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BULLETIN
D'INFORMATION POUR LA DEFENSE ET PROMOTION DES
DROITS DE L'HOMME
Juin
- Juillet - Août 1999
N° 021
B.P.
11.445
Bureau : Avenue des Ecuries
n° 3858
KINSHASA I
R.D. CONGO
(EX-ZAIRE)
Kinshasa - Ngaliema
TELEPHONE
243-88-40394
(entre Kintambo/Magasin et Séminaire
Jean 23)
TELEPHONE
243-12-50514
et 243-12-50832
R.D. CONGO (EX-ZAIRE)
FAX.
243-12-34441 FAX 243-88-43527
FAX 243-88-40394
E- mail : vsv@ic.cd
Vers
l'apogée de malaise socio-économique en République
Démocratique du Congo (RDC)
Ont
contribué à la
réalisation de ce bulletin :
* Olivier Kungwa
* Peter Ntumba
* Timothé Dikuiza
* Eguyna Khady Mangiau
* Floribert
Chebeya
* Dolly Ibefo
*
Honoré Kapuku
* Justin Chiba
*
Léon Kasongo.
Toute
personne, en tant que membre de la société,
a droit à la sécurité sociale;
elle est
fondée
à obtenir la satisfaction des droits économique,
sociaux et culturels indispensables à sa dignité
et au libre développement de sa personnalité,
grâce à l'effort national et à la coopération
internationale, compte tenu de l'organisation et
des ressources de chaque pays.
(Art.
22, DUDH)
PROCESSUS
DE PAIX EN R.D.C.
LA
PAIX, VŒUX
DU PEUPLE CONGOLAIS
De
juin à août 1999, il a été constaté une
volonté apparente de la part des protagonistes
de la guerre en république démocratique du
Congo (RDC) d'entamer un processus qui puisse
conduire au rétablissement de la paix en RDC
agressée depuis le 02 août 1998 par les armées
du Rwanda, Burundi et Ouganda. En vue de
maquiller cette agression aux yeux de la
communauté internationale, ces trois pays ont
utilisé certaines personnalités congolaises en
désaccord avec le gouvernement Kabila pour
donner à cette guerre la forme d'une rébellion
intérieure...
En
dépit du laxisme de la communauté
internationale, la perspicacité de la South
African Development Community (SADC), particulièrement
celle des présidents sud-africain et zambien a
donné des signaux de paix conformes aux vœux
du peuple congolais. Mûs par le souci de rétablir
et garantir la paix dans la sous-région, les
deux présidents sont arrivés à convaincre les
belligérants de signer un Accord de
cessez-le-feu.
CHRONOLOGIE
DES EVENEMENTS SUR L'ACCORD DE CESSEZ-LE-FEU EN
RDC
Le
dimanche 18 avril 1999, signature à Syrte en
Libye par les présidents Yoweri Museveni de
l'Ouganda et Laurent Désiré Kabila de la RDC
d'un Accord de Cessez-le-feu préconisant le
retrait des troupes étrangères de la république
démocratique du Congo (RDC).
Vendredi
28 mai 1999,
le Rwanda annonce unilatéralement la
cessation des hostilités. Cette déclaration
est rejetée en bloc par le Zimbabwe et l'Angola
qui la jugent trompeuse.
Pendant
ce temps, dans les territoires occupés, les
rebelles tentent de s'emparer de la ville de
Kabinda, dans la province du Kasaï oriental.
Jeudi
24 juin 1999, les ministres des affaires étrangères
et de la défense des pays impliqués dans la
guerre en RDC négocient à Lusaka afin de
parvenir à un accord de cessez-le-feu.
Samedi
26 juin 1999, organisation d'un sommet régional
à Lusaka en Zambie en vue de négocier le
cessez-le-feu en RDC.
