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LA
VOIX DES SANS - VOIX (VSV)
BULLETIN
D'INFORMATION POUR LA DEFENSE ET PROMOTION DES
DROITS DE L'HOMME
Mars
- Avril - Mai
1999
N°
020
B.P.
11.445
Bureau : Avenue des Ecuries
n° 3858
KINSHASA
I
R.D.
CONGO (EX-ZAIRE)
Kinshasa - Ngaliema
TELEPHONE
243-88-40394
(entre Kintambo/Magasin et Séminaire
Jean 23)
TELEPHONE
243-12-50514
et 243-12-50832
R.D. CONGO (EX-ZAIRE)
FAX.
243-12-34441 FAX 243-88-43527
FAX 243-88-40394
E-
mail : vsv@ic.cd
Droits
économiques et
sociaux toujours en péril:
POPULATION
DE PLUS EN PLUS
SANS POUVOIR D'ACHAT.
Ont
contribué à la
réalisation de ce bulletin :
*
Olivier Kungwa
* Peter Ntumba
*
Timothé Dikuiza
* Eguyna Khady Mangiau
*
Floribert Chebeya
* Dolly Ibefo
*
Honoré Kapuku
* Justin Chiba
*
Léon Kasongo.
* Micheline Mapangala
*
Eugène Mutombo
Toute
personne, en tant que membre de la société,
a droit à la sécurité sociale;
elle est
fondée
à obtenir la satisfaction des droits économique,
sociaux et culturels indispensables
à
sa dignité et au libre développement de sa
personnalité, grâce à l'effort national et à
la coopération internationale, compte tenu de
l'organisation et des ressources de chaque pays.
(Art.
22, DUDH)
PROCESSUS
DE DEMOCRATISATION ET TRANSFORMATION
DES CONFLITS EN PAIX
Débat
National (DN)
Mardi
16 mars 1999, le Chef de l'Etat, M. Laurent Désiré
Kabila, a lancé l'idée d'une concertation
appelée "Débat National " (DN) au
cours d'une émission-conférence de presse sur
les antennes de la télévision nationale, la
RTNC.
Ce
cadre de concertation et de dialogue aura comme
objectif de rechercher par la voie pacifique la
solution à la crise multiforme que connaît
actuellement la république démocratique du
Congo (RDC) en ces moments où une importante
partie de son territoire est occupée par les éléments
armés soutenus par la coalition
ougando-rwando-burundaise.
Au
terme du décret-loi n° 213, promulgué samedi
27 mars 1999, il a été donné un caractère
juridique à ce forum. Par la même occasion,
les décrets-lois n° 214 et 215 portant
respectivement composition du comité
organisateur du débat national et nomination
des membres dudit comité ont été signés.
L'ouverture
du débat national a été fixée d'abord
au 30 avril à Rome en Italie avant d'être
transféré à Nairobi au Kenya avec comme date
d'ouverture avancée au 08 mai 1999.En annexe
les décrets-lois 213, 214,et 215.
L'initiateur
du débat national a fixé comme objectifs à ce
forum :
-
La mise en place d'un cadre juridique consensuel
de transition ;
-
L'élaboration consensuelle d'un projet de
constitution pour la 3ème république ainsi que
le projet de la loi électorale ;
-
La remise en cause ou l'explication du décret-loi
n° 194 du 29 janvier 1999 relatif aux activités
des partis politiques.
Sont
habilités à participer à ce forum national :
les membres et délégués du gouvernement, les
membres de la commission gouvernementale des réformes
institutionnelles, les groupes d'opinion
et les congolais vivant à l'extérieur ainsi
que les personnalités invitées.
Trop
controversé, le débat national fait encore
l'objet des tractations en vue d'harmoniser les
divergences de vues entre les parties concernées
sous la houlette des modérateurs de Sant'Egidio.
