COMMUNIQUE DE PRESSE N°002 /RDC/VSV/CD/99

 Des personnes d’origine rwandaise arrêtées à Kinshasa

La Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme est très choquée par la scène de vandalisme et de brutalités qui a caractérisé l’arrestation par une centaine de militaires de la 50ème brigade des forces armées Congolaises (FAC) de plusieurs personnes d’origine rwandaise et des Congolais internées au centre Bethanie à Kinshasa - Gombe ce mardi 12 janvier 1999 vers 14 heures 30.

Devant la chasse à l’homme dont les sujets d’origine rwandaise ont fait l’objet depuis le 02 août 1998 où la république démocratique du Congo (RDC) a été agressée par la  coalition du Rwanda, Burundi et de l’Ouganda, cette catégorie des personnes à risque ont été protégées et ensuite hébergées il y a environ un mois au centre catholique Bethanie sur entente du gouvernement congolais et des missions diplomatiques sous la supervision conjointe du ministère congolais des droits humains et du bureau du haut commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme en RDC.

Contre toute attente, et au moment où pointait à l’horizon une lueur de solution en faveur des personnes d’origine rwandaise et des congolais assimilés, des militaires bien armés de la 50ème brigade ont fait irruption sur le lieu, en terrorisant le personnel et les pensionnaires du centre, les soeurs religieuses et fidèles de la paroisse du Sacre - Cœur, sous les applaudissements des étudiantes de l’institut supérieur pédagogique (ISP)/Gombe. Ils ont forcé le bureau du centre et la quasi totalité des chambres dont les portes et vitres ont été cassées ; en mettant sens dessus sens dessous les effets personnels des pensionnaires ainsi que les effets se trouvant dans la maison du directeur du centre. En fin de compte des biens de valeur et de l’argent ont été emportés par des militaires. Des personnes d’origine rwandaise, constituées de famille (femmes, enfants...)  et des congolais pensionnaires ainsi que le directeur du centre et une sentinelle ont été alignés de force, malmenés et embarqués à bord d’un grand véhicule militaire pour une destination jusqu'à présent inconnue.

Parmi les congolais arrêtés, l’on compte deux militants des droits de l’homme, naguère rescapés de Bukavu, province du Sud-Kivu, en l’occurrence monsieur Kasole Mukubagire  Bienvenu et monsieur Bintu Musharamina Christophe, membres du collectif des organisations et associations des jeunes du Sud-Kivu (COJESKI).

Ces agissements arbitraires, en plus de sérieuses préoccupations concernant les personnes d’origine rwandaise et Congolais assimilés hébergés dans des conditions difficiles au centre d’hébergement du camp Kokolo reposent avec acuité le problème de respect des engagements internationaux de la république démocratique du Congo (RDC).

                                                                        Fait à Kinshasa, le 12 janvier 1999

La Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme (VSV)

 

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