| La majeure partie du Zaïre
est drainée par le bassin du fleuve Zaïre, qui appartient au bassin de l'océan
Atlantique. Sur une superficie totale de 3.691.167 km², 62,42 % (à savoir 2.303.902
km²) de ce bassin se trouve en territoire zaïrois; les autres bassins sont
insignifiants. Par sa longueur,
estimée à plus de 4.700 km, le fleuve Zaïre occupe le 5e rang dans l'échelle mondiale.
La largeur de son lit majeur est très variable. Elle atteindrait environ 15.500 mètres
au confluent avec l'Ubangi; au Pool de Malembo, on note 23.400 mètres; à Kinshasa, le
lit se rétrécit jusqu'à 1.650 mètres; à 1'embouchure, la largeur est de l'ordre de
9.850 mètres. Un tiers du bassin se trouve dans l'hémisphère nord et 2/3 sont
localisés dans l'hémisphère sud. Cette répartition asymétrique par rapport à
l'Equateur a des conséquences importantes sur le régime du bassin. En effet, la saison
sèche de l'hémisphère nord apparaît en général vers janvier, alors que dans
l'hémisphère sud, elle se fixe autour de juillet. Dans le temps, il y a donc opposition
entre le régime de l'Ubangi, au nord, et du Kasaï, au sud. Le haut Zaïre, appelé
Lualaba, connaît d'abord un régime d'hémisphère sud qui s'atténue en s'approchant de
Kisangani. En aval de cette ville, le régime s'inverse à cause de l'apport des eaux des
rivières venant du Nord, dont l'importance devient prépondérante en aval du confluent
avec l'Ubangi. Il en résulte que le fleuve Zaïre, en aval de Kisangani, est
caractérisé par un régime d'une certaine régularité. Une grande partie du bassin du
Zaïre est localisée de manière asymétrique dans la zone climatique Aw. Cette zone est
caractérisée par une alternance de saisons humide et sèche. Comme les précipitations
représentent le facteur le plus important pour le débit des cours d'eau, il s'ensuit que
l'écart entre le débit des basses eaux et celui des hautes eaux est également
important. Le débit des basses eaux moyennes de juillet serait de l'ordre de 29.000
m³/sec., celui des hautes eaux moyennes de décembre atteindrait 60.000 m³/sec. Le
débit moyen pour la période 1902-1950 est d'environ 41.300 m³/sec. La variabilité
assez importante des précipitations entraîne des écarts notables entre les minima et
maxima du débit. Ce dernier oscille entre un minimum de 23.000 m³/sec. et un maximum de
75.000 m³/sec. Tout cela n'empêche pas d'affirmer que le fleuve Zaïre possède un
débit considérable. A l'échelle mondiale, il occupe la 2e place après l'Amazone.
Néanmoins, on constate que le coefficient d'écoulement du bassin du Zaïre est faible
(environ 22,5 %). Cela est dû aux pertes par infiltration des eaux dans les roches
perméables de la cuvette centrale ainsi qu'à l'évaporation considérable qui existe
dans ce bassin (évaporation physique et évapotranspiration).
Le profil longitudinal du fleuve, y compris
le bassin du Lualaba, peut être subdivisé en plusieurs sections. La crête de partage
entre le bassin du Zaïre et celui du Zambèze est constituée d'une région aplanie et la
pente d'écoulement du haut Lualaba qui draine ce plateau est faible. Vers l'aval, le
Lualaba rejoint le confluent avec la Lubudi par une série de chutes et rapides parmi
lesquels se trouvent les chutes de Nzilu. Le tronçon entre le confluent avec la Lubudi et
Kisangani offre un profil longitudinal irrégulier : des biefs à faible pente
(inférieure à 10 cm/km et parfois inférieure à 5 cm/km) y alternent avec des rapides.
Entre Kisangani et Kinshasa, le fleuve draine la cuvette centrale suivant une pente
faible. Enfin, en aval de Kinshasa, la traversée des monts de Cristal se fait par une
série de chutes et rapides avant d'atteindre 1'embouchure du fleuve en forme d'estuaire.
En mer, le fleuve se prolonge par un canyon sous-marin.
Le passage de la crête de partage à la
cuvette centrale par une série de chutes et rapides constitue une caractéristique
générale qu'on observe également pour la plupart des affluents principaux. Signalons
entre autres les chutes Delporte et les chutes Pogge II dans le bassin du Kasaï. La
grande anomalie dans ce profil en long du Zaïre est la présence de chutes et rapides
dans sa partie aval. En effet, les grands fleuves terminent généralement leur
écoulement par une pente faible. |