Mardi
06 juillet 1999, pour la première fois, le
Zimbabwe et le Rwanda se sont mis d'accord sur
la nécessité de mettre sur pied une commission
de défense composée de tous les belligérants
de la guerre
en RDC. Cette commission aura pour mission de désarmer
les soldats hutu. La question du désarmement
des miliciens interahamwe hutu et des ex-FAR
avait été évoquée comme une condition sine
qua non avant la signature d'un acte formel de
cessez-le-feu.
Mercredi
07 juillet 1999, adoption
à Lusaka du texte du projet de l'Accord
de cessez-le-feu en RDC à la conférence ministérielle.
Samedi
10 juillet 1999, signature à Lusaka du
protocole de cessez-le-feu par les six chefs d'Etats
des pays impliqués dans la guerre en RDC. Il
s'agit de : la république démocratique du
Congo (RDC), le Zimbabwe, la Namibie, l'Angola,
l'Ouganda et le Rwanda. A cette date les
factions des rebelles congolais (Mouvement pour
la Libération du Congo ,MLC; Rassemblement
Congolais pour la Démocratie ,RCD/Goma et RCD/Kisangani)
n'ont pas signé l'accord pour divergence
interne.
Mardi
13 juillet 1999, le chef de l'Etat congolais,
monsieur Laurent Désiré Kabila a pris une décision
depuis Alger où il participait à la 35ème
session de l'OUA d'amnistier tous les rebelles.
Le ministre de la justice et garde des sceaux,
monsieur Mwenze Kongolo qui l'accompagnait, a
regagné la RDC le même jour pour préparer le
texte de l'amnistie avant le retour au pays du
président Laurent Désiré Kabila.
Dimanche
25 juillet 1999, le général algérien Rami
Rachid est désigné par l'Organisation de
l'Unité Africaine (OUA) comme commandant de la
commission militaire mixte (CMM) chargée de
veiller à l'application de la première partie
de l'accord de cessez-le-feu, notamment le désarmement
des milices opérant en RDC. Il y a eu en même
temps le dépôt d'un projet de résolution de
l'ONU sur le déploiement des militaires en RDC.
Dimanche
01 août 1999, le Mouvement de Libération du
Congo (MLC), groupe rebelle dirigé par monsieur
Jean-Pierre Bemba et soutenu par l'Ouganda a
signé le Protocole de Lusaka sous réserve de
reprendre les hostilités si, sept jours après,
le RCD n'apposait pas sa signature.
Lundi
30 août 1999, l'ONU annonce l'envoi de 17
premiers observateurs sur les 90 prévus dès le
05 septembre 1999 et qui vont prendre position
dans les capitales de la RDC, du Rwanda, de
l'Ouganda et probablement à Lusaka en vue
d'entamer l'observation du respect de l'Accord.
Mardi
31 août 1999, signature de l'Accord de
Cessez-le-feu à Lusaka par tous les membres
fondateurs du RCD, toutes tendances confondues,
en présence du président zambien Fréderic
Ciluba. Cet Accord prévoit la cessation des
hostilités dans les 24 heures qui suivent sa
signature.
DROITS
CIVILS ET POLITIQUES
FLASH
NON
A LA PRISE DU
POUVOIR PAR LES ARMES
Du
12 au 14 juillet 1999, environ une quarantaine
de Chefs d'Etats et de gouvernements africains
s'étaient réunis à Alger en Algérie, pour le
35ème Sommet de l'Organisation de l'Unité
Africaine (OUA). Une décision avait été prise
au cours de cette rencontre, celle de ne plus
accueillir au sein de l'OUA les chefs d'Etats
ayant accédé au pouvoir par coup d'Etat.
ENLEVEMENT
DES MEMBRES
DE L'UDPS
Mercredi
09 juin 1999, neuf membres du parti politique
Union pour la Démocratie et le Progrès Social
(UDPS) ont été enlevés à Limete par les éléments
de la Police d'Intervention Rapide (PIR) non
loin de la résidence de monsieur Etienne
Tshisekedi, président national de l'UDPS, sise
à Kinshasa 10ème rue/Limete. Ces membres ont
été directement conduits au poste de la police
d'intervention rapide (PIR) situé dans la
commune de Matete où ils ont été détenus
pendant un jour avant d'être transférés
successivement à l'Inspection Provinciale de la
Police de Kinshasa (IPK, ex-Circo) où ils ont
passé environ deux semaines et à l'Agence
Nationale de Renseignements (ANR/Lemera),
commune de Gombe où ils ont été détenus.
