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INSECURITE
Vendredi
11 juin 1999 vers 11h00', Mme Mundele Ngamazika
est renversée non loin du marché Hindou à
Kingasani/Terminus, commune de Kimbanseke par un
véhicule militaire immatriculé 026
transportant des hommes en uniforme.
S'étant arrêté, un des militaires a récupéré
la victime pour l'acheminer à l'hôpital Roi
Baudouin Ier à Masina. Elle a été abandonnée
à elle-même sans traitement et a dû succomber
quelque temps plus tard. Quand au conducteur du
véhicule qui s'était enfui, il a été rattrapé
par les agents de la police du sous-commissariat
de Kingasani/Pascal où il a été détenu et
finalement relâché. Les recherches effectuées
par les membres de famille de la victime ont
permis de localiser le conducteur, auteur de
l'accident qui est un élément du centre de
formation militaire de Kibomango/commune de
Maluku.
Dimanche
13 juin 1999, monsieur Mesa Zoza, domicilié sur
avenue Nganga, quartier Kingabwa, commune de
Limete est mort suite aux sévices corporels lui
infligés la veille par les éléments des
Forces Armées Congolaises (FAC). Ces derniers
en faction à une barrière à Kingabwa avaient
interpellé monsieur Mesa Zoza qui regagnait son
domicile vers 16 heures et lui ont exigé de
verser le droit de péage avec le riz qu'il
transportait, comme cela se fait avec tout le
monde qui emprunte ce chemin. Suite à son
refus, M. Mesa Zoza sera récupéré, battu sévèrement
et abandonné à demi-mort, tout saignant.
Acheminé d'urgence au " centre catholique
Liziba Lya Bomoi "à Kingabwa/Limete, la
victime a succombé.
Mercredi
07 juillet 1999 vers 20 heures 00', monsieur
Charles Bokeleale, fils de monseigneur Bokeleale,
ancien président de l'Eglise du Christ au Congo
(ECC) est abattu de deux balles lui tirées par
trois hommes armés non autrement identifiés
sur l'avenue du 08 décembre, commune de
Banda-lungwa à côté du bureau de la Communauté
Baptiste au Congo (CBCO). La victime, agent à
la Banque Centrale du Congo (BCC) assumait aussi
la charge de chef du protocole de la paroisse
internationale protestante de Kinshasa. M.
Charles Bokeleale a voulu acheter des oranges
lorsqu'il a été tué. Sa voiture BMW a été
emportée à l'issue de ce forfait. La victime a
été inhumée vendredi 16 juillet 1999 au
cimetière de Gombe.
Vendredi
16 juillet 1999 vers 2 heures du matin, le
domicile de monsieur Nsilu " père double
"est investi par un groupe d'hommes armés
en uniforme. Un des malfaiteurs s'est fait
ouvrir la porte sous menace pendant que ses
complices s'étaient postés dans les différents
endroits de la parcelle. Au moment où M. Nsilu
a ouvert la porte, son fils Vassily Nsilu, âgé
de 12 ans s'est approché derrière lui.
Craignant une ruse ou un piège, un des éléments
a tiré deux coups de balle dont l'une a atteint
M.Nsilu le blessant grièvement, l'autre a fini
par fracasser la tête de son fils, le tuant sur
le champ. Après ce forfait, les bandits ont
pris la fuite à l'instant où la mère de la
victime a commencé à pousser des cris de détresse.
Dans
la nuit de samedi 07 à dimanche 08 août 1999
vers 02 heures du matin, monsieur Jean-Bienvenu
Matoudidi, homme d'affaires résidant à Binza
Ozone, commune de Ngaliema, en compagnie de son
épouse, est agressé dans sa ferme agricole,
située au plateau de Bateke, localité Mose,
commune de Maluku par un groupe
d'hommes armés venus à bord d'une jeep
Isuzu Trooper non immatriculée de couleur grise
dont quatre en uniforme et un en tenue civile.
