COMMUNIQUE DE PRESSE N°022/RDC/VSV/CD/2002

 

Contre la consécration de l'impunité au sommet de l'Etat en RDC

 

En rapport avec la promulgation ce dimanche 24 février 2002 par le Chef de l’Etat, le général-major Joseph Kabila des décrets opérant un chambardement au sein des forces armées congolaises (FAC), la Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme (VSV) exprime ses vives préoccupations suite au maintien en fonction des certaines personnalités qui représentent aux yeux de l’opinion des obstacles aux efforts du chef de l’Etat visant à l’établissement d’un Etat de droit en république démocratique du Congo (RDC).

 

Par la promotion de certaines autorités militaires et le maintien en fonction d’autres qui sont citées dans plusieurs affaires de graves violations des droits de l’homme en RDC, non seulement le chef de l’Etat risque de consacrer la pratique de l’impunité au sommet de l’Etat mais aussi la RDC court le risque d’hypothéquer ses chances de parvenir graduellement à améliorer la situation des droits de l’homme.

Il sied de citer, à titre illustratif, les cas des responsables militaires ci-dessous :

 

1. Le lieutenant-colonel Charles Alamba Mongako, procureur près la Cour d’ordre Militaire (COM) qui se distingue par des actes de violation des droits de l’homme caractérisés par :

  • injonctions intempestives dans les verdicts prononcés par la COM ;

  • des condamnations à mort injustifiées à l’issue des procès expéditifs sans moyen de défense pour les victimes ;

  • des exécutions des jugements rendus par la COM sans que les victimes n’aient la possibilité d’introduire un recours en grâce auprès du chef de l’Etat ;

  • des condamnations fantaisistes à plusieurs années de prison ;

  • des confiscations des biens meubles et immeubles des prévenus et autres suspects avant la condamnation ou le prononcé du jugement ;

  • des occupations illégales des maisons de paisibles citoyens au profit des tiers ;

  • des trafics d’influence ;

  • des arrestations arbitraires, détentions illégales et condamnations des civils par la COM pour des griefs n’ayant pas trait aux affaires militaires ;

  • des tracasseries à l’endroit des magistrats et avocats civils, militaires et autres agent de la magistrature militaire ;

  • etc.

2. Le général de Brigade Faustin Munene, commandant du service National, auteur du meurtre de M. André Lungula, âgé de 50 ans, chauffeur de M. Ali Sabra, propriétaire de la boulangerie SABSONS.

Pour rappel, dimanche 09 septembre 2001, vers 13 heures, M. André Lungula qui provient de la gare centrale au volant d’un véhicule de marque BMW évite de justesse un jeep Cherokee venant en sens inverse dans laquelle ont pris place le général Faustin Munene et quatre militaires chargés de sa sécurité. L’officier supérieur pique une crise de colère et ordonne la poursuite de la BMW qui a failli l’emboutir. La BMW est vite rattrapée entre le parking de l’ambassade de France et l’immeuble ex SABENA. Le général Faustin Munene porte la main sur M. André Lungula qu’il traite de mobutiste et de rebelle ayant voulu attenter à sa vie. Nullement satisfait de ces voix de fait, l’officier supérieur intime l’ordre à ses gardes de passer le chauffeur à tabac.

Sans défense, ce dernier subit des violences corporelles insupportables au point de faire une hémorragie interne.

M. André Lungula succombe la même nuit lors d’une intervention chirurgicale à l’hôpital Général (ex hôpital Mama Yemo) de Kinshasa.

3. Général de Brigade Joël-Clair Kifwa, ancien responsable du cachot des services de sécurité présidentielle situé dans l’immeuble ex Groupe Litho Moboti (ex GLM) à Kinshasa/Gombe.

Le cachot de GLM était réputé suite aux mauvaises conditions de détention, des traitements inhumains, cruels et dégradants y infligés aux détenus.

Des actes de torture et mauvais traitements ont conduit au décès de certains prévenus. A l’instar du cas de M. Papy Kinkela, arrêté le 01 février 2001 par les militaires de la sécurité présidentielle et placé en détention au GLM. Suite à la torture et autres sévices corporels lui infligés lors de sa détention, M. Papy Kinkela y succomba.

En dépit de la mesure présidentielle portant fermeture du GLM, la famille de la victime n’a jamais été informée officiellement de l’assassinat de M. Papy Kinkela.

La VSV soutient que le critère de promotion et de maintien en fonction devrait reposer plutôt, en plus des compétences éprouvées, sur l’implication positive des intéressés dans les efforts visant à la protection et promotion des droits de l’homme.

 

 

Fait à Kinshasa, le 25 février 2002

 

LA VOIX DES SANS VOIX POUR LES DROITS DE L’HOMME (VSV)

 

Pour la Voix des Sans Voix pour les droits de l’homme (VSV)

Floribert CHEBEYA BAHIZIRE

Président.

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