Après
analyse, il s'avère qu'au terme de la signature
des décrets-lois 213, 214 et 215, le Président
de la république
n'a pas tenu compte des propositions
faites par différentes forces vives et
personnalités tant du secteur politique, économique
que social. La
nomination unilatérale des membres du
comité organisateur et des commissions ad hoc
a suscité de vives réactions de la part
des protagonistes qui ont émis des observations
et même des conditions en vue d'assurer une
chance de réussite à ce forum.
En
définitive, la prise en compte des préoccupations
exprimées par les différents acteurs devra être
privilégiée dans la recherche d'un consensus
national susceptible de mettre un terme à la
crise actuelle et d'épargner ainsi le pays de
fautes morales et politiques réitérées dont
les conséquences risquent de provoquer
d'autres violations massives des droits de
l'homme.
Le
Comité de Pouvoir Populaire (CPP)
Les
comités de pouvoir populaire (CPP) sont définis
par le président de la république, monsieur
Laurent Désiré Kabila comme étant des organes
expansifs du pouvoir d'Etat qu'assume le peuple.
Il
s'agit donc d'une matérialisation du concept
universel consacré de démocratie : pouvoir du
peuple par le peuple et pour le peuple.
Il
faut que le peuple exerce le pouvoir lui-même
et s'en serve pour ses intérêts à partir de
la base. L'acte de création des comités de
pouvoir populaire (CPP) consacre ainsi la
disparition de l'Alliance des Forces Démocratiques
pour la Libération du Congo (AFDL) en tant
qu'organisation politique qui était appelée à se transformer en un parti
politique.
Actuellement,
le problème est de savoir si les comités de
pouvoir populaire
ne constituent pas un blocage au
processus de démocratisation pluraliste. Selon
la presse congolaise, de par leur rôle, les CPP
disposent du pouvoir comme d'un parti-Etat. Les
membres de l'organe dirigeant des CPP au lieu d'être
élus par leur base respective ont été désigné.
Des contacts disparates pris sont insuffisants
pour prétendre conférer un caractère démocratique
à leur mise en place. Les CPP émargent du
budget de l'Etat.
DROITS
CIVILS ET POLITIQUES
Durant
la période de mars à mai 1999, on a assisté
à la recrudescence des violations des droits
civils et politiques en république démocratique
du Congo (RDC). De nombreux cas d'arrestations
arbitraires, détentions illégales, enlèvements,
vols, viols et tortures ont été signalés.
En
dépit de la promulgation du décret-loi portant
libéralisation des activités politiques en RDC,
des analystes politiques, des acteurs politiques
et tant d'autres personnes ont été privés de
leur liberté et ont fait l'objet des
traitements cruels, inhumains et dégradants à
cause de leurs opinions ou coloration politique.
Arrestations
arbitraires, détentions illégales et
enlèvements
Le
05 mars 1999, MM Lambert Djunga Shango et Pierre
Risasi Msimbwa du cabinet d'avocats "
Mitchell and associates " ont été arrêtés
après une série de perquisitions opérées à
leur cabinet.
Ils ont été acheminés au cachot de la
Cour d'Ordre Militaire (COM) à Kinshasa/Bandalungwa
avant d'être transférés au centre pénitentiaire
et de rééducation de Kinshasa (CPRK). Il leur
est reproché par M. Philémon Nalhuwindja, président
délégué général de la Société Minière du
Congo (SOMICO) d'avoir prévenu leur client, en
l'occurrence la société minière " Banro
Ressource Corporation " de l'expropriation
par Somico de sa cargaison de 99 tonnes de
cassitérites.
Lors de leur arrestation, les victimes
ont été dépossédées de leurs véhicules. De
suite de perturbation de son état de santé, M.
Lambert Djunga Shango a été hospitalisé à la
clinique Ngaliema, sous haute surveillance des
soldats de la COM. Ils sont en détention jusqu'à
ce jour.