Les agresseurs se sont fait ouvrir la porte de
la maison sous menace d'armes et le couple a été
vite entraîné dans la cour ainsi que les trois
travailleurs et leurs épouses récupérés dans
une maison en annexe. Ces hommes s'exprimaient
en swahili et ont exhibé d'une manière
imperceptible " un bulletin de recherche
permanent " aux écrits indéchiffrables.
Sous prétexte de rechercher les armes et les
infiltrés dans la ferme, tous les occupants ont
été tenus en respect et madame Umba, épouse
de M.Matoudidi a été dénudée. Pour avoir osé
protester contre ce traitement
dégradant, M. Matoudidi a été
brutalement repoussé par des coups de crosse
lui assenés à l'épaule gauche et au dos avant
d'être conduit au camp militaire de Kibomango.
Avant de quitter la ferme, ces militaires ont dégonflé
à l'aide des baïonnettes les pneus d'une
pick-up trouvée sur place. 25 litres d'essence,
5 litres d'huile moteur, un carton de piles et
une somme d'argent ont été emportés par les
agresseurs. M. Jean-Bienvenu Matoudidi a fait
l'objet des sévices corporels ponctués par des
coups de cordelettes lui administrés avant d'être
soumis à un interrogatoire sommaire axé
essentiellement sur sa ferme ayant appartenu à
un ancien dignitaire sous le régime Mobutu. Des
menaces lui ont été proférées par la suite
avec injonction d'abandonner la ferme afin d'éviter
le pire. Il a été relâché le 10 août 1999.
C'est pour la seconde fois que M. Matoudidi fait
l'objet d'une agression, la première ayant été
perpétrée mercredi 12 mai 1999 par des hommes
en uniforme.
Jeudi
19 août 1999 vers 18h15', M. Simon Mbaki, âgé
de 34 ans, commerçant et propriétaire d'une
petite imprimerie située à Kingasani a été
interpellé à l'arrêt Kingasani/Pascal par six
hommes armés à bord d'une Land Rover de
couleur blanche dont quatre en uniforme avec
armes et deux en tenue civile. Embarqué, il a
été acheminé au Centre d'Entraînement des
Troupes Aéroportées (CETA) où après
audition, il sera détenu dans un cachot sans
lumière. M. Mbaki Simon a fait l'objet d'une
bastonnade sévère dont 30 coups de cordelette
lui infligés pendant cinq jours de suite.
L'interrogatoire qui s'en est suivi a été
axé sur les travaux effectués dans son
imprimerie. Pendant sa détention, son
imprimerie a été perquisitionnée et certains
matériels emportés. Il lui est reproché
l'impression
des journaux et autres documents taxés
de " séditieux ". Il a été libéré
samedi 28 août 1999 à 14 heures moyennant une
caution de 1800 francs congolais (FC).
EXECUTIONS
: CONDAMNES A MORT
Mercredi
28 juillet 1999, onze personnes ont été exécutées
publiquement devant les autorités
politico-militaires de Mbuji-Mayi, province de
Kasaï oriental, par la Cour d'Ordre Militaire
de Mbuji-Mayi siégeant en matière répressive.
Ces personnes étaient condamnées à mort pour
vol à mains armées, association de malfaiteurs
et meurtre. Il s'agit de : Mme Agnès Diangu
Mukengeshayi, M. Kabeya Kalonji, M. Banza Mutoke,
M. Apamato Ndjiate, M. Tshibambe, M. Kanyinda,
M. Kabangu Mulumba, M. Kalenga Mwana Tshini, M.
Tshiabo Mutuale, M. Mbuyi Tshitumbi et M. Goda
Musafiri.
HOLD-UP
A LA BOUTIQUE " LA POURVOYEUSE DU QUARTIER
"
Samedi
10 juillet 1999 vers 22 heures, la boutique dénommée
" la pourvoyeuse du quartier " située
dans la commune de Lingwala a été visitée par
un groupe d'hommes armés en tenue militaire,
venus à bord d'un véhicule non autrement
identifié. Dès leur débarquement devant la
boutique, les malfaiteurs ont contraint les
clients trouvés à l'intérieur de vider
rapidement le lieu. L'accès sera refusé à un
groupe des clients venus s'approvisionner à cet
instant. Aussitôt, l'ordre a été intimé au
vendeur, monsieur
André Mukadi de se coucher immédiatement
par terre sous menace d'armes après que deux de
ces malfaiteurs aient pris position l'un derrière
le comptoir de vente et l'autre à l'extérieur
où il s'est mis à tirer des balles en l'air.
