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HYDROGRAPHIE ar2-r.gif (1769 octets) Bassin hydrographique
Origine et évolution du bassin hydrographique du fleuve Congo
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Quand on observe la forme générale du drainage du bassin du Zaïre on constate qu'il ne s'agit pas de la forme courante d'un grand bassin fluvial, disposé en éventail, avec des affluents convergeant vers la rivière principale. En ce qui concerne le bassin du Zaïre, on y distingue nettement deux directions opposées. En effet, on note d'abord quelques grands collecteurs est-ouest : le tronçon Ubangi (en amont de Bangui)-Uele ; le Zaïre entre Kisangani et Mbandaka; le Kasai (en aval de Ilebo). Quelques grands collecteurs sud-nord s'y ajoutent tels que le Lualaba, le Lomami et le Kasai (en amont de Ilebo) ainsi que le tronçon nord-sud de l'Ubangi, en aval de Bangui. Enfin, le drainage vers l'océan Atlantique se fait par le Zaïre qui à partir de Mbandaka coule en direction sud-sud-ouest. Même dans le détail, on constate que le drainage dendritique typique n'apparaît pas toujours clairement ou fait défaut. Le bassin du Lomami ainsi que l'ensemble Kwango-Kwilu-Wamba en sont des exemples et le Lualaba reçoit surtout des affluents de droite. On soupçonne ainsi à juste titre que le drainage actuel du bassin du Zaïre doit être le résultat d'une évolution complexe.

D'une part certaines directions de drainage pourraient être très anciennes et d'autre part le réseau hydrographique du bassin du Zaïre serait loin de son stade d'équilibre comme en témoignent les nombreux rapides et chutes ainsi que l'anomalie de sa partie aval, elle aussi caractérisée par une série importante de chutes et rapides à la traversée des monts de Cristal. La configuration du bassin doit donc être récente. D'après l'opinion classique qui primait jusqu'à fort récemment, cette configuration actuelle serait le résultat d'une capture par une petite rivière côtière d'un grand lac intérieur qui occupait la dépression de la cuvette centrale. Suite à cette capture, ce lac aurait été vidé, laissant comme témoin de son existence les lacs Tumba et Maidombe. Les observations de terrain semblent cependant indiquer que l'évolution du bassin a été plus complexe. Citons parmi ces observations que l'épaisseur des sédiments tertiaires et quaternaires est minime dans la cuvette centrale, ce qui veut dire que pendant ces périodes caractérisées par des phases d'érosion importante pour les rivières au sud de la cuvette, cette dernière ne semble pas avoir été une région de dépôt mais plutôt de transport de sédiments. En outre, la présence d'une longue dépression topographique entre le bassin de l'Ubangi et celui du Tchad permet de supposer l'évacuation de ces sédiments vers le bassin du Tchad, évacuation d'autant plus vraisemblable que des mouvements tectoniques ont relevé le bord occidental du bassin du Zaïre empêchant ainsi un écoulement direct vers l'océan Atlantique (entre autres le bombement responsable du soulèvement du pays entre le Mayumbe et la crête de Mbanza-Ngungu). Le bombement récent de la bordure septentrionale du bassin du Zaïre et contemporain de la faille du Pool de Malembo aurait ensuite mis fin à cet écoulement des eaux vers le Tchad. A partir de ce moment, les rivières ont dû converger vers la cuvette centrale et ensuite vers le point le plus bas de l'intérieur qu'était le Pool de Malembo. C'est cet ensemble qui a dù être capté finalement par une rivière côtière. L'existence d'un lac endoréique occupant la cuvette n'est pas exclue mais il s'agirait en tout cas d'un phénomène de courte durée. En effet, ni dans la cuvette, ni dans les environs du Pool de Malembo on ne retrouve les traces d'une période lacustre importante.

Tout ceci confirme les caractéristiques de l'allure du drainage du bassin du Zaïre, mentionnée au début. L'individualisation de ce bassin doit être très récente.