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BULLETIN
D'INFORMATION POUR LA DEFENSE ET
PROMOTION DES DROITS DE L'HOMME
Janvier-Février-Mars-Avril
2000
N°
023
B.P. 11.445
KINSHASA I R.D.
CONGO (EX-ZAIRE)
TELEPHONE
243-88-40394
TELEPHONE
243-12-50832 et 243-12-50514
FAX.
243-12-34441 FAX 243-88-01.826
E-
mail : vsv@ic.cd
Site web : www.congonline.com/vsv/
Bureau
: Avenue des Ecuries
n° 3858
Kinshasa
- Ngaliema
(entre
Kintambo/Magasin et Séminaire Jean 23)
R.D.
CONGO (EX-ZAIRE)
Tout
individu a droit à la liberté d'opinion et
d'expression, ce qui implique le droit de ne pas
être inquiété pour ses opinions et celui de
chercher, de recevoir et de répandre, sans
considération de frontières, les informations
et les idées par quelque moyen d'expression que
ce soit. (Article 19, DUDH)
N°
023
Le
Dialogue Intercongolais pour le retour de la
paix et un état de droit
Ont
contribué à la réalisation de ce bulletin :
Justin
Chiba Sengey, Peter Ntumba, Dolly Ibefo Mbunga,
Olivier Kungwa Murhandikire, Honoré Kapuku
Mushila, Léon Kasongo Omasumbu, Timothé
Dikuiza Benze, Fidèle Bazana Edadi, Floribert
Chebeya Bahizire, Micheline Mapangala Pemba,
Eguyna Khady Mangiau,
PROCESSUS
DE PAIX
La
guerre constitue une négation des valeurs inhérentes
à la dignité de la personne humaine. Elle
constitue un contexte général des violations
massives et systématiques des droits humains :
exécutions sommaires et extra-judiciaires, déportations,
pillages, destructions des infrastructures
socio-économiques, traitements cruels,
inhumains et dégradants...
A
cause de la guerre, l'insécurité devient
grandissante. La production a lamentablement
baissé. Les produits de première nécessité
deviennent rares et les prix montent du jour au
jour. Les villages à forte production agricole
où il n'y a pas trop d'insécurité sont enclavés
et coupés de centres de commercialisation et
consommation des produits du fait de mauvais état
des routes.
En
dépit de cette situation combien désastreuse,
des actions constructives visant la restauration
de la paix, vœu de la population congolaise ne
cessent de se multiplier. Durant les quatre
premiers mois de l'année 2000, il a été
observé des initiatives pour la reconstruction
de la paix.
Le
19 janvier 2000, le secrétaire général de
l'ONU recommande le déploiement de 500
observateurs militaires avec une force de
protection de 5000 soldats.
Le
24 janvier 2000, le conseil de sécurité des
Nations Unies a adopté à l'unanimité la résolution
1291 autorisant le déploiement de 5537 hommes
des troupes dont au moins 500 observateurs.
Cette résolution décrit en outre le mandat de
la phase II de la Mission des Nations Unies au
Congo (MONUC) et autorise ses activités
jusqu'au 31 août 2000. La situation en RDC se révèle
comme une menace à la paix internationale et à
la sécurité régionale. Aussi, le conseil de sécurité
a t-il demandé à toutes les parties au conflit
de remplir leurs obligations conformément à
l'Accord de Lusaka.
Du
24 au 28 janvier 2000, le Conseil de Sécurité
des Nations Unies a tenu à New-York pour la
première fois, une session spéciale consacrée
à la république démocratique du Congo (RDC).
Sous
la présidence des Etats-Unis d'Amérique, les
chefs d'Etats des pays impliqués dans la guerre
en RDC ont au cours de cette rencontre
internationale renouvelé leur engagement au
respect de l'Accord de Lusaka. Ce renouvellement
de l'engagement par les belligérants et leurs
alliés a été déterminant pour la
mobilisation des moyens financiers et l'accélération
du déploiement de la force de maintien de la
paix. C'est aussi l'occasion pour le conseil de
sécurité de l'ONU de préparer
la phase II du déploiement de l'ONU et
des mesures supplémentaires. Il a été
ainsi demandé aux belligérants
d'assurer la sécurité et la liberté de
mouvement du personnel de l'ONU et d'autres
organismes humanitaires.
Le
11 février 2000, arrivée à Kinshasa du
facilitateur du dialogue intercongolais,
monsieur Ketumile Masire. Il y a conféré avec
le gouvernement, la classe politique et la société
civile congolaise.
Mercredi
16 février 2000, le chef de l'Etat congolais a
reçu les représentants des forces vives de la
nation pour répondre à leurs mémo lui adressés
après les rencontres du 03 et 16 janvier 2000.
A cette occasion, le chef de l'Etat a annoncé
la décision de mettre sur pied une assemblée
constituante et législative à moins d'une
semaine. Cette décision a été confirmée par
la publication du décret n° 015/2000 du 18 février
2000 portant création du comité préparatoire
de la députation à la dite assemblée.
-
Du 23 au 24 février 2000, un sommet réunissant
les chefs d'Etats impliqués dans la guerre en
RDC s'est tenu à Lusaka en Zambie en vue de réactualiser
l'Accord de Lusaka, le calendrier du
cessez-le-feu et le processus de paix. Il
ressort de ce sommet que la date du 01 mars
2000, c'est l'entrée en vigueur de l'Accord de
cessez-le-feu.
Du
29 février au 11 mars 2000, s'est tenue la
consultation nationale à la cathédrale
protes-tante du centenaire à Kinshasa-Lingwala.
L'objectif
assigné à ces assises organisées par les
chefs des Eglises et des confessions religieuses
et le gouvernement est de préparer et débrayer
le terrain pour la réussite du dialogue
intercongolais. Au terme de ces travaux, les
2016 participants ont formulé des
recommandations relatives à la politique générale
et au processus de paix auxquelles le président
Kabila a répondu le 29 mars 2000.
Le
22 mars 2000, le gouvernement congolais par le
biais du ministre d'Etat chargé des affaires étrangères
a annoncé son refus de voir le
facilitateur, M. K. Masire se rendre à l'intérieur
du pays. Le facilitateur désolé a rebroussé
chemin.
Du
06 au 09 avril 2000, la commission militaire
mixte et son comité politique se sont réunis
à Kampala, Ouganda. A cette rencontre, les
belligérants de la guerre en RDC ont signé le
08 avril 2000 un nouveau cessez-le-feu appelé
plan additionnel de Kampala qui devait prendre
effet le 13 avril 2000 à minuit.
Le
09 avril 2000, le président congolais, M.
Laurent Désiré Kabila et ses alliés de la
SADC, en l'occurrence M. Robert Mugabe, M.
Edouardo Dos Santos et M. Sam Nujoma,
respectivement président zimbabwéen, angolais
et namibien se sont réunis à Kinshasa pour
lancer un appel à l'ONU afin qu'elle déploie
rapidement des observateurs en vue de mettre fin
à la guerre.