Dans la panique ainsi engendrée, les
malfaiteurs ont emporté une somme de 500 FC et
quelques boîtes de conserve avant de redémarrer
en trombe et disparaître dans la nature. Une
foule de personnes, accourue sur le lieu a
toutefois dissuadé les intrus qui ont dû
abandonner un carton qu'ils allaient embarquer
dans leur véhicule.
LES
ONG ET LES DEFENSEURS DES DROITS HUMAINS DANS LE
COLLIMATEUR DU POUVOIR
En
dépit des efforts déployés par les ONG
congolaises de défense des droits de l'homme en
vue d'obtenir libération, monsieur Laurent
Kantu Lumpungu, président de l'Association des
Cadres Pénitentiaires du Congo (ACPC) a été
transféré lundi 07 juin 1999 à l'Agence
Nationale des Renseignements (ANR/Lemera) à
Kinshasa-Gombe. Il avait été appréhendé
samedi 29 mai 1999 par les policiers commis à
la garde du Centre Pénitentiaire et de Rééducation
de Kinshasa (CPRK) pour une déclaration qualifiée
de " mensongère " sur les conditions
de détention au CPRK diffusée par la Voix de
l'Amérique (VOA) vendredi 28 mai 1999.
Jeudi
26 août 1999, après plusieurs jours de détention,
une équipe
d'agents de l'ANR, composée de messieurs
Nzazi (directeur), Mondongo (agent) et une équipe
de la radio télévision nationale du Congo
(RTNC) ont procédé à un montage vidéo de 12
h00' à 16h00' qui mettait en cause M. Laurent
Kantu et des documents trouvés dans sa mallette
qualifiés de " subversifs ". Ce
montage vidéo a été diffusé le même jour
sur les ondes de la RTNC sous l'intitulé :
" Un trafiquant pas comme les autres
". Le 27 août 1999 dans la matinée, M.
Laurent Kantu est transféré au parquet près
la Cour d'Ordre Militaire (COM) à
Kinshasa-Gombe avant son incarcération le 28 août
1999 au CPRK où il croupit dans la cellule n°
5A, pavillon 7. Vendredi 27 août 1999, lors de
son audition au parquet de la COM par le
magistrat Ndaka, monsieur Laurent Kantu s'est
dit indigné par le montage fait par l'ANR et a
mis au
défi ses agents de prouver la véracité des
allégations portées contre sa personne.
Vendredi
02 juillet 1999, monsieur Bertin Lukhanda,
militant des droits de l'homme de l'association
Haki Za Binadamu (HBM) basée à Kindu, Maniema
en séjour à Kinshasa a été arrêté par les
éléments
de la police de l'Inspection Provinciale
de Kinshasa (IPK, ex circo). Il a été soumis
à un interrogatoire serré, axé d'abord sur
ses voyages en Europe et ensuite sur sa moto.
Son domicile a été perquisitionné. M.Bertin
Lukhanda a été libéré le 03 juillet 1999
dans la soirée. Il lui a été demandé de se
présenter chaque jour au bureau de l'IPK.
Samedi
03 juillet 1999 à 10 heures, le siège de la
Ligue des Electeurs (LE) sis dans la commune de
Gombe a fait l'objet d'une perquisition par des
inspecteurs de l'Agence Nationale des
Renseignements (ANR) conduits par monsieur
Albert Nkulu. Plusieurs documents de travail ont
été emportés. Cette perquisition est en
rapport avec les poursuites judiciaires engagées
contre M. Laurent Kantu, président de
l'Association des Cadres Pénitentiaires du
Congo (ACPC) en détention à l'Agence Nationale
de Renseignements (ANR/Lemera) qui travaillerait
à cette ligue. Le même jour, le domicile de M.
