INSECURITE
Vendredi
17 septembre 1999 entre 2 heures et 3 heures du
matin au centre hospitalier Merveilleux, sis rue
Bendele, quartier Mikondo, commune Kimbanseke,
deux militaires du camp Centre d’Entraînement
des Troupes Aéroportées
(CETA) ont braqué leurs armes sur un
infirmier après que celui-ci leur ait ouvert la
grille. Alerté par un autre infirmier qui a réussi
à s’échapper, le sous-commissariat de la
police sis avenue Ndjoku a dépêché sur les
lieux cinq policiers qui ont tenté de désarmer
les deux soldats. L’un s’est sauvé en
prenant fuite tandis que l’autre a refusé de
rendre son arme et réagira immédiatement en
tirant une balle à l’abdomen d’un policier.
En riposte, un autre policier a abattu le soldat
assaillant. Le policier atteint, monsieur Kamiya
Omwele, domicilié au n° 8 avenue Kivu,
quartier Bola, commune de Masina, quartier I a
été conduit au centre hospitalier Roi Baudouin
grâce au véhicule militaire du camp
CETA dont le commandant s’est rendu sur
le lieu pour s’enquérir de la tragédie. Le
policier blessé a été ensuite transféré aux
cliniques Ngaliema où il a rendu l’âme vers
5 heures du matin peu après l’admission à
cette institution hospitalière.
Jeudi
28 octobre 1999, des éléments des forces armées
congolaises (FAC) à bord d’une voiture à la
poursuite du chauffeur d’un taxi-bus de marque
VW communément appelé Kombi immatriculée KN
7979 X ont à la hauteur de l’avenue Busira,
quartier XI, commune de N’djili tiré sur le véhicule,
le conducteur ayant refusé de s’arrêter sur
ordre de leur commandant. Il a été fait état
de la mort de madame Tokosi, résidant au n°
45, avenue Bondjamboli, quartier II/N’djili
atteinte à la nuque par une balle qui a fracassé
son crâne. Madame Apele Bibi, résidante au n°
12, avenue Kolokoso, quartier I/Masina a été
mortellement atteinte à la nuque et a succombé
peu de temps après son admission aux cliniques
universitaires de Kinshasa. M. Mata Michel, résidant
au n° 8, rue Kingafika, quartier Kisantu,
commune de Kimbanseke a été touché par une
balle logée au dos. Le parquet de N’djili a
été saisi le 30 octobre 1999. Le dossier est
enregistré sous le n°3006/030 et à la cour
d’ordre militaire sous RMP n° 2528/ZKN/OKL/99.
Jeudi
28 octobre 1999, vers 22 heures, monsieur
Radjabu Bin Saidi, professeur et secrétaire général
administratif de l’université de Lubumbashi
est arrêté par les éléments de la police
d’intervention rapide (PIR), sous la conduite
du comma-ndant Muland. Après avoir débarqué
au domicile du professeur, les agents l’ont
amené en tenue légère et babouches jusqu’à
la 4ème
région militaire où il a été détenu.
L’interrogatoire auquel le professeur a été
soumis 72 heures après son arrestation était
axé sur son obédience politique, ses rapports
avec Jay Nash, sujet américain et enfin sur le
fait de ne vouloir pas assister aux réunions
des comités du pouvoir populaire (CPP).
Mardi
09 novembre
1999, monsieur Ngandu Malonga, chef du quartier
Manenga, commune de
Ngaliema et son adjoint, M. Izanson
Ilamete ont été victimes d’un enlèvement de
la part de trois hommes en tenue civile venus à
bord d’une jeep non immatriculée au bureau du
quartier. Ils ont été acheminés à l’agence
nationale de renseignements, département de sécurité
intérieure (ANR/DSI). Ils ont été entendus
sur un dossier ayant trait à une vente
parcellaire déjà annulée par la justice. Lors
de l'interrogatoire, M. Ngandu Malonga a été
empêché de se rendre aux installations
sanitaires avant de se voir autorisé d'y aller
sous escorte d'un policier. Ils ont été libérés
quelques heures après. Mardi 16 novembre 1999,
M. Izanson Ilamete a été placé en détention
au moment où il s’est présenté sur
invitation à l’ANR/DSI. Il a été libéré
le 26 novembre 1999 vers 16 heures.
