COMMUNIQUE DE PRESSE N° 019/RDC/VSV/CD/2000

M. Eugène Diomi Ndongala et ses militants libérés

La Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme (VSV) annonce la libération jeudi 16 mars 2000 vers 20 heures de M. Eugène Diomi Ndongala, coordonnateur du Collectif « Front pour la Survie de la Démocratie, (FSD) » ainsi que plusieurs dizaines de ses militants.

En effet, pour empêcher la tenue du meeting du coordonnateur du FSD prévu le même jour à 15 heures à la place Sainte Thérèse, commune de N’djili, un impressionnant déploiement des policiers et autres agents de services de sécurité  armés en tenue civile et militaire a été observé au lieu du déroulement du meeting et dans ses environs tôt dans la matinée.

Plusieurs dizaines des militants du FSD constitués essentiellement des mamans et des jeunes provenant de différentes communes de Kinshasa ont été interpellés par les éléments de la police d’intervention rapide (PIR) et de la police nationale (PN). Ils ont été détenus soit au commissariat de la police de la commune de N’djili, soit dans une salle de la maison communale de N’djili, soit dans les containers abritant les sous-commissariats de la police nationale disséminés à travers la commune de N’djili. D’autres ont été assis à même le sol à la place Sainte Thérèse sous forte surveillance policière.

M. Eugène Diomi Ndongala, informé de cette rafle vers 11 heures et voulant solliciter la libération de ses militants auprès des autorités communales de N’djili a été appréhendé à la même occasion par une dizaine des policiers sur ordre d’un commandant de la PIR . Il a été conduit manu militari à l’Inspection Provinciale de la Police de Kinshasa (IPK, ex Circo) dans la commune de Lingwala où il a été entendu sur procès-verbal (PV). La ceinture enlevée, déchaussé ; il a été placé en garde à vue dans un petit local. Suite aux bousculades qui ont suivi son arrestation, il a perdu sa montre bracelet.

La libération des militants du FSD a commencé après l’arrestation de M. Eugène Diomi Ndongala pour s’achever tard dans la soirée. Ce dernier a été transféré vers 18 heures 30’ à l’agence nationale de renseignements (ANR)/Hôtel de Ville à Kinshasa-Gombe où il a été libéré sur ordre téléphonique de la hiérarchie, dans la soirée avec obligation de se présenter le matin pour interrogatoire.

En outre, la VSV demeure préoccupée par les entraves aux activités des partis politiques et le climat d’insécurité pesant actuellement sur M. Eugène Diomi Ndongala et le président sectionnaire du parti la Démocratie Chrétienne pour la Commune de N’djili qui ont déserté leur domicile suite aux recherches et autre filature.

Par contre, pasteur Guillaume Mpadi Kimbondo de l’église dénommée « Mvuka Ma Bundu » a été enlevé vers 5 heures du matin pendant le culte matinal à N’djili en compagnie de monsieur Flory Lukoki Nzomambu. Ce dernier venait d’être appréhendé lors du montage du podium pour le meeting.

Pasteur Guillaume Mpadi Kimbondo est actuellement en détention au cachot du groupe spécial de sécurité présidentielle (GSSP), sise immeuble ex-GLM à Kinshasa-Gombe.

Tout en exprimant sa satisfaction et gratitude à tous ceux qui ont concouru de près ou de loin à cette mise en liberté, la VSV exprime ses vives inquiétudes quant à la volonté politique du pouvoir en place à œuvrer réellement pour la décrispation effective de l’espace socio-politique comme souhaité par la population à la consultation nationale en prélude au dialogue intercongolais. Et enfin, la VSV demande la libération du pasteur Guillaume Mpadi Kimbondo encore gardé en détention.

Fait à Kinshasa, le 18 mars 2000

LA VOIX DES SANS-VOIX POUR LES DROITS DE L’HOMME (VSV)

 

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