIMOTHE DIKUIZA

* OIVIER KUNGWA.

Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour le services sociaux nécessaires; elle a le droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances  indépendantes de sa volonté

(Déclaration Universelle des Droits de Homme, Art. 25, alinéa 1)

AVANT-PROPOS

A l'occasion de l'année internationale des personnes âgées en 1999, la Voix des Sans-Voix pour les droits de l'homme (VSV) a voulu joindre ses efforts à ceux de la communauté internationale en vue de s'appesantir particulièrement sur la situation de cette catégorie de la population.

Le présent rapport constitue une modeste contribution de la VSV pour une prise de conscience plus accrue en vue d'améliorer les conditions de vie des personnes de troisième âge.

Ce travail, qui est en fait le résultat des plusieurs missions des descentes sur le terrain, se présente comme une étape dans la réalisation de l'objectif que  s'est assigné la VSV pour produire d'ici fin 1999 un rapport global sur la situation des personnes âgées en provinces de la république démocratique du Congo (RDC).

Pour la réalisation de ce rapport et autres démarches ultérieures relatives aux personnes âgées, la VSV adresse ses sentiments de profonde gratitude à toutes les personnes morales et physiques qui nous ont aidée et voudraient nous appuyer dans cette laborieuse entreprise. La VSV remercie particulièrement le consultant, monsieur Willy Tukayendji Kiabua qui n'a ménagé aucun effort pour la réalisation de ce rapport.

Enfin, pour les imperfections éventuelles décelées ça et là, la VSV sollicite l'indulgence des lecteurs qu'elle invite d'ores et déjà à contribuer à l'enrichissement de l'œuvre pour que tous ensemble, nous puissions devenir plus utiles aux  personnes âgées.

Nos remerciements réitérés.

INTRODUCTION

Une personne âgée est celle qui atteint l'âge de la retraite. Cet âge diffère d'un pays à un autre.

En république démocratique du Congo (RDC), les employés sont mis à la retraite à l'âge de 55 ans ou 60 ans, pour la fonction publique, et de 60 ans ou 65 ans pour le secteur para-étatique et privé.

En milieu rural, les personnes âgées de 60 à 70 ans restent encore productives à moins que les maladies ne les affaiblissent.

Problématique de la prise en charge des personnes âgées vulnérables

CATEGORISATION

En principe, une personne âgée en situation d'ancien salarié, doit vivre de sa pension de retraite ou de l'assurance vieillesse grâce à ses quotes-parts retenues mensuellement par l'employeur chargé de les verser à l'institut national de sécurité sociale (INSS).

Concrètement, en RDC actuellement, bénéficiaire d'une pension, d'une assurance ou pas, les personnes âgées vivant en milieu urbain sont à l'état d'abandon par les pouvoirs publics. Celles qui tiennent le coup sont les personnes âgées qui avaient investi dans leurs enfants en leur assurant une solide formation scolaire et universitaire. Il en est de même de celles qui avaient acheté au moins une maison ou autre bien rentable placés en location ou autre forme d'exploitation lucrative. Toutes les personnes âgées ne sont pas faibles ou vulnérables. Ne sont appelées personnes âgées vulnérables que celles qui sont en situation de pauvreté et de manque d'assistance.

Les personnes âgées appartenant aux catégories suivantes sont considérées comme en situation particulièrement difficile. Il s'agit de :

- personnes âgées mendiantes              - personnes âgées sans domicile fixe

- personnes âgées dites " sorciers "                  - personnes âgées abandonnées

- personnes âgées infirmes, sans soutien            - personnes âgées de ou dans la rue

- personnes âgées sans enfants                 - personnes âgées dans les hospices

- personnes âgées retraitées                    - personnes âgées déplacées

Il va sans dire qu'une personne âgée peut se retrouver en situation de cumul des catégories susmentionnées. C'est le cas, pour exemple, d'une personne âgée qui est en même temps sans domicile fixe, dite " sorcier ", abandonnée, infirme sans soutien...

La république démocratique du Congo (RDC) compte (environ) 3,5% des personnes âgées. Ces personnes ne sont pas toutes vulnérables mais ne vivent pas non plus dans des conditions décentes (normales) suite à l'état de précarité de la majorité active de la population et à la démission de l'Etat dans le domaine, notamment, socio-économique et culturel. Les personnes âgées censées bénéficier d'un soutien familial connaissent donc le même sort que leurs protecteurs, à  savoir 78,5% de la population (totale) végétant sous le poids de la misère.