Dimanche
07 mars 1999, M. Georges Tshonza Mata de l'ONG
Service de Renforcement et Appui aux Communautés
de Base (SERA-COB), en provenance de Bukavu,
province du Sud-Kivu est appréhendé par les
agents de la Direction Générale de Migration
(DGM) à l'aéroport de Kinshasa/N'djili. Il a
été interpellé et interrogé à cause de son
passeport qui contient un visa attestant son
passage à Kigali au Rwanda. Il a été acheminé
au Comité de Sécurité d'Etat (CSE, ex Conseil
National de Sécurité, CNS) à Kinshasa/Ngaliema.
M. Tshonza Mata est accusé d'atteinte à la sécurité
d'Etat. Il a été libéré lundi 22 mars 1999 après quinze jours de détention.
Dimanche
14 mars 1999, vers 14 h00', quatre
membres de la société civile et classe
politique congolaise, en l'occurrence, messieurs
Modeste Mutinga (Editeur du journal Le
Potentiel), André Ipakala (Editeur du journal
La Référence Plus), docteur Kabamba Mbwebwe
(parti politique Front Patriotique, FP) et Mme
Ange-Marie Lukiana Lufuankol (Union Nationale
des Femmes, UNAF) ont été appréhendés à l'aéroport
de Kinshasa/N'djili par le service d'immigration
congolaise puis gardés par le service de sécurité
des aéroports et aérodromes avant d'être
acheminés au département sécurité extérieure
de l'Agence Nationale des Renseignements (ANR/DE),
sise avenue Nguma, Binza Macampagne à Kinshasa/
Ngaliema. Il leur est reproché d'avoir été en
contact avec des mobutistes en exil, des membres
de la rébellion du Rassemblement Congolais pour
la Démocratie (RCD) et des représentants des
pays agresseurs, à savoir, le Rwanda, l'Ouganda
et le Burundi. En effet, les 4 représentants de
la société civile et des partis politiques
revenaient de Pretoria en Afrique du Sud pour
participer du
09 au 11 mars 1999 sur invitation de
l'ONG sud-africaine African Center for the
Constructive Resolution of Dispute (ACCORD) à
une rencontre des congolais venus d'Europe et
d'Amérique, des territoires congolais sous
occupation et sous contrôle gouvernemental pour
le retour de la paix en RDC. Mme Lukiana a bénéficié
d'une liberté provisoire samedi 20 mars 1999
tandis que messieurs
Modeste Mutinga, André Ipakala et
docteur Kabamba Mbwebwe sont transférés
mercredi 24 mars 1999, vers 14 heures au cachot
de la Cour d'Ordre Militaire (COM) à Kinshasa/Bandalungwa.
Jeudi 25 mars 1999, ils sont encore transférés
au centre pénitentiaire
et de rééducation de Kinshasa (CPRK). Ils ont
été entendus le 26 mars 1999 par le magistrat
Mutombo Katalay Tiende de la COM qui a retenu à
leur charge comme grief : atteinte à la sûreté
de l'Etat. Sur ordre du président de la république,
M. Laurent Désiré Kabila, ces trois victimes
ont été libérées lundi 29 mars 1999 vers 15
heures.
Samedi
20 mars 1999, monsieur Gustave Mukasa Nkashama,
coordonnateur exécutif adjoint du RECODELAC,
ONG des droits de l'homme en milieux
universitaires, chef des travaux à l'Institut Pédagogique
National (IPN) a été menacé d'être limogé
de ses fonctions de chef du département et sa
charge horaire retirée. Il lui est reproché la
publication dans les journaux Elima n° 350 du
15 au 16 mars 1999 et Eveil d'une lettre ouverte
aux professeurs d'université dans laquelle il
mettait en cause leur profession.
Mardi
23 mars 1999, M. Félicien Kalala Tshibangu,
professeur ordinaire dans plusieurs universités
de Kinshasa et avocat près la Cour d'Appel de
Kinshasa est arrêté par les éléments des
services spéciaux et détenu à l'Agence
Nationale des Renseignements (ANR)/avenue Lemera
à Gombe. Auparavant, samedi 16 mars 1999, il
est allé répondre à une invitation lui adressée
par un inspecteur de l'ANR. Il a été soumis à
un interrogatoire pendant 4 heures axé sur son
récent séjour de près de 15 jours au Katanga
où il a été en campagne d'évangélisation
pour le compte de la Communauté Internationale
des Femmes Messagères du Christ (CIFMC) de
Maman Olangi. Il lui est reproché des propos
tenus dans les auditoires de l'université de
Kinshasa (Unikin) faisant état de la dégradation
monumentale des conditions socio-économiques
dans l'arrière pays et à Kinshasa. Ces propos
ont été jugés d'hostiles au pouvoir en place.
