Organisation de "La société civile" au Zaïre

1. Création

Le 15 avril 1991, au Centre Bondeko, dans la ville de Kinshasa, capitale de la République du Zaïre, les représentants de quelques associations civiles ont décidé de mettre sur pied une organisation regroupant, en dehors des partis politiques et des institutions publiques, toutes les associations civiles du Zaïre en vue de leur permettre de participer d'une manière responsable à la Conférence Nationale Souveraine (CNS) réclamée par le Peuple zaïrois.

Cette organisation a été dénommée "La société civile". Elle comprend huit groupes d'associations :

  1. Les associations religieuses

  2. les associations syndicales

  3. Les associations professionnelles

  4. Les associations humanitaires

  5. Les association de réflexion

  6. Les associations de nature économique

  7. Les associations de femme et de la jeunesse

  8. Les associations sportives et culturelles

Elle était censée représenter toute la Société Civile du Zaïre à la CNS, dans l'esprit de ses fondateurs.

 

2. But

Le but poursuivi par la "Société Civile" à la Conférence Nationale Souveraine était de promouvoir, au Zaïre, un Etat de droit et démocratique répondant aux exigences du développement intégral de l'homme et à la misère de la population.

Après la CNS, l'organisation a conservé le même idéal.

Son droit de partager le pouvoir pendant la Transition avec les Forces Politiques ne la transforme pas en un parti politique car celui-ci a pour objectif la conquête ou la conservation du pouvoir pour faire triompher une idéologie.

Ce droit s'explique par la neutralité de la Transition dans ce sens qu'elle n'applique pas la politique d'une tendance, mais celle de la nation tout entière définie par la Conférence Nationale Souveraine.

Ce droit a été confirmé d'une manière explicite par le protocole d'accord relatif aux concertations politiques entre le FPC et l'USORAS.

 

3. Structures

Chacune des onze Régions du zaïre a mis sur pied la coordination de sa société civile (Coordination Régionale de la Société Civile) pour désigner les représentants des Associations Civiles à la CNS. Ceux-ci se réunissainet :

-soit en Assemblée Générale de tous les Conférenciers de la Société Civile

soit en Groupe des Conférenciers de la Société Civile de chaque région

Le Collège interrégional de la Société Civile coordonnait les activités de onze groupes des Conférenciers de la Société Civile. Ce collège était composé des délégués de chaque groupe.

Le groupe des Conférenciers de la Société Civile de chaque Région a élu ses représentants (Conseillers de la République) au Haut Conseil de la République (HCR), le Parlement de Transition issu de la CNS. Ils constituent le groupe des conseillers de la République ou le Groupe Parlementaire de la Société Civile.

Après la Conférence Nationale Souveraine, les différentes coordinations régionales de la Société Civile réunies en Assemblée Générale ont décidé de s'organiser pour défendre les acquis de la CNS.

A cet effet, elles ont été invitées à se restructurer et à dépêcher leurs délégués pour former une nouvelle structure de coordination nationale.

Cette tâche a été confiée à monsieur Muila Mufyedi, dernier Président en exercice du défunt collège interrégional de la Société Civile. C'est ainsi que deux organes ont été mis sur pied au niveau national :

-Le Conseil National qui joue le rôle de conseil d'administration de l'organisation;

-Le Secrétariat Exécutif National qui s'occupe de la gestion quotidienne de la "Société Civile".

 

4. Activités

Dés sa création, la "Société Civile" a lutté, au prix du sang des membres des associations civiles, pour la réclamation, la préparation, la tenue et la réussite de la Conférence Nationale Souveraine.

Elle a exigé sa participation aux concertations politiques initiées par Mgr monsengwo, Président du HCR, entre les défenseurs des acquis de la CNS et les membres de la famille politique de Monsieur Mobutu dénommée, Forces Politiques du Conclave (FPC). Pour l'obtenir, la "Société Civile" a dû :

  1. Faire entendre sa voix par la publication d'un mémorandum à l'attention de Monsieur Lakhdar Brahimi, représentant spécial du Secrétaire Général de l'ONU dans le conflit politique du Zaïre;

  2. Rappeler à Mgr Monsengwo qui boudait sa participation que toute rencontre politique nationale pendant la période de Transition vers la 3ème République concerne les Représentants de toutes les forces politiques et sociales;

  3. Prendre position sur la Bipolarisation de la vie politique au Zaïre. La "Société Civile" a démontré qu'elle est le plus grand défenseur des actes de la CNS et particulièrement l'acte portant dispositions constitutionnelles relatives à la période de Transition, par ses prises de position lors :

La "Société Civile" a prouvé qu'elle est restée légaliste par :