CAUSES

Plusieurs causes sont à la base de la vulnérabilité des personnes âgées. Il s'agit de la détérioration galopante de la situation socio-économique entraînant la paupérisation croissante de la population, du déplacement de la population et l'explosion démographique urbaine, de la disparition des modèles familiaux traditionnels, de l'insuffisance des services sociaux de base, particulièrement des hôpitaux et des génatries, des coutumes rétrogrades.

En ce qui concerne particulièrement les coutumes rétrogrades, beaucoup de tribus ne tolèrent pas, par exemple, la présence face à face du beau-fils à côté de sa belle-mère, ni de la belle-fille à côté de son beau-père.

En milieu urbain, à cause de la promiscuité qui caractérise les ménages congolais (60 % occupent une maison de 2 chambres à coucher), la personne âgée est de trop dans une famille. Un grand-père ou une grande-mère par exemple ne peut partager la même chambre avec ses petits fils ou ses petites-filles. Plusieurs coutumes fragilisent les personnes âgées jusqu'à les pousser à l'abandon. Par contre, les enfants qui acceptent de vivre avec leurs parents âgés manquent souvent les moyens de les entretenir.

La vulnérabilité des personnes âgées se manifeste au niveau de la santé, de l'alimentation et de l'habitat : le désengagement de l'Etat dans le secteur de la santé ne leur permet pas de bénéficier d'un suivi médical correct ; les nutritionnistes diététiciens ne  prennent pas en charge leur alimentation ; ces personnes âgées logent dans des édifices abandonnés, des marchés et des gares ferroviaires où elles vivent en dehors  des conditions d'hygiène élémentaire tout le restant de leur vie. Très peu de personnes âgées sont prises en charge par les hospices où elles retrouvent une nouvelle vie.

Les personnes âgées dites " sorciers " sont d'office déclarées non grata et chassées de la maison car elles représentent un danger de mort.

Hormis le problème lié à la coutume, toutes les autres causes de la vulnérabilité de la personne âgée gravitent autour d'un point commun, à savoir la pauvreté.

Comme conséquences, la vulnérabilité des personnes âgées conduit à leur marginalisation par rapport à la société et la famille, exploitation par l'environnement économique et social, désocialisation, exposition aux maladies, au stress dû au manque d'affection, la diminution de la durée de leur vie et leur abandon.

En milieu rural, la personne âgée est généralement très respectée ; elle est une bibliothèque vivante, voire une référence pour les jeunes.

Au niveau du ministère des affaires sociales et famille, les personne âgées sans soutien peuvent être admises dans les hospices en vue d'y recevoir hospitalité, encadrement et assistance.

Institut National de Sécurité Sociale (INSS)

La pension de retraite est l'allocation dont bénéficie une personne active ayant pris sa retraite à l'âge de 65 ans, pour les hommes et 60 ans pour les femmes. La retraite peut subvenir tôt avant 65 ans suite à un accident de travail ou suite à la volonté du travailleur qui estime qu'il est fatigué. Il existe trois sortes de pension :

Pension de retraite normale : Ici, le travailleur remplit toute les conditions : avoir 65 ans d'âge et 32 ans de service. Le pensionné reçoit chaque trimestre sa pension de retraite ; lorsqu'il meurt, une pension des survivants (pour la veuve et les orphelins) est payée. La veuve doit présenter les documents suivants :

- le brevet, de prestation sociale délivré par l'INSS à toute personne retraitée normale.

- l'attestation de mariage

- le certificat de décès du mari

- l'attestation d'inhumation du mari

- les attestations de scolarité des enfants de plus de 16 ans

- les certificats de naissance des enfants de moins de 16 ans.

Cette pension est payée une seule fois.

L'allocation unique de retraite est payée aux travailleurs retraités qui n'ont pas rempli toutes les conditions ; ils ont été mis en retraite avant d'atteindre 65 ans, ils n'ont pas travaillé pendant 32 ans au moins. Elle est payée une seule fois.

Les accidentés de service reçoivent une rente relative à l'handicap qu'ils ont contracté au travail. La rente dépend de l'avis du médecin de l'INSS chargé de consulter tous les accidentés de travail.

La pension payée à la personne retraitée provient des cotisations versées par cette dernière durant les années de travail (3,5% sur le salaire) et de la contribution de son employeur pour chaque employé (5%) auprès de l'INSS. Cette pension permet donc à la personne de vivre après sa retraite.

