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COMMUNIQUE DE PRESSE N°038/RDC/VSV/CD/2001
Consécration de limpunité en RDC
En rapport avec le dernier séjour effectué du 21
juillet au 01 août 2001 en république démocratique du Congo (RDC) par le rapporteur
spécial des Nations Unies sur la situation des droits de lhomme en RDC, monsieur
Roberto Garreton, la Voix des Sans Voix pour les droits de lhomme (VSV) tient à
féliciter le gouvernement RDC pour avoir autorisé cette mission dune importance
particulière.
La VSV est cependant indignée de constater la
persistance de la mauvaise foi affichée par certaines autorités congolaises qui refusent
dapporter leur pleine coopération au travail de fond de certains responsables des
Nations Unies, singulièrement celui du rapporteur spécial sur la situation des droits de
lhomme en RDC.
En effet, en lieu et place de la transparence
recommandée en pareilles circonstances, certaines autorités de la RDC préfèrent
plutôt recourir à des subterfuges pour occulter les cas accablants de violations des
droits de lhomme. Les conséquences de leurs agissements continuent à ternir
limage de la RDC et à éroder son crédit sur le plan international. Les auteurs de
ces multiples subterfuges sont connus et demeurent impunis nonobstant les dénonciations
irréfutables faites par les ONG des droits de lhomme en général et la VSV en
particulier. La persistance de cet esprit de dissimulation des violations pousse
daucuns à se demander sil ne sagit pas de lexistence au niveau du
gouvernement dune politique préméditée. A titre illustratif, les cas non
exhaustifs ci-après :
- Non réalisation des promesses gouvernementales
suite aux doléances présentées de vive voix au chef de lEtat congolais, feu
Laurent Désiré Kabila au cours de laudience accordée le 02 octobre 2000 à
Lubumbashi, province du Katanga à madame Mary Robinson, Haut Commissaire des Nations
Unies aux droits de lhomme lors de sa visite de travail en RDC. Ses doléances
concernaient entre autres : abolition de la peine capitale ; cas de 315
magistrat révoqués ; cas des détenus politiques et dopinion (journalistes,
militants des partis politiques,
) ; cour dordre militaire (COM) et les
justiciables civils (à déférer devant les juridictions civiles seulement) ;
conditions carcérales (à améliorer).
- Lextraction dune cinquantaine de
détenus des cachots de la Détection militaire des activités anti-patrie (Demiap) à
Kinshasa/Kintambo lors de la visite du rapporteur spécial en RDC du 16 au 23 février
1999. A cette occasion, les détenus ont été nuitamment embarqués à bord dun
camion militaire couvert par une bâche à destination de la base logistique du camp
militaire Kokolo à Kinshasa/Bandalungwa. De cette manière, aucune trace de la présence
dun quelconque prévenu na pu être relevée par M. Roberto Garreton.
- La transfert de dix membres du parti politique
" Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) " du cachot
de lInspection provinciale de la police de Kinshasa (IPK, ex Circo) à
Kinshasa/Lingwala au camp militaire Lufungula, situé dans la même commune où tous les
militants détenus de lUDPS ont été gardés dans les toilettes du camp militaire
le 14 août 2000 de 13 heures à 18 heures au cours dune visite du rapporteur
spécial en RDC.
Les dix victimes ont été transférées le même
jour à lagence nationale de renseignements (ANR), direction de la sécurité
intérieure (DSI).
- La lumière tarde à venir sur lexécution
collective de onze sujets libanais quelques heures après lassassinat du Chef de
lEtat, feu Laurent Désiré Kabila le 16 janvier 2001 à sa résidence officielle
sise palais de marbre à Kinshasa/Macampagne dans la commune de Ngaliema. Lors de la
visite du rapporteur spécial, M. Roberto Garreton en RDC en mars 2001, les autorités
congolaises lui ont promis pourtant de tirer au clair cette affaire et éventuellement
poursuivre les coupables en justice. Jusquà ce jour, laffaire demeure sans
suite.
- lexécution du commandant Anselme Masasu
Nindaga et consorts à quelques kilomètres de la localité de Pweto, province du Katanga
à lissue dun procès inéquitable, expéditif et sans droit de défense.
Jusquà ce jour, le gouvernement congolais na pas encore pris le soin
dinformer lopinion sur lidentité des personnes exécutées et les
causes réelles de cette affaire aux contours flous.
En décembre 2000, lorsque les ONG de défense des
droits de lhomme font état de lexécution du commandant Anselme Masasu
Nindaga et consorts dans la nuit du 23 au 24 novembre 2000 dans le village de Kantonia, à
25 Km de la localité de Pweto, province du Katanga, ces allégations sont suivies le 14
décembre 2000 dun cinglant démenti émanant du Chef de létat-major
inter-armées (EMIA). Depuis lors, rien na évolué dans le sens de la promesse
faite en mars 2001 par le ministre des affaires étrangères et de la coopération
internationale, M. Léonard She Okitundu au rapporteur spécial des Nations Unies, M.