extorsions
et tentative de viol
Mardi
16 novembre 1999, vers 20 heures, deux jeunes
gens, en l’occurrence, monsieur Kiakubu
Bavuidinsi Jean-Marie et mademoiselle Louise
Manzella venant de débarquer d’un bus GESAC
ont été interpellés à leur descente au
quartier I dans la commune de Ndjili par des éléments
de la police militaire des forces armées
congolaises (FAC) qui les ont entraînés dans
le bois des eucalyptus. Il s’en est suivi une
fouille systématique et M. Kiakubu s’est vu
taxé d’infiltré c’est-à-dire un ennemi et
il lui sera demandé de s’asseoir en compagnie
de Mlle. Louise Manzella sur les rebus de tuyaux
de canalisation d’eau. Un sac à main et une
somme d’argent trouvée sur eux ont été
extorqués. Mlle Louise Manzella a failli être
violée par ces militaires n’eût été
l’arrivée sur ces entrefaites d’un autre
militaire, vraisemblablement leur chef. Les deux
victimes ont été relâchées vers 20 heures
30’ avec une mise en garde sévère de ne
jamais repasser à cet endroit.
DEFENSEURS
DES DROITS DE L'HOMME TRAQUES
Vendredi
08 septembre 1999, vers 18 heures 30’,
monsieur Merikas Wetemwami Katembo, membre du
Collectif des Associations et Organisations des
Jeunes du Sud-Kivu (COJESKI) a été enlevé par
des militaires après son interpellation par un
élément en tenue civile dans un bistrot au
niveau de l’arrêt-bus Shell, sur le boulevard
du 30 juin, au centre ville à Kinshasa-Gombe.
Les publications de COJESKI trouvées dans
l’enveloppe qu’il détenait ont servi de prétexte
de son arrestation comme étant un infiltré déguisé
en militant des droits de l’homme. Il s’est
vu déchaussé, menotté et jeté dans une jeep
puis conduit au sous-commissariat de la police
près de l’hôpital général de Kinshasa (ex
Mama Yemo). Là, ses effets personnels (montre,
chaînette, argent, chaussures,…) lui ont été
extorqués par les policiers en plus des sévices
corporels administrés et d’un simulacre
d’exécution.
Lors de son transfert vers 22 heures
30’ du sous-commissariat de la police au
Groupe Spécial de Sécurité Présidentielle (GSSP),
immeuble ex Groupe Litho Moboti (GLM), M.
Merikas Wetemwami, en position couchée dans la
jeep, était piétiné par les militaires qui
menaçaient de l’abattre. M. Merikas Wetemwami
a fait l’objet de tortures morales et
physiques lors de sa détention au GSSP. En vue
de lui arracher des aveux, il a été
constamment menacé de mort et d’être jeté
au fleuve Congo. Assimilé à un infiltré
au service de rebelles et voulant créer
un parti politique camouflé à Kinshasa, M.
Merikas Wetemwami a atrocement souffert des
agissements d’un commandant qui lui pressait
les testicules en les tordant avec ses mains après
les trois séances journalières (matin, midi et
soir) de flagellation
en dehors d’un cachot obscur où les détenus
dorment à même le sol.
Le 17 septembre 1999, M. Merikas
Wetemwami Katembo a été libéré sur ordre du
commandant Etienne Kabundi, commandant GSSP.
Le
21 septembre 1999, monsieur Floribert Chebeya
Bahizire, président de la VSV a été interrogé
à l’agence nationale de renseignements (ANR)
concernant les documents de la VSV interceptés
lundi 26 juillet à l’agence Express Mail
International (EMI) et représentant en RDC de
la société américaine TNT. La saisie du
courrier avait entraîné le 27 juillet 1999
l’arrestation et détention à l’ANR pendant
huit jours de MM. Honoré Kapuku Mushila et
Timothé Dikuiza Benze, membres de la VSV.
