République Démocratique du Congo

2ème année

Paraît le mardi et le vendredi

   

                              B I H E B D O M A D A I R E    C O N G O L A I S

Fondateur: KILEBA POK-A-MES       Directeur de la publication: MUKEBAYI NKOSO

La Une de l'édition 9-188 du mercredi 04/09/2002.

POLITICS

Les chemins rocailleux qui mènent vers la paix en RD-Congo

La ‘‘lwabathérapie’’ échoue dans l’Ituri

La conférence sur la paix en Ituri se termine dans la confusion après que l’épisode eut été ponctué par une séquence de prise d’otage dénouée dans l’humiliation...

C’est une vraie gifle que vient de recevoir le gouvernement avec la séquestration, à Mandro, du ministre des Droits humains, Ntumba Luaba par la milice Hema. Du coup le succès déjà improbable de la conférence dite de paix en Ituri ouverte lundi 26 août à Kinshasa, loin des terres ituriennes, fait elle aussi flop. La clôture reportée plus d’une fois, risque d’avoir lieu sans tambour ni trompette. Lundi soir, au lendemain de sa libération ‘‘sans rançon’’ et de son retour dans la capitale, Ntumba Luaba qui s’appuie désormais sur une canne, s’ingénuait à convaincre les représentants Lendu à la conférence de regagner les assises qu’ils ont séchées depuis quelques jours. Là aussi, on aurait dit que c’est de la peine perdue et un effort vain de plus. On en vient à commenter la gestion de cette crise de l’Ituri par le gouvernement de Kinshasa depuis que le territoire sous contrôle du RCD-ML de Mbusa Nyamwisi lui est accessible sans qu’il ne l’administre ni le contrôle encore. Une gestion somme toute hasardeuse comme le démontre l’humiliation que vient de subir le gouvernement avec la prise en otage de son ministre. Pour peu que l’on comprenne dans quel sens souffle le vent, faut-il confier la résolution d’un conflit où crépitent les armes et tombent les têtes au ministre qui a en charge les droits de l’homme? Autrement dit Ntumba Luaba dont il faut louer le courage a-t-il compétence à aller affronter des roitelets, seigneurs de guerre qui sévissent en Ituri? Là où des communautés entières s’entretuent et affichent la détermination de s’exterminer au point de précipiter le chaos dans un Etat déjà en déliquescence, la solution recherchée est-elle vraiment une question des droits de l’homme? N’est-ce pas dans le choix même de compétence au sein du gouvernement que Kinshasa a pris le mauvais chemin qui l’a conduit à Mandro? Car avec autant de services de renseignements aussi généraux que militaires, avec toutes les sources ouvertes disponibles dans la capitale, on savait avec certitude que Thomas Lubanga ramené à Bunia dans les bagages de Ntumba Luaba n’était pas un homme converti. Son passé récent renseigne que l’ancien commissaire à la Défense du RCD-ML avait développé des accointances avec Kigali de qui il recevait armes, munitions et argent pour entretenir la milice Hema. A la recherche d’un leadership tribal pour émerger dans l’Ituri dans la perspective d’une sécession en vue de la création de la République de l’Ituri, encouragé dans cette entreprise par des officiers affairiste ougandais qui opèrent dans le pays depuis 1998 au nombre desquels Kazini, Lubanga commençait à échapper au contrôle de Kampala, du moins le Kampala officiel représenté par Yoweri Museveni. Or Museveni est aujourd’hui dans cette région comme le fut un certain Mobutu vers la fin de son règne. Le corps expéditionnaire ougandais en RD-Congo conduit par le général Kazini s’est vachement enrichi et s’est en même temps affranchi de la tutelle du président ougandais. Ainsi quand Museveni fait signer un accord à Luanda avec les hommes de Kabila, dans l’Ituri, ses généraux lui rappellent qu’ils ne se sentent pas engagés par ce qu’il fait. La réalité est à ce point cruelle qui veut que l’armée ougandaise en RD-Congo obéit à un commandement autre que celui qui a présidé à sa venue. Kinshasa le savait-il? Et d’un point de vue sécuritaire, comment le gouvernement qui ne contrôle pas ce territoire pensait-il y exercer de l’influence sans prendre la précaution minimale de la responsabilisation de l’Ouganda qui occupe militairement cette partie nord-est du pays? Analystes et observateurs notent aussi que dans un calcul politicien, le gouvernement a joué à opposer le leadership de Thomas Lubanga à celui un peu plus grand de Mbusa Nyamwisi du RCD-ML au point de laisser le chef de la milice s’exprimer à la télévision et de le ramener à Bunia pour on ne sait quel avantage. Là aussi, Kinshasa s’est complètement gouré en mettant dans un même panier le RCD-ML qui lui a ramené la plus grande partie de la dot après la signature de l’accord de Sun City et l’UPC (Union des patriotes congolais), le nom pudique de la milice tribale de Lubanga.