Le
10 avril 2000, à Kinshasa, au cours de la séance
spéciale du conseil du gouvernement élargi au
directoire national et au commis-sariat général
du gouvernement auprès de la Monuc, le
gouvernement suspend le processus de mise en
place de l'assemblée constituante et législative
prévue pour mi-mai prochain en réponse à une
des recommandations de la consultation nationale
et réitère son engagement pour la tenue du
dialogue intercongolais.
Du
20 au 23 avril 2000 à Kinshasa, une
sous-commission chargée de la sécurité le
long des frontières communes de trois pays, à
savoir la RDC, l'Angola et le Congo-Brazzaville a convenu le dé-ploiement
dans un avenir proche des patrouilles mixtes et
des brigades mobiles de surveillance frontalière.
Les ministres des affaires intérieures de ces
trois Etats devront en principe se retrouver en
commission dans la deuxième quinzaine du mois
de mai à Kinshasa pour l'approbation et
l'application de ces dispositions.
RECRUDESCENCE
D'INSECURITE
Il
a été observé un regain
d'insécurité à Kinshasa. Les cas
enregistrés sont
de nature d'agressions nocturnes et
meurtres dans le but de voler. ..
Les
auteurs ont été dans la plupart des cas des
hommes en uniforme et armés.
Mardi
04 janvier 2000, M. Muya Kamuena, chauffeur-taxi
de son état, âgé de 48 ans, domicilié à
Bandalungwa a été intercepté par trois éléments
des Forces Armées Congolaises (FAC) qui ont
pris place à bord de sa voiture. Ceux-ci ont
obligé le taximan à se rendre vers
Ndjili-Brasserie dans la commune de N'sele. Vers
17 heures, ils ont traversé une barrière des
FAC à N'djili-Brasserie en fonçant non loin
d'une ferme où ils ont abattu finalement M.
Muya en prenant soin de cacher son corps. Après
s'être accaparé de la voiture, ces éléments
sont repassés devant la barrière où les éléments
des FAC en faction les ont interpellés. Ils
seront soupçonnés et gardés à vue pour enquête.
Celle-ci a révélé le meurtre de M. Muya
Kamuena dont la dépouille a été découverte
mercredi 05 février 2000 non loin d'une ferme
abandonnée à N'djili-Brasserie. Les criminels
placés en état d'arrestation ont été déférés
devant la Cour d'Ordre Militaire. Il s'agit des
militaires Ngoy Pita (Kadogo), Jacques Ilunga
Kasenda et Sylvain Basua Jibikilayi.
Samedi
08 janvier 2000, monsieur Zengo Kongolo, père
d'une nombreuse famille est abattu vers deux
heures dans sa parcelle sise dans la commune de
Ngaliema, quartier Sola, par un groupe de cinq
personnes armées qui ont tenté de voler chez
lui. Le forfait a été commis au moment où la
victime voulait poursuivre les agresseurs avec
une machette. Ces derniers ont été reconnus
par ses enfants comme vivant dans les parages.
Samedi
29 janvier 2000, plusieurs éléments des forces
armées congolaises (FAC), porteurs d'un mandat
de perquisition dûment établi et signé par le
Procureur Général de la République ont, de
11h00 à 13h00 investi la résidence de M.
Christophe GBENYE, membre invité au Débat
National. Ils ont procédé à la fouille systématique
de la résidence mettant sens dessus sens
dessous les effets de la maison jusqu'à monter
sur la toiture sous prétexte de rechercher une
cachette d'armes de guerre. N'ayant rien trouvé
à l'absence de monsieur Christophe Gbenye ,
les militaires ont emporté sans décharge
une paire de jumelles. Toutes les démarches menées
auprès des autorités judiciaires et de
monsieur le vice-président du Débat
National pour savoir les raisons de cette
perquisition sont restées sans suite jusqu'à
ce jour.
Le
02 février 2000, six hommes armés en tenue des
forces armées congolaises (FAC) ont investi le
domicile familial où réside M. Mbila Ferdinand
à Kingasani II, commune de Kimbanseke. Des
menaces de mort ont été proférées à
l'endroit des occupants en leur exigeant de
l'argent. Un montant de 400 FC leur a été
remis. Jugeant
la somme insuffisante,
les bandits ont voulu prendre un poste téléviseur
et M. Ferdinand Mbila a maîtrisé un des
assaillants pour l'en empêcher. Une bagarre
s'en est suivie et
a débouché sur des tirs nourris en
direction de M. Mbila qui a été atteint d'une
balle à la cuisse gauche. Une autre balle a grièvement
blessé un des hommes en uniforme. Dans leur
fuite, les assaillants ramenant un de leurs
blessé par balle ont été interpellés dans
les parages par une patrouille zimbabwéenne. L'élément
blessé pendant l'agression a été conduit à
l'hôpital Saint Joseph de Kinshasa/Limete par
ladite patrouille qui a pris soin d'en informer
l'Etat-Major Général des FAC. Quant à M.
Mbila Ferdinand, il a été acheminé au centre
médical Gloria à Masina III où il a été
soigné.
Après
enquête, quatre de six militaires ont été
appréhendés et conduits à l'inspection
provinciale de la police (IPK, ex Circo). Ils
ont été ensuite déférés devant la Cour
d'Ordre Militaire (COM). Il s'agit
des militaires Serge, Ahundu, Mbunza et
Isuebe. Passés aux aveux, ces éléments ont
reconnu avoir tiré 72 cartouches dans la
parcelle. Ils ont également avoué avoir opéré
la veille un vol à mains armées au centre médical
Gloria de Masina III dans la nuit du 01 février
2000 vers 23 heures où des biens appartenant
aux malades et une somme de 800 FC ont été
emportés. Cette nuit là, les agresseurs étaient
munis de cinq armes de guerre.
Dans
la nuit du 21 au 22 février 2000, vers 2 heures
du matin, M. Lala Mabanga, agent à l'Office
National des Transports (ONATRA), domicilié à
Kingasani, commune de Kimbanseke a ouvert la
porte sur appel de son voisin, M. Nzola.
La
porte à peine ouverte, deux éléments en tenue
des FAC et armés se sont introduits brusquement
dans la maison sous prétexte d'opérer un
bouclage dans le quartier. Ils ont réveillé
Mme Mayuma Kiyabu, à qui ils ont exigé sous
menaces de leur remettre ses bijoux. Après
fouille, de l'argent et d'autres biens de valeur
ont été emportés. Lors de la déposition
d'une plainte contre inconnu au
sous-commissariat de la police de
Kingasani-Pascal (ex Mbwa Mabe) le matin du 22 février
2000, un commandant trouvé sur place a exigé
à M. Lala Mabanga une somme de 100 FC avant de
recevoir la plainte et transférer l'affaire au
Parquet de la Cour d'Ordre Militaire (COM) à
Gombe. Faute d'argent, les victimes sont rentrées
sans qu'une action ne soit envisagée par la
police.