L'un des militants portant le pseudonyme de
" Petit Olengankoy " a été relâché
le même jour et à cette occasion, les éléments
de la police lui ont extorqué sa ceinture et
une somme de 13 francs congolais (FC). Cet enlèvement
a eu lieu peu après la visite d'une délégation
de la communauté catholique Sant'Egidio auprès
du président national de l'UDPS dans le cadre
du " Dialogue National ".
Vendredi
25 juin 1999, le professeur Muamba Ntita Alidor
(journaliste et membre du Comité National de l'UDPS),
Raymond Kabala (secrétaire administratif du
professeur) ont totalisé 45 jours de détention
sans jugement à la 50ème Brigade des Forces
Armées Congolaises (FAC) au camp Kokolo,
commune de Bandalungwa. Messieurs Muamba Ntita
Alidor et Raymond Kabala ont été arrêtés le
12 mai 1999 en compagnie de madame Odile Kalala
(employée au Catholic Relief Service, CRS et épouse
de monsieur Donat Mukonda, membre de l'UDPS) et
monsieur Mpoyi Placide (agent aux Fonds des
Nations Unies pour la population, FNUAP). Ils
ont été conduits directement au cachot de l'ANR/Lemera
où monsieur Mpoyi Placide a été soustrait et
transféré le 20 mai 1999 au cachot de la 50ème
Brigade. Il a été libéré le 03 juin 1999.
Madame Odile Kalala a été libérée le 17 août
1999 tandis que messieurs Muamba Ntita Alidor et
Raymond Kabala sont en détention jusqu'à ce
jour. Ils sont arrêtés pour avoir été
surpris en train d'écrire un livre critique sur
Kabila et sur la situation actuelle du pays.
LIBERATION
DES MEMBRES DE L'UDPS
Jeudi
01 juillet 1999, douze membres du parti
politique " Union pour la Démocratie et le
Progrès Social (UDPS) ", fédération de
la Tshangu, section Kimbanseke ont été libérés.
Il s'agit de : Daniel Lubanzila Luzingu; François
Matumona Mira; Christophe Bazeye; Gerard Lukoki
Mfulama - Vena; Vital Bikuta; Jeef Mafuta; Felly
Mawila Kuntima; Simon Kiala; Confiance Lubanzila
Mavanga (âgé de 18 ans); Alphonse Seva Nzamu
Pasmo , Mere Vianga Muana et Hassan Kabengele
Lubambala. Ils avaient été enlevés vendredi
28 mai 1999 à 18 heures par le commandant de la
Police Richard Mapele et les membres de Comité
de pouvoirs populaires (CPP)/Kimbanseke au
moment où ils tenaient une réunion du parti à
la résidence du président cellulaire de l'UDPS/Mbwala,
sise n° 82 rue Lac Mukamba commune de
Kimba-nseke. Ils ont été détenus
successivement au cachot de la commune de
Kimbanseke jusqu'au 29 mai 1999, dans la cellule
des " Femmes ", à l'Inspection
Provinciale de la Police de Kinshasa (IPK, ex
circo), commune de Lingwala jusqu'au 31 mai
1999, dans un bureau de l'Agence Nationale de
Renseignements (ANR)/Justice jusqu'au 10 juin
1999 et enfin au cachot de l'ANR/Lemera (ex
Trois Z) où ils ont été libérés sans avoir
été auditionnés . Lors de leur détention,
ils ont fait l'objet des traitements inhumains
et dégradants. Ils sont poursuivis pour leur
activisme politique au sein de l'UDPS. Les biens
extorqués lors de l'arrestation n'ont jamais été
restitués.
