COMMUNIQUE DE PRESSE N° 059/RDC/VSV/CD/99

S.O.S pour les détenus à la prison centrale de Mbuji-Mayi

En mission à Mbuji-Mayi, province du Kasaï oriental, la Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme (VSV) a été choquée, lors d’une visite au centre pénitentiaire et de rééducation de Mbuji-Mayi (ex-prison centrale) de se retrouver devant des squelettes humains parmi les 201 détenus à la prison.

La population carcérale au sein de cette prison est en détresse. L’Etat congolais n’octroie plus les frais de fonctionnement ; le gouverneur de la province demeure insensible aux conditions de vie critique des détenus.

L’alimentation n’existe pas. Les détenus dorment à même le sol, parfois sur les nattes fournies par les soeurs catholiques du Centre d’Accueil des Jeunes Abandonnés du Congo (CAJAC). L’eau leur est fournie une fois toutes les deux semaines. L’infirmerie est inopérationnelle malgré la présence d’un infirmier du centre et d’un médecin envoyé par l’église catholique pour une consultation médicale hebdomadaire. On y dénombre plusieurs cas des décès. Les détenus décharnés, ventre collé à la peau succombent tous les jours de famine et de maladies, même bénignes. Vu la succession de décès, la prison éprouve de difficultés à enterrer ses pensionnaires à telle enseigne qu’elle a jusqu'à ce jour des notes de frais funéraires à honorer (droit de terre). En cas de décès des détenus, la dépouille est enroulée dans une vieille natte et transportée dans un chariot poussé par les détenus épuisés jusqu’au lieu de l’inhumation. Les mauvaises conditions d’hygiène précipitent la mort des détenus. Les toilettes, en état de délabrement total sont surutilisées et sans eaux.

Quant au personnel pénitentiaire, il est impayé et travaille dans de conditions inhumaines.

Recommandations

La VSV demande au gouvernement :

-    de mettre des moyens financiers à la disposition du ministère de la Justice pour la réhabilitation des infrastructures, l’équipement et les frais de fonctionnement, notamment pour assurer l’alimentation et les soins médicaux aux détenus.

-    Au lieu de continuer de sombrer dans l’insouciance par rapport aux vrais problèmes quotidiens de la population en fournitures d’eau et d’électricité, dans la conflictualité au sommet de la province et dans la chasse aux militants des droits de l’homme et aux journalistes... les autorités provinciales devraient plutôt se concentrer à résoudre de nombreux cas de violations des droits de l’homme, et particulièrement pour la prison assurer la fourniture en eau potable, en électricité et nourriture.

-    vu l’état d’abandon de la prison centrale et en vue de prévenir le pire, la VSV demande aux Cours et Tribunaux de Mbuji-Mayi de n’envoyer en prison que des cas importants en réglant les cas bénins par le paiement d’amendes régulières.

Fait à Kinshasa, le 20 décembre 1999  

La Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme (VSV)

 

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