COMMUNIQUE DE PRESSE N° 028/RDC/VSV/CD/2000

Pour une prise en charge effective des victimes de l’aéroport/Ndjili

Après qu’un incendie meurtrier d’une poudrière ait provoqué la mort d’hommes à l’aéroport de Kinshasa Ndjili laissant derrière eux d’innombrables familles inconsolables et blessés graves,  la Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme (VSV) tout en exprimant sa vive consternation relève avec inquiétude l’abandon à leur triste sort, des rescapés internés au sein de diverses  institutions hospitalières de Kinshasa.

En effet, contrairement à la campagne médiatique  faisant état de la solidarité avec les victimes des incidents de l’aéroport de Ndjili et des secours d’urgence apportés par les partenaires extérieurs, la situation sur terrain dans les hôpitaux une semaine après la catastrophe révèle autre chose.

A titre illustratif, retenons entre autres les cas ci-après :

1.          Monsieur Ernest BITULO, agent au ministère des transports et communications, déplacé de guerre de Bukavu en séjour à Kinshasa, interné à l’hôpital général de Kinshasa au Pavillon 1, lit n° 07. Il souffre d’une double fracture au bras gauche et se trouve abandonné sans intervention chirurgicale depuis vendredi 14 avril jusqu’au samedi 22 avril 2000 par manque d’argent.

2.          Monsieur Kabamba, militaire du Groupe Spécial de Sécurité Présidentielle (GSSP) interné au pavillon 5, Clinique Ngaliema, souffre des brûlures et blessures auxquelles s’ajoute la fracture au pied droit. Il a reçu pour toute nourriture neuf (9) boîtes de sardine pour une semaine avec promesse de repasser en chercher sept autres après ce délai auprès du GSSP, sis immeuble Groupe Lito Moboti (GLM) à Kinshasa/Gombe.

Quelques capsules de Kinal et anti-biotique lui ont été remis à cette même occasion avant son transfert à la Clinique Ngaliema. Il se plaint de manque de nourriture et suivi médical fiable.

3.          Monsieur Kikondo Bokomdi Esombo Paulin, 43 ans marié père de 5 enfants domicilié au quartier Debonhomme dans la commune de Matete. Souffre de sa jambe gauche amputée vers le mollet. Il éprouve de difficultés à se faire soigner convenablement par manque d’argent, étant chômeur sans ressource sûre.

De la ronde effectué par la VSV le samedi 22 avril et dimanche 23 avril 2000 dans les hôpitaux, il ressort que le nombre actuel des blessés se révèle minime par rapport au chiffre des plus des centaines généralement avancé dès le début.

Compte tenu de la gravité de la catastrophe la VSV exige une mission d’enquête indépendante en vue de donner toute la lumière sur ces incidents et dégager les responsabilités.

La VSV demande enfin au gouvernement de la république démocratique du Congo (RDC) d’assurer effectivement une prise en charge médicale des blessés et aussi de leur garantir une alimentation équilibrée afin de favoriser les conditions de guérison en attendant bien sûr leur indemnisation et celle des disparus.

Fait à Kinshasa, le 24 avril 2000

LA VOIX DES SANS-VOIX POUR LES DROITS DE L’HOMME (VSV)

 

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