HOSPICE

Kinshasa compte sept hospices pour personnes âgées à charge de l'Etat congolais et à charge des privés religieux. Il s'agit pour la première catégorie, de l'hospice de Kabinda et de Kintambo. Sont rangés, dans le seconde catégorie, l'hospice Saint Pierre (commune de Kinshasa), l'hospice Saint François et l'hospice de l'Armée du Salut (tous deux dans la commune de Kintambo), l'hospice Bolingani (commune de Limete/Kingabwa) et l'hospice Saint Marc (commune de Kimbanseke/Kingasani).

Conditions d'admission dans un hospice de l'Etat

Toute personne est habilitée à détecter un cas d'indigence d'une personne âgée qu'elle porte à la connaissance de la commune. C'est la municipalité qui est chargée, à travers ses assistant sociaux, de procéder aux enquêtes aux fins de confirmer l'indigence de la personne à prendre en charge. Un procès-verbal est dressé à cet effet et est approuvé par le bourgmestre. Le procès-verbal  est envoyé à la division urbaine des affaires sociales pour l'établissement d'une attestation d'indigence signée par le chef de division.

C'est seulement à cette condition que la personne indigente peut se présenter à un hospice muni de son attestation pour la prise en charge et pour bénéficier aussi des soins médicaux gratuits dans la institutions médicales de l'Etat.

1. Hospice de Kabinda

Cet hospice de l'Etat est situé  sur l'avenue Kabinda à proximité de l'entrée principale de la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC), dans la commune de Lingwala. Il dispose de deux bâtiments pouvant accueillir une cinquantaine des pensionnaires.  L'unique bâtiment opérationnel actuellement héberge douze personnes âgées dont quatre femmes et huit hommes. L'autre en réfection est pris en charge par la communauté hellénique de Kinshasa.

L'hospice de Kabinda dispose d'un centre de santé non approvisionné en matériels et médicaments. Le personnel médical, constitué d'un médecin, d'un infirmier A1 et de trois infirmiers A3 s'occupent des soins médicaux, en plus des personnes âgées, des malades extérieurs. Les recettes consécutives aux prestations médicales du centre de santé ne profitent pas aux pensionnaires de l'hospice.

En cas de décès, pour acquérir auprès de l'hôtel de ville un cercueil et un moyen de transport pour l'inhumation, les démarches sont tellement longues et fatiguantes qu'il arrive souvent qu'un cadavre entre en stade de décomposition.

La restauration des pensionnaires à l'hospice de Kabinda pose des problèmes très sérieux. Les personnes âgées passent de fois trois jours sans manger par manque des vivres, l'Etat ayant pratiquement démissionné. Ce sont des donateurs privés comme Mamans Catholiques, Communauté hellénique... qui ponctuellement offrent des vivres à l'hospice. Les personnes âgées souffrant des maladies à régime sont obligées de manger des aliments parfois incompatibles. Il n'existe pas d'horaire fixe des repas ; on mange lorsque la nourriture est trouvée.

Comme les pensionnaires de cet hospice meurent littéralement de faim, ils sortent pour mendier dans la rue et reviennent le soir pour dormir.

Mal payé et donc démotivé, le personnel néglige les pensionnaires qui se retrouvent presqu'abandonnés ; les soins intimes, pourtant indispensables, ne leur sont donnés que rarement.

2. Hospice de Kintambo

Situé au croisement des avenues Lomami et Komoriko dans la commune de Kintambo, cet hospice de l'Etat est constitué d'un seul bâtiment mal entretenu pouvant abriter au plus trente personnes. Actuellement, l'effectif total est de onze pensionnaires dont cinq hommes et six femmes. Ils vivent dans des conditions sociales inacceptables, exposés notamment aux intempéries.

Comme il n'y existe pas de centre de santé, les personnes âgées malades sont envoyées à Kabinda pour y recevoir des soins médicaux. Ce transfert est  fait au prix de multiples acrobaties  compte tenu de l'inexistence de moyen de transport affecté aux hospices de l'Etat.

La prise  en charge alimentaire pose autant des problèmes qu'à l'hospice de Kabinda. Cette difficulté est aggravée par l'emplacement défavorable de l'hospice. Etant quelque peu caché,  il n'est pas très remarqué par la population pour susciter l'attention agissante des gens de bonne volonté, des donateurs privés.

