COMMUNIQUE DE PRESSE N°016/RDC/VSV/CD/2002

 

Le professeur Kimpianga Mahaniah victimisé par le parquet près la COM

 

En dépit des efforts fournis par le Chef de l’Etat, le Général-major Joseph Kabila en vue d’assurer le respect et la promotion des droits de l’homme en république démocratique du Congo(RDC), la Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme (VSV) est au regret de constater que ceux-là même qui devraient prêcher par l’exemple, éprouvent beaucoup de difficultés à se débarrasser de vieilles tares et ne parviennent pas à traduire en actes concrets les recommandations du Chef de l’Etat. Le cas d’un règlement de compte de la part du Parquet près la Cour d’Ordre Militaire(COM) sis Kinshasa/Gombe dont fait l’objet le professeur KIMPIANGA MAHANIAH, ancien professeur à l’Institut Pédagogique National (IPN)/Kinshasa, professeur à l’Université Libre de Luozi/Bas-Congo et Directeur Général de l’ONG Centre de Vulgarisation Agricole, " CVA " en sigle en est une illustration.

En effet, vendredi 10 août 2001 dans la journée, la maison de communication et de bureautique dénommée " Ets KM ", située au n°148, avenue Victoire, commune de Kasa-vubu et appartenant au professeur Kimpianga connaît la visite d’un client non autrement identifié venu faire saisir son curriculum vitae (cv) . Au motif de se rafraîchir dans les parages des Ets KM, celui-ci s’éclipse quelques instants avant la fin de la saisie du cv tout en prenant soin d’abandonner son porte-documents au comptoir des Etablissements.

Avant le retour du client, deux personnes dont l’une en tenue des Forces Armées Congolaises (FAC) et l’autre en tenue civile font irruption aux Etablissements KM et déclarent être dépêchés par le parquet près la COM pour opérer une perquisition des Ets KM soupçonnés de produire des documents subversifs et séditieux. Sur place, les deux agents de la COM élaborent un mandat de perquisition et mettent la main immédiatement sur le porte-documents du client parti sans laisser des traces.

En outre, les deux agents du parquet près la COM confisquent tous les matériels des Ets KM, notamment quatre ordinateurs, un appareil fax, un copieur, quatre téléphones cellulaires, tous les travaux de saisie des clients avant de procéder à l’arrestation de tous les employés qu’ils embarquent aussitôt à bord d’un camion des FAC réquisitionné à l’instant. Il s’agit de M.Duki dia Kanda Marcel (agent superviseur), madame Nzeba Bela (assistante de saisie) en compagnie de son bébé âgé de plus ou moins 4 mois, M. Diawa Thierry (stagiaire) et M.Lukeba Jacques (chauffeur).

Après quatre jours de détention au cachot du parquet près la COM, le bébé de Mme Nzeba pique une crise aiguë de pneumonie. Il est évacué en compagnie de sa mère à la clinique des Marais située à Kinshasa/Bandalungwa où il est soigné aux frais de la famille sous garde d’un militaire de la COM. La mère et son enfant bénéficient une semaine après d’une libération provisoire à la sortie de la clinique avec obligation de se présenter deux fois par semaine au parquet près la COM pour contrôle physique.

Vers fin août 2001, les autres agents des Ets KM recouvrent la liberté à l’exception de l’agent superviseur, M. Duki dia Kanda qui est transféré et placé en détention sans jugement au pavillon 3 du centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa( CPRK). Lors de sa détention au parquet près la COM, M. Duki est surpris d’apprendre que le porte-documents du client insolite contenait des tracts des " Forces Novatrices pour l’Union et la Solidarité (FONUS) de monsieur Joseph Olenghakoy.

Le 01 décembre 2001, le parquet près la COM émet un mandat de prise de corps(mandat d’amener) au nom du professeur Kimpianga Mahaniah. Ce dernier craignant pour sa propre sécurité s’est résolu depuis lors de se mettre à l’abri.