Le
27 mars 2000, vers 2 heures du matin, six hommes
armés dont deux en cagoules pénètrent par
effraction au domicile de M. Botele Monka
Gilbert, âgé de 55 ans, chef de division à la
Direction Générale des Contributions (DGC),
direction urbaine de Kinshasa, à
Kinshasa-Bandalungwa. Après avoir forcé la
porte avec un bloc de pierre, ils ont pénétré
dans la maison en exigeant de l'argent. Des
coups de feu ont été tirés afin de contenir
les occupants ainsi que Mme Wivine Massawaba qui
appelait au secours. Cette dernière s'est vue
arraché du doigt son alliance en or et tous ses
pagnes. La mallette de M. Botele a été éventrée
à coup de poignard après que lui-même ait reçu
un coup de poignard sur la tête et sur la
jambre occasion-nant une plaie ouverte et
profonde et une fracture de la jambe gauche.
Avant de s'éclipser, les assaillants ont emballé
dans un pagne des biens de valeur.
M. Botele Monka Gilbert, grièvement
blessé a été acheminé à l'hôpital général
de Kinshasa où durant une demie heure
d'attente, aucun soin ne lui a été administré.
De ce fait, il a été reconduit à la clinique
Ngaliema où son état s'est aggravé. Il a
succombé vers 5 h00, peu avant l'intervention
chirurgicale.
Vendredi
14 avril 2000, vers 12h30', un incendie s'est
produit à l'aéroport de N'djili dont la cause n'est pas encore déterminée.
Il a été suivi de fortes détonations
d'explosifs entreposés dans la partie civile de
l'aéroport de N'djili.
Les
déflagrations ont soufflé les bâtiments situés
aux alentours du dépôt des munitions causant
d'énormes dégâts matériels: l'entrepôt de
l'Ofida, des halls des départs et arrivées des
vols nationaux et internationaux, le hall
d'enregistrement des passagers et bagages, les
différents salons VIP, le hangar technique des
Lignes Aériennes Congolaises (LAC) ont été
touchés et plusieurs aéronefs endommagés. De
nombreuses pertes en vies humaines ont été déplorées.
Selon la radio nationale, l'origine de
cet incendie est un court-circuit électrique
dans un dépôt de munitions. D'après des
sources concordantes, les camions anti-incendies
sont arrivés sur le lieu une heure après le début
de l'incendie. Parmi les victimes, on a dénombré
des agents des services commis à l'aéroport,
des travailleurs, des vendeurs ambulants, des
voyageurs, militaires et autres badauds. Les
blessés graves et légers ont été évacués
vers les différents centres hospitaliers de
Kinshasa, entre autres, le centre hospitalier
Roi Baudouin à Masina, hôpital Saint Joseph et
clinique Bondeko à Limete, hôpital général
de Kinshasa et clinique Ngaliema.
Dans
la nuit du vendredi 28 avril 2000, entre 3
heures et quatre heures du matin, M. Otepa
Taluyamba, résidant au quartier Kinsuka - Pêcheur,
commune de Ngaliema a été visité par des
hommes en tenue civile et militaire qui ont fait
irruption dans la parcelle. Après avoir forcé
la fenêtre, deux d'entre-eux se sont introduits
dans la maison où ils ont emporté un
ventilateur et deux paires de chaussures.
Dans
la nuit du samedi 29 à dimanche 30 avril 2000,
trois éléments armés avec en mains des biens
volés ailleurs se sont présentés chez M.
Ahoka Shinga, résidant sur avenue 24 novembre,
quartier Musey, commune Ngaliema. Pour n'avoir
pas reconnu leurs voix, M. Ahoka a refusé
d'ouvrir la porte. Les malfaiteurs ont emporté
une ampoule d'éclairage extérieur de la maison
après avoir tenté vainement de forcer la
porte.
Vers
la fin d'avril 2000, Mme Kadimashi Modé, résidant
au quartier Kinsuka - Pêcheur, commune de
Ngaliema a fait l'objet d'une visite entre 2
heures et quatre heures du matin de la part de
neuf militaires qui se sont introduits dans sa
parcelle. Sous prétexte d'effectuer un contrôle,
les visiteurs insolites ont obligé les
occupants à leur ouvrir la porte de la maison.
Suite à leur refus, ces militaires ont tenté
sans succès d'ouvrir la porte avec leurs
propres clés. Les cris de détresse poussés
par Mme Kadimashi et ses enfants ont persuadé
les neuf assaillants à prendre le large vers
quatre heures du matin.
Dimanche
30 avril 2000, M. Junior Koyagialo Ahonzima
Wasasa, âgé de 18 ans , est interpellé par
des éléments du Groupe Spécial de Sécurité
Présidentielle (GSSP) en faction au croisement
des avenues des 18 parcelles et Route de Matadi
à 6h30. Selon les riverains du Palais de
Marbre, les instructions en vigueur interdisent
les entrées dans le périmètre protégé de
18h00 à 6h00 du matin. Tiré brutalement de la
voiture, M. Junior KOYAGIALO a fait l'objet des
sévices corporels atroces et autres traitements
inhumains dans une tente de campement montée à
l'entrée de l'avenue des 18 Parcelles. La
victime a été relâchée vers 10h00 moyennant
payement d'une somme de 100FC versée par son père.
ARRESTATIONS
ARBITRAIRES
De
janvier à avril 2000, les services chargés de
l'ordre public ou de la sécurité ont continué,
comme par le passé, de se livrer aux
arrestations et détentions des personnes sur
base de suspicions, dénonciations calomnieuses,
humeur individuelle... Tout cela résume le mépris
et la violation des textes et procédures
judiciaires en la matière. L'escalade de cette
tendance s'observe dans les cas suivants, relevés
à titre illustratif.
Jeudi
06 janvier 2000, vers 19h00, professeur Balanda
Mikwin, ancien premier président de la Cour
Suprême de Justice et professeur ordinaire à
l'Université de Kinshasa est enlevé à son
domicile sis quartier Brikin/Kinsuka, commune de
Ngaliema par des éléments de la police
d'intervention rapide (PIR)
et des militaires armés venus à bord de
deux véhicules. Professeur Balanda et son épouse
prendront place à bord d'un des véhicules des
militaires tandis que deux de ses enfants dans
l'autre. Conduits aux Services Spéciaux de la
police (ex Kin-Mazière) à Kinshasa/Gombe, ils y sont arrivés vers 22h00.
Le prof. Balanda a passé la nuit sur un
banc. Dans la matinée du vendredi 07 janvier
2000, il a été transféré par le commandant
Marco au Comité de Sécurité d'Etat
(CSE) sis Ngaliema/Ma Campagne . Le même jour,
il a été procédé à une perquisition de sa résidence
par plusieurs militaires qui y ont interdit
toute entrée et sortie. A cette occasion, des
objets saisis dont 10 cassettes vidéo contenant
les images de sa participation aux réunions des
Nations Unies à Genève (Suisse) et à New-York
(USA) ont été emmenées et gardées jusqu'à
ce jour. Prof Balanda a été entendu pour la
première fois au 10ème
jour de son arrestation. L'interrogatoire
portait sur ses rapports avec l'ONU et son
emploi de temps actuel. Le 20 janvier 2000, il a
été libéré sans que ne lui soit signifié le
motif de son arrestation.