Lundi
29 mars 1999, vers 15 heures, dix éléments de
la police sans aucun mandat ont débarqué au
domicile de monsieur Simon Tshamala, sis avenue
Kingoyi au quartier III, commune de N'djili.
Pour l'avoir manqué, les policiers ont mis la
main sur madame Tshibwabwa, son épouse et le
propriétaire de la parcelle qu'ils ont embarqués
dans leur véhicule en vue de se faire indiquer
le lieu de travail de monsieur Simon Tshamala.
Retrouvé, ce dernier a été acheminé à
l'immeuble ex Kin Mazière, siège des services
spéciaux de la police à Kinshasa/Gombe. Il lui
a été signifié qu'il est le prévenu
personnel du commandant Bruce Kifua, fils de
l'inspecteur général de la police
nationale. Il a été placé directement en détention.
Le 30 mars 1999, monsieur Simon Tshamala a été
transféré au cachot du commissariat
de la police à proximité de l'hôpital
général de Kinshasa (ex Mama Yemo).
Sur son billet d'écrou, il est présenté
comme étant en intelligence avec l'ennemi,
autrement dit un infiltré. Il a été ramené
au cachot de l'ex Kin-Mazière le 31 mars 1999 où
il a été privé de tout droit de visite, de
manger ou de boire. La victime a recouvré sa
liberté le vendredi 02 avril 1999 à 15 heures
sans être entendue et aucune attestation
d'arrestation, ni de libération ne lui a été
remise.
Lundi
29 mars 1999, monsieur Jean Claude Muyambo
Kyassa, membre de l'ONG " Centre des droits
de l'homme et droit humanitaire " (CDH),
basée à Lubumbashi/Katanga est arrêté par
l'Agence Nationale de Renseignements (ANR) et
transféré à Kinshasa le 02 avril 1999 et détenu
l'ANR/Lemera (ex 3Z), Gombe. Auparavant, le 28
mars 1999, M. Jean Claude Muyambo Kyassa a été
invité par le secrétaire général de l'ANR,
monsieur Munganga. Il a été arrêté pour une
affaire d'argent destiné à faire voyager en
Belgique un proche, membre de la famille.
L'enveloppe estimée à 8.500 $ US avait été
remise à un certain Max Kalamba dont l'épouse
a des liens de parenté avec le secrétaire général
de l'ANR, M. Munganga. M.Jean-Claude Muyambo
Kyassa a été libéré le 29 avril 1999.
Mardi
06 avril 1999, vers 17 heures M. Baudouin Hamuli
Kaba-rhuza, secrétaire exécutif du conseil
national des organisations non gouvernementales
de développement (CNONGD) et membre du secrétariat
technique de la société civile congolaise est
arrêté et détenu au département de sécurité
extérieure de l'Agence Nationale de
Renseignements (ANR/DE), sise avenue Nguma à
Kinshasa/Ngaliema. Il lui est reproché d'avoir
quitté le territoire national sans
l'autorisation des autorités et d'avoir été
en contact avec des mobutistes en exil, des
membres de la rébellion du RCD et leurs alliés
(rwandais, ougandais et burundais) lors de sa
participation à la rencontre des congolais
organisée du 09 au 11 mars 1999 à Prétoria en
Afrique du Sud pour le retour de la paix en RDC.
