La Voix des Sans-Voix pour les
droits de l homme (VSV) exprime ses vives inquiétudes suite aux graves tracasseries,
pressions et menaces dont Mlle Yamba Kafuti Chouchouna et sa famille font l objet de la
part du Major Willy Yamba, époux de tantine Caro Wambali depuis le dimanche 31 mars 2002.
Pour rappel, Mlle Yamba Kafuti Chouchouna âgée de
23 ans, célibataire mère d une fillette de vingt mois, engagée à titre de domestique
depuis, le 04 mars 2002 est soupçonnée le lundi 25 mars 2002 d avoir volé deux pagnes
super wax par sa patronne, tantine Caro, épouse du major Willy Yamba.
Devant l acharnement et menaces de mort proférés
par la tantine Caro, la domestique clame son innocence. Mlle Yamba Kafuti Chouchouna est
grièvement blessée au menton à la baïonnette par sa patronne qui ordonne aux deux
militaires des FAC dont les soldats Alexis et Gabriel Samoura commis à la garde de la
résidence sis avenue de l Ecole n° 01, quartier Bumba, commune de Ngaliema de faire d
elle ce qu ils voudront.
La domestique voit immédiatement ses deux bras
ligotés par derrière avec un fil électrique et ses deux jambes au moyen d un pagne.
Bastonnade, coups de cordelettes et bottes, fer à repasser électrique branché sur le
secteur lui sont infligés de 12 heures à 18 heurs avant d être violée le mardi 26 mars
2002 vers 1 heure du matin par le soldat Gabriel Samoura.
Le parquet près la Cour d ordre militaire (COM)
saisi de l affaire le mardi 26 mars 2002 vers 15 heures arrête le soldat Gabriel Samoura
et tantine Caro, actuellement placés en détention, tandis que le soldat Alexis se trouve
en cavale.
Informé de la situation, major Willy Yamba rentre
précipitamment à Kinshasa en provenance de la province de l Equateur et s active dans
les démarches en vue de soustraire sa femme des poursuites judiciaires engagées contre
elle.
Dans cette optique, le major en compagnie d un groupe
des militaires s est mis aux trousses de la victime et sa famille notamment le dimanche 31
mars 2002 vers 22h30 au lieu de répétition de la choral sise quartier Mama Yemo, commune
de Ngaliema où fait partie la victime.
Lundi le 01 avril 2002 vers 6 heures du matin, major
Willy Yamba à bord de sa voiture Mercedes se pointe au domicile de M. Jules Lutete,
dirigeant de la chorale qu il recherche sous prétexte de privilégier l arrangement à l
amiable.
Dans la même journée, major Willy Yamba effectue
une descente à la clinique " Ngaliema Medical Center " où la victime en
compagnie de sa mère y va pour la première fois recevoir les soins médicaux.
A cette occasion, l officier supérieur des Fac
brandit sa haute position au sein de l armée et ses relations privilégiées face à la
résistance de la victime qui refuse de céder aux tentatives de l arrangement à l
amiable envisagé par major Willy Yamba.
Ce dernier menace d user de son influence pour faire
libérer par tout moyen sa femme et d emprunter les " ailes " s il le faut pour
s en aller vivre sous d autres cieux.
Mardi 02 avril 2002 vers 12 heures, major Willy Yamba
en tenue militaire arrive à bord de sa voiture Mercedes à l hôpital militaire de
Référence du camp Kokolo où la victime s est rendue en compagnie de sa mère sur
réquisition d information du parquet près la Cour d ordre militaire (COM) auprès du
médecin directeur.
L officier supérieur tente en ce moment de persuader
la victime à prendre place à bord de sa voiture sous prétexte de se rendre au parquet
près la COM en vue de retirer l argent pour les soins médicaux. La victime et sa mère s
opposent à la démarche en précisant que Mlle Yamba Kafuti Chouchouna se trouve sur le
point d être consultée par le médecin sur réquisition du parquet près la COM.
Courroucé, major Willy Yamba boude les explications
et se met à proférer des menaces avant de s éclipser pendant un laps de temps et
revenir sur les lieux en compagnie d un soldat du parquet près la COM muni d un mandat de
comparution signé par le Magistrat militaire Kazadi.
Sans être consultée par le médecin, la victime est
soustraite de l hôpital militaire de référence et embarquée dans la voiture taxi et
conduite au parquet près la COM.
Eu égard à ce qui précède, la VSV proteste
énergiquement contre les fortes pressions et menaces auxquelles sont soumises Mlle Yamba
Kafuti Chouchouna et sa famille de la part de major Willy Yamba.
Elle invite en outre le gouvernement congolais en
général et les autorités judiciaires militaires en particulier de sécuriser la victime
et sa famille et sanctionner vigoureusement les coupables afin sévir contre l impunité.
Fait à Kinshasa, le 02 avril 2002.