Le
06 janvier 2000, M. MAKULO AFUMBUTU Johnny,
ancien major des ex Forces Armées Zaïroises (FAZ),
commandant du bataillon blindé d'intervention
de la Garde Civile et beau-frère de l'ex Général
Baramoto est arrêté par des éléments du
Groupe Spécial de Sécurité Présidentielle (GSSP)
au beach Ngobila, commune de Gombe au moment où
il s'y est rendu pour accueillir un proche
parent en provenance de Brazzaville, république
du Congo. Conduit au cachot du GSSP sis Immeuble
ex GLM, il y a été détenu dans une cellule
située au 7ème étage. Le véhicule à bord
duquel il roulait, une jeep de marque BLAZZER
4x4, portant une plaque minéralogique de la
ville de Brazzaville a été saisi. Lors d'une
perquisition effectuée à son domicile, sis
commune de Kin-tambo par les éléments du GSSP,
les photos de famille et des documents
personnels ont été emportés. M. Makulo a été
libéré
jeudi 22 avril 2000 sur ordre du colonel
Tango Tango.
Auparavant,
il a été successivement arrêté
du 13 mars 1998 au 10 juin 1998 et du 15
juin 1999 au 15 juillet 1999 et détenu au
cachot de la Détection Militaire des Activités
Anti-Patrie (DEMIAP) sise à Kinshasa-Kintambo.
Il été soupçonné d'entretenir de bons
rapports avec l'ex général Bara-moto, d'avoir
caché ses véhicules lors de sa fuite, de
corrompre des militaires ex FAZ pour déstabiliser
le nouveau régime. Les deux libérations sont
intervenues faute de preuves.
Dimanche
09 janvier 2000, M. MOSSI MWASSI WA KHUMALO,
journaliste et ancien correspondant à la BBC et
à la Voix de l'Amérique (VOA) est arrêté par
cinq hommes armés en tenue civile, sans titre
ni autres documents, qui l'ont surpris entrain
de s'entretenir en anglais avec son fils ISSA
Manuel MOSSI le long de l'avenue Nguma, commune
de Ngaliema. Ils ont été conduits dans une
parcelle située en face du portail d'entrée du
Palais de Marbre, résidence officielle du Chef
de l'Etat, commune de Ngaliema où ils ont été
placés en détention dans une cave. A cause de
sa qualité de journaliste, M. Mossi Mwassi,
menacé de mort, a fait l'objet d'une bastonnade
qui lui a causé une forte contusion au bras
gauche. Après vérification de son adresse
domiciliaire lundi 10 janvier 2000, son fils M.
Issa Manuel Mossi a été relâché. Mardi 11
janvier 2000, vers 14h00, M. Mossi Mwassi a été
libéré à son tour. Ses biens de valeur emportés
le jour de la vérification de son adresse
domiciliaire lui ont été restitués à la même
occasion.
Vendredi
21 janvier 2000, commandant BATENDE RUHANGA et
professeur Justin OKANA SIAVI, respectivement,
commandant de l'aéroport international de
Kinshasa-Ndjili et président du comité de
redressement de la Régie des Voies Aériennes
(RVA) sont libérés sur ordre de
l'Administrateur Général de l'agence nationale
de renseignements, M. Emile Kanengele.
Arrêtés respectivement le 22 et le 19
octobre 1999 et détenus au cachot de la Légion
de la Police d'intervention rapide (PIR) suite
au crash le 16 octobre 99 à l'aéroport de N'djili
d'un avion DC8 appartenant à une compagnie aérienne
belge affrété par les Lignes Aériennes
Congolaises (LAC).
Pasteur
Denis LESSIE, responsable de l'église Arche de
Noé, sise quartier Bon Marché, commune de
Barumbu, est arrêté mercredi 22 mars 2000 à
son domicile dans la commune de Limete, quartier
résidentiel par un groupe d'éléments de la
police nationale et des éléments du Groupe Spécial
de Sécurité Présidentielle (GSSP). Il a été
conduit au cachot de GSSP sis immeuble ex GLM à
Kinshasa/Gombe où il a été détenu. Il a été
soupçonné de fomenter un coup d'Etat
pour avoir hébergé de militaires qui seraient
venus de Brazzaville, république du Congo. Il a
recouvré la liberté sur grâce présidentielle
le 06 avril 2000.
Pour
la même affaire, plusieurs autres personnes
avaient été arrêtées depuis le 03 mars 2000
et détenues au GLM. Il s'agit de MM. PINI MOKE
(inspecteur en chef de la police judiciaire du
parquet général de la république); M.
NDONGALA (inspecteur général de la police de
l'ONATRA) ; M. Joseph KIBOTI (politicien), M.
Victor LONGENZA (représentant de l'ONATRA à
Brazzaville, république du Congo) et M. Nestor
BONINA (transitaire officiel de la RDC et propriétaire
de la société de transit Bonina, SOTRABO). Ce
dernier a été enlevé vendredi 03 mars à
02h00 du matin. Ils sont libérés le 06 avril
2000 à la faveur de l'amnistie générale.
Le
24 janvier 2000, M. Egide Emoko Lofalima, chef
de poste de la Direction Générale de
Migrations (DGM), commune de Kalamu et
originaire de la province de l'Equateur est arrêté
à son poste de travail par six agents de
l'agence nationale de renseignements (ANR) munis
d'un ordre de mission n°05/00/AP/DSI/034/2000,
signé par l'Administrateur Principal/Département
Sécurité Intérieure (DSI), M. Floribert
BAZIKA. Il est arrêté en compagnie de huit
autres personnes dont quatre congolais et quatre
missionnaires européens résidant au n°19, IIIème
rue Limete. Il s'agit de : MM. Lokulu Jean
Denis, Bompenda Jean Robert, Bofala Henri,
Andiswa Jean. Détenus au cachot de l'ANR sis
avenue Lemera , commune de Gombe, ils ont été
soupçonnés de recrutement clandestin des
rebelles à Kinshasa et d'être au service de Père
François MAYERHOFFER, de nationalité
autrichienne, missionnaire catholique de Sacré-Cœur,
diocèse de Bokungu-Ikela, province de l'Equateur.
Accusé d'être en contact avec la rébellion, père
François Mayerhoffer a été relâché mercredi
09 février 2000 suite aux crises successives
d'hypertension et de diabète. Les enquêtes
n'ayant apporté aucune preuve, sur ordre de l'adminis-trateur
général en chef, les victimes ont recouvré
leur liberté mardi 22 février 2000 à la faveur de la
signature le même jour par l'ANR d'une lettre
de libération collective. Jusqu'à ce jour, M.
Egide Emoko continue de faire l'objet
d'intimidations et de menaces d'arrestation.
Les dernières en date ont été
enregistrées le 17 avril 2000 où le commandant
NGOY WA ILUNGA, de services spéciaux de la
police a voulu arrêter M. Egide Emoko sous prétexte
de vente des documents d'immigration aux expatriés.
Mardi
07 mars 2000, vers 13h00, M. NGANDU MALONGA
Crispin Médard , 63 ans, chef de quartier
Manenga, commune de Ngaliema et pasteur de l'Eglise
Réformée Confessante au Congo est appréhendé
à son poste de travail par un policier et
conduit au commissariat de la police de Ngaliema.