CALVAIRE
DES MEMBRES DE L'UDPS AU KATANGA
DU
30 juillet au 11 août 1999, plusieurs
membres du parti politique " Union pour Démocratie
et le Progrès Social " (UDPS)/Fédération
du Katanga ont été soit arrêtés, soit fait
l'objet de mauvais traitements et autres sévices
pour avoir exercé des activités politiques. Il
s'agit de :
-
M. Gilbert Musoswa, vice-président de l'UDPS/Katanga,
interpellé par l'Agence Nationale des
Renseignements (ANR), direction provinciale, basée
à Lubumbashi.
-
M. Valentin Mutonji, homme d'affaires interpellé
par l'ANR puis relâché.
M.
Tshiswaka Mwepu, conseiller juridique à la
GECAMINES, interpellé puis libéré.
-
Le gérant du Guest House " Uvira "
arrêté le 29 juillet 1999.
-
M. Raymond Kabalu Kadima, enlevé, sa chambre au
Guest House Uvira a été perquisitionnée dans
la nuit du 29 au 30 juillet 1999.
-
Professeur Kambaji wa Kambaji arrêté et détenu
à l'ANR le 31 juillet 1999. Le jour de son
arrestation, son domicile a été perquisitionné
et plusieurs documents dont la copie de Travail
Pratique et une thèse de doctorat ont été
saisis. En outre, M. Tabu Kalala Mwin Dilemb, président
fédéral, M. Tshivuadi Mukwa Lukusa, secrétaire
fédéral, M.Kambaji wa Kambaji ont été transférés
dans les geôles des services de sécurité à
Kinshasa. Au cachot de l'ANR où ils ont été détenus,
ces militants de l'UDPS ont fait l'objet des
traitements cruels, inhumains et dégradants
(fouets chaque matin, privation de nourriture et
de visite). Ils croupissent à l'ANR/Département
Sécurité Extérieure à Kinshasa/Ngaliema.
ARRESTATIONS
ET DETENTION PROLONGEE DES MILITANTS DU PALU
Du
19 au 21 juillet 1999, plusieurs militants du
Parti Lumumbiste Unifié
(PALU) sont arrêtés par les éléments
de la police à travers la capitale. Ils ont été
acheminés soit aux postes des commissariats de
police de leurs communes respectives soit à
l'Inspection Provinciale de la Police de
Kinshasa (IPK) ou encore à l'Agence Nationale
de Renseignements (ANR/Lemera). Il leur est
reproché de mener des activités politiques,
d'avoir hissé le drapeau national du Palu à
domicile, d'avoir porté des insignes du parti
et exhibé des affiches. A cet effet, plus de 90
membres du Palu se retrouvent pour ce même
motif en détention au CPRK sans jugement. Le
plus âgé, M. Utumbe Pierre a 80 ans
et le plus jeune, M. Ngulu Udamenanga a
24 ans. Dix autres sont en détention à Kikwit
et Gungu, province de Bandundu.
ARRESTATIONS
ARBITRAIRES ET DETENTIONS ILLEGALES
Mardi
01 juin 1999, monsieur André Yoba Mbesi, agent
et membre de la délégation syndicale
"Solidarité" de la Direction Générale
des Contributions (DGC) est extrait du Centre Pénitentiaire
et de Rééducation de Kinshasa (CPRK) et
conduit à l'Agence Nationale de Renseignements
(ANR)/Lemera à Gombe. Il sera rejoint à l'ANR/Lemera
le 06 juillet 1999 par deux de ses collègues
membres de la délégation syndicale dont
messieurs Albano Mopipi Mutimana et Blaise
Banzwa Kabo, également extraits du CPRK où ils
étaient en détention.Ces trois syndicalistes
ont été arrêtés respectivement le 17 décembre
1998 (Albano Mopipi), le 29 décembre 1998
(Blaise Banzwa Kabo) et le 17 janvier 1999 (André
Yoba Mbesi) suite au déclenchement d'une grève
à la DGC en décembre 1998 consécutive au
refus du ministre des finances et budget, d'entériner
le barème conclu dans le protocole d'accord
signé entre les autorités de la DGC et la délégation
syndicale. Ils sont accusés " d'atteinte
à la sûreté de l'Etat, subversion,
provocation des militaires et trahison "
par l'Agence Nationale de Renseignements (ANR)
et l'Inspection de la Police Judiciaire tandis
qu'à la Cour d'Ordre Militaire (COM), ils sont
accusés des " propos mensongers ". Le
17 août 1999, l'affaire est prise en délibérée
et le verdict est prévu le 01 septembre 1999.