Le
03 octobre 1999, le gouverneur de la ville de
Kinshasa, le professeur Théophile Mbemba Nfundu
a interdit par une lettre officielle l’atelier
national préparatoire au dialogue
intercongolais organisé par la société civile
et la Conférence des Eglises pour Toute l’Afrique
(CETA). Lundi 04 octobre 1999, le centre
catholique Nganda a été quadrillé par les
policiers qui ont empêché les participants
d’entrer au centre et aux pensionnaires de
sortir. L’ouverture officielle de l’atelier
prévue pour le 04 octobre 1999 n’est
intervenue que le 06 octobre 1999 après
tractations et concessions avec le gouvernement
par le biais notamment de l’hôtel de ville de
Kinshasa.
Vendredi
22 octobre 1999, vers 6 heures du matin,
monsieur Charles Mfwamba Mukendi, directeur du
centre d'études et de formation populaire
Kasayi (CEFOP), ONG des droits de l’homme basée
à Mbuji-Mayi, Kasaï Oriental a été arrêté
à son domicile par les agents de service de sécurité(ANR).
Mardi 02 novembre 1999, il a été transféré
à l’agence nationale de renseignements (ANR)/Lemera
à Kinshasa – Gombe où il est toujours en détention.
Il est reproché à M. Charles Mfwamba la
publication d’un rapport sur les violations
des droits de l’homme au Kasaï Oriental. La
maison de la victime ainsi que le bureau du
CEFOP ont fait l’objet d’une fouille systématique
sanctionnée par la saisie des effets personnels
et matériels de travail dont des rapports sur
les atteintes des droits humains au Kasaï
Oriental, deux passeports ordinaires, statuts
CEFOP, des documents d'Amnesty International, un
appareils photo, une camera, modem fax, une
somme de 200 $US...
ADMINISTRATION
DE LA JUSTICE
Mercredi
22 septembre 1999 est tombé le verdict du procès
de la cour d’ordre militaire (COM) contre les
membres de la délégation syndicale du syndicat
« Solidarité » de la direction générale
des contributions (DGC), en l’occurrence, M.
Albano Mopipi Mutimana, M. Blaise Banzwa Kabo et
M. André Yoba Mbesi. Ils ont été condamnés
à 12 mois de Servitude Pénale Principale (SPP)
après avoir été arrêtés fin décembre 1998
et début janvier 1999 suite au déclenchement
d’une grève à la DGC en décembre 1999 en
protestation contre le refus du ministre des
finances et budget, M. Mawampanga d’entériner
le barème issu du protocole d’accord signé
entre les autorités de la DGC et la délégation
syndicale. Détenus successivement à l’ANR/Lemera,
Kinshasa-Gombe, à la COM et au CPRK, ils étaient
accusés par l’ANR d’atteinte à la sûreté
d’Etat, subversion, provocation des militaires
et trahison tandis qu’à la COM, ils étaient
accusés seulement des « propos mensongers ».
Ils ont recouvré la liberté le 02 novembre
1999 après avoir purgé leur peine.
Samedi
25 septembre 1999, vers 19 heures, monsieur
Innocent Kakule Kiuma, homme d’affaires
congolais résidant à Kinshasa-Gombe a été
libéré après plus de deux mois de détention.
M. Innocent Kakule Kiuma a été arrêté sans
aucun mandat le 09 juillet 1999 vers 13 heures
à son domicile par une dizaine d’agents de
l’agence nationale de renseignements (ANR) et
un groupe de vingt policiers de la police
d’intervention
rapide (PIR) en uniforme et armés qui
ont procédé à une perquisition systématique
de sa maison. Sept membres de la famille ont été
appréhendés à domicile et bastonnés avant de
se voir placés en détention pendant deux
semaines à l’ANR/avenue de la Justice. Il
s’agit de Mme Kavira Kilomwa, Mme. Ndevito,
Mlle. Judith, l’étudiant Katembo, le caissier
de Mme Kavira, l’épouse de M. Kakule qui a été
relâchée le même jour vers 1 heure du matin
à cause de son état de grossesse et enfin une
autre personne dont l’identité n’a pas été
révélée. Lors de cette opération, M. Kakule
a perdu 2530 $ US, sa belle sœur Gina Kiuma 70
$ US. Des biens de valeur ont été emportés
dont deux appareils de communication et un
mini-bus. Le mobilier, seul, a été restitué.
