| Le long de la côte atlantique, en particulier le long du fleuve,
sétalent des forêts-galeries, bandes forestières croissant sur les rives des
cours deau, et des mangroves, ces formations végétales aux pieds submergés à
chaque marée et où poussent les palétuviers, étagés au-dessus de leurs racines
aériennes. Si la forêt du Mayumbe, de lautre côté de Matadi, attire une
certaine attention, cest surtout la forêt équatoriale qui est la plus
impressionnante. Elle sétend sur près de la moitié septentrionale du pays, au sud
du lac Tumba jusquaux contrefort du Ruwenzori, où elle a poussé sur
lemplacement dun immense lac préhistorique dont il ne reste, de nos jours,
que les lacs Maï-Ndombe et Tumba. Néanmoins, la forêt équatoriale demeure encore
impénétrable pour les voyageurs, à cause de sa masse végétale dès que lon
quitte la trouée des villages.
La découverte de cette orgueilleuse forêt, même pour les familiers les plus intimes,
ne se limite quau niveau de quelques clairières de sa périphéries. Le visiteur se
contentera en conséquence dadmirer du bord de la route les palmiers, aloès et
raphias, les copaliers aux troncs enserrés de lianes, qui se bousculent à trente ou
quarante mètres du sol.
Selon les estimations, la forêt vierge ne saurait, à terme, tarder à échapper à la
nuisance de lhomme. Ses essences, dont le wenge, sont convoitées par
dimportants projets industriels déjà à létude. Ils visent tous à tirer de
la jungle les fabuleuses richesses qui sy cachent, à commencer bien sûr par le
bois.
De lavis des spécialistes, cette ruée promet dêtre plus importante
encore que celle du cuivre, au début du siècle. Mais en attendant dêtre
dénaturée par lhomme, la forêt équatoriale continue de régner, sereine et
imposante. |