La Voix des Sans Voix pour les droits de lhomme (VSV) annonce la
libération partielle dune trentaine des militants du parti politique Union pour la
démocratie et le progrès social (UDPS) appréhendés à loccasion de la
répression par les forces de lordre sur le boulevard du 30 juin à Kinshasa/Gombe
lundi 30 juillet 2001 à 10 heures dune marche ayant pour thème :
" la paix et le dialogue intercongolais ", initiée par cinq partis et
organisations politiques de lopposition, à savoir , l UDPS, FONUS, MPR/Fait
privé, MNC/L et les pionniers de lindépendance.
Partis de la gare centrale à Kinshasa, les manifestants ont été
stoppés et éparpillés et certains dentre-eux interpellés devant la Banque
congolaise de commerce extérieur (BCCE) sur le boulevard du 30 juin.
Dans la foulée, deux journalistes de RAGA, en loccurrence,
monsieur Jules Mwamba et le caméraman Bienvenu Lusala Frida qui ont voulu assurer la
couverture de la marche sont interpellés, arrêtés, humiliés puis tabassés par les
forces de lordre. M. Jules Mwamba est relâché quelques temps après tandis que le
caméraman est amené à une destination inconnue, avant de se retrouver en garde à vue
à lIPK. Il est relâché le même jour.
Une trentaine des manifestants ont été ainsi appréhendés et
dautres traqués à travers certains axes routiers situés aux alentours du
boulevard du 30 juin, battus à coups des matraques et embarqués à bord des jeep de
patrouille de la police dintervention rapide (PIR) à destination de
linspection provinciale de la police (IPK, ex Circo) à Kinshasa/Lingwala où ils
ont été détenus après avoir été entendus sur procès-verbal.
Trois autres militants de lUDPS arrêtés, à savoir messieurs
Gabriel Ndiengo, Delkou Tshibombi et mademoiselle Vovo Bossongo sont embarqués à bord
dune Jeep et conduits dans les parages du camp militaire Kokolo sis à
Kinshasa/Bandalungwa. Ils sont relâchés le même jour vers 18 heures.
Dautres, dont messieurs Raphaël Kapambu, Aimé Ilunga et un
autre non autrement identifié ont été conduits au sous-commissariat de la police de
Regina à Kinshasa/Gombe où ils ont été gardés jusque tard la nuit avant de recouvrer
leur liberté vers 21 heures.
Mardi 31 juillet 2001, toutes les personnes arrêtées lors de la
marche et détenues à lIPK ont été soustraites en cachette du cachot et
évacuées vers 13 heures par une petite voie de sortie secondaire donnant sur
lavenue de la libération (ex 24 novembre).
Elles sont embarquées à bord dun camion de la police de marque
Jiefang et acheminées successivement à lhôtel de ville de Kinshasa et à
lagence nationale de renseignements (ANR) sise avenue Roi Baudouin à Kinshasa/Gombe
qui aurait refusé de les recevoir. Elles sont ainsi retournées dans la soirée à
lIPK.
Jeudi 02 août 2001, les victimes sont de nouveau évacuées de
lIPK et conduites vers une destination inconnue. Depuis mercredi 01 août 2001, les
détenus nont reçu aucune visite ; les parents, amis et proches ont vainement
attendu tout laprès-midi du 02 août 2001 avec la nourriture et autres effets à
remettre aux détenus. La privation de nourriture aux détenus pendant au moins deux jours
a conduit à lépuisement des militants dont certains ont une santé précaire.
Retournés à lIPK dans la soirée, les militants de lUDPS ont été libérés
le même jour après leur arrivée vespérale à lIPK.
Parmi les personnes arrêtées le jour de la marche, trois dentre
eux démeurent introuvables jusquà ce jour. Il sagit de messieurs Didier
Olondo, kankolongo Kankuenda Cyril et Salamu Mukenda Adolphe. Par la suite, lon a
appris quils auraient été gardés à lAgence Nationale de Renseignements
(ANR).
C-dessous, la liste des militants arrêtés :
Norbert Luyeye, Nkumu Robert, Vianney Kabukanyi, Pierre Kasongo
Tshibuabua, Tshibuabua Yamba Joseph, Ntumba Mubiayi, Kabuika Kimbu, Kasongo Ilunga José,
Kalutoso Zephyrin, Jean Baptiste Matiley Batepele, Edouard Tshisumpa, Felix Muteba
Misakabo, Shankadi Muena Tshiela, Tshonza Evariste, Nyanga Fiston, Ambita Mangonza Gilin,
Tshiabola Babu Fils, Diangala Kebua, Samanda Pierre, Eyale Butembola, Ndomba Kaputu,
Mukeba Luketa, Kongolo Kabangu, Mubenga Musungayi, Tati Lubanba, Faustin Nyati, Kikangaka
Jean-Marie, Emery Bangaka, Benoît Nyowango, Babi Nsumbu, Katende Kalonji, Mbuyamba
Crispin, Léopold Mukaya, Gustave Mbaya, Ebondo Kasende, Didier Olondo, Kankolongo
Kankuenda Cyril, Salamu Mulenda Adolphe.
Tout en exprimant ses vives inquiétudes sur les risques et dangers de
recours à la violence dans les rangs des protagonistes, la VSV :
Invite le gouvernement et les partis et organisations politiques de
lopposition à se surpasser en vue dengager des concertations
dharmonisation politiques afin dassurer réellement la sécurité et
lordre public, le respect des droits de lhomme pour ainsi éviter la
répétition des manifestations de rue réprimées, des arrestations et détentions et des
traitements inhumains, cruels, humiliants et dégradants
demande au gouvernement détablir la disparition de messieurs
Didier Olondo, Kankolongo Kankuenda Cyril et Salumu Mulenda Adolphe ; en cas de non
disparition, dindiquer le lieu de leur détention, de garantir les visites et
dordonner leur libération sans condition.