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COMMUNIQUE
DE PRESSE N° 057/RDC/VSV/CD/99
RDC :
population civile attaquée par l’Unita
à
Kimpangu, Bas-Congo
La
Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme
(VSV) est vivement consternée et indignée par
les attaques en fin novembre 1999 de la
population civile tant à l’hôpital qu’à
la cité de Kimpangu, secteur Gombe-Sud, perpétrée
par les rebelles de l’Unita à Kimpangu,
district des Cataractes, province du Bas-Congo
en république démocratique du Congo (RDC).
En
effet, samedi
27 novembre 1999 vers 3 heures 00’ du matin,
les rebelles de l’Unita venus des localités
de Kimbata et Kimbele en Angola ont traversé la
frontière pour encercler l’hôpital de
Kimpangu à la recherche des militaires de
l’armée régulière angolaise admis dans cet
hôpital pour des soins. Ainsi, au Sanatorium,
les éléments de l’Unita ont abattu plusieurs
personnes qu’ils ont identifiées ou assimilées
aux militaires angolais. Dans les autres
pavillons, de jeunes garçons et des
gardes-malades ainsi que des élèves au couvent
des Soeurs ont été pris et emmenés en les
obligeant de transporter vers l’Angola leurs
colis pillés. Seules les personnes de sexe féminin
ont été autorisées de regagner Kimpangu ;
par contre, les jeunes garçons n’ont jamais
fait signe de vie jusqu’à ce jour. D’autres
actes barbares ont été commis par les rebelles
de l’Unita : viols, pillage des magasins
et dépôts, destruction de portes et fenêtres
de maisons, abattage du bétail dans la ferme de
monsieur Lungwana, localité de Mbembe. La
population a fui la cité de Kimpangu pour se réfugier
dans les villages lointains qui environnent
Kimpangu, d’autres personnes se sont retranchées
dans les forêts. Les rescapés témoignent que
beaucoup de cas ont été dénombrés. A
titre illustratif, deux jeunes filles Pauline
Maza (26 ans) et Jeannette Vangadio (28 ans) ont
été violées ; M. Charles Tulumuene (35
ans) blessé
par balle avec une fracture à la jambe gauche ;
mesdemoiselles Marie et Mado de la famille
Vangadio ont été blessées par balle ; le
pasteur responsable de la paroisse de Kikongo
blessé à la tête ; deux enfants non
autrement identifiées sont morts par noyade au
moment de la fuite ; un grand camion
transportant des sacs de haricots a été pillé
et toutes les marchandises emportées ainsi que
le moteur et les pneus du camion.
Beaucoup
de gens ont disparu, soit tués ou contraints de
fuir en se séparant de leur famille.
Gardée
comme secret de polichinelle, l’information
faisant état de ces attaques et ses atrocités
a finalement été donnée officiellement par le
gouverneur de la province du Bas-Congo, monsieur
Séraphin Bavuidi Babingi ce vendredi 10 décembre
1999 lors de l’ouverture de la quinzaine d’éveil
patriotique à Matadi, province du Bas-Congo en
présence de monsieur Raphaël Ghenda, secrétaire
général du comité de pouvoir populaire.
En
dénonçant et condamnant les attaques armées
des rebelles de l’Unita ainsi que les atrocités,
traitements inhumains, cruels et dégradants qui
s’en sont suivies et qui constituent de graves
violations du droit international humanitaire,
la Voix des Sans-Voix pour les droits de
l’homme (VSV) :
-
constatant la perméabilité des frontières,
la VSV rappelle au gouvernement son devoir
d’assurer effectivement et sérieusement la sécurité
des personnes et des biens, et plus particulièrement
celle de la population de Kimpangu et ses
environs pour qu’elle regagne la cité de
Kimpangu.
-
demande aux autorités provinciales de
lever la mesure d’interdiction des marchés de
Kimakandi, Mpanga, Gombe-Sud, N’kyende, Luvaka...
afin de permettre à la population de pouvoir
s’approvisionner normalement.
-
demande au Comité International de la
Croix-Rouge (CICR) de veiller plus particulièrement
au respect par l’Unita des conventions de
Genève et d’actionner son agence de
recherche pour retrouver les personnes
disparues.
-
invite les Nations Unies à ouvrir une
enquête sur ces attaques et traduire l’Unita
devant un tribunal indépendant compétent.
Fait
à Kinshasa, le 13 décembre 1999
La
Voix des Sans - Voix pour les Droits de l'Homme
(VSV) |