Le service rendu par le personnel est au minimum du fait de mauvais paiement et du manque de matériel de travail.

3. Hospice Saint Marc de la paroisse  Saint Marc de Kingasani

Fondé le 1er novembre 1977, cet hospice de la congrégation des soeurs des pauvres de Bergam (Italie) a six bâtiments : deux pour logement et infirmerie, deux pour la buanderie

Les pensionnaires qui y résident sont généralement recommandés par la commune, les curés des paroisses et autres religieux. L'hospice peut accueillir au maximum 34 personnes, actuellement elles sont 31 dont 24 femmes et 7 hommes. L'âge approximatif est de 70 ans. On y trouve rarement les personnes de moins de 60 ans.

Toutefois, l'hospice Saint Marc a exceptionnellement accueilli par compassion et devoir de charité d'autres personnes nécessiteuses. Il s'agit, notamment, de :

1. Mademoiselle Asena Bibi, 32 ans, a été admise à l'hospice le 9/05/98, elle a connu un accident qui lui a causé une paralysie des membres inférieurs.

2. Madame Ngungu Aline, 42 ans, femme battue divorcée et admise à l'hospice pour la protéger contre les actes de violence et autres traitements de son mari.

3. Monsieur Jérôme, 15 ans, admis à l'hospice parce qu'il était abandonné par ses parents. Pour soupçons de sorcellerie, l'enfant a été délaissé à l'âge de 4 ans maintenant, Jérôme étudie à Kinsantu.

Les soins médicaux dispensés aux personnes âgées de l'hospice sont assurés par le personnel du centre hospitalier de Kingasani. Les patients souffrant de diabète, d'hypertension artérielle et autres maladies sont bien suivis par les médecins et infirmiers du centre hospitalier. Lorsque survient un décès, tous les frais funéraires sont à charge de la congrégation. Le fonds assurant le restauration provient essentiellement de la congrégation. Quelques donateurs, comme Orgaman, PAM, Caritas, etc. offrent ponctuellement des vivres à l'hospice. Les pensionnaires bénéficient de trois repas par jour : matin, midi et soir. Au petit-déjeuner, du thé, du lait ou de la bouillie avec du pain sont servis ; au déjeuner, du riz, du fufu, des haricots, de la viande, du poulet, ou du poisson et de légumes ; le dîner est la répétition du petit-déjeuner. L'hospice respecte la prescription alimentaire des malades à régime. 

A la fin du mois, chaque pensionnaire bénéficie d'un peu d'argent de poche provenant de l'hospice. Des activités productives sont exercées par les personnes âgées elles-mêmes telles que les travaux des jardins, la fabrication des balais ou le nettoyage des locaux.

L'encadrement spirituel est assuré par les prêtres qui passent dire la messe et font faire la confession. Le personnel est assez bien rémunéré et travaille avec conscience, il est constitué d'un infirmier du dispensaire, deux cuisinières, trois mamans pour la buanderie et la toilette ou soins hygiéniques des femmes, d'un homme pour les soins des hommes et une sentinelle. Les difficultés auxquelles est confronté l'hospice sont l'approvisionnement en vivres et l'irresponsabilité de certains employés qui volent.

Compte tenu des moyens financiers limités, l'hospice n'est pas disposé à recevoir de nouveaux pensionnaires.

4. Hospice Saint François de Kintambo

Fondé vers 1964, l'hospice Saint François est constitué de trois bâtiments : un pour le logement, un pour le restaurant et salle des soins et un pour la cuisine et le dépôt.

Il est à charge de la communauté Franciscaine Missionnaire de Marie qui assure son fonctionnement. Il peut recevoir au maximum quatorze pensionnaires et actuellement, il en compte onze dont sept hommes et quatre femmes. Les personnes âgées acceptées par l'hospice sont recommandées par les curés des paroisses et par la commune. Toutes doivent posséder une attestation d'indigence. La personne à admettre doit avoir 60 ans ou plus.

Comme il n' y a pas de centre de santé propre à l'hospice, les malades sont transférés à l'hôpital de Kintambo où ils bénéficient des soins médicaux et de santé gratuits quelque soit la maladie déclarée. Grâce aux fonds de la communauté, la restauration des pensionnaires est assurée à raison de trois repas par jour. Il leur est servi au petit-déjeuner du thé, lait, pain ; au déjeuner et dîner, du riz, du fufu ou de la patate douce avec du poisson frais ou salé, de haricots, de la sardine, de la viande... Le repas de midi permet au pensionnaire de garder une partie pour le soir. Ainsi les cuisiniers ne sont plus obligés de revenir préparer. Vu l'insuffisance du budget, l'hospice reçoit une aide des donateurs privés, comme Caritas, ambassade d'Espagne, d'Italie, de Belgique, l'Ordre Souverain de Malte, etc.