 

KILEBA POK-A-MES.

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SPORTS & MUSIQUE

Même battu, Mazembe garde la tête du classement

 

Les Congolais de TP Mazembe ont été battus dimanche 1er septembre au stade international du Caire par les Egyptiens de Al Ahly lors de la 3ème journée de la 6ème édition de la Ligue des champions de la CAF sur la marque de 1-0. Les Diables rouges de Al Alhy ont réussi l’unique but de la partie à la 49ème minute de jeu. Après deux défaites concédées par les Egyptiens, du reste tenant du titre, lors de deux précédentes sorties, une victoire était le résultat le plus attendu au pays des Pharaons. Malgré cette défaite concédée par Mazembe, les corbeaux lushois restent en tête du classement partiel ex-aequo avec les Marocains de Raja avec 6 points et gardent intactes leurs chances de qualification pour les quarts de finale. Dans le même groupe A, la formation sénégalaise de Jeanne d’Arc a été battue at home par les Marocains de Raja, victoire qui leur permet de rejoindre Mazembe en tête du classement. Dans le groupe B, Zamalek d’Egypte est allé battre les Mozambicains de Costa do Sol dans leurs propres installations par 2-0. On explique la débâcle de Costa do Sol par l’inexpérience de ses joueurs à ce niveau de la compétition. L’Espérance de Tunis, autre formation du groupe B, a battu les à Abidjan, les Ivoiriens d’Asec Mimosas, 2-0. Grâce à leur victoire respective, Zamalek et Espérance trônent en tête du classement du groupe B avec chacun 7 points. La bonne nouvelle du week-end était venue des Kinois de l’As V.Club qui ont battu au stade des martyrs en match comptant pour la 28 ème édition de la Coupe d’Afrique des vainqueurs de coupe les Marocains de Wydad Athletic Club de Casablanca sur le score étriqué de 1-0. Mazowa a inscrit l’unique but de V.Club en reprenant de la tête une balle lâchée par le portier marocain El Jarmouni. On rappelle le but libérateur de V.Club est obtenu dans les temps additionnels accordés par l’arbitre angolais Bernardo. On doit à la vérité que la formation de WAC a joué de la mal chance au regard des occasions manquées. Le match retour, dans 10 jours, promet d’être tout sauf une partie de plaisir pour les Congolais en dépit d’une avance d’un but acquis à domicile. Ce qui n’est pas rien.

 

AUTRES TITRES

 