Sans être entendu, M. Ngandu a fait l'objet
d'un traitement dégradant et humiliant de la
part de trois policiers sur ordre de l'OPJ
Kisangani avant d'être jeté immédiatement au
cachot. Devant le cachot,
Ngandu a été déchaussé et déshabillé,
ses deux paires de lunettes, montre,
trousse de clés, ceinture et les documents ont
été saisis. Il a été appréhendé en lieu et
place de M. Otshudiema Tosongo, secrétaire du
quartier qui avait livré une attestation de
perte de pièces en date du 17 février 2000 à
un certain Loboro Malemba. Une mesure du
gouverneur de la ville de Kinshasa exige que ce
soit l'agence nationale de renseignements
communale qui délivre les attestations de perte
de pièces d'identité moyennant identification
sur fiche des renseignements afin de faire face
aux infiltrations. Il est libéré le même jour
vers 17h30.
TORTURES
ET AUTRES TRAITEMENTS INHUMAINS, CRUELS ET
DEGRADANTS.
Le
13 janvier 2000, M. Crispin Ipondo Banda,
sous-secrétaire exécutif national de la
jeunesse chargé de la justice, des droits de
l'homme et action humanitaire/UDPS est arrêté
par deux hommes
en civil appuyés ensuite par six éléments
de la police nationale congolaise lorsqu'il
distribuait des exemplaires de la brochure publiée
par la Ligue nationale des élections libres et
transparentes (LINELIT) sur les Accords de
Lusaka et échangeait sur la situation politique
de l'heure avec certains étudiants au niveau de
la Place Victoire. M. Ipondo a été amené manu
militari au commissariat de la police de Kalamu
où il a été entendu et fouillé avant d'être
jeté au cachot.
Le
14 janvier 2000, il est d'abord transféré au
district de la Funa (Victoire), puis à
l'Inspection Provinciale de la Police de
Kinshasa (IPK, ex circo) où il a subi des
tortures physiques pendant cinq
jours de détention avant d'être transféré
à l'Agence Nationale de Renseignements (ANR/ex
3Z) où il passera trois semaines de détention
avant de se voir encore transféré à l'ANR/Fleuve.
M. Crispin Ipondo est accusé d'atteinte à la sûreté
de l'Etat,
d'offense et d'outrage à l'endroit du
chef de l'Etat. M. Crispin Ipondo a recouvré la
liberté le 22 février 2000.
Vendredi
14 janvier 2000 , Me Jean Kayembe Kasuku, avocat
au barreau de Kinshasa est enlevé vers 11
heures dans son cabinet d'avocats sis Galeries
Présidentielles à Kinshasa-Gombe par quatre
agents de services de sécurité. Conduit au Département
de Sécurité Extérieure de l'Agence Nationale
de Renseignements (ANR/DSE) sise avenue Nguma à
Kinshasa-Ngaliema, Me Jean Kayembe a fait
l'objet de mauvais traitements et sévices
corporels durant sa détention. Pour avoir été
soupçonné d'être proche de M. Etienne
Tshisekedi, président national de l'UDPS, il a
été battu toute la nuit jusqu'au moment où il
ne savait plus bouger. Récupéré dans la matinée
par Me Jean Smith Bijanu, Me Jean Kayembe a été
immédiatement interné à la clinique Clides,
sise commune de Bandalungwa avant d'être transféré
en Afrique du Sud pour des soins médicaux
appropriés au regard de la détérioration de
son état de santé suite aux coups reçus.
Jusqu'à sa libération, les motifs de son enlèvement
ne lui ont pas été signifiés .
REPRESSION
CONTRE LES ACTIVITES POLITIQUES ET LE MOUVEMENT
ASSOCIATIF
Durant
ce premier quadrimestre de l'an 2000, les conséquences
du décret-loi n° 194 portant création et
fonctionnement des partis politiques ont débouché
sur des répressions
des activités des partis politiques en général.
En
effet, par ce décret-loi, le pou-voir en place
oblige indistinctement les partis politiques qui
ont existé avant son avènement de constituer
de nouveaux dossiers et se conformer aux
nouvelles dispositions en la matière.
Se
référant au principe de la continuité de l'Etat,
les partis politiques existants rejettent
non seulement ledit décret-loi
mais aussi se déclarent nullement
concernés par ce nouveau texte dont
l'abrogation pure et simple a été réitérée
dans les recommandations à la consultation
nationale organisée du 29 février au 11 mars
2000 à Kinshasa par les chefs des Eglises et
des confessions religieuses et le gouvernement.
Rien n'a été fait pour décrisper le climat
politique jusqu'à ce jour. Il en résulte un
bras de fer entre le gouvernement
Kabila et les partis politiques qui
reprochent au nouveau pouvoir à Kinshasa de
vouloir confisquer l'espace des libertés déjà
conquis au plan politique.
Quant
au mouvement associatif, il est signalé çà et
là des cas de harcèlement et d'autres
atteintes perpétrés par le gouvernement en dépit
de sa promesse à respecter la déclaration des
Nations Unies sur la protection des défenseurs
des droits humains.
Les
cas présentés ci-après illustrent à
suffisance
la situation.
Lundi
03 janvier 2000, vers 12 heures, huit militaires
armés en uniforme conduits par un autre en
tenue se présentant comme général-commandant
venus à bord de trois voitures ont fait
irruption au cabinet de Me Jean-Marie Eley
Lofele, Secrétaire Général de l'ONG de défense
des droits de l'homme " Avocats Sans
Fron-tières (ASF) " et coordonnateur du Réseau
des droits humains au Congo (REDHUC), sis hôtel
Phénix, quartier Bon-Marché, commune de
Barumbu en vue de l'arrêter. N'ayant pas trouvé
Me Jean-Marie Eley Lofele sur place, les
militaires ont menacé d'arrestation son secrétaire
de cabinet, monsieur Kasongo Beketi. Dans
l'exercice de son métier d'avocat, Me
Jean-Marie Eley Lofele s'est illustré à défendre
avec son confrère, Me Kisimba Ngoy, des
politiciens, entre autres, monsieur Cléophas
Kamitatu Massamba et les défenseurs de droits
de l'homme, pasteur
Mukendi Mulaya, président de la
Fraternité des prisons.
Jeudi
06 janvier 2000, M. Charles Mfwamba Mukendi,
directeur du Centre d'Etudes et de Formation
Populaire Kasayi (CEFOP), une organisation de défense
des droits de l'homme basée à Mbuji-Mayi dans
la province du Kasaï Oriental, république démocratique du Congo (RDC) a été
libéré par l'Agence Nationale de
Renseignements (ANR/Kinshasa). Il avait été
arrêté le vendredi 22 octobre 1999 vers six
heures du matin à l'issue d'une perquisition
domiciliaire à Mbuji-Mayi et conduit à l'ANR/Mbuji-Mayi
et ensuite transféré le mardi 02 novembre 1999
à l'ANR/Lemera à Kinshasa-Gombe. Il lui était
reproché la publication par son ONG d'un
rapport sur les violations des droits de l'homme
au Kasaï Oriental dans lequel il est fait état
des exécutions sommaires au polygone de la Minière
de Bakwanga (MIBA). Les effets personnels saisis
à l'arrestation n'ont pas été restitués
jusqu'à ce jour.
