COMMUNIQUE DE PRESSE N°024/RDC/VSV/CD/2002

 

La famille du colonel Eddy Kapend martyrisée par le parquet près la COM

 

La Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme (VSV) exprime ses vives inquiétudes suite à la martyrisation dont fait l’objet la famille du colonel Eddy Kapend Irung, ancien Aide de camp du feu chef de l’Etat, Laurent Désiré Kabila, de la part du parquet près la Cour d’Ordre Militaire (COM).

La dernière illustration en date est l’arrestation, ce dimanche 10 mars 2002 vers 22 heures et la détention au parquet près la COM de l’épouse du colonel Eddy Kapend, madame Chantal Oyo en compagnie de son bébé Daniel, âgé de plus ou moins cinq mois.

 

En effet, dimanche 10 mars 2002 vers 20 heures, un groupe de militaires sans mandat ni autre titre en provenance du parquet près la COM déclarant agir sur ordre du procureur général près la COM, colonel Charles Alamba Mongako font irruption à la résidence du colonel Eddy Kapend, sise avenue colonel Mpia à Kinshasa/Ngaliema, Ma Campagne. Sous prétexte d’être venus récupérer un carton d’agent et des documents cachés dans la maison, les militaires procèdent immédiatement à la perquisition de fond en comble du domicile et emportent deux valises de vêtements appartenant au colonel Eddy Kapend et à son épouse ainsi que deux cartons d’assiettes en porcelaine et un mini-bus de marque Peugeot.

Madame Chantal Oyo ainsi que son bébé Daniel, sa petite sœur, un petit-frère du colonel Eddy Kapend et un pasteur, trouvés sur les lieux, sont appréhendés puis embarqués dans le mini-bus et conduits au cachot du parquet près la COM sis à Kinshasa/Gombe où ils demeurent en détention jusqu’à ce jour.

 

Lundi 11 mars 2002 vers 20h00’, les militaires reviennent à charge à la résidence du colonel Eddy Kapend et emportent vers une destination inconnue la Jeep Grand Cherokee de couleur noire appartenant à l’épouse du colonel Eddy Kapend sous prétexte de l’utiliser pour ramener Mme Chantal Oyo et son bébé qui viennent de bénéficier une mise en liberté au parquet près la COM.

La famille composée essentiellement des jeunes filles a été traumatisée par les actes d’intimidations, de harcèlements et menaces de viol de la part des militaires venus du parquet près la COM le jour de l’arrestation.

 

Pour rappel, le colonel Eddy Kapend Irung a été appréhendé en février 2001 et placé à la disposition de la commission d’enquête sur l’assassinat du feu président Laurent Désiré Kabila, instituée par le chef de l’Etat, le général-major Joseph Kabila.

 

A l’instar de quelques dizaines d’autres personnes placées à la disposition de ladite commission d’enquête, le colonel Eddy Kapend est gardé au pavillon 1 du centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK, ex Prison centrale de Makala) sous forte surveillance des militaires de l’armée zimbabwéenne lourdement armés, en attente de l’ouverture de leur procès qui tarde à venir.

 

Il y a lieu de déplorer aussi les mauvaises conditions de détention des pensionnaires du pavillon 1 qui se retrouvent pratiquement pris en otage par les militaires zimbabwéens qui assurent la garde.

Les détenus demeurent enfermés, en dehors des heures de visite dans leurs cellules mal aérés où abondent des moustiques, sans la possibilité de voir le soleil courant ainsi le risque de développer la cécité visuelle. Les visites au pavillon 1 ne sont autorisées qu’aux membres de famille chaque samedi, pour une demi-heure de contact. Les autres jours de la semaine, il n’est autorisée que le dépôt de la nourriture durant un timing de contact ne dépassant pas deux minutes. Par conséquent, la sortie de la cellule n’est autorisée qu’aux détenus bénéficiant d’une visite familiale. Les avocats, les médecins personnels, les pasteurs d’Eglise, les défenseurs des droits humains, etc. sont interdits d’accès au pavillon 1. Les détenus n’ayant pas de familles à Kinshasa se retrouvent enfermés dans leurs cellules durant des jours sans aucune possibilité de voir le soleil.

 

Les pensionnaires du pavillon 1, en dehors des heures de visites, sont obligés de s’asseoir à même le sol dans leurs cellules. Les militaires zimbabwéens ont confisqué les chaises en plastique appartenant aux pensionnaires. Les prières collectives dans le couloir du pavillon 1 ont été interdites afin d’éviter tout contact physique entre détenus. Les couverts, les journaux, la radio, la télévision et autres objets électroménagers sont interdits d’accès au pavillon 1 totalement isolé d’autres pavillons du CPRK.

Les pensionnaires malades dont l’état de santé nécessite les soins médicaux à l’extérieur du CPRK sont cagoulés et menottés lors du transfert vers un autre centre médical.

 

Tout en protestant contre la rafle des membres de familles du colonel Eddy kapend Irung, la VSV demande au gouvernement congolais de :

 

  • sécuriser la famille du colonel Eddy Kapend et procéder à la restitution des biens emportés ;

  • Déférer Mme Chantal Oyo et son bébé devant une juridiction compétente si griefs à charge il y a, sinon la libérer sans délai ;

  • Ouvrir rapidement le procès sur l’assassinat du feu président Laurent Désiré Kabila afin d’établir les responsabilités et sanctionner les coupables ;

  • Assurer les bonnes conditions de détention aux pensionnaires du pavillon 1 en vertu du respect des règles minima de détention et en vertu du principe de la présomption à l’innocence.

 

Fait à Kinshasa, le 12 mars 2002

 

LA VOIX DES SANS VOIX POUR LES DROITS DE L’HOMME (VSV)

 

Pour la Voix des Sans Voix pour les droits de l’homme (VSV)

Floribert CHEBEYA BAHIZIRE

Président.

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3858, avenue des Ecuries, Kinshasa-Ngaliema

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