M. Baudouin Hamuli Kabarhuza a recouvré sa
liberté mercredi 14 avril 1999 à 19 heures. Il
convient de rappeler que, pour la même
rencontre, M. Modeste Mutinga (Editeur du
journal Le Potentiel), M. André Ipakala (Editeur
du journal La Référence Plus), docteur Kabamba
Mbwebwe (parti politique Front Patriotique, FP)
et Mme Lukiana Ange-Marie (Union Nationale des
Femmes, UNAF) étaient arrêtés le 14 mars 1999
et détenus respectivement à l'Agence Nationale
de Renseignements/département sécurité extérieure
(ANR/DE), à la cour d'ordre militaire (COM) et
au centre pénitentiaire et de rééducation de
Kinshasa (CPRK, ex prison centrale de Makala)
avant d'être libérés le 29 mars 1999 sur
ordre du président de la république, monsieur
Laurent Désiré Kabila.
Samedi
10 avril 1999, à 9heures, messieurs Kalubi et
Mabuso Don King, agents à la société
nationale d'électricité (SNEL) sont appréhendés
par un groupe de militaires du Groupe Spécial
de Sécurité Présidentielle (GSSP) sans
mandat, non loin du Palais de Marbre, actuelle résidence
officielle du chef de l'Etat. Ils sont acheminés
au bureau II du GSSP où 50 coups de cordelettes
leur ont été infligés avant d'être jetés
dans un cachot étroit sans aération
où ils ont rejoint onze autres personnes
détenues. A minuit, les deux victimes ont été
auditionnées par le commandant Kennedy Mukendi.
Messieurs Kalubi et Mabuso Don King ont été
mis en cause pour avoir injurié le chef de l'Etat,
monsieur Laurent Désiré Kabila à bord d'un
bus City Train samedi 10 avril 1999 dans la
matinée. Ils ont recouvré leur liberté
dimanche 11 avril 1999 vers 15 h00'.
Lundi
19 avril 1999, à 15h 00', pasteur Job Mukadi de
l'Eglise du Feu de la Pentecôte a été enlevé
au croisement des avenues Inga et Kimbondo,
commune de Banda-lungwa à
Kinshasa par trois hommes armés en tenue
militaire, venus à bord d'une voiture Peugeot
504 de couleur blanche non immatriculée.
Il y est embarqué de force, les yeux
bandés pour être conduit dans une résidence où
il a été enfermé dans une chambre vers 1
heure du matin. En ce lieu, pasteur Job Mukadi a
été soumis à un interrogatoire par un homme
non autrement identifié. Cet interrogatoire a
été axé sur une pétition, initiée par un
groupe de pasteurs, à adresser au chef de l'Etat
pour la modification du décret-loi relatif à
l'exercice
du culte en république démocratique du
Congo (RDC). Des sévices corporels lui ont été
infligés et des menaces de mort proférées
contre sa personne. Mardi 20 avril 1999, pasteur
Job Mukadi a recouvré sa liberté.
Lundi
26 avril 1999,
messieurs André Bamwe Kabasu, Thierry
Tshiamumayi Kabunda et Daniel Faustin Kalala
Mashika, respectivement, chef de bureau de mine
et géologie, inspecteur de la police et
commandant du district, tous domiciliés dans la
province du Kasaï Occidental sont arrêtés par
l'Agence Nationale de Renseignements (ANR)
/Tshikapa suite à une lettre datée du 20 avril
1999 interceptée par l'ANR et supposée être
signée par le président de l'Union Socialiste
Congolaise, monsieur Christian Badibangi. Cette
correspondance avait été destinée à un chef
rebelle l'informant de la disponibilité des
trois personnalités ci-haut mentionnées à
accueillir les rebelles au cas où ils
arrivaient à Tshikapa. Ils ont tous été libérés
une semaine après que l'ANR n'ait constaté des
preuves de culpabilité
Lundi
26 avril 1999, vers 17 heures, M. Ravani Mandi
est enlevé par quatre hommes en uniforme bien
armés sans mandat. Ils l'ont appréhendé sur
avenue Kwilu dans la commune de Ngiri-Ngiri
pendant qu'il surveillait les travaux de
construction de son chantier. M. Ravani Mandi
est immédiatement conduit vers une destination
inconnue. Un litige partiellement réglé lors
d'une transaction est à l'origine de cet enlèvement.
