| La relation entre
l'alimentation en eau des rivières et les précipitations apparaît clairement quand le
bassin fluvial pris en considération se localise en entier dans une zone à régime
pluviométrique homogène. La même relation devient cependant plus compliquée quand le
bassin fluvial s'étend, chevauchant ainsi des zones à régimes pluviométriques
différents. Dans ce cas, il y a d'abord l'étendue des bassins affluents qui intervient.
En outre, comme le bassin du Zaïre s'étend à cheval sur l'Equateur, on sait que la
répartition sur l'année des précipitations en hémisphère nord est inverse par rapport
à celles dans l'hémisphère sud. Enfin, la relation entre le passage des hautes eaux
vers les basses eaux et le régime des pluies est différente de celle entre le passage
des basses eaux vers les hautes eaux et les précipitations. C'est ainsi que le passage
des hautes eaux vers les basses eaux coïncide assez bien avec la fin de la saison des
pluies. Il existe cependant une exception à cette règle générale dans le cas où l'eau
souterraine intervient dans l'alimentation du cours d'eau. En effet, l'importante réserve
en eau souterraine, stockée pendant la saison des pluies, peut alors être responsable
d'un niveau d'eau de la rivière qui reste très élevé jusque tard dans la saison
sèche. Il semble que ce phénomène se produit entre autres dans certains bassins de la
partie orientale du Shaba. Par contre le passage de basses eaux vers les hautes eaux
connaît un décalage important par rapport au début de la saison des pluies. Cela est
dû au fait que les terrains desséchés des pentes de vallée absorbent,à ce moment de
l'année, une grande partie des eaux de pluie au détrimentde l'écoulement superficiel
vers le lit de la rivière. L'influence
du régime des affluents sur celui du cours d'eau principal ressort clairement d'une
étude des variations de régime du Lualaba, rivière dont le drainage est S-N mais qui
est alimenté par d'importants cours d'eau E-O. Le bassin se trouve ainsi dans des zones
de plusieurs types du climat A de l'hémisphère sud et sa partie aval est située dans
l'hémisphère nord. Le Lualaba en amont de Kindu connaît un régime subtropical de
l'hémisphère sud. Le débit montre un maximum vers la fin d'avril et un minimum vers la
fin octobre. Mais en aval de Kindu, l'influence du régime des affluents de droite se fait
sentir. Autre fait important : pour beaucoup d'affluents, le minimum extrême est zéro,
ce qui veut dire que dans ces cas, pendant une période de l'année, aucun apport d'eau
n'arrive jusqu'au Lualaba.
Enfin, il faut tenir compte des crues
exceptionnelles et imprévisibles dans le bassin du Lualaba (particulièrement dans le
tronçon Kindu-Bubundu et dans le bassin de la Lowa). Il en résulte que le Lualaba en
aval de Kindu est affecté par des fluctuations de niveau brutales et localisées
entraînant une hausse du niveau à certains endroits alors qu'ailleurs, le niveau est en
baisse.
Les crues exceptionnelles ne se limitent
d'ailleurs pas au bassin du Lualaba et représentent un phénomène très répandu dans
tout le bassin du Zaïre (entre autres dans le bassin du Kasaï). En plus, il faut
rappeler que les précipitations se manifestent sous la forme de violentes averses qui
provoquent un apport brutal d'eau aux rivières. Il apparaît cependant que dans
cedomaine, l' Afrique tropicale humide n'occupe pas la position la plus dramatique,
comparée à d'autres régions du monde. Pareille différence pourrait être due à la
courte durée des averses en Afrique tropicale mais surtout au fait que les averses ne
tombent pas simultanément, chaque averse affectant ainsi au moment où elle se produit
une surface réceptrice peu étendue. |