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ar2-r.gif (1769 octets) FLEUVE
Le fleuve Congo, qui a donné son nom au pays, engendre une prodigieuse diversité de paysages. Aussi majestueux et omniprésent, il ne finit pas d’étonner : au Pool Malebo, au niveau de Kinshasa, il mesure 25 km de large !

Avec ses 4.700 km de long (la distance Paris-Moscou), il se classe en 5ème position par la longueur, après le Nil, l’Amazone, le Mississipi et le Yang-Tsé. Mais il occupe le second rang mondial, derrière l’Amazone, par le volume d’eau qu’il charrie : son bassin, d’une superficie de 3.800.000 kilomètres carrés, constitue le cinquième potentiel mondial en énergie hydroélectrique.

A l’exception de la région du Mayumbe, à l’ouest, et des lacs Idi Amin et Mobutu, à l’est, tout le territoire congolais est englobé dans son bassin, représentant ainsi, avec ses affluents et 14.166 km navigables, un atout majeur du système de transport, à côté d’un support vital à partir duquel s’exerce nombre d’activités.

Il est, à ce sujet, intéressant de contempler notamment la construction ou la réparation des nasses par les pêcheurs Wagenia, en amont de Kisangani. Un spectacle unique au monde qui compose, au coucher du soleil surtout, un extraordinaire tableau d’art et d’acrobatie au milieu du fleuve où les pêcheurs évoluent, en parfait équilibre, une dizaine de mètres au-dessus de la surface des eaux, sur des échafaudages de troncs d’arbres et de lianes entremêlées. Les autres curiosités qu’offre le fleuve sont, entre autres, les techniques de pêche sur des longues pirogues, la randonnée en pirogues sous les palétuviers, les courses des pêcheurs ou les rencontres entre bateaux et pirogues à l’occasion des ventes.

Les affluents du Congo et leurs merveilles

Aux gorges de Nzilo, étroit couloir d’une trentaine de mètres de large, c’est déjà une belle rivière resserrée entre deux murailles parfois hautes de 400 mètres. Un barrage, portant le même nom, y a été érigé pour alimenter en énergie les industries minières de Kolwezi.

C’est à partir de Bukama, après un premier parcours de 666 km, que le Lualaba devient navigable. Quand il débouche sur les plaines de Kamulondo, le fleuve présente un enchevêtrement de chêneaux donnant accès à une multitude de lacs dont l’Upemba et le Kisale sont les plus significatifs, avec leurs lots de papyrus, de nénuphars et de lotus.

Le Bief Supérieur du Lualaba, long de 640 km, s’étend jusqu'à Kongolo, d’où il va se grossir d’affluents aussi importants que la Lufira, la Luvua et la Lukunga, déversoir du lac Tanganyika.

A Kongolo, aux fameuses Portes de l’Enfer, on assiste à un spectacle aussi impressionnant que sublime : le fleuve se retrouve piégé entre deux gorges qui se resserrent jusqu'à ne plus mesurer que moins de 100 mètres de largeur. On l’entend alors mugir, on le sent se cabrer, avant de le voir s’échapper en cinq rapides vers Kasongo, où un bief stabilisé, le Bief Intermédiaire, s’étend sur 110 km jusqu'à Kimbondo.

En aval de ce poste, le courant redevient torrentueux jusqu'à Kindu, extrémité du Bief Moyen, navigable sur 308 kilomètres, et qui se termine à Ubundu. A partir de là, le spectacle devient féerique, avec les sept cataractes connues autrefois sous le nom de " Stanley Falls ". Le Grand Bief, long de 1.734 kilomètres, jusqu'à Kinshasa, s’infléchit vers l’ouest. Alors qu’au pied des rapides son lit n’avait plus que 650 mètres de large, il ne tarde pas à retrouver sa majesté, aidé en cela par sa rencontre avec de gros affluents, qui se nomment la Lomami, l’Ituri, l’Itimbiri, la Mongala, la Lulonga, l’Ubangi et le Kasaï.

Autant de magnifiques artères fluviales qu’il est possible de contempler à sa guise en bateau, et qu’il ne faut manquer sous aucun prétexte. Il est aussi possible de croiser de vastes pools parsemés d’îles impénétrables, des bancs de sable doré sur lesquels s’échouent les " snags ", ces agglomérats composés de toutes sortes de débris végétaux arrachés par les crues. Ici dorment des bancs de crocodiles.

Aux rives couvertes de roseaux au-delà desquels se profilent la savane et ses collines parsemées de palmiers, succède l’épais rideau de la forêt équatoriale, déchirée ça et là par d’étroites clairières où se blotissent des villages.

Tantôt, ce sont les ébats d’hippopotames, les rires sarcastiques des singes ou les acrobaties des cynocéphales sur les branches qui arrachent votre admiration. Le voyageur qui manquera la chance de découvrir les immenses richesses du fleuve pourra néanmoins se délecter, à travers le hublot de son avion, des formes du fleuve, un gigantesque reptile serpentant au milieu d’un infini tapis vert.