Laurent Kantu a été également perquisitionné
ainsi que l'habitation de l'une de ses
connaissance située dans la commune de Selembao
à Kinshasa. Des documents, photos et autres
effets personnels ont été saisis.
LA
VOIX DES SANS-VOIX DE PLUS EN PLUS CIBLEE
PAR LE POUVOIR
Mercredi
23 juin 1999, deux militaires de la 50ème
Brigade des Forces Armées Congolaises (FAC) débarquent
au bureau de la VSV après avoir enlevé et
conduit au camp Kokolo/Kinshasa-Banda-lungwa
trois journalistes de la Tempête des Tropiques
dont le journal a publié in extenso le
communiqué VSV n°030/RDC/VSV/CD/99 intitulé
" l'ancien ministre, monsieur Etienne
Richard Mbaya arrêté sur ordre du Chef de l'Etat
". A l'absence de monsieur Floribert
Chebeya Bahizire, président VSV, messieurs
Olivier Kungwa Murhandikire et Peter Ntumba,
membres VSV, ont été amenés au camp Kokolo
pour, selon les deux militaires dépêchés par
le commandant de la 50ème Brigade des FAC,
assister en qualité des témoins, à l'instar
des trois journalistes de la Tempête des
Tropiques, à la libération de l'ancien
ministre, monsieur Etienne Mbaya. Sur place, M.
Peter Ntumba et Olivier Kungwa ont été
durement interrogés sur les sources
d'information et méthodes d'enquêtes et
investigations de la VSV. la séance a été
filmée par la presse militaire et diffusée à
la radio télévision nationale congolaise
(RTNC) le lendemain.
Jeudi
08 juillet 1999, deux agents du Comité de Sécurité
d'Etat (CSE, ex conseil national de sécurité,
CNS) ont déposé une " Invitation "
demandant à la Voix des Sans-Voix pour les
droits de l'homme (VSV) de se présenter à leur
siège le lendemain, vendredi 09 juillet 1999.
Au bureau de la VSV, les éléments du CSE se
sont particulièrement intéressés aux affiches
sur les détenus politiques et d'opinion et
victimes d'arrestations arbitraires et détentions
illégales collées aux murs dans la salle
d'attente et à l'entrée principale.
Vendredi
09 juillet 1999, le Comité de Sécurité d'Etat
(CSE), sis Kinshasa-Ngaliema a fait attendre
mademoiselle Micheline Mapangala Pemba, secrétaire
VSV, de 10 heures à 15 heures. Mlle Micheline
Mapangala a constaté que l'ordre d'arrêter
tout membre de la VSV qui se présenterait avait
déjà été donné, même au corps de garde. Il
a été dit à Mlle Micheline Mapangala Pemba de
ne plus jamais oser se présenter au CSE en
raison de son sexe qui peut l'exposer au viol
par les militaires et
aux autres mauvais traitements réservés
seulement aux hommes. Sur la même invitation,
la date a été reportée au lundi 12 juillet
1999 ; et on y a précisé que c'est le
responsable de la VSV qui y est attendu.
Vendredi
09 juillet 1999 vers 11h15', M. Floribert
Chebeya Bahizire a été conduit sur base d'un
mandat d'amener signé par le procureur général
près de la Cour d'Appel de la Gombe, par trois
policiers et agents à la police judiciaire des
parquets à Kinshasa-Gombe en compagnie de son
collaborateur, M. Dolly Ibefo Mbunga. Entendu
sur procès-verbal par l'inspecteur de la police
judiciaire, M. Alexis Kanyinda sur le même
communiqué de presse VSV n° 030/RDC/VSV/CD/99
publié par le journal la Tempête des
Tropiques, il a été demandé à M. Dolly Ibefo
Mbunga en compagnie d'agents de la police
judiciaire des parquets d'aller chercher le
directeur de publication ou le rédacteur en
chef du journal "La Tempête des
Tropiques" pour qu'il soit également
entendu. Ainsi, M. Floribert Chebeya Bahizire a
été écroué dans le cachot situé à la cave
de la police judiciaire des parquets sur base
d'un procès-verbal de saisie de prévenu. Vers
20h15', M. Floribert Chebeya Bahizire est sorti
du cachot sur intervention du ministre des
droits humains qui s'est déplacé
personnellement sur le lieu en compagnie du
commandant Raus de l'inspection générale de la
police. Une convocation a été émise au nom de
M. Floribert Chebeya Bahizire qui devra se présenter
tous les jours à la police judiciaire des
parquets/Kinshasa-Gombe.
