Bref aperçu sur la situation des droits de l’homme à Matadi, Boma, province du Bas-Congo

Dans le cadre de la commémoration 51ième anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme le 10 décembre 1999, une mission de la Voix des  Sans-Voix pour les droits de l’homme (VSV) composé de son président, M. Floribert CHEBEYA  BAHIZIRE et un de se membres staff, M. Olivier KUNGWA MURHANDIKIRE a séjourné dans la province du Bas-Congo du 09 au 13 décembre 1999 pour s’enquérir de la situation des droits de l’homme en vue d’accompagner les efforts locaux en matière de promotion et défense des droits de l’homme.

Par ce déplacement, la VSV a voulu réitérer sa disponibilité et sa solidarité agissante envers le mouvement associatif local en vue de sensibiliser les autorités politico-militaro-administratives, les acteurs de la société civile et la population sur la promotion et la défense des droits de l’homme, nos droits à tous.  

Droits politiques et civils

En ce qui concerne les droits politiques et civils, la province du Bas-Congo est encore marquée par la situation de guerre qui l’avait secouée au début de l’agression de la république démocratique du Congo (RDC), la république démocratique du Congo (RDC) en d’août 1998 par la coalition des armées du Rwanda, Burundi et de l’Ouganda lors de la prise de cette partie de la RDC par la rébellion à telle enseigne que les autorités politico-administratives, la population et les acteurs de la société civile éprouvent des difficultés pour s’exprimer sur  des matières en rapport avec la promotion et défense des droits de l’homme sous prétexte de la situation de guerre que connaît actuellement le pays.

Les fonctionnaires sont impayés ou sous-payés. Les revendications sociaux à cette effet sont réprimés.

Aux différentes barrages érigées sur les routes de dessertes agricole et autres produits vivrières, les transporteurs et la population sont tracassés par des militaires commis à ces barrières sous prétexte de recherche des infiltrés rebelles ou des éléments de l’Unita en fuite. Les commerçants et autres passants se voient dépouillés d’une partie de leur marchandise et sommé de payer une amande varient entre 5 et 10 FC pour traverser la barrière de roulage exigent une « bière » aux chauffeur des véhicules transportant les marchandises. La bière est évaluée à 15 à 20 FC. Ainsi aux différentes barrages, les éléments commis au contrôle se contentent plus de l’enveloppe leur remis par les transporteurs et les passagers que l’identification des passants et le contrôle des infiltrés rebelles.

Ces tracasseries sont beaucoup constatés aussi au port de Matadi où sont concentrés plusieurs éléments des services de sécurité dont les policiers ; les éléments des FAC ; les éléments de l’ANR, DGM ; RVM ; de la détection militaire des activités anti-patrie (DEMIAP), de l’OCC, hygiène,... D’où certains services font le double de ce que font d’autres services.

C’est ainsi, qu’au début du mois de décembre, un incident évité de justesse s’est passé au port de Matadi lorsque les éléments de la DEMIAP ont voulu occuper les locaux de la DGM et vouloir interférer dans les prérogatives de la DGM.

Sur la nationale n° 1, de Matadi à Kinshasa, au niveau du village Mpozo, sur une barrière y érigée, après dédouanement d’un véhicule ou des produits au port de Matadi, ont est obligé de faire de formalités qualifiés de « courtoisies » avant de dépasser la barrière. Les éléments en faction sur les barrières perçoivent ainsi d’importantes somme d’argent sans quittance.

Les conflits, même parcellaires se voient tranché par la Cour d’Ordre Militaire (COM) et certaines affaires qui sont déjà tranché par les parquets civils se voient être remis à la Cour d’Ordre Militaire par la partie lésée pour faveur et trafic d’influence.  

Situation de la presse dans la province du Bas-Congo

Dans la ville de Matadi, province de Bas-Congo, y fonctionne deux chaînes de radio-télévision, notamment la chaîne officielle, la radio-télévision nationale du Congo (RTNC) et la chaîne privée Radio télé Matadi (RTM).

Concernant la presse écrite, on y trouve la représentation de organe de presse officielles, des certaines organes de la presse écrite paraissant ici Kinshasa et quelques journaux locaux. Concernant la presse écrite on y trouve les journaux suivants : L’observateur, Tendances actuelle, La Référence Plus, Forum des As, le Périscope, Le Potentiel, L’Avenir, Elima, Busa Matari, Echos du Bas-Congo, etc.