Jeudi 31 janvier 2002, une dizaine de militaires en provenance du parquet près la COM sous la conduite de l’inspecteur général de la police judiciaire du parquet près la COM débarquent au siège de l’ONG " Centre de Vulgarisation Agricole (CVA) " appartenant au professeur Kimpianga Mahaniah, situé au n°03, avenue Wizele, 15ème rue, Limete Résidentiel.

Porteurs d’un mandat de perquisition, de saisie et de scellé signé par le magistrat Mbonga du parquet près la COM, les militaires de la COM cherchent à arrêter le professeur Kimpianga.

A l’absence de celui-ci, l’inspecteur général va s’en prendre à M. Makumbuala Ndualunsu Edouard, agent au CVA qu’il appréhende avant de perquisitionner le siège du CVA.

Sur-le-champ, M. Makumbuala est sommé d’indiquer la résidence du professeur Kimpianga.

Une descente est effectuée immédiatement à la résidence sise au n° 506, avenue Canaas, Limete / Résidentiel.

Ayant trouvé la maison fermée, les militaires consignent M. Makumbwala Ndualunsu au sous-commissariat de la police sis 12ème rue à Limete tout en promettant de revenir le récupérer le lendemain.

Vendredi 01 février 2002, les militaires reviennent à la charge et cassent les portes de la résidence et des chambres du professeur Kimpianga et procèdent à la perquisition en présence de M.Makumbwila Ndualunsu Edouard.

A l’issue de la perquisition, ils inventorient tous les biens de la maison. M.Makumbwila est prié de contresigner le procès-verbal (PV) en manuscrits avec obligation de repasser lundi 04 février 2002 au parquet près la COM pour signer le même PV dument dactylographié.

Samedi 02 février 2002, un groupe de militaires en provenance du parquet près la COM assiégent la résidence du professeur Kimpianga Mahaniah et procèdent à la confiscation sans témoin de tous les biens meubles en y laissant deux militaires qui assurent la garde .

Au moment où M. Makumbwila Ndualunsu se présente au parquet près la COM lundi 04 février 2002 pour signer le PV, il lui est demandé d’y repasser mercredi 06 février 2002 pour complément d’informations.

Mercredi 06 février 2002, il est interrogé au parquet près la COM sur ses contacts avec le professeur et sur le lieu de sa cachette depuis que ce dernier ne fait plus signe de vie. Il est obligé enfin de se présenter une fois de plus lundi 11 février 2002 au parquet près la COM pour y déposer les clefs des bureaux du CVA sous peine d’être arrêté de nouveau.

Eu égard à ce qui précède, la VSV demande au gouvernement congolais de :

 

  • obtenir pratiquement que la COM se dessaisisse effectivement des dossiers relevant de juridictions de droit commun et de ne s’occuper que des infractions relatives aux Codes et Règlements militaires, et ce, conformément à la volonté réexprimée par le Chef de l’Etat, Général-Major Joseph Kabila, lors de son allocution à l’occasion du 1er anniversaire de son accession à la magistrature suprême, le 26 janvier 2001.

  • mettre fin aux harcèlements dont font l’objet les membres de famille, proches ainsi que les collaborateurs du professeur Kimpianga Mahaniah en proie aux multiples tracasseries policières et menaces d’arrestation de la part du parquet près la COM.

  • ordonner la restitution des biens du professeur ainsi que ceux de la maison de communication et de bureautique " Ets KM " et la sécurisation du Centre de Vulgarisation Agricole (CVA) dont l’Université de Luozi/Bas-Congo et autres projets de développement rural dans la province du Bas-Congo sont les premiers bénéficiaires.

  • mettre fin aux poursuites du parquet près la COM contre le professeur Kimpianga Mahaniah. En cas de griefs à charge, le traduire devant un tribunal compétent où son droit à la défense devra être assuré.

  • ordonner la libération pure et simple de M. Duki dia Kanda en détention prolongée sans jugement depuis le 10 août 2001.

 

Fait à Kinshasa, le 10 février 2002

 

LA VOIX DES SANS VOIX POUR LES DROITS DE L’HOMME (VSV)

 

Pour la Voix des Sans Voix pour les droits de l’homme (VSV)

Floribert CHEBEYA BAHIZIRE

Président.

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3858, avenue des Ecuries, Kinshasa-Ngaliema

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