COMMUNIQUE DE PRESSE N° 060/RDC/VSV/CD/99

La journée mondiale des droits de l’homme non célébrée à Matadi et Boma, province du Bas-Congo

En mission à Matadi, Boma, province du Bas-Congo, la Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme (VSV) a été surprise de constater que la journée internationale des droits de l’homme n’a pas été célébrée le 10 décembre 1999.

Au moment où le gouvernement de la république démocratique du Congo ne cesse de proclamer sa foi aux droits de l’homme, notamment, par la création en juin 1998 de tout un ministère chargé des droits humains, la célébration du cinquantenaire de la déclaration universelle des droits de l’homme, de l’organisation du forum de Kinshasa pour la démobilisation et la réinsertion des enfants soldats et le séminaire relatif au plan national de protection et promotion des droits de l’homme en décembre 1999, les autorités provinciales ont préféré à la célébration de la journée mondiale des droits de l’homme de procéder au lancement de la campagne de quinzaine de l’éveil patriotique.

En effet, à l’occasion de l’arrivée à Matadi mercredi 08 décembre 1999 du ministre de la justice et garde des sceaux, M. Jeannot Mwenze Kongolo, et du secrétaire général des comités de pouvoir populaire (CPP), M. Raphaël Ghenda, accompagnés d’une forte délégation, la journée a été, contre toute attente, déclarée chômée pour permettre à la population d’assister massivement au meeting politique organisé au stade de Matadi, province du Bas-Congo. La population de Boma a, quant à elle, connue deux jours fériés, à savoir l’après-midi de mercredi 08/12/1999 et toute la journée de jeudi 09/12/1999 en prévision de la visite du secrétaire général des CPP.

A Matadi et Boma, la population a eu à déplorer cette forme de mobilisation populaire forcée qui a causé de préjudices et autre manque à gagner à la population et hommes d’affaires en séjour à Matadi et Boma principalement pour question de dédouanement  des marchandises aux ports de ces deux villes.

Face aux problèmes chroniques d’ignorance des droits de l’homme par la population et l’obligation des autorités provinciales de s’impliquer effectivement pour une bonne réalisation des droits de l’homme, la VSV demande :

-    Au gouvernement : l’ouverture à Matadi et Boma d’un bureau de représentation du ministère des droits humains ;

-    Au haut commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme : l’ouverture dans la province du Bas-Congo d’un bureau de représentation du Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme ;

-    Aux autorités provinciales et responsables de la société civile : d’oeuvrer pour le renforcement des capacités des organisations provinciales de défense des droits de l’homme.

Fait à Kinshasa, le 26 décembre 1999

La Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme (VSV)

 

   Partenaire de Congonline: http://www.congonline.com/