La Voix
des Sans-Voix pour les droits de l homme (VSV) exprime sa vive indignation suite aux actes
de torture et de viol dont Mlle Yamba Kafuti Chouchouna a fait l objet le lundi 25 mars
2002, de la part de deux militaires des FAC, gardes de la résidence d un officier
supérieur des FAC nommé Major Willy. Ces militaires ont agit sur ordre de l épouse de
major Willy, appelée Tantine Caro, résidant sur avenue de l Ecole n° 01, quartier
Bumba, commune de Ngaliema.
En effet, Mlle Yamba Kafuti Chouchouna, âgée de 23
ans, célibataire, mère d une fillette de vingt mois, engagée à titre de domestique
depuis le 04 mars 2002 est soupçonnée d avoir volé deux pagnes super wax de sa
patronne, tantine Caro.
Lundi 25 mars 2002 vers 8 heures, au moment où Mlle
Yamba Kafuti Chouchouna commence le travail, elle subit un interrogatoire sommaire de la
part de tantine Caro au sujet de la perte de ses deux pagnes. La domestique répond qu
elle n en sait rien.
Dans la même journée vers 12 heures, une dame
appelée Isabelle, grande sSur de Tantine Caro revient à la charge et interroge la
domestique sur le même sujet.
Cette dernière répond également par la négative
et tantine Caro pique une vive colère à l instant.
Dans son irritation, Caro se met à proférer des
menaces et brandit une arme de guerre garnie d une baïonnette qu elle détache et
poignarde subitement la domestique sous le menton.
Passant à la vitesse supérieure, tantine Caro
multiplie les menaces de mort en arguant qu elle est épouse d un major, fille du ministre
et ordonne aux deux militaires commis à la sécurité de la résidence de faire de Mlle
Yamba Kafuti Chouchouna ce qu ils voudront.
La victime se voit immédiatement ligotée les deux
bras par derrière à l aide d un fil électrique. Ses deux jambes sont aussi liées au
moyen d un pagne.
La bastonnade par cordelettes et ceintures militaires
ainsi que les coups de bottes pleuvent sur elle. Le fer à repasser électrique branché
sur le secteur est appliqué sur le bras et la cuisse gauche qui sont grièvement
brûlés. Les doigts des deux mains sont pincés à l aide de fragments de bambous placés
entre les doigts et ensuite aux oreilles.
A l issue de cette série des actes de torture
infligée à Mlle Yamba Kafuti Chouchouna de 12 heures à 18 heures, les deux militaires
de garde aspergent de l eau sur la victime étendue au sol avec ses liens et plaies
ensanglantés. Mardi 26 mars 2002 vers 1 heure du matin, un des gardes, M. Alexis délie
les bras et les jambes de la victime avant de la violer. Selon la victime, tantine a Caro
donné l ordre qu elle soit exécutée vers 2 heures du matin sans autre forme de procès.
Les policiers du sous-commissariat proche du domicile
de tantine Caro ont été chassés et traités de femmes par les militaires de garde
lorsqu ils ont cherché à tirer la domestique de leurs griffes sur plainte des parents de
la victime.
Ces derniers ont couru vers zéro heure au siège de
la Cour d Ordre Militaire (COM), quartier Socimat à Kinshasa/Gombe où les militaires de
garde ont répondu qu il n y avait que cinq soldats de permanence difficiles à détacher.
Ils ont rebroussé chemin avec profonds regrets et
sont allés se plaindre au sous-commissariat Sola dans la commune de Ngaliema.
Les policiers émus ont stoppé au passage dans les
parages un général des FAC non autrement identifié à bord d une voiture Mercedes.
Après exposé des faits, l Officier militaire aurait
contacté par téléphone le ministre, père de tantine Caro avant de se rendre sur le
lieu où il a réussi à sortir Mlle Yamba Kafuti Chouchouna entre les griffes de ses
bourreaux.
La victime et sa mère passent nuit au
sous-commissariat Sola qui entre en action très tôt matin en alertant l Inspection
provinciale de la police (IPK, ex Circo). Une Jeep de patrouille avec à son bord dix
policiers est dépêchée à la résidence de tantine Caro via sous-commissariat Sola.
Arrivés sur le lieu, les policiers en sortent seuls
sans les coupables en prétextant que la parcelle paraît suspecte et qu il faudra une
autre unité spécialisée pour effectuer l opération. La victime et sa mère sont
acheminées à l IPK où elles attendent vainement une réaction musclée des autorités
policières.
Vers 14 heures, le commandant en charge du dossier
leur explique la difficulté de disposer d un véhicule pour effectuer la descente sur les
lieux du fait que la hiérarchie se trouve en réunion.
Le parquet près la COM a été saisi de l affaire
par la victime accompagnée de ses deux parents le même mardi 26 mars 2002 vers 15
heures. Alexis, un des gardes trouvé chez Mme Caro a été arrêté le même jour.
Verbalisé au parquet près la COM, il est placé en détention.
Tout en fustigeant l arrogance et l attitude cruelle
de tantine Caro, la VSV interpelle le gouvernement congolais à sévir vigoureusement
contre ces actes d une extrême barbarie, en vue de mettre fin à l impunité, au règne
des " hors la loi " et des intouchables qui constituent un grand obstacle à l
avènement d un Etat de droit en RDC.
Pour ce, le parquet près la COM saisi du dossier
devra rechercher activement et arrêter toutes les personnes impliquées dans l affaire et
plus particulièrement tantine Caro, pour ses ordres et recours à l arme de guerre contre
la personne de Mlle Yamba Kafuti Chouchouna.
Fait à Kinshasa, le 31 mars 2002.