COMMUNIQUE DE PRESSE N°066 /RDC/VSV/CD/2001

 

Pour soupçon de vol de diamant, une femme enceinte détenue en danger de mort à la DEMIAP/extérieur

 

La Voix des Sans Voix pour les droits de l’homme (VSV) attire l’attention des autorités congolaises sur le danger encouru par madame Gisèle NGOY KUNDA porteuse d’une grossesse à terme (environ neuf mois) en situation de détention prolongée au cachot du service de sécurité militaire dénommé Détection Militaire des Activités Anti-Patrie (DEMIAP)/Direction Générale Extérieur, sise dans les installations de l’ex société SICOTRA à Kinshasa/Gombe.

 

Depuis son enlèvement le 24 août 2001, madame Gisèle NGOY KUNDA est victime durant plus d’un mois d’une obstruction qui l’empêche de recevoir de visite et surtout de contacter son médecin traitant. Il lui arrivé ainsi de passer des jours entiers sans manger, ni boire… Chaque fois que son état de santé se dégrade sérieusement, la DEMIAP se contente d’organiser des visites-éclair à la clinique des Anges à Kinshasa/Ngaliema. Le 01 octobre 2001, dans la soirée, la DEMIAP a même banalisé les douleurs d’accouchement. Elle aurait même préconisé d’injecter un somnifère " DIAZEPAN " à la femme enceinte qui, au lieu d’être confiée à un médecin, serait suivi par un jeune infirmier de service de sécurité militaire " DEMIAP/Direction Générale Extérieur. La DEMIAP s’oppose à l’internement médical de la femme enceinte.

Au regard de tous les chocs psychologiques et traumatisme inhérents aux brutalités militaires lors de l’enlèvement nocturne de Mme Gisèle NGOY KUNDA le 24 août 2001 à son domicile sis avenue Bumba n°13 B, quartier Ma Campagne à Kinshasa/Ngaliema, au changement des lieux de détention du cachot de la garde de la sécurité présidentielle au palais présidentiel " Palais de Marbre " au cachot de la DEMIAP/Extérieur, à l’interdiction des visites, aux jours de privation de nourriture et soins médicaux et de santé, aux conditions de détention peu hygiéniques, aux actes d’intimidation et autres menaces des militaires, la VSV exprime ses vives inquiétudes pour la santé et la vie de Mme Gisèle NGOY KUNDA et son fœtus.

 

La VSV vient d’apprendre que suite aux interventions et pression, la DEMIAP vient, de guerre lasse, de transférer mercredi 03 octobre 2001 Mme Gisèle NGOY KUNDA à la clinique Ngaliema. Sa chambre n°3, pavillon 4 est placée sous haute surveillance de deux militaires de la DEMIAP.

 

Mme Gisèle NGOY KUNDA est en détention en dehors du circuit judiciaire en compagnie des trois autres femmes ayant fait partie du personnel féminin au cabinet du feu président Laurent Désiré Kabila. Il s’agit, en l’occurrence, de Mme SINA KABULO, Mme ROSE KAMUN et Mme ANNIE KALUMBA LWENGISA, toutes enlevées et détenues depuis fin août par des militaires de la garde de la sécurité présidentielle sur ordre de la veuve KABILA MANYA SAFI pour une affaire de soustraction des devises et du diamant à l’occasion de l’assassinat du président Laurent Désiré Kabila le 16 janvier 2001 au Palais de Marbre à Kinshasa. Les quatre familles victimes ont vu des biens et autres effets personnels emportés par des militaires. Dès lors, leurs résidences sont occupées par des militaires.

 

Il importe, aussi, d’attirer l’attention sur l’incident dont est victime mademoiselle ROSY BANGU, 22 ans , élève finaliste à l’institut Molière à Gombe le 22 août 2001.

A la recherche de madame ANNIE KALUMBA LWENGISA, les militaires de la sécurité présidentielle ont soumis l’élève à de sévices corporels et autres actes de torture avant de la projeter du balcon du deuxième étage de l’immeuble MAYUMBE, sis boulevard du 30 juin à Kinshasa/Gombe. A la chute, l’élève a échoué sur une voiture en stationnement, avec trois fractures graves au niveau du bassin, l’avant-bras gauche et la jambe droite. Dès lors, mademoiselle ROSY BANGU est hospitalisée au pavillon V, chambre 59 à la clinique Ngaliema à Kinshasa/Gombe. Les membres fracturés sont fixés par de barres orthopédiques immobilisant la victime sur son lit.

 

Vu la gravité des traitements inhumains, cruels et dégradants contre ce groupe des femmes, la VSV recommande aux autorités congolaises, militaires et civiles :

  • d’intervenir d’urgence pour l’hospitalisation de Mlle Gisèle NGOY KUNDA en vue de garantir un meilleur traitement médical et un accouchement normal ;

  • d’ouvrir une enquête sur la tentative de meurtre ou d’assassinat de Mlle ROSY BANGU afin d’établir les responsabilités, d’assurer la prise en charge de tous les soins médicaux et d’indemniser la victime.

  • garantir le droit de visite aux femmes qui croupissent au cachot de la DEMIAP, Direction Générale Extérieur ;

  • déférer les femmes détenues devant une juridiction compétente où le droit à la défense sera assuré en cas de griefs à charge ; sinon ordonner leur libération pure et simple.

 

Fait à Kinshasa, le 03 octobre 2001

 

LA VOIX DES SANS VOIX POUR LES DROITS DE L’HOMME (VSV)

 

 

Pour la Voix des Sans Voix pour les droits de l’homme (VSV)

Floribert CHEBEYA BAHIZIRE

Président.

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3858, avenue des Ecuries, Kinshasa-Ngaliema

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