| Déclaration de la VSV
A l'occasion de la commémoration du
53ème anniversaire de la déclaration universelle des Droits de l'Homme
La Voix des Sans-Voix pour les droits de
lhomme (VSV) saisit lopportunité offerte par les manifestations
commémoratives du 53ème anniversaire de la Déclaration Universelle des
droits de lhomme pour procéder à une évaluation sommaire de la situation
générale des droits de lhomme en république démocratique du Congo (RDC).
A travers cet état des lieux, la VSV voudrait
attirer lattention de tous ceux qui exercent une parcelle de pouvoir en RDC,
militaires et civils, tant de territoires sous contrôle gouvernemental que ceux sous
loccupation de mouvements armés et leurs alliés à comprendre que rien de
constructif et durable ne peut se réaliser sans le respect, la promotion et la défense
des droits inhérents à la personne humaine.
Dans le présent document, la VSV épingle un
certain nombre des points en rapport avec les atteintes graves observées des droits de
lhomme en dépit des engagements internationaux ratifiés par la RDC et la violation
des dispositions du Pacte Républicain récemment signé à Gaborone, république du
Botswana par les différentes composantes au dialogue intercongolais.
1. Arrestation et détention selon humeur
Jusquà ce jour, sont dénombrés des cas
flagrants des prévenus arrêtés, gardés et détenus par la volonté personnelle de
certains détenteurs du pouvoir public. Il suffit pour sen convaincre de visiter le
centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK, ex prison centrale de
Makala).
Il y est fait état du maintien en détention de
plusieurs prévenus pourtant censés bénéficier de la grâce présidentielle. Parmi ces
personnes privées de liberté, il y a lieu de citer entre autres :
- Madame Rose Samba, femme daffaires
arrêtée en mars 1999 à Lubumbashi et transférée à Kinshasa par la cour dordre
militaire (COM) au motif " datteinte contre le président Laurent Désiré
Kabila ".
Relâchée sur intervention de lAmnesty
International, de nouveau enlevée le 06 novembre 2000 par les agents de la COM au moment
où elle se rend à leur bureau en vue de chercher à récupérer sa jeep saisie à
linstar dautres biens meubles et immeubles. Le 06 novembre 2001 soit, lors de
sa comparution devant une commission dont fait partie le procureur de la COM, Mme Rose
Samba se voit accusée de " trafic darmes ". Elle souffre
présentement dhémorragie menstruelle prolongée et connaît des difficultés pour
lobtention de lautorisation pouvant lui permettre de se faire soigner auprès
dun spécialiste. Bien que son nom se trouve sur la liste de bénéficiaires de
lamnistie présidentielle, elle est toujours internée au pavillon 9 du CPRK sous
RMP 2516.
- Mademoiselle Aimée Ntabarusha Mungu arrêtée
avec son bébé âgé de deux mois le 13 novembre 2000 par des militaires. Elle est
détenue successivement à la DEMIAP/Intérieure et au cachot du groupe Litho Moboti (GLM)
avant dêtre jugée et condamnée à 2 ans de prison en novembre 2000 à Mpweto
(province du Katanga) Elle sera emprisonnée au pavillon 9 du CPRK. Aux différents lieux
de détention, elle est présentée comme une femme qui reçoit chez elle des politiciens
originaires du Kivu visant à renverser le pouvoir de L.D. Kabila. Bien quelle
figure avec son enfant sur la liste des bénéficiaires de la grâce présidentielle, elle
continue à croupir en prison au CPRK.
- Quatre femmes, épouses des gardes du corps du
président Laurent Désiré Kabila arrêtée en lieu et place de leurs maris depuis
janvier 2001 sont demeurées détenues au CPRK au pavillon 9 sans jugement ni visite. Il
sagit de :
Mombasila Ruth
Mbombo Mushiya
Phono Penge (épouse dun certain Georges) et
qui a mis au monde une fillette en prison.