Mardi
27 juillet 1999 vers 12h30', messieurs Honoré
Kapuku Mushila et Timothé Dikuiza Benze,
membres VSV ont été appréhendés par
les agents de l'agence nationale de
renseignements (ANR/Hôtel de ville de Kinshasa)
après que ceux-ci aient intercepté et saisi
lundi 26 juillet 1999 un courrier express remis
par la VSV à l'agence Express Mail
International (EMI) à Kin- shasa-Gombe. Les
deux militants des droits de l'homme ont été
placés en détention au cachot du
sous-commissariat de la police de Gombe près de
l'hôpital général de Kinshasa (ex-Mama Yemo).
Ramenés à l'ANR/Hôtel de ville mercredi 28
juillet 1999, ils ont fait l'objet des menaces
et mauvais traitements ; étendus toute la journée
la face et le ventre contre le pavement du
balcon et attachés par le bout de leurs
chemises portées à l'envers y compris les
pantalons devant un public consterné le long du
trajet compris entre le sous commissariat de la
police de Gombe et l'Hôtel de Ville. Il est
reproché à la
VSV et à ses membres d'avoir voulu
envoyer à l'extérieur du pays les bulletins
d'information sur la situation des droits de
l'homme en RDC et des affiches sur les détenus
politiques et d'opinion et victimes
d'arrestations arbitraires et détentions illégales.
La VSV est ainsi soupçonnée d'être au service
de l'étranger. Après l'audition à l'ANR/Hôtel
de Ville, messieurs Honoré Kapuku Mushila et
Timothé Dikuiza Benze ont été transférés à
l'ANR/Lemera (ex trois Z) Kinshasa - Gombe à
bord d'une Jeep de marque Suzuki couleur blanche
où ils ont été détenus dans la cellule n° 3
jusqu'à leur libération le mercredi 04 août
1999. Deux montres-bracelets et deux ceintures
appartenant à ces militants des droits de
l'homme et consignés à l'ANR/Hôtel de Ville
n'ont jamais été restitués jusqu'à ce jour.
ATTEINTE
A LA LIBERTE DE PRESSE
a.
Kinshasa
Samedi
05 juin 1999, monsieur Jean-Fidèle Kaluila
Mamba, médecin de son état et consultant au
journal " La Manchette " a été
transféré au Centre Pénitentiaire et de Rééducation
de Kinshasa (CPRK). Il a été arrêté depuis
le 20 mai 1999 pour avoir signé deux articles
intitulés " Kabila aux abois " et
" Kabila en colère contre Kakudji ".
Il avait comparu pour la première fois au
Tribunal de Paix de Kalamu vendredi 16 juillet
1999.
Jeudi
10 juin 1999, monsieur Freddy Loseke Lisumbu,
directeur du journal " La Libre Afrique
" est transféré au Centre Pénitentiaire
et de Rééducation de Kinshasa (CPRK). Il avait
été arrêté le 27 mai 1999 suite à la
publication par son journal édition, n° 126 du
mardi 25 mai 1999 d'un article intitulé :
" mécontentement généralisé à la
police nationale ", article qualifié de
diffamatoire à l'encontre de la Police
nationale congolaise. M. Freddy Loseke a comparu
pour la première fois au Tribunal de Paix de
Kalamu vendredi 16 juillet 1999.
