COMMUNIQUE DE PRESSE N°017/RDC/VSV/CD/2002

 

Monsieur Déogratias Simba Mwanangongo arrêté a l'ANR/Lubumbashi transféré à Kinshasa

 

 

La Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme (VSV) est vivement préoccupée par la recrudescence d’arrestations arbitraires et détentions illégales au Katanga. La dernière en date est celle de M. Déogratias Simba Mwanangongo, un ressortissant congolais résidant à Washington, Etats Unis d’Amérique revenu au pays depuis janvier 2002.

 

En effet, M. Déogratias Simba Mwanangongo est arrivé à Lubumbashi via la Zambie le jeudi 31 janvier 2002 pour raison de deuil de sa mère assassinée par des rebelles du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD) et leurs alliés à Kongolo au Katanga.

 

Samedi 09 février 2002, dans l’après-midi, M. Déogratias Simba Mwanangongo reçoit un groupe de cinq à six agents de l’Agence Nationale de Renseignements (ANR) qui à bord d’une Jeep a fait irruption dans la résidence de son frère sise avenue Tswapa n° 8 dans la commune de Katuba II à Lubumbashi.

Après avoir identifié M. Déogratias Simba Mwanangongo, les agents ont procédé à l’arrestation de toutes les personnes trouvées sur le lieu.

A cette occasion, M. Déogratias Simba Mwanangongo, M. Joseph Musuyu Mafuta et son épouse et la bailleresse sont appréhendés et amenés manu militari au cachot de la direction provinciale de l’ANR/Katanga sans connaître le motif de cette rafle.

Avant d’acheminer les victimes au cachot, les agents de l’ANR ont perquisitionné de fond en comble la maison de M. Musuyu et celle de sa bailleresse.

Dimanche 10 février 2002, l’épouse de M. Musuyu et la bailleresse de ce dernier ont été libérées.

Cependant dans l’après-midi de ce dimanche 10 février 2002, M. Déogratias Simba Mwanangongo serait transféré à Kinshasa à l’insu de sa famille. La victime serait aperçue le même jour à l’aéroport de Loano à Lubumbashi lors de son embarquement dans un avion présidentiel pour Kinshasa. Le sort de son jeune frère Musuyu codétenu gardé au cachot de l’ANR/Lubumbashi et le grief mis à charge de M. Déogratias Simba ne sont pas connus.

 

Depuis lors, M. Déogratias Simba ne fait plus aucun signe de vie ni à Lubumbashi, ni à Kinshasa. Les recherches effectuées par sa famille et les proches sont restées sans succès. A ce propos, la VSV exprime ses inquiétudes et craintes sur la sécurité et la vie de M. Déogratias Simba Mwanangongo qui n’a bénéficié d’aucune visite jusqu’à ce jour.

 

La VSV relève aussi dans la série d’arrestations arbitraires et de détentions illégales au Katanga celle du substitut du procureur de la république près le tribunal de grande instance de Lubumbashi le lundi 04 février 2002, en la personne de M. Samy Bunduki par le même service de l’ANR/Katanga. La victime, magistrat de son état, est poursuivi pour avoir libéré le 02 février 2002 plusieurs détenus en situation de détention irrégulière au cachot situé derrière le bâtiment de l’Hôtel de ville de Lubumbashi lors d’une inspection des amigos en compagnie d’un autre magistrat.

 

Le courroux de la hiérarchie de l’ANR provinciale est dû au fait que les personnes ont été libérées sans l’aval du service de sécurité qui s’est permis de placer en détention des personnes poursuivies pour soupçons d’infractions de droit commun.

Le magistrat Samy Bunduki serait transféré à Kinshasa après un séjour carcéral à la Direction provinciale de l’ANR Katanga.

 

Tout en exprimant ses vives protestations contre la persistance des arrestations arbitraires et détentions illégales et l’existence des cachots ne dépendant pas de parquets, la VSV :

 

  • réitère sa demande adressée au gouvernement congolais d’œuvrer pour l’application effective de la mesure présidentielle du 08 mars 2001 relative à la fermeture de tous les lieux de détention parallèles échappant au circuit judiciaire ;

  • demande que MM. Déogratias Simba Mwanangongo et Samy Bunduki soient déférés devant les juridictions compétentes en cas des griefs à leur charge, dans le cas contraire, ordonner leur libération pure et simple ;

  • invite le gouvernement congolais d’ouvrir une enquête sur les arrestations et détentions illégales en vue d’indemniser les victimes et sanctionner les personnes mises en cause.

 

 Fait à Kinshasa, le 12 février 2002.

 

LA VOIX DES SANS VOIX POUR LES DROITS DE L’HOMME (VSV)

 

Pour la Voix des Sans Voix pour les droits de l’homme (VSV)

Floribert CHEBEYA BAHIZIRE

Président.

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