COMMUNIQUE DE PRESSE N°048/RDC/VSV/CD/2001

 POUR L’APPLICATION  EFFECTIVE DES RESOLUTIONS DU PACTE   REPUBLICAIN DE GABORONE

 

La Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme (VSV) exprime sa satisfaction à la suite du bon déroulement des travaux préparatoires du dialogue intercongolais qui viennent de se tenir du 20 au 24 août 2001 à Goborone, au Botswana sous la direction de l’ancien Président botswanais, monsieur Ketumile Masire, facilitateur du dialogue inter-congolais.

 

La VSV se réjouit de l’esprit de cohésion qui a caractérisé les participantes et participants à ces assises et la primauté accordée aux intérêts supérieurs de la nation congolaise actuellement au bord du gouffre et meurtri par deux guerres successives d’agression en  l’espace de deux ans.

 

La VSV profite de l’occasion pour exiger de tous les protagonistes l’application effective du pacte républicain signé par toutes les composantes ayant participé aux travaux du pré-dialogue.

 

Contrairement aux affirmations du gouvernement de la république démocratique du Congo (RDC) lors du point de presse de ce lundi 27 août 2001 au Grand hôtel de Kinshasa (GHK, ex Hôtel Intercontinental), la VSV confirme l’existence des détenus politiques et d’opinion qui continuent à croupir au centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK, ex prison centrale de Makala).

Tout en déplorant le mauvais accueil à l’aéroport de Kinshasa / Ndjili au retour de participantes/participants et l’arrestation durant un jour des sympathisants des partis politiques et membres de famille ce samedi 25 août 2001, la VSV demande  au gouvernement de la république démocratique du Congo (RDC) d’ordonner la libération de tous les détenus politiques, les prisonniers d’opinion, les otages, et ceux qui ont été détenus ou emprisonnés à cause de leur origine ou de leurs activités  politiques et/ou légales en application  du point 3.3. du communiqué final des travaux  du  prédialogue.

 

Il y a lieu de citer, à titre indicatif, les cas ci-après :

- Monsieur Golden Misabiko Baholelwa, représentant de l’Association Africaine pour la Défense des droits de l’homme (ASADHO), section Katanga, enlevé lundi 05 février 2001 par les agents de l’ANR/Katanga et transféré à Kinshasa mardi 06 février 2001 à l’insu des membres de sa famille. Détenu au cachot des services de sécurité présidentiel sis immeuble Groupe Litho Moboti (ex GLM) sis à Kinshasa / Gombe, il est transféré au CPRK le 08 mars 2001 à la suite de la décision présidentielle portant fermeture de tous les lieux de détention ne dépendant pas des parquets.

Mis à la disposition de la Commission d’enquête sur l’assassinat du chef de l’Etat, feu Laurent Désiré Kabila, M. Golden Misabiko Baholelwa demeure en détention jusqu’à ce jour au pavillon I, CPRK contrairement aux déclarations du Ministre des Affaires Etrangères.

Ce lundi 27 août 2001 au Grand Hôtel de Kinshasa. Ce dernier, aux dires de l’ASADHO, est mis au frais pour avoir révélé sur les antennes de la Voix de l’Amérique la nouvelle de l’exécution du commandant Anselme Masasu Nindaga en compagnie d’autres co-détenus le 25 novembre 2000 à kantonia, village situé à 25 km de la localité de Pweto, province de Katanga.

 

- M. Freddy Libeba Baongoli, ancien commissaire politique dans le Mouvement de Libération du Congo (MLC), rentré à Kinshasa par avion le 28 juin 2000 et logé au Grand Hôtel durant deux mois par le gouvernement.

  Il est arrêté le 10 septembre 2000 et se trouve actuellement en détention au Centre Pénitentiaire et de Rééducation de Kinshasa (CPRK, ex Prison Centrale de Makala) depuis le 26 octobre 2000.

  Son retour aurait été négocié avec les autorités gouvernementales représentant la république démocratique du Congo à Kampala et à Nairobi, et ce, consécutivement à l’amnistie présidentielle du 13 juillet 1999.

 

- M. Jean-Claude Mputu Ingole, étudiant à l’Université de Bangui, faculté de droit, célibataire, arrêté le 29 mai 2001 au beach Ngobila à Kinshasa lors de son retour volontaire à Kinshasa en provenance de Bangui, en république Centre Africaine. Pour rappel, M. Jean-Claude Mputu Ingole aurait été nommé directeur de cabinet du secrétaire chargé de l’information du Mouvement de Libération du Congo (MLC) lors d’un séjour à Gbadolité, province de l’Equateur, territoire sous contrôle du MLC. Par la suite, M. Jean-Claude Mputu Ingole aurait déserté son poste de directeur de cabinet pour se réfugier à Bangui par craintes des répressions et représailles. Pris pour un espion au service du pouvoir de Kinshasa, M. Jean-Claude Mputu Ingole a décidé, avec l’aval de l’ambassade de la RDC à Bangui, de regagner Kinshasa.