  1. Son mémorandum du 20 mai 1994 et sa lettre du 6 juillet 1994 adressées au Président intérimaire du Haut Conseil de la République-Parlement de Transition (HCR-PT), le HCR réaménagé, et

  2. Sa déclaratoin face à la situation politique du moment du 21 juin 1994.

La "Société Civile" défend donc tous les textes qui régissent la période de transition au Zaïre, à savoir :

  1. L'Acte Constitutionnel de la Transition,

  2. Le Règlement Intérieur du HCR-PT,

  3. Le Protocole d'Accord Relatif aux Concertations Politiques entre les FPC et l'USORAS,

  4. L'arrangement particulier relatif au partage du pouvoir entre les FPC et l'USORAS pendant la transition.

Les activités de la "Société Civile", à la base, sur le terrain, varient suivant les régions. A titre d'exemple, le fonctionnement de la "Société Civile" du Sud Kivu constitue une des fiertés de l'Organisation. Chaque région du Zaïre doit bénéficier de cette expérience.

 

5. Ambition

Après la Conférence Nationale Souveraine, le but de la "Société Civile" de promouvoir au Zaïre un état de droit et démocratique se concrétise par son ambition de s'organiser pour :

  1. Devenir un groupe de pression avec qui l'Etat doit compter afin que la population soit consultée enpermanence sur les choses qui la regardent;

  2. Eclairer la population dans le choix à opérer lors des échéances référendaires et électorales;

  3. Participer aux activités d'information et de formation de l'opinion nationale;

  4. Contribuer à l'éducation civique de la population.

Pour réaliser son ambition, la "Société Civile" doit :

  1. Couvrir progressivement toute l'étendue de la République du Zaïre;

  2. Organiser une banque des données sur les personnalités politiques et les partis politiques zaïrois, et une structure de sondage d'opinion;

  3. Disposer des organes de Presse en français et dans les quatre langues nationales, et des moyens audiovisuels;

  4. Bénéficier de la contribution morale, matérielle et financière de ses membres. En plus des associations civiles, les personnalités indépendantes de la société doivent devenir membres de droit de la "Société Civile";

  5. Etre, efficace et efficiente dans ses structures nationales, régionales et sous-régionales, dotée d'une organisation du type fédéral, et animée par des responsables compétents et crédibles...

  6. Mettre à contribution la communauté zaïroise de l'étranger et la communauté internationale.

La "Société Civile" doit considérer la communauté zaïroise de l'étranger comme la douzième région du Zaïre dont le regroupement des associations civiles et des personnalités indépendantes pour la promotion au Zaïre d'un état de droit et démocratique doit être réalisé.

A cet effet, elle est disposée à se concerter avec ces associations et personnalités pour la mise sur pied rapide des structures sous-régionales de l'organisation à l'étranger. Ces structures doivent se ranger aux côtés des forces politiques de changement en vue de contribuer à l'avènement au Zaïre d'une troisième république démocratique garantissant un développement intégral et harmonieux de la nation. C'est ainsi que la "Société Civile" salue l'existence du Cozafac qui a l'ambition de regrouper toutes les forces politiques et sociales za¨roises de changement de l'étranger pour atteindre cet objectif.

La "Société Civile" doit solliciter la contribution matérielle, financière et morale de la communauté internatoinale pour réaliser plusieurs projets qui attendent le financement. Il s'agit notamment de :

  1. Projet d'organisation matérielle des élections libres, transparentes et démocratiques au Zaïre,

  2. Projet des campagnes d'éducation civique,

  3. Projet de la banque de données sur les personnalités politiques et les partis politiques zaïrois,

  4. Projet de traduction dans les quatre langues nationales des documents de base utiles pour un état de droit et démocratique,

  5. Projet d'implantation de l'organisation "La Société Civile",

  6. Projet d'acquisition de matériels de reprographie et d'imprimerie,

  7. Projet d'installation de radio et télévision,

  8. Projet d'un institut de sondage d'opinion.

Etant donné,

  1. la prévision de l'organisation des élections libres, transparentes et démocratiques au Zaïre conformémént à l'Acte Constitutionnel de la Transition et au Protocole d'Accord Relatif aux Concertations Politiques entre les FPC et l'USORAS et

  2. la dégradation des infrastructures de base, de l'économie en général et des conditions sociales de la population au Zaïre;

l'aide à la démocratie de la part de la communauté internationale s'avère indispensable et urgente.

 

En conclusion, la "Société Civile", par la réalisation de son ambition, deviendra la plus grande entreprise de promotion au Zaïre d'un Etat de droit et démocratique pour le bien être de l'Homme et du Peuple.

"La Société Civile"

Par André-Robert Tabu Eboma

Secrétaire Exécutif National

Conseiller de la République

Membre du Bureau de Coordination de l'USORAS