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COMMUNIQUE
DE PRESSE N° 014/RDC/VSV/CD/2000
Halte
à la répression des militants des partis
politiques en RDC.
Pendant
que l’on prône la tenue de la consultation
nationale comme forum préparatif à la réconciliation
entre toutes les filles et les fils de la république
démocratique du Congo (RDC) avant la tenue du
dialogue intercongolais prévu par l’Accord de
Lusaka, la Voix des Sans-Voix pour les droits de
l’homme (VSV) exprime ses vives préoccupations
à la suite de la recrudescence d’arrestations
des militants des partis politiques.
En
effet, hier mardi, 29 février 2000, sept
militants de l’Union pour la Démocratie et
Progrès Social (UDPS) trouvés sur rue Pétunias,
non loin de la résidence de M. Etienne
Tshisekedi, président national de ce parti ont
été arrêtés vers 15 heures par des éléments
des services spéciaux de la police nationale
congolaise venus à bord de deux jeeps. Il
s’agit entre autres de M. Ilunga Paul, marié
et père de 7 enfants, M. Kapenda, M. Manianga…
Aussitôt arrêtés, ces militants ont été jetés
dans les véhicules par les policiers qui leur
ont infligé des bastonnades le long du parcours
jusqu’à la Légion de la Police d’Intervention
Rapide, sise avenue Victoire, commune de
Kasa-Vubu. Pris au début pour des militants du
Parti Lumumbiste Unifié (PALU), ces dits
militants ont fait savoir justement aux
policiers et leurs commandants qu’ils
appartiennent plutôt à l’UDPS. A l’issue
d’un interrogatoire sommaire, 10 coups de
fouets ont été administrés à chacun
d’eux avant de se voir placés en détention
dans un cachot réservé aux policiers
indisciplinés, délinquants ou criminels. Ils
ont passé nuit à même le sol en compagnie de
plus d’une dizaine des policiers trouvés en détention
dans ce cachot, pièce d’environ trois mètres
sur quatre sans éclairage à l’intérieur.
Une autre séance de 10 fouets à chacun leur a
été réservée le matin vers 6 heures 30’
avant leur libération effective intervenue ce même
matin, le 01 mars 2000 vers 8 heures 40’ sur
ordre d’un commandant sans que tous leurs
effets personnels dont un poste radio portatif
à M. Ilunga Paul (montres, argent…) ne leur
soient restitués.
Il
revient à la VSV que ces militants ont eu une
empoignade dans la matinée avec deux femmes
portant des T-shirts au slogan de la
consultation nationale forum initié par les
chefs des confessions religieuses dont
l’ouverture officielle a eu lieu mardi 29 février
2000.
Dans
le même registre, convient-il de relever
l’arrestation et la détention à l’agence
nationale de renseignements (ANR)/Hôtel de
ville de Kinshasa le jeudi 17 février 2000 au
quartier Livulu, dans la commune de Lemba de 4
militants du Parti Lumumbiste Unifié (PALU) qui
ont été libérés mardi 22 février 2000. Ces
militants du PALU en visite de réconfort moral
chez leur chef de section éprouvé ont été
arrêtés par le commandant du sous-commissariat
de la police de Livulu. Il s’agit de M. Tadi
Ye Tadi, M. Kipalangu Jules, M. Kamenga Raphaël,
M. Lufungula Jules. Par contre, un autre
militant du PALU, M. Madilaku a été arrêté
le 13 février 2000 au quartier Mombele dans la
commune de Limete et se trouve encore en détention
à l’ANR.
La
poursuite des actes d’intolérance politique
et de répression contre les militants des
partis politiques constate la VSV est de nature
à ne pas favoriser la décrispation de
l’espace socio-politique tant souhaitée en
RDC ni l’instauration d’un climat de
confiance entre les forces vives de la nation en
vue de la cohésion nationale.
La
VSV réitère son appel en direction du
gouvernement congolais pour la libération sans
condition de tous les militants des partis
politiques et les détenus d’opinion encore en
détention jusqu’à ce jour en application
effective de l’amnistie générale décrétée
par le chef de l’Etat le 19 février 2000.
La
VSV invite en définitive par cette même
occasion le gouvernement de la RDC de saisir la
roue de l’histoire en s’impliquant
positivement dans la dynamique d’une paix
durable à travers le dialogue intercongolais.
Fait
à Kinshasa, le 01 mars 2000.
LA
VOIX DES SANS-VOIX POUR LES DROITS DE L’HOMME
(VSV) |