D’une manière générale, il est fait constat de la  difficulté d’accès à l’information auprès des autorités et la non-dénociation par les mass-média. Ce pourquoi, certains journalistes sont pourchassés par les autorités suite à leurs opinions. Le docteur Seraphin Bavuidi, gouverneur de la province du Bas-Congo avait voulu refouler de la province du Bas-Congo un correspondant  d’un journal de la presse écrite dont le bureau se trouve à Kinshasa à cause de ces écrits. On signale aussi l’arrestation et la détention prolongée ici à Kinshasa au CPRK du journaliste Joseph Mbakulu Pambu Diana, ancien directeur de programme de la Radio-Télévision-Matadi (RTM). A cette effet, une mobilisation de la presse toute entière est mis en marche en faveur de la libération de ce dernier par la Cour d’Ordre Militaire.

La presse officielle s’auto – censure pour des raisons de susceptibilité d’où un traitement différent des informations entre la presse officielle et la presse privée qui a plus de liberté de s’exprimer tandis que par  la presse officielle ou constate une censure située à plusieurs niveaux. C’est ainsi qu’il a toujours été rappelé aux journalistes de la RTNC par leurs responsables qu’un agent ne peut pas critiquer son employeur en comparant l’agent au journaliste et l’employeur à l’Etat congolais. D’où les journalistes de la RTNC sont contraint de ne pas toujours donner l’information de manière objective.

La presse écrite éprouve d’énormes difficultés suite à l’inexistence dans la province du Bas-Congo d’un imprimerie capable de produire un journal et par manque des matériels d’impression du journal. Ils sont toujours obliger aussi de venir faire l’impression de journal à Kinshasa et cela a pour conséquence la hausse de prix du journal dont le coût s’élevant actuellement  à 10 Fc n’est pas à la portée de toutes les bourses.  

Situation de la femme et enfants au Bas-Congo

La situation de la femme et enfants en matière de leurs droits spécifiques est catastrophique dans la province du Bas-Congo. Cela est due aux coutumes, préjugés, aux croyances spécifiques aux ethnies et tribus et la situation socio-économique de notre pays. On remarque un contraste lors de l’analyse des textes universelles relatifs aux droits spécifiques de la femme et l’enfant et les réalités sur terrain jusqu’à conclure que les textes sont beaux mais aucun effort n’est fournie ni par les autorités, ni la population pour l’application.

Pour conséquences, on rencontre beaucoup d’interdits alimentaires à l’endroit des femmes. En cas de veuvage, la femme se retrouve avec ses enfants parfois dans la rue sans aucun ressource pour la survie car les membres de la famille de l’époux ravissent tout les biens et immeubles de la famille en abandonnant la veuve et ses orphelins à leur triste sort

Plusieurs cas de viols de femme, vols ont été constaté lors de l’occupation rebelle qu’a connu la province du Bas-Congo au mois d’août - septembre 1998 et de la part des rebelles et les militaires. Les victimes pour garder leur dignité, manquent le courage de dénoncer le calvaire connu  au grand  jour.

Il est à noter que dans cette partie de la RDC, les femmes ne vivent pas dans la liberté totale de s’exprimer depuis nos ancêtres. Par conséquent, ne sachant pas s’exprimer librement devant les hommes, les femmes éprouvent d’énormes difficultés pour atteindre les objectifs d’émancipation de la femme congolaise. Lors du mariage de la jeune fille, la dot devient un moyen de s’octroyer un fond de commerce par les parents de la fille mettant ainsi l’homme dans l’impossibilité de se marier.

Les viols de femme et filles engendrent les grossesses non désirées, la polygamie, le divorce, et la prostitution juvénile sont à la base de l’augmentation des nombre d’enfants de la rue. La sorcellerie est à la base de ce phénomène aussi où plus de 80 % d’enfants de rue sont abandonnés par leur famille pour raison de sorcellerie.

Suite aux difficultés d’honorer la dot de la part du fiancé, plusieurs jeunes filles se voient engrossés et le responsable de la grossesse par manque de revenue se voit obliger d’abandonner la mère et l’enfant hypothéquant ainsi l’avenir de la jeune fille et son enfant.

Situation des droits de l’homme à Boma, Bas-Congo

A Boma dans la province du Bas-Congo, les causes principales de l’augmentation des cas des violation des droits de l’homme sont l’ignorance de la notion des droits de l’homme et une manque d’information suffisante sur la promotion et défense des droits de l’homme.

Les éléments armé, s’illustrent par les tracasseries aux barrières militaires érigés sur  les principales routes de désertes des produits alimentaires. Les passants et commerçants sont obligés de laisser de l’argent et de la marchandise aux différentes multiples barrières militaires érigés en vue de traquer les rebelles infiltrées même si les papiers d’identité sont en  ordre.