L'hospice connaît de problèmes des moyens financiers et d'insuffisance du personnel. L'incidence de la situation financière difficile se fait sentir au niveau de l'approvisionnement en vivres, vêtements et médicaments.

5. Hospice Saint Pierre

C'est l'hospice du diocèse de Kinshasa ; il a été fondé en 1943 et comporte 3 grands bâtiments ; il y a 24 chambres de 2 personnes par chambre, un dispensaire, une lingerie, une buanderie, une salle polyvalente, 2 bureaux, 2 magasins, 1 cuisine, 4 toilettes pour femmes, 4 toilettes pour hommes, 4 douches pour femmes, 4 douches pour hommes.

La majorité des pensionnaires sont des personnes âgées recommandées par les curés des paroisses. Ces derniers doivent écrire à la commission diocésaine Caritas et à la directrice de l'hospice. Toute ces personnes doivent disposer chacune d'une attestation d'indigence. L'hospice peut recevoir au maximum 48 personnes, actuellement, il y en a 39 dont 26 femmes et 13 hommes. Tous ont l'âge de 70 ans et plus. Le personnel du dispensaire assure les soins médicaux aux pensionnaires, et pour des cas graves, ils  sont transférés à l'hôpital Saint Joseph/Limete. En cas de décès, les frais relatifs à l'enterrement sont supportés par l'hospice.

La restauration des personnes âgées ne pose pas beaucoup de problèmes ; le diocèse se charge de l'approvisionnement régulier des vivres. Trois repas sont servis de façon régulière en tenant compte des malades à régime ; le matin, du thé, lait, sucre et pain ; à midi, du riz ou fufu avec du poulet, du poisson, de haricots ou encore du poisson frais ou salé. Les légumes accompagnent tous les repas de midi.

Les pensionnaires participent quelques fois aux travaux de l'hospice surtout à la cuisine. Une messe précédée d'une confession est dite chaque samedi pour l'encadrement spirituel des pensionnaires.  L'hospice se plaint de la petitesse du budget disponible et de la délicatesse d'assurer une prise en charge psychologique des personnes de troisième âge.

6. Hospice Armée du Salut

L'hospice a été fondé en 1969, il est situé au n°23, avenue Boboliko dans la commune de Kintambo. Il est composé de : 3 bâtiments de 4 chambres chacun (2 personnes par chambre) ; 1 bâtiment avec une cuisine, un réfectoire, une salle à manger, les douches, lits pour invalides, d'un chauffe-eau de 220 litres, des baignoires, des machines à lessiver.

La capacité maximale de l'hospice est de 30 personnes ; actuellement, il en contient 22 dont 6 hommes et 16 femmes. Une personne âgée qui vient de la commune avec son attestation d'indigence, vérifiée par l'assistante sociale de l'hospice et pouvant s'adapter aux règlements de la maison peut être admise sans problème. L'âge autorisé est de 55 ans et plus. 

Dans la même enceinte où se trouve l'hospice, un grand centre de santé de l'Armée du Salut assure des soins médicaux aux pensionnaires, les médicaments et matériel médical ne faisant pas défaut.

L'approvisionnement en vivres est régulier et les personnes âgées, au réfectoire, mangent à leur faim à la grande satisfaction de tous : la diversité des plats et les menus spéciaux sont assurés au petit-déjeuner, déjeuner et dîner. Le personnel travaille dans de bonnes conditions, avec une rémunération réaliste. Certains pensionnaires font des activités productives et le revenu leur sert d'argent de poche. En limitant le nombre des pensionnaires à 30 personnes, l'hospice tient à sauvegarder l'ambiance familiale en communauté.

7. Hospice Bolingani

Sis au n°21-23, sur avenue Katambi dans la commune de Limete au quartier Kinga-bwa, l'hospice Bolingani a été fondé vers 1980 et comporte trois bâtiments : deux bâtiments pour le logement des pensionnaires et le bâtiment de la cuisine et du dépôt.