Le
07 janvier 2000, vers 22 heures, sept militants
du Parti Lumumbiste Unifié (PALU), trouvés en
réunion politique chez un de leurs au quartier
Mbanza-Lemba dans la commune de Lemba ont été
arrêtés par un groupe d'éléments armés de
forces armées congolaises (FAC) et des
policiers. Il s'agit de MM. Willy Kakesa,
Kapembi Niangi, Jules Lufungula, Jean Mindele,
Kilundu Malu, Ruffin Simisi et Joseph Gigenleji.
Acheminés à l'inspection provinciale de
la police (IPK, ex Circo), ils ont été mis en
détention et libérés
mardi 11 janvier 2000.
Dimanche
16 janvier 2000, vers 10h30, la résidence de M.
Joseph OLENGHANKOY, président national du parti
politique dénommé " Forces Novatrices
pour l'Union et la Solidarité (FONUS) ",
sise Binza/IPN, commune de Ngaliema a été
encerclée par une quarantaine d'éléments armés
de la police d'intervention rapide (PIR). Ce déploiement
a eu pour but d'empêcher la tenue d'une cérémonie
de présentation des vœux de Nouvel An 2000 au
président des FONUS prévue à 13h00 par les
responsables à la base. M. Olenghankoy était
enfermé dans sa parcelle lorsque les membres
des FONUS ont été invités par les policiers
à éviter tout attroupement.
A
cette occasion, M. MUKENDI KADIMA Eric a été
appréhendé pour avoir trouvé sur lui lors
d'une fouille par la police une carte de visite
du président de la Voix des Sans-Voix pour les
droits de l'homme (VSV), M. Floribert Chebeya
Bahizire. La fouille a eu lieu au moment où la
victime voulait traverser une barrière de la
police érigée sur la porte d'entrée de la
parcelle de la résidence. Déchaussé, jeté
dans un camion de la police, M. Mukendi a été
amené au commissariat de la police de Ngaliema.
Il a été interrogé sur ses relations avec le
président de la VSV et les raisons de son refus
de réintégrer les forces armées congolaises
car étant un ancien élément de l'ex Garde
Civile. Suite à l'intervention de la VSV et des
membres de sa famille, M. Mukendi Kadima est libéré
mardi 18 janvier 2000 vers 15h00.
Madame
Betsy Pichal, Mme Tine Missinne, M. Pieter
Vermaerke et M. Jasse Cnudde, membres de la délégation
du Centre National de Coopération au Développement
pour la Communauté Flamande (NCOS), ONG belge,
en mission de service depuis fin janvier 2000,
ont été arrêtés en république démocratique
du Congo (RDC) en début février 2000.
En
effet, samedi 04 février, M. Pieter Vermaerke
et M. Jasse Cnudde ont été empêchés de
voyager pour la Belgique et appréhendés à l'aéroport
de Kinshasa-N'djili par la Direction Générale
de Migrations (DGM). Gardés à la DGM, ils ont
été transférés au Comité de Sécurité d'Etat
(CSE) mardi 08/02/ où ils ont été interrogés
les 9 et 10 février. Quant à mesdames Tine
Missine et Betsy Pichal, elles ont été appréhendées
en plein travail à Matadi, province du
Bas-Congo le 07 février et ramenées sous
escorte de la DGM à Kinshasa par train. Il leur
a été reproché de détenir des publications
et rapports des ONG congolaises sur la situation
des droits de l'homme en RDC. Les victimes ont
été soupçonnées d'être d'espions agissant
pour salir au plan international l'image de la
RDC et de ses dirigeants. Les deux dames ont été
autorisées de quitter Kinshasa le 15/02/2000,
tandis que les deux hommes seulement le 19 février
2000.
Le
03 février 2000, un mandat de comparution signé
par l'officier du ministère public, monsieur
Munoko Vunda Muana Vunda, avocat général au
parquet général près la cour d'appel de
Kinshasa/Gombe convoque M. Floribert Chebeya
Bahizire, président de la Voix des Sans-Voix
pour les droits de l'homme (VSV) à comparaître
devant cette instance judiciaire
mercredi 09 février 2000 pour y être
entendu sur des faits infractionnels lui imputés
(R.I. 7529/PG/MVD). Pendant que le siège de la
VSV est bien identifié, il est tout à fait
curieux que le mandat adressé à son président
ait été déposé à son domicile. Le conseil
du président de la VSV, Maître Jean-Marie Eley
Lofele après avoir approché l'avocat général
a obtenu de la part de ce dernier le report du
rendez-vous au 07 février 2000 et ensuite les
14, 15, 22 et 25
février en raison du cas de deuil qui a
frappé l'avocat général.
Lundi
14 février 2000, vers 13 heures, cinq membres
du mouvement Bundu Dia Kongo (BDK) dont
messieurs Ne Muanda Nsemi, chef spirituel du BDK,
Ndombe Basu-kininawo, Malozi Ma Mpanzu, Mpingulu
et Puati Ngoma sont arrêtés à l'hôtel Petit
Jardin à Matadi, province du Bas-Congo par des
agents de sécurité accompagnés des éléments
de la police d'intervention rapide (PIR)/Matadi.
Sous
prétexte qu'ils vont être reçus par le
gouverneur de la ville, ils ont été conduits
à la gare de Matadi sous bonne escorte où ils
ont été embarqués à bord d'une draisine de
l'Onatra pour Kinshasa où ils sont arrivés
vers minuit et conduits directement à l'Agence
Nationale de Renseignements (ANR/Lemera). Ils y
ont été placés en détention et libérés le
07 mars 2000. Il est reproché aux membres de
BDK de vouloir soulever la population du
Bas-Congo.
En
effet, en séjour à Matadi depuis le 12 février
2000, les 5 membres du BDK devaient organiser
une semaine culturelle Kongo à travers toute la
province. Ils avaient au préalable sollicité
une autorisation pour cette activité auprès de
l'autorité provinciale qui avait donné son
accord suivant la lettre du gouverneur n° 09/BIS/CAB.Gouv/BC/0158/2000
du 09 février 2000. Dimanche 13 février 2000,
contre toute attente, il leur a été signifié
l'interdiction de la tenue de la semaine
culturelle Kongo.
Mercredi
16 février 2000, vers 10h00, monsieur Eugène
DIOMI NDONGALA, président du collectif "
Front pour la Survie de la Démocratie "
(FSD) et du parti politique " Démocratie
Chrétienne " (DC) a fait l'objet d'un enlèvement
en compagnie de monsieur KISHWE MAYA, vice-président
du FSD, par un groupe de militaires à
Kinshasa-Gombe
au moment où il descendait de son véhicule.
Les victimes ont été conduites manu militari
au bureau de services spéciaux de la police/ex
Kin Mazière à Kinshasa-Gombe. Ils ont été
libérés le même jour vers 16h30 après un
interrogatoire serré axé sur le plan de paix
du FSD.
Mercredi
16 février 2000, monsieur Christophe Lutundula
Apala, président du mouvement politique
"Mouvement pour la Solidarité et la Démocratie
pour la Paix, (MSDP)" et deuxième vice-président
de l'ancien parlement de transition "Haut
Conseil de la République-Parlement de
Transition (HCR-PT)" a été empêché de
voyager par les agents de la Direction Générale
de Migrations (DGM)/Aéroport de Kinshasa-Ndjili
lorsqu'il voulait se rendre à Cotonou au Bénin
à bord d'un régulier de CAMAIR. Son passeport
et son billet d'avion lui ont été confisqués.