La victime a été relâchée le jour suivant
moyennant une somme de 170 $ US versée par sa
famille aux mêmes éléments.
Mercredi
28 avril 1999, cinq étudiants de l'Université
de Kinshasa (UNIKIN) ont été enlevés au
croisement des avenues Université et Kianza. Il
s'agit de Django Shungu, Bokwe Ebile, Pitcho
Tumba Beya, Kadima et un autre non autrement
identifié. Ils ont été détenus à l'Agence
Nationale de Renseignements/Département Sécurité
Extérieure (ANR/DE), commune de Ngaliema. Il
leur est reproché l'auto-stop d'une voiture
ayant à son bord des agents de service de sécurité.
Ces étudiants ont été relâchés le jour
suivant.
Jeudi
29 avril 1999, vers 2h00' du matin, un groupe
d'hommes en uniforme dont quatre en tenue
civile, venus à bord d'un mini-bus de marque
Mercèdes ont arrêté M. Lambert Edimba,
domicilié au quartier Matonge, commune de
Kalamu. Mme Wetshi Ndjadi, épouse de M. Benoît
Wetshi Ndjadi, membre du parti politique
Mouvement National Congolais/Lumumba (MNC/L) a
été arrêtée en lieu et place de son mari
absent. Ils sont directement conduits à
l'Agence Nationale des Renseignements/Département
Sécurité Extérieure (ANR/DE) à Binza Ma
Campagne, commune de Ngaliema.
De l'interrogatoire de M. Lambert Edimba
du 30 avril 1999, il ressort que les questions
lui posées portaient essentiellement sur ses relations avec M. Lambert Mende Omalanga, porte -parole
actuel du Rassemblement Congolais pour la Démocratie
(RCD). Il a été également interrogé sur ses
rapports avec M. Eugène Diomi Ndongala, président
du Front pour la Survie de la Démocratie (FSD)
et sur M. Benoît Wetshi. Lors de l'arrestation
de M. Lambert Edimba, plusieurs biens de valeur
ont été emportés par des militaires.
Il
s'agit notamment d'un magnétoscope, des bandes
cassettes vidéos et audios ainsi que divers
documents. A son arrivée à l'ANR/DE 100 coups
de fouet lui
ont été infligés
avant de se retrouver au cachot. Il a été libéré
le 08 mai 1999.
Dimanche
02 mai 1999, monsieur Emmanuel Cole, réfugié
libérien et président de l'ONG "
Fondation Bill Clinton pour la Paix, aide aux réfugiés
et déplacés d'Afrique (FOBIPARDE) " est
enlevé au pavillon 4 du centre pénitentiaire
et de rééducation de Kinshasa (CPRK) où il était
en détention par un groupe de militaires et
emmené à une destination inconnue. Pour mémoire,
M. Emmanuel Cole a été arrêté le 22 décembre
1998 à Kinshasa par des éléments de la Police
d'Intervention Rapide en patrouille. Il a été
détenu successivement au cachot du commissariat
de la police de Kalamu, à l'Inspection
Provinciale de Kinshasa (IPK, ex Circo), à la
Cour d'Ordre Militaire (COM) et au centre pénitentiaire
et de rééducation de Kinshasa (CPRK, ex prison
centrale de Makala). Il est reproché à M.
Emmanuel Cole par la COM d'avoir fait
fonctionner son organisation illégalement et
d'avoir porté atteinte à la sûreté d'Etat.
Il a été libéré le 11 mai 1999, à 12h30',
après s'être retrouvé au cachot de la
Direction Générale de Migrations (DGM) en face
de l'immeuble ex Kin-Mazière à Kinshasa/ Gombe,
après son enlèvement au CPRK le 02 mai 1999.
