COMMUNIQUE DE PRESSE N° 005/RDC/VSV/CD/99

Le droit du peuple congolais à l’information

La Voix des Sans - Voix pour les droits de l’homme (VSV) exprime ses vives inquiétudes au sujet de la réaction musclée de la 50ème Brigade des  Forces Armées Congolaises (FAC) datant du 19/01/99 à la lettre pastorale adressée le 14/01/99 aux diocésains par le cardinal Frédéric Etsou Nzabi Bamungwabi, archevêque de Kinshasa, concernant la violation mardi 12 janvier 1999 du centre d’accueil catholique Béthanie et l’enceinte de la nonciature apostolique à Kinshasa  - Gombe à l’occasion de l’arrestation d’un groupe des personnes d’origine rwandaise et des congolais.

Un conflit au sommet entre l’église catholique et les Forces Armées Congolaises (FAC) serait catastrophique pour la population congolaise en ces moments délicats de guerre où les efforts devraient plutôt être concentrés sur le respect strict du droit  du peuple à l’information dans la perspective de résolution pacifique de la  guerre dont est victime depuis le 02 août 1998 la république démocratique du Congo (RDC) agressée par la coalition rwando - burundo et ougandaise.

La réalité des faits est que mardi 12/01/99 un contingent des militaires de la 50ème brigade des forces armées congolaises (FAC) ont fait irruption au centre  d’accueil Bethanie où depuis environ un mois étaient hébergés officiellement des personnes d’origine rwandaise sur entente du gouvernement congolais et des missions diplomatiques sous la supervision conjointe du ministère congolais des droits humains et du bureau du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme. A cette occasion, il a été déploré des scènes inutiles de vandalisme, de brutalités, de terreur, d’humiliations et menaces d’exécution sommaire contre des religieuses de la communauté des soeurs du Sacre - Cœur, des fidèles de la paroisse Sacre - Cœur et visiteurs présents sur le lieu, des pensionnaires, du personnel et de la famille du directeur du centre Bethanie. Les militaires ont violemment forcé le bureau du centre et la quasi - totalité des chambres dont les portes et vitres ont été cassées ; la chapelle profanée; les effets personnels dispersés; en fin de compte, les militaires ont emporté argent, montres, radios, savons, chaussures, contenus des congélateurs, boissons sucrées, bière...

En plus, la VSV attire l’attention sur les dangers du recours à la presse audio - visuelle nationale (RTNC) aux fins d’exposer, contrairement aux conventions de Genève, des personnes à risque pendant la période de guerre.

La VSV recommande qu’une enquête indépendante approfondie soit menée et que les militaires coupables soient traduits en justice et punis conformément au règlement militaire.

                                                Fait à Kinshasa, le 24 janvier 1999

La Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme (VSV)

 

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