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COMMUNIQUE
DE PRESSE N° 54/RDC/VSV/CD/99
La
Population de plus en plus martyrisée pendant
le couvre-feu
Après
ses communiqués pour l’humanisation des
conditions du couvre-feu, la Voix des Sans-Voix
pour les droits de l’homme (VSV) revient à
charge pour dénoncer les atrocités que
continuent à commettre des militaires et
policiers sur la population aux heures du
couvre-feu.
En
effet, les atteintes graves portées contre les
personnes et leurs biens du jour au jour dégradent
davantage les conditions socio-économiques déjà
intenables. Des pertes en vies humaines
continuent à être déplorées ;
fusillades, viols, attaques à domicile, vols à
mains armées, extorsions, rançonnements, exécutions
sommaires et extrajudiciaires, autres
traitements cruels, inhumains et dégradants
sont infligés à la population par les éléments
armés commis
au couvre-feu en vigueur. Instauré depuis le 13
novembre 1999 de 21h à 6h du matin (et ensuite,
de 22 heures à 5 heures du matin)
par le gouvernement pour sécuriser les
habitants, le couvre-feu s’est aujourd’hui
retourné contre la population pour devenir un véritable
instrument de persécution.
1.
Dimanche 14 novembre 1999 vers 21 heures 10’,
monsieur Jean-Jacques Kamba Kanyinda, étudiant
en 2ème graduat Ensemblier Décoration
à l’Académie des Beaux-Arts a été tué par
balle par les éléments de la police nationale
à une barrière dans la commune de Kinshasa.
2. Mardi
23 novembre 1999 à 01 heure 00’ du matin, sur
rue Makula n° 8/Bis, camp XV, quartier II,
commune de Masina, monsieur Colin Omekala, âgé
de 29 ans a été criblé dans sa maison de deux
balles dont l’une aux mâchoires, la seconde
à l’épaule, lui tirées par la fenêtre du
reste fermée de la part d’un groupe
d’hommes armés non autrement identifiés qui
ont fait irruption dans la parcelle. Il a été
tué juste au moment où il a voulu éteindre
l’ampoule après avoir administré des soins
à son bébé âgé de moins d’un mois.
3. Dans
la nuit du mardi 23 au mercredi 24 novembre
1999, sur rue Isangi n° 264, commune de
Lingwala, monsieur Simon Makoko appelé « Sims »
a été tué par balles par un élément armé
en tenue militaire après avoir été entraîné
en dehors de la maison. Il a été reproché à
la victime d’avoir discuté avec ses jeunes frères
dans la maison aux heures du couvre-feu.
4. Dans
la nuit du lundi 29 au mardi 30 novembre 1999,
monsieur Pierre Munongo, domicilié sur rue
Kitenda n° 10, au camp Luka et pasteur de son
état a été violemment tabassé par six éléments
de la police d’intervention rapide (PIR) qui
lui ont reproché de s’être tenu à 20 heures
50’ dans la cour de la parcelle aux heures du
couvre-feu. En dépit de ses explications, 20
fouets lui ont été infligés.
Les
policiers déchaînés lui ont mordu avec les
dents et 40 francs congolais (FC) lui ont été
extorqués.
5.
Messieurs Petro Nzabani, Luwunu Jimmy, Mbaya
Lutangu Aimé, tous
domiciliés sur rue Panzi n° 16 ont fait
l’objet des sévices corporels de la part de mêmes
éléments de PIR précités. Monsieur Thomas
Nzabani a été trouvé dans la cour de la
parcelle à 21 heures 36’ où il attendait sa
femme en train de se laver. Tous ont été
tabassés et mordus par les policiers qui ont
exigé à chacun 20 FC en guise d’amende.
6.
Monsieur Nsangu Nzambi Firmin, domicilié sur
rue Kitona n° 14 a été interpellé par deux
éléments dont l’un en tenue civile et
l’autre en tenue militaire des forces armées
congolaises (FAC) au moment où il a voulu
rentrer dans sa maison après avoir fait le
petit besoin dans sa parcelle. Il sera sommé de
faire sortir toute sa famille de la maison. Sa
fille âgée de 22 ans, mademoiselle Odette
Mananga Kuly a été soustraite de la famille et
violée par les militaires avant de la faire
retourner.
7.
Dimanche 28 novembre 1999 vers 22 heures 00’,
un groupe de quatre personnes en difficulté
d’attraper un moyen de transport ont fait
l’objet des sévices corporels sur rue Nguma,
commune de Ngaliema de la part des éléments de
la Police Militaire (PM) venant du camp Luano.
Les victimes ont été fouillées de fond en
comble. Les documents d’identité ont été
confisqués et d’autres biens extorqués.
Ensuite, ils ont été ligotés sur un poteau
d’éclairage public où des fouets
correspondant au nombre d’années d’âge
leur ont été infligés avant d’être relâchés
le matin à 6 heures.
Eu
égard à ces dérapages de militaires et
policiers commis au couvre-feu, la VSV :
-
réitère son invitation au gouvernement à ne
pas s’engager dans une entreprise périlleuse
de distribution des armes à la population
civile.
-
Invite le gouvernement à ouvrir une enquête
indépendante sur les violations massives inhérentes
au couvre-feu en vue d’établir les
responsabilités des militaires et policiers mis
en cause et de les sanctionner équitablement.
Fait
à Kinshasa, le 04 décembre 1999
La
Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme
(VSV) |