M. Christophe LUTU-NDULA voulait participer à une conférence prévue à Cotonou du 19 au 23 février 2000 sur le bilan des conférences
nationales et autres processus de transition démocratique
en Afrique sur invitation du ministère béninois
des affaires étrangères en collaboration avec
l'agence intergouvernementale de la
francophonie. L'autorisation de quitter le pays
lui a été accordée enfin vendredi 18 février
2000.
Le
17 février 2000, à 16h30', M. Raphaël Kamenga,
militant du parti politique PALU a été
arrêté par les policiers du
sous-Commissariat de Mbanza-Lemba, en compagnie
de ses collègues, MM. Jules Kimpalanga, Tandi
yi Tadi, Jules Lufungula lors d'une visite de réconfort
moral rendue à Mme Simisi éprouvée et dont le
fils était aussi malade. Ils ont été acheminés
successivement au commissariat de Lemba, à
l'inspection provinciale de la Police (ex Circo)
et enfin
à l'ANR/Hôtel de ville. Il leur a été
reproché d'avoir tenu une réunion politique.
Ils ont recouvré la liberté le 24 février
2000 après avoir signé sous contrainte un
document de renonciation aux activités
politiques.
Mardi
29 février 2000, vers 15 heures, plusieurs
" parlementaires-debout ", membres de
l'Union pour la Démocratie et le Progrès
Social (UDPS) ont été arrêtés sur rue Pétunias
à Kinshasa/Limete par des éléments des
services spéciaux
de la police nationale congolaise venus
à bord de deux jeeps. Ils ont été embarqués
dans les véhicules et conduits à la Légion de
la police d'intervention rapide sise avenue
Victoire/Kinshasa-Kasa-Vubu. Il s'agit de MM.
Patrice Badibangu, Kashala, Bienvenu Kanza Loso,
Mwamba Sawo, Kelly Npase, Lombito Tokodiangani
Hassan, Willy Monse, Papa Manianga, Lukaya
Kwalayiem et Molende (porte-parole du collège
des fondateurs), Ilunga Paul, Kapenda...
A
l'issue d'un interrogatoire sommaire, ils ont
fait l'objet des sévices corporels et mis en détention
dans une cellule non éclairée. Les victimes
ont eu quelques heures auparavant une discussion
avec deux femmes portant
un T-shirt à mentions "
Consultation Nationale ".
Ils
ont été libérés le 01 mars 2000 vers 8
heures 40'. Leurs effets saisis n'ont pas été
restitués.
Le
04 mars 2000, sur accusation d'infiltration
rebelle dans la paroisse auprès des autorités
provinciales de l'ANR/province du
Kasaï Oriental, le révérend pasteur
Tshibamba Tshimpaka et trois autres pasteurs de
la 31ème communauté présbystérienne au Congo
(CPC), en l'occurrence MM Tshiku Mutombo,
Tshibangila et Kasongo Musongela et quatre
anciens de l'église dont MM Tshibangu, Mulaja
Kavuwa, Musenga Tshuru et Makelele Kanda Kanda
(candidat pasteur) ont fait l'objet des sévices
corporels et des traitements inhumains, cruels
et dégradants de la part des agents de l'ANR dès
leur arrestation. Ils ont été placés en détention
au cachot de la direction provinciale de l'ANR/Kasaï
Oriental où leur libération est intervenue 24
heures après sur intervention de Monseigneur
Marini Bodho, président national de l'Eglise du
Christ au Congo (ECC) et vice-président de la
consultation nationale.
Le
11 mars 2000, révérend pasteur Ndunda Lolia,
représentant régional de l'Eglise du Christ au
Congo (ECC)- 51ème /CEUM a été arrêté au
beach Ngobila à Kinshasa par les agents de
l'Agence Nationale de Renseignements (ANR) à
son retour de Gemena et Yakoma dans la province
de l'Equateur via Brazzaville. Il lui est
reproché la détention de plus de 300 lettres
dont certaines contenaient des billets d'argent
en dollar américain destinés aux parents
d'adeptes ou leurs connaissances à Kinshasa. Il
a été conduit à l'ANR/Lemera et placé en détention.
La vérification des courriers par l'ANR s'est
poursuivie jusqu'au lundi 13 mars 2000. Pasteur
Ndunda Lolia a été relâché en mars 2000.
Mercredi
15 mars 2000, des éléments de la Police
Nationale Congolaise ont tenté d'empêcher la
tenue d'une conférence de presse organisée par
M. Joseph Olenghankoy, président des FONUS en
sa résidence à Binza/IPN à Kinshasa/Ngaliema.
Les
personnes se rendant chez le président des
FONUS ont été repoussées. Mais M. Olenghankoy
a tenu sa conférence devant quelques
journalistes qui ont réussi à joindre sa résidence.
Le
16 mars 2000, une manifestation publique du
collectif " Front pour la Survie de la Démocratie
(FSD) " a été brutalement réprimée par
plusieurs éléments de la police nationale
congolaise (PNC), police d'intervention rapide
(PIR) et des Forces Armées Congolaises (FAC).
Cette manifestation baptisée "Meeting
de la
liberté et de la Vérité" devait
avoir lieu à la Place Sainte Thérèse de
Ndjili à 15h00.
Quant
au coordonnateur du FSD, M. Eugène Diomi
Ndongala, arrêté dans la matinée vers 10h00'
lorsqu'il s'est présenté pour
exiger la libération des militants déjà
en détention, il a été détenu successivement
au commissariat de N'djili , à l'inspection
provinciale de la police de Kinshasa et à
l'Agence Nationale de Renseignements (ANR)/Hôtel
de ville à Kinshasa-Gombe où il a été libéré
vers 19h00'. M. Eugène Diomi Ndongala a été
obligé de se présenter à l'ANR/Hôtel de
ville pour poursuivre l'interrogatoire.
Par
une lettre datée du 15 avril 2000 référencée
n° SC/725/BGN/CAB/CLM/2000, le gouverneur de la
ville de Kinshasa, monsieur Théophile Mbemba
Fundu a interdit la tenue de " la marche
pour la paix et la démocratie en république démocratique
du Congo (RDC) " organisée par le
collectif politique FSD.
L'interdiction
de cette marche prévue le 08 mai 2000 sur le
boulevard du 30 juin à Kinshasa-Gombe est motivée
par la demande d'autorisation
incomplète puisqu'elle ne renseigne pas
sur l'existence juridique de la personne morale
qui l'organise, sur la raison sociale de
l'organisation et encore moins sur l'objectif
poursuivi et le résultat escompté.
Jeudi
30 mars 2000, vers 11 heures, M. Joseph
Olenghankoy, président des "Forces
Novatrices pour l'Union et la Solidarité (FONUS)"
est interpellé à son domicile, sis avenue
Masikita, Q.