Samedi
08 mai 1999, le professeur Kaumba Lufunda,
directeur de service central de criminologie à
l'Inspection Générale de la Police a été libéré
après avoir passé un mois de détention au
cachot du Bureau II, service des renseignements,
Groupe Spécial de Sécurité Présidentielle (GSSP),
sis immeuble ex-GLM/Gombe. La justice militaire
n'a pas trouvé d'indices sérieux de culpabilité
ni de preuves infractionnelles pour lesquelles
il a été incarcéré. Le professeur Kaumba
Lufunda a été arrêté pour avoir été invité
à assister à une conférence de presse organisée
par la Voix des Sans - Voix pour les droits de
l'homme (VSV).
Mercredi
12 mai 1999, au domicile de Mme Kalala Odile
(employée à Catholic Relief Society, CRS), épouse
de M. Donat Mukonda (membre de l'Union pour la Démocratie
et le Progrès Social, UDPS), sis avenue
Masi-Manimba, commune de Kasa-Vubu, trois
hommes armés en tenue civile venus à bord
d'une voiture de marque Hyundaï suivis de trois
Jeep 4x4 avec à bord des militaires ont enlevé
madame Kalala Odile, monsieur Mpoyi Placide
(agent aux fonds des Nations Unies pour la
population, FNUAP), monsieur Raymond Kabala et
monsieur Mwamba Ntita Alidor (membre du
directoire du parti politique UDPS). Ils sont
emmenés à une destination inconnue. A leur
arrestation, la résidence a été fouillée de
fond en comble. Actuellement ils sont en détention
au cachot de la 50éme Brigade des FAC, sis camp
Kokolo.
Jeudi
13 mai 1999, vers 20 heures, une section des
policiers munie d'un mandat d'amener et un autre
de perquisition ont débarqué au domicile de M.
Beyeye Djema dans la commune de Ngaliema. A
l'issue d'une fouille systématique effectuée
de 21 h à 23 h30', M. Beyeye Djema a été
conduit successivement au poste de la police, au
parquet général et enfin à la Cour d'Ordre
Militaire de Kinshasa. Lors de la perquisition,
il a été découvert un minuscule revolver avec
des munitions qui ont été emportés par les
agents de la police bien que M. Beyeye soit
couvert par un permis de port d'arme. Son
avocat, le bâtonnier Matadi Nenga Gamanda
craint, tout compte fait, que cette arrestation
et détention soient interprétées non
seulement comme arbitraires et illégales mais
aussi à caractère politique compte tenu du
passé mobutiste
de la victime. Selon la même source, M.
Beyeye Djema est inculpé de port illégal
d'arme de guerre et a été envoyé devant la
cour d'ordre militaire (COM). Auparavant,
monsieur Christophe Beyeye Djema avait été arrêté
le 25 mars 1999, vers 16 heures et conduit au
centre pénitentiaire et de rééducation de
Kinshasa (CPRK) avant de bénéficier d'une mise
en liberté provisoire le 04 mai 1999 après
instruction du procureur près la cour d'ordre
militaire. M. Christophe Beyeye Djema se trouve
actuellement en détention au CPRK.
Lundi
17 mai 1999, date du deuxième anniversaire de
l'avènement au pouvoir du président Laurent Désiré
Kabila et l'Alliance des Forces Démocratiques
pour la Libération
du Congo (AFDL), huit militants du Parti
Lumumbiste Unifié (PALU) ont été appréhendés
à divers endroits du centre-ville à Kinshasa.
Il s'agit de mes-sieurs Kibala Mentana Félicien,
Makangila Luhangu Justin, Yalala Alexandre,
Mukeyila Kiala Matthieu,
Kandongo Mfumu Jean Marie, Kapalayi
Kapalayi Norbert, Mutuanguefa Mulumbu Ruffin,
Ibanga Alekala Stephane. Après leur
regroupement dans un bureau de la police à la
Gare Centrale, commune de Gombe, ils ont été
embarqués à bord des Jeeps militaires et
acheminés au Bureau II, Services de
Renseignements du Groupe Spécial de Sécurité
Présidentielle (GSSP), sis immeuble ex-GLM/
Gombe où ils ont été traités de dangereux
rebelles qui cherchent à détrôner le chef de
l'Etat, monsieur Laurent Désiré Kabila.