Lundi
28 juin 1999 vers 08 heures, monsieur Collin
Beya Baka-twamba, journaliste au quotidien Le
Potentiel et à l'Agence Congolaise de Presse
(ACP) est interpellé à la sortie de son
domicile à Kinshasa/Ngaliema par des éléments
du Comité de Sécurité d'Etat (CSE) et placé
immédiatement en détention.
Il est arrêté suite à la publication
par le quotidien " l'Avenir ", d'une
information reçue de
M. Beya selon laquelle le directeur de
cabinet du chef de l'Etat, monsieur Georges
Buse, a écrit au ministre des finances,
monsieur Mawampanga Mwana Nanga, l'enjoignant de
payer les salaires des fonctionnaires selon le
nouveau barème fixé par le gouvernement. Le
journal " Le Potentiel" n'avait pas
encore publié ladite information. Selon le CSE,
M. Beya ne sera relâché que lorsque monsieur Désiré
Ngolwa, signataire de cet article sera appréhendé.
L'interpellation de M. Collin Beya intervient au
lendemain des menaces proférées à l'endroit
des journalistes par le ministre de la justice
et garde des sceaux, monsieur Mwenze Kongolo.
Samedi
03 juillet 1999, monsieur Kazadi Ntumba Mulongo,
directeur du journal " Top Média " et
journaliste à la chaîne publique " RTNC
" est incarcéré à l'Inspection
Provinciale de la Police nationale de Kinshasa
(IPK, ex-circo), commune de Lingwala. Il est
appréhendé suite à la publication par le
journal " Top Média ", dans son édition
du vendredi 02 juillet 1999 d'un article intitulé
: " la ville de Mbuji-Mayi en débandade,
le gouverneur Charles Okoto Lolakombe en fuite
".
Le
22 juillet 1999, le ministre de l'Information et
tourisme, monsieur Didier Mumengi a pris la
mesure d'interdiction aux stations de radio et
chaînes de télévision privées implantées en
république démocratique du Congo (RDC) de
relayer les radios étrangères. Cette mesure
concerne notamment Raga FM qui relaye BBC Network Africa, la Detchewelle et la
Voix de l'Amérique (VOA); radio catholique
Elikya qui relaye les bulletins d'information de
radio Vatican et de la Radio Télé Kin Malebo
(RTKM) qui relaye les bulletins d'information de
la Radio France Internationale (RFI). Il est
reproché à ces stations de radio et chaînes
de télévision le non respect des lois en
vigueur en RDC dont la loi n° 96-002 du 22
juillet 1996 fixant modalités de l'exercice de
la liberté de presse en ses articles 56, 57,
59, 61 et 89.
Jeudi
12 août 1999, monsieur Modeste Mutinga
Mutuishayi, éditeur du journal Le Potentiel est
interpellé en fin d'après-midi par des éléments
armés et conduit au comité de sécurité d'Etat
(CSE) à Kinshasa-Ngaliema, Ma Campagne. Les mêmes
éléments armés cherchaient aussi M. Polydor
Muboyayi Mubanga, éditeur du journal Le Phare.
Ils sont recherchés pour donner la lumière sur
l'"affaire Jeanine Bouchez" dont le
procès se tient à la Cour d'Ordre Militaire
(COM) à Kinshasa-Bandalungwa. Pour la même
affaire, Mme Nounou Booto (journaliste au
Potentiel) et Fidèle Masangu (journaliste au
Phare) ont été traqués mardi 10 août 1999
par les éléments de comité de sécurité d'Etat
(CSE) suite à la publication par leurs journaux
respectifs de la couverture dudit procès lors
de l'audience de lundi 09 août 1999. M. Modeste
Mutinga a été autorisé de retourner à son
domicile le même jour après son audition.
Mercredi
25 août 1999 vers 14h00, monsieur Claude
Rombaut Lumbu Soku, directeur de publication au
journal Mosaïque a été arrêté avec son collègue
monsieur Dany Manangu Mampuya, rédacteur en
chef, par un officier des Forces Armées
Congolaises (FAC)/Groupe Spécial de Sécurité
Présidentielle (GSSP), descendu au
bureau de la rédaction du journal Mosaïque
situé dans la commune de Gombe sous une forte
escorte militaire venue à bord d'une jeep. Ils
ont été acheminés au camp Colonel Tshatshi,
plus précisément au bureau de l'Aide de Camp
du chef de l'Etat, monsieur Eddy Kapend où ils
ont été soumis à un interrogatoire axé sur
la source d'un article intitulé " Kabila
aurait échappé à la mort ", paru dans l'édition
du journal Mosaïque n° 25 du 24 août 1999.
