On situe laire
dorigine du cacaoyer cultivé aux confins des bassins de lAmazone et de
lOrénoque, sur le versant oriental de la Cordillère des Andes. Tandis que la
dispersion a pu se faire naturellement dans toutes les régions situées à lEst de
cette chaîne de montagnes, on suppose que lintroduction du cacaoyer à louest
de celle-ci (Colombie, Equateur) et en Amérique centrale (Mexique) est luvre
de lhomme.Le cacaoyer semble avoir
été exploité de tout temps par les indigènes de lAmérique méridionale :
ils en utilisaient les fèves pour préparer une boisson quils appelaient
« Liqueur des dieux » ; par ailleurs, les fèves servaient de menue
monnaie, tout comme les graines de Kola en Afrique occidentale.
Les fèves de cacao furent rapportées en Espagne par
Cortez, mais le breuvage préparé suivant le procédé indigène, en mélange avec du
maïs, ne fut guère apprécié. Ce nest que lorsquon imagina de consommer le
cacao avec du sucre, de la cannelle et de la vanille que son usage se répandit
rapidement.
Le Venezuela devint bientôt un centre important de
production. La culture du cacaoyer fut successivement étendue aux îles Célèbes, à
Java et enfin, au cours du XIXe siècle, aux îles de la Réunion, de Ceylan, de
Madagascar et à lAfrique occidentale.
Le genre Theobroma comporte une vingtaine
despèces, dont une seule est cultivée : T. Cacao L. Selon les
recherches botaniques, tous les cacao cultivés sont à rapporter à une seule espèce, T.
Cacao L., dont on distingue cependant quelques variétés bien définies : T.
Cacao var. Criollo et T. Cacao var. Forastero. A côté des variétés Criollo
et Forastero existe toute une série dhybrides. Ceux-ci montrent des caractères
intermédiaires entre les types parentaux. Ils sont plus vigoureux et plus productifs que
les Criollo et fournissent un produit de qualité généralement meilleure que celui des
Forastero. On les a groupés sous la dénomination Trinitario.
Les cacaoyers sont des petits arbres atteignant 8 à 10
mètres de hauteur, mais que la culture, pour faciliter la récolte et la taille,
maintient à 3 ou 4 mètres. Lenracinement pivotant atteint 1,50 m de
profondeur ; la plus grande partie du système radiculaire reste néanmoins confinée
dans les 50 premiers centimètres du sol. Le tronc est généralement droit à écorce
brun grisâtre. Les feuilles, simples, alternes, lancéolées, ont de 20 à 30 cm de
longueur et une largeur de 7 à 12 cm . Elles sont coriaces et luisantes, leur port
est pendant. De couleur vert clair à rouge violacé à létat jeune, elles
deviennent vertes à létat adulte. Les fleurs apparaissent sur le tronc et les
branches maîtresses, à laisselle danciennes cicatrices foliaires
développées en « coussins floraux ». Les fleurs sont solitaires ou réunies
par petits groupes. Elles sont petites, de couleur blanchâtre ou jaunâtre. La floraison
est généralement très abondante, mais peu de fleurs arrivent à maturité (moins de 1
%).
Le fruit est une sorte de baie, appelée cabosse, de forme
allongée à sphérique. La cabosse, qui peut être verruqueuse ou lisse, suivant les
variétés, présente dix sillons dont cinq plus ou moins profonds et cinq superficiels.
Lépiderme, de couleur verte, prend diverses teintes à maturité. A ce stade, il
peut être verdâtre, jaunâtre, rosé ou rouge foncé.
Lintérieur de la cabosse, protégé par une
enveloppe extérieure dure et épaisse, est constitué par cinq loges dont les parois se
détruisent à maturité pour former une pulpe molle, blanchâtre, sucrée, légèrement
acidulée, enrobant quelque 20 à 40 graines ou « fèves ». Celles-ci sont
disposées en 5 à 8 rangées longitudinales. Lamande est blanche à violet foncé,
suivant lespèce. Chez les cacaos hybrides, une même cabosse peut contenir à la
fois des amandes blanches et des amandes violettes. Lamande est constituée
dun embryon à deux cotylédons charnus.
Le cacaoyer exige une température élevée, sans grands
écarts. Une température moyenne de 24 à 28° C, sans minima inférieurs à 20° C, lui
est favorable. Très exigeant en ce qui concerne le régime pluviométrique, il réclame
au moins 1.500 mm de précipitations, favorablement réparties. Le régime équatorial lui
convient, mais une courte période sèche favorise la fructification. Une humidité plus
forte ne lui est pas directement préjudiciable, mais elle peut provoquer
lenvahissement des troncs par des mousses et être à lorigine dune vie
cryptogamique excessive. Le cacaoyer est une essence dombre, mais celle-ci doit
être modérée.
Le choix du sol est essentiel à la réussite de la
culture du cacaoyer. Il faut quil soit suffisamment profond et présente un bilan
hydrique très favorable. Au Congo, le cacaoyer se développe le mieux dans les sols
argileux rouges.