Nabintu Marceline (épouse de Rachidi), qui a
accouché dun garçon en prison.
- Maître Kazadi Nkongolo, arrêté le 09 juin
2001 vers 20 heures par deux hommes en tenue civile se réclamant de la COM qui lont
embarqué dans une voiture Ford immatriculée BC9225BC et acheminé à la COM. Entendu le
jour suivant, il est poursuivi pour son intervention dans le dossier opposant son client
famille Mulunga à madame Pauline Mpuekela au sujet dune discute entre les voisins.
Le 24 juillet 2001 il est condamné à 12 mois de SPP lors du jugement prononcé par la
COM. Me Kazadi Nkongolo, serait victime du trafic dinfluence et croupit depuis le 13
juin 2001 au CPRK pavillon 8.
- Colonel Lalonga, appréhendé le 12 avril 1998
à son bureau de lEtat Major général des forces armées congolaises (FAC) par cinq
inspecteurs judiciaires de la COM, est conduit et placé immédiatement en détention.
Libéré puis repris le 18 août 2000, il sera condamné à 3 ans de SPP avec confiscation
de ses biens. Il lui est reproché le refus dobtempérer aux ordres donnés et de
détournement dun montant de 10.000 FC. Bien quil figure sur la liste des
bénéficiaires de la grâce présidentielle du 17 mai 2001, le colonel Kalonga est
toujours en détention au CPRK.
Cette énumération nest pas limitative.
2. Répression des activités des partis
politiques
Les militants des partis politiques et leurs
dirigeants font actuellement lobjet de la traque de la part des services de
lordre et de sécurité, et ce, contrairement à lesprit du Pacte républicain
conclu à Gaborone, république du Botswana dont le gouvernement est partie prenante. Le
cas frais ci-après en dit long.
- Mercredi 05 décembre 2001 vers 10 heures
50 monsieur Modeste Sadiki Lutombo, secrétaire général adjoint de lunion
pour la démocratique et le progrès social (UDPS) est appréhendé par cinq (5) agents de
lordre en compagnie dune femme et un (1) agent de lAgence Nationale de
Renseignements (ANR)à son domicile sis commune de Kasa-Vubu. Trouvé en pyjama, il lui
est refusé le droit de mettre une tenue décente. Il a été embarqué dans un camion
militaire pieds nus comme un vulgaire malfaiteur et conduit à lANR/Lemera où il
est écroué.
- Jeudi 06 décembre 2001 quatre militants de
lUDPS sont arrêtés au quartier Immo-congo ex 20 Mai, chez monsieur Sylvain Kamany,
cadre de ce parti, absent de la maison en ce moment. Il sagit en loccurrence
de messieurs Jean-Baptiste Mwampata, Roger Kakongo, Jean-Baptiste Bomanza et Kadima
Tshikala. Ils ont été conduits à une destination inconnue.
- M. Lenje Mwe Di Malila, Théo Luleka Mwana, Aziz
Kumbi et Lisanga Boango, tous membres du parti politique Mouvement populaire de la
révolution (MPR) arrêtés depuis le 24 juin 2000, sont actuellement poursuivis
datteinte à la sûreté de lEtat et offense au chef de lEtat au regard
des documents du parti saisis et qualifiés de tracts.
Par ailleurs il convient dépingler
également larrestation à Lubumbashi le 25 novembre 2001 de deux membres de la
Fondation Katebe Katoto par les agents de lagence nationale des renseignements
(ANR). Il sagit de messieurs Edo Kasongo et Jean-Pierre Kibwe. Transférés à
Kinshasa, ils sont placés en détention à lANR/Lemera sans droit de visite.
3. Les journalistes traqués
Mercredi 05 décembre 2001 vers 05 heures du matin
monsieur Frédéric Kitenge Kikumba, ancien directeur des informations à la chaîne
nationale congolaise radio télévision nationale congolaise (RTNC), actuellement
correspondant de radio France internationale (RFI) Johannesburg est arrêté à Kinshasa
par des agents de lANR pendant quil sapprête à rejoindre son poste
dattache.