Mardi
01 juin 1999, monsieur Anderson Nziakinda est
libéré sur ordre du commandant du Groupe Spécial
de Sécurité Présidentielle (GSSP), monsieur
Etienne Kabu-ndi. Il avait été arrêté par
des éléments de GSSP le 29 mai 1999 et détenu
au cachot du GSSP, section II, renseignements
sis dans l'immeuble ex GLM à Kinshasa-Gombe. M.
Anderson Nziakinda avait été arrêté pour
refus de voir
un commandant des Forces Armées
Congolaises (FAC) occuper illégalement la villa
de son oncle, sise dans la commune de Gombe dont
il est gestionnaire.
Vendredi
04 juin 1999, les autorités
politico-administratives du territoire de
Tshikapa, province de Kasaï oriental
sont arrêtées et acheminées samedi 05
juin 1999 à 10 heures
à Kinshasa où elles sont détenues à
la Détection Militaire des Activités
Anti-Patrie (DEMIAP) à Kinshasa-Kintambo. Il
s'agit de M. Thierry Tshiamumayi (président de
comité des pouvoirs populaires, CPP/Tshikapa),
M. André Bamwe Muamba (Inspecteur de Mines), M.
Idris Koma (Administrateur du Territoire de
Tshikapa), M. Anaclet Musua (Adjoint de
l'administrateur du territoire), M. Jean-Marie
Makonda (Chef de poste principal de l'Agence
Nationale de Renseignements, ANR/Tshikapa) et M.
Odon Sala (Chef de poste). Ils étaient soupçonnés
d'être en intelligence avec la rébellion. Dix
jours après, ils ont été libérés sans que
les motifs de l'arrestation ne leur soient
signifiés.
Lundi
07 juin 1999, monsieur Kabinda Diese, directeur
technique interurbain à la Régie de
Distribution des Eaux (REGIDESO)/Kinshasa est arrêté et détenu successivement à l'Agence Nationale
de Renseignements (ANR)/Lemera - Gombe et au
Centre pénitentiaire et de Rééducation de
Kinshasa (CPRK) en passant par la Cour d'Ordre
Militaire. Son arrestation est consécutive à
la coupure d'eau ayant paralysé Kinshasa durant
les journées du 09 au 10 mai 1999 suite
la
rupture des stocks d'intrants
pour traitement d'eau. L'arrêt de la
fourniture d'eau dû au manque de produits
chimiques pour traitement a été assimilé à
une atteinte à la sûreté d'Etat par les
autorités congolaise. Il est
en détention jusqu'à ce jour au CPRK.