M. Innocent Kakule Kiuma a été accusé de détention
d’une somme d’environ un million de dollars
américains, lui expédiée par les rebelles.
Le
19 octobre 1999, la Cour d’Ordre Militaire
(COM) a condamné à la peine de mort des
civils, MM. Ngimbi Nkiama Gabby (homme
d’affaires), Bukasa Musenga (agent à la société
SEP-congo) et des militaires des forces armées
congolaises (FAC), commandants Muza-liwa Maroy,
Issa Iba et Onza Kada. Ils étaient poursuivis
par la COM d’atteinte à la sûreté d’Etat
pour s’être livrés au détournement et vente
illicite des produits pétroliers appartenant
aux FAC, détournement et destruction méchante
en temps de guerre ou pendant les circonstances
exceptionnelles, des armes, munitions, véhicules,
effets et autres objets destinés aux opérations
militaires. Ils avaient été arrêtés en août
1999 par la police d’intervention rapide (PIR)
et détenus respectivement au groupe spécial de
sécurité présidentielle (GSSP), immeuble ex
GLM, commune de Gombe; à la COM à Kinshasa/Bandalungwa
et au centre pénitentiaire et de rééducation
de Kinshasa (CPRK), commune de Selembao.
Le
12 novembre 1999, messieurs Lambert Djunga
Shango et Pierre Risasi Msimbwa, conseils
juridiques au cabinet d’avocats « Mitchell
and Associates » sont acquittés par la
Cour d’Ordre Militaire (COM). Arrêtés le 05
mai 1999 et détenus successivement à la COM/Commu-ne
de Bandalungwa et au Centre Pénitentiaire et de
Rééducation de Kinshasa (CPRK)/Selembao, ils
étaient soupçonnés d’atteinte à la sûreté
d’Etat pour avoir fait perdre de l’argent en
période de guerre à la république démocratique
du Congo(RDC) dans une affaire d’expropriation
par la société minière du Congo (SOMICO)
d’une cargaison de 99 tonnes de cassitérite
appartenant à la société minière canadienne
« Banro Ressources Corporation »
dont ils sont conseils juridiques.
Jeudi
18 novembre 1999 s’est ouvert à la Cour d’Ordre
Militaire (COM) le procès de M. Joseph Mbakulu
Pambu Diana, journaliste et directeur des
programmes de la chaîne privée Radio-Télé
Matadi (RTM) et président provincial de l’Union
de la Presse Congolaise (UPC), province du
Bas-Congo après 13 mois de détention sans
jugement. Arrêté le 24 octobre 1998 par l’ANR
à Matadi, province du Bas-Congo, et transféré
le même jour à Kinshasa par avion et détenu
pendant 34 jours à l’agence nationale de
renseignements (ANR)/Lemera. Déféré devant la
COM le 27 novembre 1998, il a été transféré
au Centre Pénitentiaire et de Rééducation de
Kinshasa (CPRK, ex prison centrale de Makala) le
12 mars 1999. Le 16 mars 1999, il a été informé
par la COM qu'il est poursuivi pour « trahison »
en temps de guerre pour avoir à Matadi,
province du Bas-Congo, en date du 14 août 1998,
commenté sur le plateau de la RTM le message du
chef rebelle Dieudonné Kabengele lors de la
prise de la province du Bas-Congo par la rébellion
en août 1998. Dès l’ouverture du procès, le
ministère public a requalifié l’infraction
en « propagation de faux bruits »
rejetant celle d’ « atteinte à la sûreté
d’Etat » qui aurait valu la peine de
mort à M. Mbakulu. Condamné le 30 décembre
1999 par la COM à une année de Servitude Pénale
Principale (SPP), M. Joseph Mbakulu Pambu Diana
a été acquitté à cette même date pour avoir
déjà totalisé 14 mois de détention.
