| On possède fort peu de
données sur la géographie physique des lacs. Ces derniers ont surtout été étudiés en
relation avec l'évolution géologique des fossés tectoniques de l'est du Zaïre ainsi
que du point de vue biologique. La
plupart des lacs sont d'origine tectonique (lacs Tanganyika, Idi-Amin, Mobutu-Sese-Seko,
Upemba et Moero, Pool de Malembo) et occupent les fonds des graben. A l'exception du lac
Mobutu-Sese-Seko qui aurait déjà existé au Miocène inférieur, ces lacs constituent
des éléments de géographie physique récents et se sont surtout développés pendant le
Quaternaire. Grâce aux artéfacts qu'on trouve dans les terrasses lacustres, une
détermination d'âge plus détaillée a été possible. La plupart de ces lacs offrent
les caractéristiques typiques des lacs tectoniques : forme allongée dans une dépression
bordée d'escarpements raides, rives peu échancrées, absence d'îles, grande profondeur.
Le lac Tanganyika figure d'ailleurs parmi les lacs les plus profonds du globe. Il est
constitué de deux dépressions tectoniques emboîtées. La partie septentrionale a une
profondeur de 1.310 m et la partie méridionale atteint une profondeur de 1.470 m. La
dépression marécageuse de l'Upemba fait exception : on y trouve plusieurs lacs dont
celui de l'Upemba qui probablement sont les vestiges d'une seule superficie lacustre, mais
dont la profondeur varie entre 0,50 m et 3,25 m seulement. On possède fort peu de
renseignements sur le lac Moero, dont l'origine tectonique est probable.
L'origine du lac Kivu est différente comme
le montre d'ailleurs sa configuration morphologique, qui est celle d'un lac de
barrage : nombreuses baies et îles, ces dernières disparaissant vers le nord. Ce
sont les volcans de la chaîne des Virunga qui ont barré l'écoulement sud-nord d'un
réseau hydrographique qui prenait ses sources sur le plateau des Bafulero, près du mont
Mulhi.
La cuvette centrale possède plusieurs
étendues lacustres, dont les principales sont le lac Maidombe et le lac Tumba. On les
considère comme les vestiges d'un lac plus important, qui aurait occupé une partie de la
cuvette pendant une période courte dans l'histoire du réseau hydrographique du Zaïre.
Ils sont peu profonds (la profondeur maximum du lac Maidombe dépasserait à peine 7 m et
la profondeur moyenne du lac Tumba serait de 4 m). Les rives sont généralement
marécageuses.
Tous ces lacs sont exoréiques. A
l'exception des lacs Idi-Amin et Mobutu-Sese-Seko qui appartiennent au bassin du Nil, ces
lacs font partie du bassin du Zaïre. Certains jouent un rôle régulateur du régime des
rivières en aval du lac (par exemple : le lac Maidombe pour le régime de la Fimi en aval
de la Lukenie; les lacs de la dépression d'Upemba pour le régime du Lualaba aval). Mais
cela implique que le niveau des lacs est dépendant de l'apport en eau par les rivières
d'amont. Comme ces dernières ont souvent un régime caractérisé par des périodes
d'étiage et de hautes eaux, il est normal de constater que le niveau des lacs varie d'une
période de l'année à l'autre, et même d'une année à l'autre. C'est ainsi que tous
les lacs du fossé tectonique de l'est du Zaïre ont connu une hausse bien visible de leur
niveau lors de l'année particulièrement pluvieuse de l 964. Le lac Tanganyika atteignait
alors un niveau record de 776,90 m et des inondations ont été signalées dans les
localités de Kalemie, Uvira, Bujumbura et Kigoma. On comprend dés lors l'importance
qu'attachent les différents Etats du lac à assurer une évacuation normale des eaux du
Tanganyika par la Lukuga. Malheureusement cette rivière connaît un alluvionnement
important près de l'exutoire du lac. Cet alluvionnement est en plus favorisé par le
développement considérable de roseaux. Autrement dit : il existe un réel problème de
bouchon de la Lukuga.
La plupart des lacs tectoniques ainsi que le
lac Kivu sont poissonneux. On ne peut pas en dire autant des lacs de la cuvette. La
navigation commerciale s'est organisée sur les lacs Mobutu-Sese-Seko, Kivu et Tanganyika
représentant ensemble à peu près 1.300 km de voie navigable.
Signalons enfin la découverte de méthane
dans le lac Kivu à partir d'une profondeur d'environ 300 m. L'absence de courants de
convection, conséquence d'un gradient de salinité (et donc de densité) élevé en fait
un véritable gisement de méthane, dont les réserves sont estimées à plus de 57
milliards de m³. |