Mercredi
16 juin 1999, monsieur Joseph Olengankoy
Mukundji, président des Forces Novatrices pour
l'Union et la Solidarité (FONUS) est relâché
sur l'initiative du chef de l'Etat, Laurent Désiré
Kabila, d'accorder la grâce présidentielle aux
détenus politiques et d'opinion en république
démocratique du Congo (RDC). Pour
mémoire, M. Joseph Olengankoy Mukundji
avait été arrêté le 20 janvier 1998 à Kinshasa, détenu et transféré vendredi 30 janvier
1998 à Lubumbashi, province de Katanga où il
avait été incarcéré à la prison de haute sécurité
de Buluwo. Après une tentative d'évasion le 13
avril 1998 avec d'autres co-détenus, M. Anselme
Masasu Nindaga et professeur Z'Ahïdi Ngoma
Arthur, ils sont rattrapés à tour de rôle
quelques jours après. Le 19 mai 1998, M. Joseph
Olengankoy Mukundji avait été condamné par la
Cour d'Ordre Militaire (COM) à 15 ans de
servitude pénale principale (SPP). Ses biens
saisis lors de son arrestation n'ont jamais été
restitués jusqu'à ce jour. Il s'agit notamment
de : un immeuble sis n°604 avenue Bégonias,
commune de Limete/résidentiel, trois appareils
de communication cellulaire, quatre véhicules
dont une jeep Blazer et d'autres biens pillés
au siège de son parti sis avenue Sendwe,
commune de Kalamu.
Jeudi
17 juin 1999, professeur Matthieu Kalele Kabila
et monsieur Jean François Kabanda Musuaya,
membres du parti politique Union pour la Démocratie
et le Progrès Social (UDPS) sont libérés de
suite de la mesure de grâce présidentielle
accordée aux détenus politiques. Pour mémoire,
ils avaient été arrêtés le 24 novembre 1997
et détenus dans plusieurs geôles de Kinshasa
avant d'être transférés au Centre Pénitentiaire
et de Rééducation de Kinshasa (CPRK) où ils
avaient été condamnés le 23 janvier 1998 à
deux ans de servitude pénale principale par la
Cour d'Ordre Militaire (COM) pour avoir publié
un document dénonçant l'ingérence étrangère
dans les affaires de la RDC et d'avoir participé
à la marche de l'UDPS d'appel au consensus
national.
Lundi
21 juin 1999, monsieur Batende Léonard Ruhanga,
agent à la Régie des Voies Aériennes (RVA) et
Commandant de l'aéroport de Kinshasa-Ndjili est
arrêté par l'Agence Nationale de
Renseignements (ANR), Département Sécurité
Extérieure (DE) et conduit au siège de l'ANR/DE
sis avenue Nguma, commune de Ngaliema/Ma
Campagne à sa descente d'avion en provenance de
la république Sud-Africaine où il était parti
en congé via Lubumbashi, province du Katanga.
Il lui est reproché d'être sorti du pays sans
l'autorisation du président directeur général
de la RVA, d'avoir une nationalité douteuse car
originaire de la province du Sud-Kivu et d'avoir
séjourné en Afrique du Sud. Pendant sa détention,
les visites ont été interdites. M. Léonard
Batende a été libéré lundi 12 juillet 1999.
Lundi
05 juillet 1999, monsieur Christian Badibangi,
président national du parti politique "
Union Socialiste Congolaise (USC) " est mis
en liberté après plusieurs jours de détention
sans jugement au cachot de la Détection
Militaire des Activités Anti-Partie (DEMIAP) à
Kinshasa-Kintambo. Il avait été arrêté
depuis le 20 mai 1999 au moment où il allait répondre
à une convocation de la DEMIAP lui déposée la
veille à son domicile. Il lui est reproché d'être
en intelligence avec les rebelles du
Rassemblement Congolais pour la Démocratie
(RCD) et le Mouvement de Libération du Congo (MLC)
et d'entretenir des relations coupables avec
l'Union Nationale pour l'Indépendance Totale de
l'Angola (UNITA). Il était détenu dans de
mauvaises conditions et privé de toute visite,
familiale soit-elle. Il a été privé des soins
médicaux lors d'une crise de malaria et
passé de jours sans nourriture. M.
Christian Badibangi a été séquestré dans une
cellule exiguë sans aération ni lumière,
occupée par des détenus en surnombre à la
DEMIAP où il a souffert d'étouffement.