Pour s'être abstenus de révéler leur source
d'information, les deux journalistes ont été
aussitôt conduits au cachot dans une villa située en face du Palais de Marbre, où des
traitements cruels et inhumains leur ont été
infligés (coups de bottes et cordelettes) avant
leur transfert le même jour vers 21h 15' au
cachot de la 50ème Brigade des Forces Armées
Congolaises (FAC) sis camp Kokolo, commune de
Bandalungwa. La libération de ces deux
journalistes est intervenue le mardi 31 août
1999 sur ordre de l'aide du camp, le commandant
Eddy Kapend en échange d'un engagement écrit
et signé par les deux journalistes de ne jamais
écrire ni publier des informations analogues
les jours à venir.
b)
Province du Katanga
Vendredi
18 juin 1999, messieurs Ngoy Kikungula et Bella
Mako, respectivement éditeur et directeur de
publication de l'hebdomadaire " Le Lushois
", paraissant à Lubumbashi, province du
Katanga sont condamnés par la Cour d'Ordre
Militaire (COM) à une peine de 8 mois de prison
ferme. Ils ont été mis en cause pour "
diffamation, propagation des faux bruits,
calomnie et mensonges " suite à la
publication par le journal " Le Lushois
" dans son édition n° 421 du 16 au 22
mars 1999 d'un article intitulé " Quid de
l'autorisation signée par Dikanga Kazadi,
conseiller du gouverneur en faveur des...
". Dans cet article, le gouverneur du
Katanga, monsieur Katumba Mwanke est soupçonné
d'être de mèche avec la rébellion et d'avoir
fait arrêter messieurs Ngoy Kikungula et Bella
Mako " pour les livrer aux agresseurs
". Lors de la publication de cet article,
les deux journalistes étaient déjà aux arrêts.
Mardi
22 juin 1999 à 6 heures du matin, monsieur
Godefroid Kya- ngwe Muleya, éditeur de
l'hebdomadaire d'informations générales "
Mukuba " paraissant à Lubumbashi est arrêté
à son domicile par un groupe d'éléments de la
police d'intervention rapide (PIR) sur ordre de
monsieur Jean-Pierre, agent de l'agence
nationale de renseignements (ANR) sans mandat ni
autre titre. Conduit dans une jeep de la police,
il est acheminé successivement à la permanence
de la PIR dans la commune de Kampemba et au
cachot de l'ex première région militaire des
Forces Armées Congolaises (FAC) à Lubumbashi,
province de Katanga où il a été gardé à vue
sans être informé du motif de son arrestation.
Monsieur Godefroid Kyangwe Muleya a été arrêté
suite à la publication dans l'édition n° 176
du 14 au 20 juin 1999 de son journal, d'un
article intitulé " Kyungu wa Kumwanza, un
mauvais jocker ". Dans cet article, le
journal Mukuba
a dénoncé le discours de haine tribale
développé à l'endroit des Babemba dont est
originaire monsieur Lunda Bululu, un des chefs
de rebelles du Rassemblement Congolais pour la Démocratie
(RCD)/Goma.
ADMINISTRATION
DE LA JUSTICE
Samedi
26 juin 1999, le ministre de la Justice et Garde
des Sceaux, monsieur Jeannot Mwenze Kongolo a
fait une déclaration au cours d'une conférence
de presse tenue à l'hôtel Intercontinental de
Kinshasa en ces termes : "désormais, tout
auteur d'un article malsain, présenté sous
forme de faits impliquant le chef de l'Etat et
son gouvernement devra en prouver la véracité,
sous peine de se voir appliquer la loi dans
toute sa rigueur".