Après la traversée du fleuve en provenance de Brazzaville, République du Congo et pendant la fouille au beach, il aurait été découvert dans son sac des documents ci-après : son acte de nomination en qualité du directeur de cabinet du secrétaire chargé de l’information du Mouvement de Libération du Congo (MLC), les journaux du MLC et la composition du gouvernement dudit mouvement.

Pris pour un rebelle du MLC et un espion au service de monsieur Jean Pierre Bemba, président du MLC, M. Jean-Claude Mputu Ingole a été appréhendé, tous ses effets personnels confisqués.

Acheminé immédiatement à la Détection Militaire des Activités Anti-patrie (DEMIAP), M. Jean-Claude Mputu Ingole y subit un interrogatoire axé sur le contenu des documents susévoqués. Il se voit infligé des sévices corporels avant son incarcération sans jugement le 06 juin 2001 au CPRK, pavillon 3 puis 7 où il est en détention jusqu’à ce jour.

 

- Monsieur Théo Luleka Mwana Lwamba, Aziza Kumbi et Lisanga Monganga Saïo respectivement, président du Comité provincial de la ville de Kinshasa du parti politique « Mouvement Populaire de la Révolution (MPR) » ; premier vice-président et porte parole de « Forces Politiques du Conclave (FPC) » et président de la jeunesse Unie des F.P.C. (JUFPC).

Les victimes ont été arrêtées vers fin juin 2001 et conduits dans les différents cachots de services de sécurité avant d’échouer à la Cour de Sûreté d’Etat sis immeuble ASSANEF à Kinshasa, Lingwala.

En rapport avec ces arrestations, l’on signale aussi la perquisition de l’immeuble abritant les bureaux provisoire du MPR sis à Kinshasa / Gombe. A l’issue de l’opération, une somme de neuf cent dollars américains (900,00 USD) servant des frais de fonctionnement et des documents du parti trouvés dans une mallette, avaient été emportés. Les documents ont été pris pour des tracts invitant la population à organiser une marche politique et populaire à Kinshasa, jeudi 26 juin 2001 et à observer une ville morte samedi 30 juin 2001. Ils sont ainsi poursuivis pour atteinte à la sûreté d’Etat.

MM. Théo Luleka Mwana Lwamba, Aziza Kumbi et Lisanga Monganga Saïo se trouvent actuellement en détention au Centre Pénitentiaire et de Rééducation de Kinshasa (CPRK, ex Prison centrale de Makala) à Kinshasa/Selembao.

 

- Monsieur Faustin Kibancha Kamala, membre de la société civile de la province du Nord-Kivu et ancien membre du Haut Conseil de la République / Parlement de Transition (HCR/PT) ainsi que ses autre co-détenus, arrêtés vers fin juillet 2000 et placés en détention à l’Agence nationale de renseignements (ANR), Direction de Sécurité Extérieure (DES) avant d’être transférés au CPRK où ils sont en détention jusqu’à ce jour.

Les victimes sont accusées d’atteinte à la Sûreté d’Etat pour avoir participé à une rencontre de représentants du mouvement associatif, des organisations politiques, des autorités coutumières et religieuses du Kivu et du Nord-Katanga qui s’est tenue à Stockholm, en Suède du 12 au 14 février 2000 visant le rétablissement de la paix en RDC.

 

- Monsieur Abouloukwa Bolinda, président du parti politique « Parti de l’Union Nationale (PUNA) » en détention actuellement au CPRK, pavillon 7.

La victime est poursuivie pour « atteinte à la Sûreté d’Etat » pour avoir facilité l’hébergement à l’hôtel Phénix à Kinshasa / Barumbu de deux congolais de la RDC en provenance de Gbadolite, province de l’Equateur, territoire sous contrôle du « Mouvement pour la libération du Congo (MLC) », opposition armée.

 

Fait à Kinshasa, le 27 août 2001

 

 

LA VOIX DES SANS VOIX POUR LES DROITS DE L’HOMME (VSV)

 

 

Pour la Voix des Sans Voix pour les droits de l’homme (VSV)

Floribert CHEBEYA BAHIZIRE

Président.

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