Lundi
05 juillet 1999, plusieurs personnes sont
interpellées pour " pratique illicite des
prix et rétention des produits pétroliers
" par une commission mixte composée des éléments
de la police d'intervention rapide (PIR), de
l'agence nationale de renseignements (ANR) et du
groupe spécial de sécurité présidentielle
(GSSP) en lieu et place des agents des affaires
économiques dûment mandatés conformément au
décret-loi du 20 mars 1961 relatif aux prix et
l'ordonnance-loi du 12 septembre 1983. Il s'agit
de monsieur Jean Bamanisa Saïdi
(administrateur-gérant de la société privée
à responsabilité limitée BARNET/la pétrolière
et président provincial de la Fédération des
Entreprises du Congo (FEC) pour Kinshasa), M.
Jean Gabriel Mudiandambu (fonctionnaire retraité),
M. Wembo Kosongo (responsable des établissements
GAPCOM), M. Mbadu N'Situ (gérant société GIP),
trois agents du ministère de Pétrole, en
l'occurrence, M. Mudiay wa Mudiay (directeur de
cabinet), M. Tshishimbi Mbala (conseiller
juridique) et M. Tudienu (secrétaire général).
Détenus durant cinq jours à la PIR, commune de
Kasa-Vubu, ils ont été transférés au parquet
général de la république près le Tribunal de
Grande Instance de la Gombe où l'instruction de
l'affaire a abouti à un non lieu, le ministère
public ayant blanchi les prévenus en proposant
la main-lévée de leur détention.Cependant,
ils sont placés sous mandat d'arrêt provisoire
par le procureur général de la république
le 12 juillet 1999. En réaction à un
communiqué du comité de sécurité d'Etat
(CSE) du 08 juillet 1999 faisant état d'un réseau
maffieux de vente des produits pétroliers, le
ministère du pétrole avait déclaré que,
contrairement aux inexactitudes contenues dans
le communiqué, les entreprises
incriminées sont parmi celles qui ont
fonctionné normalement pendant la période
difficile de pénurie et ont fourni la grande
quantité des produits aux entreprises
de transport en commun (ONATRA,
CITY-TRAIN, GESAC) et grands camions desservant
les zones agricoles du pays, etc. Les détenus
ont été surpris de constater qu'au moment où
ils venaient de former appel contre les
ordonnances de mise en détention préventive,
le procureur général de la république a
ordonné leur transfert au parquet près la Cour
d'Ordre Militaire
(COM) alors que les intéressés ne sont
ni éléments des FAC, ni de la police nationale
(PN), ni individus ayant commis une infraction
à main armée. Ils sont en détention jusqu'à
ce jour au Centre Pénitentiaire et de Rééducation
de Kinshasa (CPRK).
Lundi
12 juillet 1999, monsieur Jonathan Mubawa
Munyere et monsieur Mbusa Bihande, commandants
des Forces Armées Congolaises (FAC), Détection
Militaire des Activités Anti-Patrie (DEMIAP)
sont arrêtés en recyclage militaire à Mikondo
par un certain Désiré appartenant à "
Intelligence Office " (IO) de la 50ème
Brigade des FAC et conduits au camp Kokolo,
commune de Bandalungwa où ils sont détenus
dans un cachot
communément appelé " Cellule II
", réservé aux criminels et condamnés à
mort. Auparavant, le 01 juillet 1999, une
commission mixte composée des éléments de la
50ème Brigade des FAC et de la Cour d'Ordre
Militaire (COM) avait ordonné une libération
massive des militaires aux dossiers bénins en détention
au Centre Pénitentiaire et de Rééducation de
Kinshasa (CPRK). M. Jonathan Mubawa et M. Mbusa
Bihande ont bénéficié de cette libération
après plusieurs jours de détention.Ils avaient
été arrêtés le 10 août 1998 sur ordre du
commandant John Numbi et détenus à la DEMIAP
avant d'être transférés au CPRK via la COM.
Ils étaient soupçonnés d'être complice des
militaires rwandais qui voulaient renverser les
pouvoir en place. Vendredi 16 juillet 1999, la
COM siégeant par défaut, le ministère public
a requis la peine de mort contre le commandant
Mbusa Bihande.Les prévenus sont en détention
au camp Kokolo.