Le
13 décembre 1999, au terme de 11 séances
effectives et reportées, la Cour d’Ordre
Militaire (COM) a rendu son verdict dans
l’affaire dite « Réseau maffieux de
vente des produits pétroliers »
concernant M. Oscar Mudiay wa Mudiay, M.
Tshishimbi Mbala et M. Tudienu (membres du
cabinet du ministre de Pétrole) et M. Jean
Bamanisa, M. Jean Gabriel Mudiandambu, M. Wembo
Kosongo et M. Mbadu N’situ (opérateurs économiques).
Ils avaient été arrêtés lundi 05 juillet
1999 pour pratique illicite des prix et rétention
des produits pétroliers en temps de guerre. Sur
les préventions de « haute trahison »
et « pratique illicite des prix des
produits pétroliers » retenues à leur
charge, seule la prévention de « pratique
illicite des prix en temps de guerre » a
été confirmée par la Cour d’Ordre Militaire
(COM). L’organe de la loi a ainsi requis
l’acquittement pour M. Mudiay, M. Tshishimbi,
M. Tudienu et M. Wembo Kosongo car aucune preuve
n’a pu étayer la complicité en tant que
co-auteurs de pratique illicite. Quant aux opérateurs
économiques, M. Jacques Mbadu (GIP), M. Jean
Bamanisa (BAJE), M. Mundiandambu (Etablissements
Mundiandambu)ont vu la peine capitale écartée
par l’organe de la loi, faute de preuves en ce
qui concerne la prévention de haute trahison.
Mais contre toute attente, leurs peines ont été
prolongées à 12 ans de Servitude Pénale
Principale (SPP) alors que pour la prévention
de pratique illicite de prix, la loi pénale
requiert 15 jours à 3 ans de prison. Ils
demeurent en détention jusqu’à ce jour au
centre pénitentiaire et de rééducation de
Kinshasa (CPRK, ex prison centrale de Makala),
pavillon 8.
LA
POPULATION DE PLUS EN PLUS VICTIMISEE PENDANT LE
COUVRE-FEU
Samedi
13 novembre 1999, au cours du journal télévisé
de 20 heures, le ministre de l’information,
presse et tourisme, monsieur Didier Mumengi,
porte-parole du gouvernement a annoncé qu’un
couvre-feu est décrété sur toute l’étendue
de la république démocratique du Congo (RDC)
sous contrôle gouvernemental de 21 heures à 6
heures du matin. La population a été victime
d’insécurité généralisée entretenue par
les éléments des forces armées congolaises (FAC)
et forces de l’ordre public commis au
couvre-feu. En réalité, le couvre-feu a
favorisé des occasions d’exécutions
sommaires, vols, viols, extorsions, règlements
de compte, traitements cruels, inhumains et dégradants.
A
titre illustratif :
Dans
la nuit du lundi 29 novembre 1999, vers 21
heures, une vingtaine d’habitants du quartier
II, camp Luka, commune de Ngaliema ont fait
l’objet des menaces, des sévices corporels,
d’extorsions et autres traitements cruels,
inhumains et dégradants de la part des éléments
de la police d’intervention rapide (PIR)
commis au couvre-feu. Ces éléments se sont
introduits dans les parcelles et y ont arrêté
des occupants en leur reprochant de violer le
couvre-feu. Les hommes ont été séparés des
femmes avant d’être mordus au dos pour les
hommes et aux dos et fesses pour les femmes.
Il
s’agit des victimes ci-après : pasteur
Pierre Munongo a reçu des coups de fouet devant
sa femme et ses enfants avec extorsion de 20 FC ;
M. Thomas Nzabani a reçu, quant à lui, des
gifles ; M. Mampasi Ilendaka a connu la
destruction de la porte de la maison;
Mme Mbuta Mbakata a été
victime d’extorsion d’une somme de 40
FC ; M.
Mbenga Ngisulu a été dépouillé de ses
2 FC; M. Mangebi Makiadi a vu sa montre emportée ;
M. Bindanda Luvunga a perdu son sac à main et
10 FC; Autres personnes mordues sont : M.
Ngabani Luhu-mu, M. Anicet Kimbeni, M. Muanza
Musangu, M. Mbaya Lutangu, M. Didier Tsela, M.