Des
traitements cruels, inhumains et dégradants
leur ont été infligés durant leur pénible détention
au "livingroom ", un couloir obscur,
étroit et non aéré affecté aux tortures.
" Le café ", c'est-à-dire des
centaines de coups de fouet assenés, leur a été
" servi "les matins. Un militant a
uriné du sang pendant l'une de séances de sévices
tandis que trois autres s'en sont tirés avec de
grave traumatisme et incapables de se mettre débout
et marcher. Il leur a été ordonné , en guise
de " baptême ", de se vautrer dans la
boue et de tourner leur tête, bouche ouverte
dans les ordures. Après 9 jours de détention,
ils ont été transférés au ministère des
affaires intérieures le 26 mai 1999 vers 9
heures et ont passé nuit au poste de la Police
d'Intervention Rapide (PIR) situé sur Victoire
dans la commune de Kalamu. Ramenés au ministère
des affaires intérieures le jour suivant, les
militants du PALU ont été transférés au siège
des services spéciaux de la police, sis
immeuble ex Kin-Mazière/ Gombe vers 17h30'.
Entendus sur PV de 00 heure à 2h30' par l'OPJ
Kassongo qui a voulu vérifier leur appartenance
politique au Palu et l'éventualité de la tenue
d'une marche le 17 mai 1999, les 8 militants ont
été mis en garde à vue jusqu'à ce jour.
Mercredi
19 mai 1999, à 11 heures, un groupe de
militaires et d'éléments de la police sous la
direction du commandant Kitenge, munis d'un
mandat d'amener ont assiégé le cabinet du secrétaire
général de l'ONG " Avocats Sans Frontières
" (ASF), maître Jean-Marie Eley Lofele au
quartier Beau Marché, commune de Barumbu au
motif que monsieur Freddy Loseke, éditeur du
journal " Libre Afrique " y a élu
domicile. Ce
dernier a des comptes à rendre à la justice.
Après avoir manqué l'avocat, cette expédition
a arrêté Kasongo Beketi, secrétaire du
cabinet en lieu et place de M. Jean-Marie Eley
Lofele. La Victime a été conduite et détenue
au cachot des services
spéciaux de la police, sis immeuble ex
Kin-Mazière à Kinshasa/Gombe. M. Kasongo
Beketi a été libéré un jour après.
Jeudi
20 mai 1999, monsieur Christian Badibangi, président
du parti politique Union Socialiste Congolais
(USC) est arrêté et détenu à la Détection
Militaire des Activités Anti-Patrie
(DEMIAP)/Kinshasa - Kintambo au moment où il
est allé répondre à une convocation lui déposée
la veille à son domicile. En détention jusqu'à
ce jour, il est soupçonné d'être en contact
avec la rébellion armée, le Rassemblement
Congolais pour la Démocratie (RCD).
Samedi
22 mai 1999, est intervenue la libération de
Mlle Brigitte Sakina Lundula, fille de l'ex général
Victor Lundula, détenue à la 50ème brigade
des forces armées congolaises (FAC) au camp
Koko-lo à Kinshasa/Banda-lungwala où elle a été
transférée depuis le 05 mai 1999. En effet,
sous prétexte de lui confier un poste ministériel
dans le gouvernement, l'Agence Nationale de
Renseignements/Département Sécurité Extérieure
(ANR/DE) avait invité le 27 février 1999
mademoiselle Brigitte Sakina Lundula. A son
arrivée, elle a été arrêtée et gardée à
l'ANR/DE, sise avenue Nguma, Binza Macampa-gne,
commune Nga-liema. Il lui est reproché d'être
en contact avec M. Lambert Mende Omalanga, président
du Mouvement National Congolais Lumumba Originel
(MNC/LO), actuellement porte-parole du
Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD).
Libérée sans aucune attestation, la victime
n'a jamais été entendue ni jugée et le motif
de son arrestation ne lui a jamais été signifié.
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