Comme cet hospice est catholique, ce sont les légionnaires qui détectent les cas à prendre en charge et font appel à Caritas qui fait des enquêtes en vue de confirmer l'indigence de ces personnes.  La capacité de ce home est de 13 personnes ; actuellement, il en compte 9 dont une femme et huit hommes, dont certains proviennent d'autres communes que Limeté.

L'âge des pensionnaires varie de 60 à 110 ans. Pour raisons humanitaires, une personne avec handicap physique âgée de 49 ans a été admise à titre exceptionnel, l'intéressé a une jambe amputée et l'autre jambe est faible et ne peut être utilisée.

Les soins médicaux sont assurés par un infirmier engagé par la paroisse. Il consulte, établit des ordonnances ; les médicaments sont achetés par le curé de la paroisse. Le cas échéant,  une personne âgée malade peut être transférée au centre de santé Kizito. En cas de décès, la paroisse prend en charge les frai funéraires. La restauration est totalement à charge du curé qui est aidé par des légionnaires qui font des dons. Orgaman, Ordre Souverain de Malte, Soyapro, PAM et autres font ponctuellement de dons en vivres et vêtements aux personnes âgées de l'hospice. On y sert deux repas : matin et soir ; le matin, c'est du thé, du lait, du sucre avec pain ; si l'on sert de la bouillie, le pain est supprimé. Au soir, du riz, du fufu est servi avec de poisson frais, du poisson salé et séché, de haricots, etc.

Une attention particulière est réservée aux malades sous régime alimentaire spécial.

Le personnel est pris en charge par l'Etat . Il s'agit d'une cuisinière, d'une femme de salle, d'un travailleur tous travaux, d'un économe et d'une directrice.

L'insuffisance de matériel de travail, l'approvisionnement non régulier en vivres, vêtements et médicaments sont les difficultés qu'éprouve l'hospice.  

En 1993, sur 27000 personnes âgées nécessiteuse recensées, 100 seulement étaient prises en charge par les hospices, c'est-à-dire moins de 1%.

Le ministère des affaires sociales et famille ne dispose pas encore des résultats  de récentes enquêtes sur l'effectif total des personnes âgées.

Au regard de la détérioration continuelle des conditions socio-économiques de la population, il est possible le nombre des personnes âgées ait sensiblement  augmenté alors que le nombre d'hospices est resté statique ainsi que leur capacité d'accueil.

CONSTATS :

1. Tous les hospices de l'Etat connaissent des problèmes de fonctionnement et les conditions de vie y sont déplorables.

2. Les hospices privés fonctionnent normalement et les personnes âgées y sont effectivement prises en charge.

3. La contribution de l'Etat à la prise en charge des personnes âgées des hospices privés se limite aux facilités sous forme d'exonérations à l'importation des biens (matériels, véhicules, médicaments...) qu'il accorde aux associations reconnues  par le ministère des affaires sociales et famille. Pour les catholiques, ces exonérations passent par CARITAS et, pour les protestants, par CPRA (entraide protestante au Congo). Aussi, l'Etat assure la rémunération du personnel de l'hospice Bolingani à Kingabwa dans la commune de Limete.

Recommandations

Etat congolais

1. d'assurer une prise en charge effective et décente  des personnes âgées au lieu de se contenter des actions ponctuelles fortement médiatisées à l'occasion des fêtes.

2. de construire d'autres hospices  pour accueillir le sur plus  des personnes âgées laissées pour compte.

3. prévoir un budget à allouer au ministère des affaires sociales et famille en faveur des hospices.

4. veuiller au respect des mécanismes de sécurité sociale dans l'intérêt des personnes âgées.

5. organiser une campagne de sensibilisation de la population sur la situation des personnes âgées.

Population

Contribuer à la prise en charge de des personnes âgées en famille, en leur garantissant l'affection que nécessite leur état psychologique et en appuyant si possible les efforts de l'Etat pour améliorer les conditions de vie des personnes âgées en hospice.

CONCLUSION

Pour éviter le risque de voir cette année se terminer sans que les personnes âgées sentent qu'elle est la leur, l'Etat congolais devrait dépasser  le niveau des slogans en posant plutôt de gestes salvateurs  pour améliorer les conditions de vie des personnes de troisième âge en assurant leur prise en charge effective.

Avec nous, apprenez à mieux connaître et défendre les Droits de l'Homme, vos droits.

Réalisation   :

La Voix des Sans-Voix pour les Droits de l'homme (VSV)

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