Yamfu Salamau, M. Mayamba Jean Nkodi, M. Godé
Nsengele, M. Guilin et son épouse, M. Jules
Mayemba, M. Mambueni.
Dimanche
14 novembre 1999, vers 21 heures 10’, monsieur
Jean-Jacques Kamba Kanyinda,
étudiant en 2ème
graduat ensemblier et décoration à l’Académie
des Beaux Arts à Kinshasa-Gombe a été tué
par balle par des éléments de la police
nationale congolaise en faction à une barrière
érigée à l’avenue Kabambare dans la commune
de Kinshasa. Il revenait d’une fête dans la
commune de Barumbu à bord d’une voiture en
compagnie de ses camarades étudiants. Ses collègues
rescapés ont été arrêtés et ont fait
l’objet de mauvais traitements de la part des
policiers qui les ont placés en détention au
commissariat de la police de commune de Kinshasa
avant d’être transférés lundi 15 novembre
1999 au camp Lufungula, commune de Lingwala où
ils ont été libérés dans la journée après
audition.
Lundi
15 novembre 1999, vers 19 heures, monsieur Yala
Muki, agent de la police spéciale de roulage
domicilié rue Madimba, quartier Mikondo,
commune de Kimbanseke a été victime
d’extorsion d’une somme de 1000 FC de la
part d’un groupe de militaires armés. Ces
derniers l’ont surpris devant la grille de sa
parcelle où il venait de stationner sa voiture.
Fouillé méticuleusement, M. Yala Muki a fait
l’objet de menaces de mort. Avant de disparaître
soudainement dans la nature, les hommes armés
se sont mis à tirer des coups de feu en
l’air. L’un d’eux a toutefois été
reconnu, en l’occurrence, M. Wata, un soldat déserteur,
domicilié au n° 11, rue Musangu du même
quartier.
Lundi
15 novembre 1999, vers 20h55’, monsieur Justin
Chiba Sengey, défenseur des droits humains et
membre de la VSVS a fait l’objet d’une
interpellation de la part de sept policiers du
sous-commissariat Pene-Pene, commune de Ngaliema.
Après présentation de ses pièces d’identité,
il a été conduit en compagnie de neuf autres
passants également arrêtés auprès du
commandant qui a procédé immédiatement à
leur enregistrement. M. Justin Chiba Sengey,
trouvé en possession d’un sachet contenant
des assiettes fera l’objet d’une suspicion
de détention d’armes de la part du commandant
qui lui a exigé séance tenante la présentation
de la facture des assiettes. Les victimes ont été
déchaussées et placées en détention dans un
cachot. Trois victimes dont monsieur Justin
Chiba Sengey ont été quelque temps après
appelées par le même officier de la police qui
les a ensuite gardées dans un autre cachot
avant de les libérer vers 23 heures.
Mercredi
17 novembre 1999, vers 21 heures, monsieur Gérard
Ntambwe Bafwe, domicilié rue Ngambali, quartier
Kingasani II, commune Kimbanseke a fait
l’objet de menaces de mort de la part d’un
groupe de militaires qui l’ont surpris en
train de prendre de l’air frais dans la
parcelle comme il faisait chaud à l’intérieur
de la maison ce jour-là. Son domicile a été
perquisitionné pour la circonstance .
Jeudi
18 novembre 1999, vers 20 heures 40’, monsieur
Christian Ba-dibangi,
président du parti politique « Union
Socialiste Congolaise (USC) » est enlevé
dans les parages de son domicile sis avenue Démocratie
n°6, commune de Selembao à Kinshasa par un
groupe de militaires en uniforme venus à bord
de deux véhicules. Sa voiture Mazda a été
emportée. Il a été libéré vendredi 19
novembre 1999 après avoir passé une nuit en détention
à la 7ème
région militaire des Forces Armées Congolaises
(FAC, ex 50ème
Brigade) au camp militaire Kokolo à
Kinshasa-Bandalungwa. Tôt le matin, il a été
interrogé sur ses contacts téléphoniques et
fréquentations récentes en rapport avec ses
activités politiques.