Le correspondant de la RFI à Johannesburg était
en visite familiale auprès de sa mère malade et pour un cas de décès. Le motif de son
arrestation nest pas connu.
Le vendredi 30 novembre 2001, monsieur Laurent
Ngandu wa Ngandu, éditeur responsable de Flash info est arrêté sur ordre du directeur
de cabinet du directeur général de la direction générale de migrations (DGM) au moment
où il réclame le remboursement de son titre de voyage dans les bureaux de la Sabena. Il
croupit au cachot de la DGM/Kinshasa situé à proximité de limmeuble Kin/Mazière
dans la commune de Gombe. Le motif de son arrestation nest pas connu.
4. Fonctionnement des lieux de détention
parallèles supposés fermés
Il sied de signaler que les cachots parallèles
supposés fermés continuent à recevoir des prévenus civils et militaires. Cest le
cas notamment des cachots de la DEMIAP, de lex-GLM fonctionnant actuellement au
Palais de Marbre, de lANR,
La particularité de certains de ces cachots est
la pratique par excellence de la torture.
5. En rapport avec la situation de la guerre en
RDC
Le désastre socio-économique sans précédent
consécutif à la situation de la guerre contraint la majorité de la population
congolaise à vivre en dessous du seuil de pauvreté (chômage, salaires dérisoires
impayés ou irrégulièrement payés, la déscolarisation des enfants, inaccessibilité
aux soins de santé primaire, ...).
Les précarités des conditions socio-économiques
se sont accentuées avec le pillage systématique des ressources naturelles et minières
opéré par les belligérants sous lombre de la guerre.
La guerre a engendré en outre la partition du
pays en cinq zones dinfluence (territoires occupés par le gouvernement, le
RCD/Goma, le MLC, le RCD/ML et le groupe Maî-Maï) et lexistence de plusieurs
forces armées (forces armées congolaises, zimbabwéennes, namibiennes, angolaises, de
RCD/Goma, de MLC, de RCD/ML, les guerriers Maï-Maï, larmée patriotique rwandaise,
larmée ougandaise, larmée burundaise, les Interahamwés, les ex-FAR, les
FDD,
).
La présence de ses différents groupes armés
crée linsécurité généralisée sur toute létendue de la RDC.
6. Dans les territoires occupés
Le tableau de la situation des droits de
lhomme demeure de plus en plus sombre, caractérisé par la non administration
effective et limpaiement des salaires des agents des services publics depuis
loccupation de ces territoires par les groupes rebelles et leurs alliés.
Les activités politiques et autres velléités de
liberté sont frappés dinterdiction dans ces territoires.
Les acteurs de la société civile, les
défenseurs des droits de lhomme font lobjet de la répression, persécution
et chasse à lhomme dans lexercice de leur mission.
A loccasion de la commémoration du 53ème
anniversaire de la Déclaration Universelle des droits de lhomme (DUDH), la VSV
réitère son appel à toutes les autorités congolaises et les invite à se conformer aux
dispositions pertinentes de la DUDH gage et socle dun Etat de droit.
Fait à Kinshasa, le 09 décembre 2001.
LA VOIX DES SANS VOIX POUR LES DROITS DE LHOMME
(VSV)
Pour la Voix des Sans Voix pour les droits de
lhomme (VSV)
Floribert CHEBEYA BAHIZIRE
Président.
Adresse de contact : VOIX DES SANS VOIX
POUR LES DROITS DE LHOMME (VSV)
3858, avenue des Ecuries, Kinshasa-Ngaliema
Téléphone : (243) 88 40394 Téléphone : (243) 12 50832 Fax : (243.88) 01.826
E-mail vsv@ic.cd Site web : www.congonline.com/vsv/
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