A titre d'illustration, le ministre de la
justice a fait allusion par la même occasion
au communiqué de presse de la Voix des
Sans-Voix pour les droits de l'homme (VSV) n°030/RDC/VSV/CD/99
du 21 juin 1999 intitulé " monsieur
Etienne Richard Mbaya arrêté sur ordre du chef
de l'Etat ". Cette affaire a été à la
base de l'interpellation le 23 juin 1999 par la
50ème Brigade des Forces Armées Congolaises (FAC)
de trois journalistes du journal " La Tempête
des Tropiques " et deux militants de la VSV.
Mardi
27 juillet 1999, le président de la Cour
d'Ordre Militaire, le commandant Mukuntu Kiyana
est libéré après neuf mois de détention au
Centre Pénitentiaire et de Rééducation de
Kinshasa (CPRK). Jusqu'à sa libération, les
motifs de son arrestation ne lui ont jamais été
signifiés.
Vendredi
06 août 1999, monsieur Fernand Tala-Ngaï,
ancien ministre des finances et budget du
gouvernement de la république démocratique du
Congo (RDC) est libéré après 9 mois et demi
de détention au CPRK. L'arrêt de la cour rendu
mercredi 04 août 1999 par la Cour Suprême de
Justice dans l'affaire qui oppose le ministère
public à monsieur Fernand Tala-Ngaï a condamné
ce dernier à sept mois de travaux forcés et de
lourdes peines subsidiaires dont l'interdiction
d'exercice des droits civils et politiques
pendant cinq ans. Il était accusé de détournement
de deniers publics, des salaires et soldes de
militaires et fonctionnaires, de falsification
des timbres fiscaux, d'émission de fausses
monnaies, etc. Sur les 17 préventions à sa
charge, seule l'infraction portant sur une somme
de 5.000 USD remis à son comptable pour
payement de la garantie locative a été
retenue. M. Fernand Tala-Ngai avait été transféré
au CPRK le 26 octobre 1998 après un séjour
d'une semaine au bureau du Groupe spécial de sécurité
présidentielle (GSSP), section II,
renseignements, sis immeuble ex GLM à Kinshasa
Gombe.
UNION
DE LA PRESSE DU CONGO (UPC) EXPRIME SES
DOLEANCES
Samedi
12 juin 1999 au cours d'une audience accordée
par le ministre de la justice et garde des
sceaux, M. Mwenze Kongolo, une délégation du
comité directeur de l'Union de la Presse du
Congo (UPC) avait plaidé pour l'amélioration
des rapports avec la justice en ce qui concerne
les problèmes posés par l'application des
textes légaux sur la presse, notamment la loi n°
96-002 du 22 juin 1996 et l'ordonnance n°
81/012 du 02 avril 1981 portant respectivement
l'exercice de la liberté de presse et
statut des journalistes oeuvrant en RDC. Selon
cette délégation, l'incompréhension manifeste
et la tension perceptibles dans les rapports
entre la presse et les pouvoirs publics sont
occasionnées par la méconnaissance des textes
régissant la presse en RDC de la part des
journalistes d'un côté et de l'autre par les
représentants des instances judiciaires. Ces
derniers, en cas de délit de presse préfèrent
privilégier l'application du code pénal tout
en négligeant les lois spécifiques inhérentes
à la presse.
REVENDICATION
PRIME DE GUERRE 1940 - 1945
Lundi
16 août 1999, vers 12 heures, les anciens
combattants et leurs familles ont manifesté
devant l'ambassade de Belgique à Kinshasa avec
pancartes et banderoles. Leur revendication a
porté sur la liquidation totale de la prime de
guerre 1940 - 1945. Cette manifestation avait été
initiée par l'Union Nationale des Anciens
Combattants (UNACO) au cours d'une réunion à
laquelle les anciens de la Force publique
et les militaires retraités ont pris
part. Suite à ce sit-in, l'ambassadeur,
monsieur Franck De Coninck
a accepté de recevoir la délégation de
l'UNACO qui lui a remis à cette occasion un mémorandum.
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