La République Démocratique du Congo occupe le 3ème
rang mondial et la 1ère place en Afrique en ce qui concerne la surface boisée. Encore
pratiquement inviolées, ses forêts occupent près de la moitié de son territoire. Elles
s'étendent entre 03° de latitude Nord et 04° de latitude Sud, dans une région où il
tombe au minimum 1.000 millimètres d'eau par an.
La flore et la faune y sont d'une variété inimaginable. Ainsi, on a
dénombré en République Démocratique du Congo entre 8.000 et 10.000 sortes de plantes.
Parmi les quelque 600 arbres répertoriés, il en est plusieurs qui fournissent un bois
d'oeuvre à haute valeur commerciale (acajou, ébène, wengé, iroko...) Dans ce type de
forêt, la végétation est structurée verticalement. On distingue 4 étages. Le plus
élevé (40 m environ) est constitué par la couronne des plus grands arbres. Viennent
ensuite les arbres de taille plus modeste, les fourrés et les herbes.
Contrairement à ce que pourrait faire croire la luxuriance de la
végétation, le sol de la forêt tropicale est plutôt infertile, notamment à cause de
l'action séculaire des eaux courantes. Sa partie inférieure recelant sous forme de
traces des éléments tels que le fer et l'aluminium, il présente souvent une teinte
rougeâtre. La flore survit grâce à un cycle naturel extrêmement rapide reposant sur la
décomposition des végétaux et des animaux morts. Celle-ci est favorisée par la chaleur
et l'humidité, deux facteurs propices à la vie bactérienne. Les substances nutritives
résultant de la putréfaction sont directement utilisées par les plantes. La couche
d'humus ainsi formée est toutefois fort mince. Normalement, elle est protégée des eaux
de ruisselement par la couverture végétale. Mais là où cette dernière, pour l'une ou
l'autre raison, a cessé de jouer son rôle, il ne subsiste plus maintenant qu'un paysage
fortement érodé.
Bien que les autorités prêtent une assez grande attention à la
protection de la nature, la forêt est de plus en plus menacée par les activités
sylvicoles. Dans les zones où les arbres ont été abattus, elle a d'ailleurs cédé la
place à la forêt secondaire, une formation beaucoup moins riche en espèces végétales.
A mesure que l'on s'éloigne de l'équateur, la végétation s'éclaircit.
Cela est dû au climat, mais aussi au relief. En terrain plat, on rencontre des savanes
arborées (étendues herbeuses parsemées de bouquets d'arbres) où le temps est
continuellement brumeux. Dans l'est, au-dessus de 1.200 mètres, il pousse des forêts
tropicales de montagnes où les troncs sont recouverts de mousse. Régulièrement
dévastées par les inondations, les régions occidentales de la cuvette centrale
possèdent une flore palustre. Parmi les arbres qui y prospèrent, il en est beaucoup qui
sont pourvus de racines aériennes. |