IPN, commune de Ngaliema par les éléments de
la police nationale congolaise et conduit à
l'Inspection Provinciale de la Police de
Kinshasa (IPK, ex Circo). Transféré 1h30' après
aux services spéciaux de la police nationale (ex
Kin-Mazière) à Kinshasa-Gombe, il a été
interrogé sur le communiqué de son parti
appelant à une journée ville morte le 03 avril
sur toute l'étendue de la RDC. Pour la police,
ce communiqué était considéré comme un tract
pour troubler l'ordre public. M. Joseph
Olenghankoy est libéré le même jour dans la
soirée. Il a été demandé au président des
Fonus de se présenter chaque jour aux services
spéciaux pour l'interrogatoire.
Le
01 avril 2000, M. Louis Hamuli Nyarubasa, opérateur
politique, ancien secrétaire général de
l'Union pour la Démocratie et le Progrès
Social (UDPS)/Nord-Kivu et président du bureau
d'études, ancien responsable adjoint du
coordonnateur, département de l'information et
propagande de l'Alliance des Forces Démocratiques
pour la Libération du Congo (AFDL) et secrétaire
général au ministère de l'information et
arts, vient de totaliser 18 mois de détention
sans jugement. Il avait été arrêté par les
services de sécurité le 01 octobre 1998 après
son retour d'exil à Brazzaville le 19 septembre
1999 et détenu successivement à la Détection
Militaire des Activités Anti-Patrie (DEMIAP) et
actuellement au Centre Pénitentiaire et de Rééducation
de Kinshasa (CPRK). Accusé d'offense au chef de
l'Etat pour avoir appelé le président de la république
" Camarade " dans une correspondance
adressée à M. Floribert Chebeya Bahizire, président
de la Voix des Sans-Voix pour les droits de
l'homme (VSV), interceptée par les éléments
de garde à l'entrée de la
DEMIAP.
Le
07 avril 2000, M. LOMBOTO Freddy, 2ème vice-président
des FONUS/Fédération de Kinshasa, est arrêté
à son domicile sis quartier Kunda I, commune de
Matete par des éléments de la police nationale
congolaise (PNC) et conduit au commissariat de
la police de Matete en compagnie de son épouse.
Malmené, victime de sévices corporels, M.
Freddy LOMBOTO est libéré après quatre jours
de détention. Il a été poursuivi pour
activisme politique.
Samedi
08 avril 2000, vers 14h00, à Kinshasa/Lemba,
monsieur KUMBU-KI-LUTETE Raphaël, président du
parti politique dénommé " Alliance
Nationale des Démocrates pour la Reconstruction
" (ANADER) est arrêté en compagnie de 12
membres de son parti politique par des éléments
de la Police d'Intervention Rapide (PIR). Il
s'agit de MM. Malewu Eletheur, Kumbel
Kumbu, Munza André, Joseph Massela, Jean
Muketa, Albert Kabala, Lungenza, Patrick Musenga,
Blaise Tangamu, Ekele Achille, André Luviaki
Lua Nzola et
Mme Kumboneki. Ils ont été arrêtés pendant
la séance
de travail avec le collège des fondateurs et
co-fondateurs de l'ANADER consacrée à la
restructuration du parti et préparation aux
enjeux politiques de l'heure. Ils ont été
conduits tour à tour au commissariat de la
police de Lemba, au district de la police du
Mont Amba, à la police communale de Matete où
ils ont passé la nuit du samedi 08 à dimanche
09 avril 2000. Trois détenus ont été libérés
au niveau du district de Mont
Amba tandis que les dix autres, dont le
président de l'ANADER ont été acheminés à
l'Inspection Provinciale de la Police de
Kinshasa (IPK, ex Circo), dans la commune de
Lingwala. Transférés à l'Agence Nationale de
Renseignements (ANR)/Hôtel de ville le lundi 10
avril 2000 dans la matinée, les victimes ont été
libérées le même jour dans la soirée sur
ordre du directeur provincial de l'ANR/Hôtel de
ville. Durant leur détention, les membres de l'ANADER
ont fait l'objet de mauvais traitements,
humiliations, menaces de mort
caractérisées par des injures, la dénudation
du secrétaire général du parti.
Le
25 avril 2000, M. Cléophas Kamitatu Massamba,
membre du parti politique " Parti Démocrate
et Social Chrétien (PDSC) " et
porte-parole du Collectif de l'Opposition Démocratique
Plurielle
(CODEP) vient de totaliser cinq mois de détention
sans jugement depuis qu'il avait été arrêté
le 25 novembre 1999 par le parquet général de
la république et transféré le 26 novembre
1999 au Centre Pénitentiaire et de rééducation
de Kinshasa (CPRK). Entendu le jour de son
arrestation à la Police Judiciaire sur
l'interview qu'il avait accordé à la Radio
France Internationale (RFI) 48 heures
auparavant, il été
de nouveau entendu au Parquet Général,
cette fois sur la vente de la villa de l
'ambassade du Zaïre à Tokyo, Japon et le détournement
des biens publics dans l'exercice de ses
fonctions avant son transfert au CPRK. Statuant
en matière de détention préventive, la Cour
Suprême de Justice en date du 16 décembre
1999, l'a assigné en résidence surveillée
conformément à l'article 104 de l'ordonnance-loi
n° 82-017 du 31 mars 1982 relative à cette
procédure. Mais contre toute attente, le
procureur général de la république a décidé
par sa lettre n°3880/RMP.V/074/PGR/TSHM*99 du
20 décembre 1999 adressée au responsable du
CPRK le maintien en détention de M. Cléophas
Kamitatu Massamba au CPRK. Le 20 janvier 2000,
le ministère public a demandé une nouvelle
fois à la cour suprême de justice la
prorogation de sa détention préventive. Il est
toujours en détention jusqu'à ce jour au CPRK.
L'ouverture de son procès est prévue mercredi
10 mai 2000.
Le
27 avril 2000, M. DIALUNGANA KUTIMA MPONGO, président
sous-sectionnaire FONUS/Ndjili est appréhendé
par des policiers à son domicile situé dans la
commune de Ndjili vers 6h00 du matin. Conduit au
commissariat de la police de Ndjili, il a été
transféré le 28 avril 2000 à l'Inspection
Provinciale de la Police de Kinshasa (IPK, ex
Circo), commune de Lingwala où il est en détention
jusqu'à ce jour.
Samedi
22 avril 2000, vers 16h30, le président
national du parti politique " Mouvement
National Congolais/Lumumba (MNC/L) ",
monsieur François Emery TOLENGA LUMUMBA est arrêté
en compagnie de son secrétaire
général-adjoint chargé de
l'organisation, monsieur Jean-Pierre
BOYEKA-BO-IYELI POMBO par les éléments de la
Police. M. François Emery LUMUMBA présidait au
siège de son parti une réunion relative au
plan de travail du facilitateur du dialogue
inter-congolais. Ils ont été conduits au
commissariat de Lemba, à l'agence nationale de
renseignements, Département
de sécurité Intérieure (ANR/DSI)sise
avenue Lemera, Kinshasa-Gombe où toute visite
était interdite. A partir de jeudi 27 avril
2000, M. François Emery Lumumba a entamé une
grève de faim afin de protester à la fois
contre le caractère arbitraire de son
arrestation, les mauvaises conditions de détention,
le silence des services de sécurité sur les
|