Vendredi
19 novembre 199, monsieur Denis Bwabwa, étudiant
à l’institut pédagogique national (IPN) et
son ami Samy, tous omiciliés avenue Matankumu
au quartier I, commune de Masina ont été visités
par quatre hommes armés en uniforme. Des
menaces ont été proférées contre MM. Denis
Bwabwa et son ami Samy sous prétexte d’héberger
les rebelles et 300 francs congolais (FC) leur
ont été extorqués.
Mardi
23 novembre 1999, vers 1 heure du matin,
monsieur Colin Omekala, a été tué par balles
à l’intérieur de sa maison, sise rue Makula
n° 8/Bis camp XV, quartier II, commune de
Masina par un groupe d’hommes armés en tenue
militaire non autrement identifiés. M. Colin
Omekala a été atteint au moment où il voulait
éteindre la lumière après avoir administré
un traitement à son bébé âgé de moins
d’un mois pleurant d’indigestion.
Mercredi
24 novembre 1999, rue Isangi, commune de
Lingwala, monsieur Simon Makoko, a été abattu
à bout portant par un groupe de militaires qui
ont réussi à l’extraire de la maison
familiale où il venait d’avoir une discussion
courante avec ses frères. Les militaires ont
reproché à M. Simon Makoko de faire du tapage
nocturne à l’heure du couvre-feu.
Jeudi
25 novembre 1999, vers 20 heures, des coups de
feu nourris ont été entendus à Kingasani,
quartiers I et II et dans les environs de Masina
quartiers I et II suscitant ainsi inquiétudes et interrogations. A l’origine, trois hommes
en tenue militaire, armés de fusils de guerre
ont fait irruption dans une parcelle sise avenue
Révolution n° 20, quartier Kingasani II dans
la commune de Kimbanseke pour interdire à un
groupe de jeunes de chanter aux heures de
couvre-feu. Au moment où ils exigeaient un
ordre de mission, les jeunes ont réussi à
alerter les éléments de la police militaire en
patrouille aux alentours qui, en voulant désarmer
les trois hommes en tenue, ont rencontré une
farouche résistance. Des tirs en l’air très
nourris ont semé la panique au sein de
la population. Maîtrisés (désarmés, ligotés)
en fin de compte, les trois hommes armés ont été
conduits sur le boulevard Lumumba et embarqués
à bord d’un véhicule pour une destination
inconnue.
Vendredi
26 novembre
1999, vers 21 heures, madame Tanga Tumba,
domiciliée rue Lengi à Mikondo, commune
Kimbanseke a été victime d’extorsion à son
domicile d’un appareil radiocassette de la
part de 4 militaires armés qui ont fait
irruption dans la parcelle pendant la veillée
mortuaire. Une autre femme, Mme Tshimema a été
au même moment enlevée, déshabillée et menacée
de mort avant d’être relâchée.
Dimanche
28 novembre
1999, vers 22 heures 10’, un groupe de quatre
personnes en difficulté d’attraper un moyen
de transport ont fait l’objet des sévices
corporels à la rue Nguma, commune de Ngaliema
de la part des éléments de la Police Militaire
(PM) venant du camp Luano. Les victimes ont été
fouillées, leurs documents d’identité
confisqués, leurs biens extorqués et ligotés
à tour de rôle sur les poteaux d’éclairage
public avant de recevoir chacun le nombre des
coups de fouet correspondant à son âge. Leur
libération est intervenue le matin vers 6
heures.
Dans
la nuit du lundi
29 au mardi 30
novembre 1999, monsieur Firmin Sangu
Nzambi, domicilié rue Kitona, commune de
Ngaliema a été interpellé par deux hommes
dont l’un en tenue civile et l’autre en
tenue militaire des forces armées congolaises (FAC)
au moment où il voulait rentrer dans sa maison
en prove-nance des installations sanitaires extérieures
situées dans la parcelle. Il s’est vu
contraint de faire sortir toute sa famille de la
maison. Sa fille, mademoiselle Odette Mananga
Kuly, âgée de 22 ans, a été soustraite de la
famille et conduite aux alentours où elle a été
violée avant d’être autorisée de retourner
au domicile familial.
Suite |