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POST-CARD

Difficile RDC, pays toujours introuvable

C’est à nouveau reparti en RD-Congo pour un dialogue sans dialogue. L’histoire a la fâcheuse habitude se répéter dans ce pays-là. Il y a seulement dix mois avec la disparition de Laurent-Désiré Kabila et l’avènement de Joseph Kabila, le monde semblait comme soulagé de ce que le train fou du pays du fleuve retrouvait le rail, et le bon, avec un retour au processus de Lusaka qui déboucherait sur le dialogue inter-congolais, si tant est d’ailleurs vrai que ces accords de la capitale zambienne sont un tunnel de sortie. Diplomates occidentaux de la Gombe et importateurs au Congo des modèles et des schèmes de pensée prêt-à-porter se sont empressés de célébrer le triomphe d’une expérience de laboratoire à peine sortie des éprouvettes. C’était mal connaître le Congo-Zaïre. Pays difficile. Pays introuvable où parfois et si souvent d’ailleurs les analyses les plus cartésiennes et donc les plus rationnelles se noient dans les profondeurs des situations les plus contradictoires et les plus erratiques. Pays de contradictions où les intelligences les plus lumineuses s’étourdissent dans la gouvernance la plus folklorique. Exemple le plus parlant de ce folklore : lorsque le discours officiel est à la reconstruction c’est-à-dire à la mobilisation des bras et des cerveaux pour une requalification du vécu quotidien des populations, les mêmes populations sont en même temps violentées chaque jour par les appels incessants des gourous des églises dites de réveil au miracle et à la prospérité, sans travail, consacrant ainsi une culture de l’oisiveté et du moindre effort. Pays de paradoxes, cette République (si elle en est une !) de la faune et de la flore la plus luxuriante qui recherche depuis l’aube des temps sans jamais trouver l’arbre à palabre à l’ombrage duquel les langues s’accorderont pour sortir de sa tour de Babel. Paradoxe aussi ce pays continent promu à tous les bonheurs, objet de tous les paris, n’a pourtant jamais décollé sinon l’espace d’un matin d’une indépendance aussitôt accaparée par l’agitation fébrile et l’ambition immodérée d’une classe politique, elle-même, récupérée par les rentiers du capitalisme marchand qui a fini par se convaincre faussement que sous les tropiques tout n’est que caricature.

Les années de prédation du mobutisme sont ainsi passées avec enfin l’espoir que le vent balayeur de la dictature emportait aussi dans sa furie les cauchemars du mal vivre zaïrois. Illusion ! le kabilisme est venu encore se poser en une nouvelle contradiction en ce qu’il n’a pas fini par être la réponse à la question du mobutisme dont il a tôt fait de perpétuer les tares après quelques feintes de corrections. Voici les Congolais repartis pour la gloire ! Quelle gloire ? Agression à la porte, rébellion à la clé ; dans ce pays-là, agression ou rébellion, parti politique ou société civile, tout cela n’est pas différent. Tous aspirent à la même table où sera partagé le gâteau de manière " équitable et équilibré. "

Kabila mort comme Mobutu, la RDC en est là à vouloir redessiner un sillon vers de mêmes espoirs, avec les mêmes outils de l’âge ancien, sans la moindre précaution du chat échaudé. Les mêmes acteurs sont là, prêts à répéter les mêmes erreurs, avec la même certitude d’arriver au même résultat. Aujourd’hui en Occident d’où sont venu, la question est lancinante dans le cercle des " amis du Congo " -les vrais, les congophiles- qui consiste à se demander si les jeunes de ce pays-là ne sont condamnés qu’à exécuter les volontés d’une archéologie politique (du pays ou commanditaires étrangers nostalgiques).

Quand on interroge la mémoire des académies et des facultés sur la place Paris, de Londres, de Bonn, de Bruxelles, on est du pas du tout surpris d’apprendre que les majors de telle ou telle autre promotion portaient dans leurs mains les couleurs d’un pays nommé Congo-Zaïre. Mais quand on pousse plus loin pour savoir où sont passées ces étoiles après avoir ainsi brillé ? Là c’est l’angoisse. Il n’y a plus de réponse parce que ces hommes n’ont plus de pays. Et tous ce qui font du bruit dans les salles de Paris ? Réponse : c’est pour oublier que leur pays a disparu qu’ils chantent et dansent au Zénith, à l’Olympia, à Bercy. Voilà donc à quoi ressemble la voix du Congo à chaque fois que nous essayons de nous faire entendre. Depuis peu s’organisent sur le vieux continent des cercles de réflexion des Congolais apparemment déterminés à conjurer le sort d’un pays toujours à la dérive. Ces jeunes ont présent à l’esprit l’idée de ne point ressembler à la diaspora de l’AFDL ramassée sur du foin à la va vite et qui n’a eu de hâte que de jouir des avantages du pouvoir d’Etat, sans se préoccuper du reste… Assumer l’héritage des années calamiteuses, poser le ressort qui permettra au pays de se relancer et de rebondir en reprenant le niveau, voilà autour de quoi cogitent ces cercles d’idées. Il reste là aussi que la réflexion ne s’enlise pas sur le boulevard des illusions qui prend le pays comme un réceptacle des idées prêtes à porter…

Kileba Pok-a-mes.

 

 
 

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