Lundi
19 juillet 1999, monsieur Kambale Kabila
Mututulo, ancien directeur général de
l'Institut Supérieur de Commerce (ISC)/Beni, et
ancien ministre des mines (décembre 1997) et du
portefeuille (janvier 1998) du gouvernement de
salut public en détention depuis le 04 mai 1999
au Centre Pénitentiaire et de Rééducation de
Kinshasa (CPRK) a reçu la notification de sa détention
préventive. Il est, jusqu'à ce jour, en
attente de la présentation éventuelle des éléments
de sa culpabilité. Il est soupçonné d'avoir détourné
des fonds de l'Etat dont les preuves n'ont pas
été fournies par le ministère public.
Dans
la nuit du 24 au 25 juillet 1999, vers 01 heures
du matin, monsieur Christophe Lutundula Apala,
acteur politique au sein du Mouvement de
Solidarité pour la Démocratie et la Paix
(MSDP) est arrêté à domicile par plusieurs éléments
du groupe spécial de sécurité présidentielle
(GSSP) et conduit directement au cachot du GSSP,
section II, renseignements sis immeuble ex GLM
commune de Gombe où il a été détenu au 7ème
étage. Il lui est
reproché ses propos ou son point de vue
au cours d'une émission télévisée intitulée
"A vous la parole" diffusée sur la
chaîne de télévision privée " Raga T.V
" jeudi
22 juillet 1999 à 22 heures. A cette
occasion, M. Lutundula exprimait son opinion sur
la situation socio-politique en RDC, notamment
sur la commission de réformes institutionnelles
dont il était membre avant de démissionner le
20 mai 1999, le comité des pouvoirs populaires
(CPP), le débat national .... Il
a été libéré le 09 septembre 1999 sur
ordre du commandant GSSP Etienne Kabundi. Un
billet de libération lui a été remis après
audition le même jour par l'officier de police
judiciaire, commandant Mwepu.
Lundi
26 juillet 1999, monsieur Kusehuka Pascal, secrétaire
provincial du parti politique " Parti
Lumumbiste Unifié (PALU)/ Kikwit, province de
Bandundu est arrêté à domicile par les éléments
de la police. Il est arrêté pour avoir organisé
à son domicile une rencontre des militants du
Palu, hissé le drapeau, porté les insignes et
exhibé des affiches de son parti. A son
arrestation, il a fait l'objet d'un traitement
humiliant et dégradant de la part des éléments
de la police qui l'ont passé à tabac. M.
Pascal Kusehuka a été libéré une semaine
plus tard.
Vendredi
20 août 1999, les anciens généraux des forces
armées zaïroises (FAZ), Likulia Bolongo et
Kikunda Ombala, respectivement premier ministre
du dernier gouvernement de Mobutu et président
directeur général d'Air Zaïre et de la Régie
des Voies Aériennes (RVA), sont arrêtés et
acheminés à la Cour d'Ordre Militaire (COM) à
Kinshasa-Bandalungwa. Ils sont arrêtés pour répondre
des faits infrac-tionnels retenus à leur charge
au cours de leurs mandats publics sous le régime
Mobutu. Ils ont été libérés quelques heures
plus tard sur ordre de la hiérarchie. En effet,
le général Likulia Bolongo fait partie des
anciens collaborateurs de Mobutu qui avaient
pris fuite du pays lors de la prise du pouvoir
par l'Alliance des Forces Démocratiques pour la
Libération du Congo (AFDL) et qui est retourné
au pays le 09 juillet 1999 en compagnie de M.
Nkema Liloo (ancien conseiller spécial en matière
de sécurité de Mobutu) et M. Kabuya Lumuna
Sando (ancien directeur de cabinet adjoint et
porte parole de la présidence de la république
sous Mobutu) pour répondre à l'appel du président
de la république, M. Laurent Désiré Kabila
demandant aux Mobutistes en exil de regagner le
pays en vue de contribuer à l'action de
reconstruction nationale.
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