Aux heures de couvre-feu, de 00h00’ à 6h00’, la rencontre avec un élément armé donnes lieu à une fouille systématique qui se termine toujours par une extorsion de tout ce dont on est en possession.

Plusieurs cas des tracasseries sont signalés au port de Boma de par des agents de l’ANR et DGM qui exigent des taxes fiscaux aux importateurs des marchandises en provenance de l’occident. Les bandes vidéo, cassettes audio, le cartes photographique et appareils photo sont la plupart de fois saisies par les agents de l’ANR et DGM pour raison d’enquête pour ne plus être retourner aux propriétaires.  D’autres taxes arbitraires sont exigées à la sortie du port par les éléments de service de sécurité aux détenteurs de marchandises, variant entre 50 FC à 100 FC et sans quittance.

Parmi ces services on trouve la police militaire, la DEMIAP, la RVA, l’ANR etc. sans ordre de mission et la plupart en tenues civiles. Les autorité politico - administratives et militaires n’arrivent pas à mettre hors d’état de nuire tout ces éléments.

La plupart de hôtels de Boma sont occupés par des éléments armés (Zimbabwéens ou Congolais) qui logent sans payer occasionnant ainsi un manque à gagner de la part de détenteur de ces hôtels.

Les partis politiques et les opérateurs politiques sont  inéxistants. Les opérateurs économiques sont découragés suite à la variation au taux de change et surtaxes entraînant ainsi l’augmentation des prix des biens et services du jour au jour.

Concernant les médias, à Boma on y trouve une radio confessionnelle émettant en modulation de fréquence (FM), une chaîne de télévision privée de la Bralima qui fait par moment le relais avec la RTNC à Kinshasa et une autre chaîne privée, la radio télé local de Boma. Certains organes de presse de Kinshasa sont aussi représentés à Boma qui n’a pas sa propre organe de presse écrite.

La journée mondiale des droits de l’homme non célébrée à Matadi et Boma, province du Bas-Congo

En mission à Matadi, Boma, province du Bas-Congo, la Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme (VSV) a été surprise de constater que la journée internationale des droits de l’homme n’a pas été célébrée le 10 décembre 1999.

Au moment où le gouvernement de la république démocratique du Congo ne cesse de proclamer sa foi aux droits de l’homme, notamment, par la création en juin 1998 de tout un ministère chargé des droits humains, la célébration du cinquantenaire de la déclaration universelle des droits de l’homme, de l’organisation du forum de Kinshasa pour la démobilisation et la réinsertion des enfants soldats et le séminaire relatif au plan national de protection et promotion des droits de l’homme en décembre 1999, les autorités provinciales ont préféré à la célébration de la journée mondiale des droits de l’homme de procéder au lancement de la campagne de quinzaine de l’éveil patriotique.

En effet, à l’occasion de l’arrivée à Matadi mercredi 08 décembre 1999 du ministre de la justice et garde des sceaux, M. Jeannot Mwenze Kongolo, et du secrétaire général des comités de pouvoir populaire (CPP), M. Raphaël Ghenda, accompagnés d’une forte délégation, la journée a été, contre toute attente, déclarée chômée pour permettre à la population d’assister massivement au meeting politique organisé au stade de Matadi, province du Bas-Congo. La population de Boma a, quant à elle, connue deux jours fériés, à savoir l’après-midi de mercredi 08/12/1999 et toute la journée de jeudi 09/12/1999 en prévision de la visite du secrétaire général des CPP.

A Matadi et Boma, la population a eu à déplorer cette forme de mobilisation populaire forcée qui a causé de préjudices et autre manque à gagner à la population et hommes d’affaires en séjour à Matadi et Boma principalement pour question de dédouanement  des marchandises aux ports de ces deux villes.

Face aux problèmes chroniques d’ignorance des droits de l’homme par la population et l’obligation des autorités provinciales de s’impliquer effectivement pour une bonne réalisation des droits de l’homme, la VSV demande :  

-    Au gouvernement : l’ouverture à Matadi et Boma d’un bureau de représentation du ministère des droits humains ;

-    Au haut commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme : l’ouverture dans la province du Bas-Congo d’un bureau de représentation du Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme ;

-    Aux autorités provinciales et responsables de la société civile : d’oeuvrer pour le renforcement des capacités des organisations provinciales de défense des droits de l’homme.

Fait à Kinshasa, le 27décembre 1999  

La Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme (VSV)

 

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