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COMMUNIQUE DE PRESSE N° 015/RDC/VSV/CD/99
Halte
aux services corporels et autres traitements
inhumains cruels et dégradants contre les
cambistes
Tout
en saluant l’initiative gouvernementale de
lutter contre les crimes économiques
financiers, la VSV attire tout de même
l’attention des autorités sur les actes de dérapage
et d’acharnement dont sont de plus en plus
victimes la population de la part des certains
agents de l’ordre sous prétexte de servir et
exécution de la décision gouvernementale.
En
effet, mercredi 10 mars 99, vers 12 H 45, un
homme en tenue civile est entré dans un bureau
de change agrée (par la banque centrale )
« La Bourse », situé au n° 387
avenue du Plateau dans la commune de Gombe, sous
prétexte de changer de l’argent
(devise) le dollar. Il a présenté un
billet de 20 $ qu’on a lui en échange 10 $ US,
non au taux pratiqué de 3 Fc, mais à un taux
préférentiel en insistant auprès de la caissière,
madame Sambasi Annette sur son obligation de
payer les frais d’hospitalisation d’un
membre de famille. Sensible à l’imploration
du client, Mme Sambasi Annette accepte de lui
accorder une faveur de 8 FC.
Ayant
obtenu cette faveur, le client insolite est
sorti du bureau de change pour y revenir quelque
temps après en compagnie de deux policiers armés.
Les agents de l’ordre ont exigé à la caissière
de restituer les 20$US et amené la caissière
Mme Sambasi Annette et la responsable de la
maison de change Mme OUANEH MPUTU Honorine aux
services spéciaux de la police nationale sis
immeuble Kin - Mazière /Kinshasa - Gombe où
elles ont été entendues sur P.V. par le
commandant MUANZA avec paiement d’une amende
de 200 $US sans quittance ni autre décharge.
Les
victimes sont envoyées dans le bureau d’un
autre commandant
non autrement identifié qui a ordonné
leur bastonnade. Dénudées, Mme Sambasi Annette
a reçu trois coups de fouet d’une câble électrique
et Mme Ouaneh Mputu Honorine deux fouets avant
d’être libérées. Les traces de cette scène
de flagellation sont encore visibles sur les
fesses des victimes.
La
VSV exprime ses vives préoccupations suite à
la multiplication de cas d’extorsion de
paisibles citoyen par certains agents de
l’ordre dont le décret-loi n° 177/99 relatif
au régime des opérations en monnaie nationale
sert d’alibi pour s’adonner à de vastes opérations
de rançonnement de la population.
Fait
à Kinshasa, 10 mars 1999
La
Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme
(VSV)
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