Roberto Garreton de faire toute la lumière sur cette affaire.
Il y a lieu de relever la contradiction qui
ressort entre la version gouvernementale faite au rapporteur spécial lors de sa visite en
RDC en juillet 2001 et la déclaration du procureur militaire près la cour dordre
militaire (COM), le lieutenant colonel Charles Alamba Mongako concernant les garantie
nécessaires à la défense des prévenus. Le lieutenant colonel Charles Alamba a
déclaré au cours dune interview exclusive accordée au journal " Le
Potentiel " n°2269 du vendredi 13 juillet 2001 que le commandant Masasu Nindaga
et consorts, déférés devant la COM, avaient été assistés par les avocats de leur
choix lors du procès. Le gouvernement, quant à lui, a soutenu devant M. Roberto Garreton
que le commandant Masasu Nindaga et consorts avaient été jugés et condamnés sans
lassistance de leurs avocats parce que le procès avait eu lieu au front
Tous les efforts déployés par la VSV en vue
dexiger des autorités congolaises une copie du jugement de lexécution du
commandant Anselme Masasu Nindaga et consorts et de poursuivre en justice les personnes
mises en cause dans cette affaire de manière à rompre davec les vieilles habitudes
dimpunité demeurent sans suite jusquà ce jour.
- La torture et lassassinat à la Détection
militaire des activités anti-patrie, direction générale intérieure (Demiap/DI) de
monsieur Pierre Ngbutene Ngbende, résidant sur la rue Luozi n° 07, quartier Manenga,
commune de Ngaliema/Binza Ozone dans la nuit du 15 au 16 avril 2001. Au cours dune
descente effectuée à la Demiap/DI par le rapporteur spécial, M. Roberto Garreton lors
de son dernier séjour en RDC en juillet 2001 en vue dobtenir des autorités de plus
amples informations sur cette affaire, une mise en scène a été montée en vue de
détourner lattention du rapporteur spécial. A cette occasion , il lui a été
affirmé que M. Pierre Ngbutene Ngbende a trouvé la mort lors dun affrontement avec
des hommes armés le jour de son arrestation après que les agents des services de
sécurité aient découvert une importante cache darmes de guerre et des munitions
à son domicile.
Les actions urgentes menées par la VSV en faveur
de la victime visent à obtenir du gouvernement :
louverture urgente dune enquête et les
poursuites judiciaires contre toutes les personnes mises en cause dans les actes de
torture et de meurtre de la victime.
la restitution à la famille de la dépouille
mortelle de M. Pierre Ngbutene Ngbende prise en otage à la morgue de lhôpital
général de Kinshasa (HGK, ex hôpital Mama Yemo), la levée des ordres et menaces contre
les membres de famille en vue dassurer leur protection et sécurité.
la levée de la mesure portant occupation de la
maison par des militaires en vue de sa restitution ainsi que les biens extorqués et la
réparation des dommages causés.
Toutes les démarches menées par la VSV, y
compris les lettres adressées à la présidence de la république, au comité de
sécurité dEtat, lANR, DEMIAP, ministères de la justice, des droits humains,
des affaires intérieures, des affaires étrangères, de la sécurité nationale et de
lordre public
en date du 05 juin 2001 demeurent sans suite.
La VSV profite de loccasion pour dénoncer
les manuvres des certains agents de services de sécurité qui tenteraient
actuellement de faire disparaître la dépouille mortelle de M. Pierre Ngbutene Ngbende.
A la lumière de ce qui précède, la VSV
recommande au gouvernement de la RDC :
de prendre au sérieux ses engagements nationaux et
internationaux en matière des droits humains et de veiller à leur stricte exécution en
oeuvrant réellement pour assurer sur le terrain la concrétisation des promesses faites
à Mme Mary Robinson et les recommandations du rapporteur spécial, M. Roberto Garreton
ainsi que les résolution votées par les sessions de la commission des droits de
lhomme des Nations Unies.
de mettre un terme à limpunité des
responsables de certains services spécialisés dont les abus continuent à ternir
davantage limage de la RDC, surtout celle du pouvoir en place tant à
lintérieur quà lextérieur du pays.
Fait à Kinshasa, le 02 août 20001
Pour la Voix des Sans Voix pour les
droits de lhomme (VSV)
Floribert CHEBEYA BAHIZIRE
Président.
Adresse de contact : VOIX DES SANS VOIX
POUR LES DROITS DE LHOMME (VSV)
3858, avenue des Ecuries, Kinshasa-Ngaliema
Téléphone : (243) 88 40394 Téléphone : (243) 12 50832 Fax : (243.88) 01.826
E-mail vsv@ic.cd Site web : www.congonline.com/vsv/
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