Après plusieurs actions menées pour attirer sans cesse
lattention des autorités congolaises sur la situation dinsécurité et
harcèlement dont fait lobjet à Kinshasa les membres de la famille après
lexécution du commandant Masasu Nindaga par les forces armées congolaises (FAC)
dans la nuit du 23 au 24 novembre 2000 dans le village de Kantonia, localité de Pweto,
province du Katanga, la Voix des Sans-Voix pour les droits de lhomme (VSV) dénonce
aujourdhui la persistance des actes dacharnements prémédités contre la
famille durement éplorée.
En effet, ce lundi 20 août 2001, vers 11 heures une trentaine des
militaires armés conduits par linspecteur Mwanza Mbuyi, porteur dune
" réquisition aux fins denquêtes " signée par le
commandant magistrat Nsendula sur ordre du substitut du procureur de la république près
la cour dordre militaire (COM), commandant Ngbonga Esdo-Mbengana sont arrivés sur
les lieux avec mission :
descendre à lendroit où habite la famille Masasu
faire déguerpir immédiatement la famille Masasu de la résidence sise
au n° 56, avenue Uvira, commune de Gombe pour la conduire dans la commune de Limete au
n°26, avenue Bosembo, quartier Industriel
faire rapport.
A cette occasion, les militaires ont bouclé lentrée et la
sortie de lavenue Uvira, commune de Gombe en interdisant les sorties de la
résidence située au n° 56 occupée par la famille Masasu et ont commencé à sortir et
jeter dehors les biens et autres effets personnels de la famille.
Les biens ainsi évacués sont entassés devant la parcelle en
attendant le retour dun camion militaire Jiefang. La famille, composée des femmes,
hommes, enfants, risque de passer la nuit à la belle étoile, exposée aux
intempéries
, et ce, malgré la présentation aux militaires de la COM dune
lettre du chef de lEtat, général-major Joseph Kabila demandant lattribution
de la maison à la famille du commandant Masasu.
Pour rappel, le commandant Masasu a été arrêté le 30 octobre 2000
vers 18 heures à son domicile. Il est conduit par le président la Cour dOrdre
Militaire, le commandant Tim Munkutu Kiyana au siège de la COM à Bandalungwa avant
dêtre transféré au cachot situé dans limmeuble Groupe Litho Moboti (GLM).
Le 18 novembre 2000, il y est extrait, ligoté et conduit en compagnie
dautres co-détenus en passant par Lubumbashi, province du Katanga au village
Katonia à 25 Km de Pweto. Dans la nuit du 23 au 24 novembre ils sont jugés et
exécutés. Depuis lors le gouvernement congolais na pas encore pris les soins
dinformer lopinion sur lidentité des personnes exécutées en compagnie
du commandant Masasu Nindaga et les causes réelles de cette affaire tragique.
Tout en sinterrogeant sur les mobiles réels de cet ordre de
déguerpissement et autres actions antérieures menées par la COM contre la famille du
commandant Masasu Nindaga, la VSV demande au gouvernement congolais de :
confirmer ou infirmer lassassinat du commandant Masasu en donnant
la lumière sur les circonstances du jugement expéditif rendu à cet effet par la COM
sous la direction du procureur militaire COM, lieutenant-Colonel Charles Alamba Mongato et
consorts.
Procéder au dédommagement de la famille de la victime.
Garantir la sécurité des membres de la famille en leur accordant des
facilités de voyage pour Bukavu, province du Sud-Kivu.
Mettre un terme à la politique dimpunité consacrée en réparant
et remédiant les actes posés durant plusieurs mois par la COM pour occuper illégalement
des maisons de plusieurs prévenus civils et militaires et piller les biens des victimes
en détention.