COMMUNIQUE  DE PRESSE  N°001/RDC/VSV/CD/2000 

Menaces d’arrestation de Maître Jean-Marie Eley Lofele par la sécurité militaire

La Voix des Sans - Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) informe l’opinion tant nationale qu’internationale que le lundi 03 janvier 2000 trois voitures, composées de huit militaires armés sous la direction de quelqu’un en tenue militaire qui se présente comme général commandant de T II camp militaire Kokolo, sont arrivés à 12 heures pour procéder à l’arrestation de maître Jean-Marie Eley-Lofele, secrétaire général de l’ONG de défense des droits de l’homme « Avocats Sans Frontières » (ASF) et coordonnateur du Réseau Congolais des droits de l’homme (REDHUC).

Après irruption au cabinet, sis à l’Hôtel Phénix, Bon-Marché, à Kinshasa/Barumbu, en violation du principe de « l’inviolabilité du cabinet de l’avocat », ils ont menacé le secrétaire Kasongo Beketi d’arrestation prochaine au cas où il ne demandait pas à l’avocat de téléphoner au numéro 55079 le commandant Freddy Ukundji prétendant agir sur ordre du vice-ministre de la défense.

Il est à noter que maître Eley s’est illustré ces derniers temps à assurer la défense avec maître Kisimba Ngoy de monsieur Cléophas Kamitatu en détention au centre pénitentiaire et de rééducation à Kinshasa (ex prison centrale de Makala), monsieur Mukendi Mulaya, président de la Fraternité des prisons poursuivi par le ministère de la Justice, du journaliste Loseke du journal « Libre Afrique » et de madame Nkieri, épouse de monsieur Kikata Ngima, un des leaders du Mouvement Populaire de la Révolution (MPR), dans un dossier judiciaire.

Très récemment madame Nkieri a reçu une convocation émanant du groupe spécial de sécurité présidentielle (GSSP), sis bâtiment ex-GLM à Kinshasa-Gombe, sur plainte d’une certaine madame Amboyo Mokonda Béatrice, habitant le quartier Socopao 3, avenue Bukasa pour un dossier judiciaire régulièrement instruit au tribunal de paix de Kinshasa/Matete avec comme motif être l’épouse d’un dignitaire de la deuxième république ayant fuit le pays à l’arrivée du nouveau régime, ce qui est faux.

La VSV rappelle que l’avocat exerce un métier légal et peut plaider même pour les criminels, les dignitaires de la deuxième république sans oublier ceux au pouvoir qui tombent en disgrâce.

En plus, une invitation écrite des services de renseignements du camp militaire Kokolo pouvait rassurer, mais face à une escorte conduite par un « général », il lui est impossible de se présenter.

Il est regrettable qu’au moment où le ministère des droits humains vient de signer le pacte national des droits de l’homme instituant, entre autres, le partenariat avec les ONG des droits de l’homme, les défenseurs des droits de l’homme continuent d’être traqués.

Par conséquent, la VSV :

-   Demande au ministre de la Justice, Garde des Sceaux et celui des Droits Humains négociateurs  du pacte national des droits de l’homme de se saisir du dossier ;

-   Sollicite l’intervention personnelle du commandant suprême des Forces Armées afin que cesse l’intimidation et l’arrestation des défenseurs des droits de l’homme.

-   Condamne la violation du cabinet d’avocat par les éléments de T II camp militaire Kokolo.

-   Exige le respect des engagements internationaux pris par la république démocratique du Congo (RDC) en matière de protection des défenseurs des droits de l’homme.

                                                        Fait à Kinshasa, le 03 janvier 2000

LA VOIX DES SANS-VOIX POUR LES DROITS DE L’HOMME (VSV)

 

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