| Le fleuve Congo, qui a donné son nom au pays, engendre une prodigieuse
diversité de paysages. Aussi majestueux et omniprésent, il ne finit pas
détonner : au Pool Malebo, au niveau de Kinshasa, il mesure 25 km de
large ! Avec ses 4.700 km de long (la distance Paris-Moscou), il se classe en 5ème
position par la longueur, après le Nil, lAmazone, le Mississipi et le Yang-Tsé.
Mais il occupe le second rang mondial, derrière lAmazone, par le volume deau
quil charrie : son bassin, dune superficie de 3.800.000 kilomètres
carrés, constitue le cinquième potentiel mondial en énergie hydroélectrique.
A lexception de la région du Mayumbe, à louest, et des lacs Idi Amin et
Mobutu, à lest, tout le territoire congolais est englobé dans son bassin,
représentant ainsi, avec ses affluents et 14.166 km navigables, un atout majeur du
système de transport, à côté dun support vital à partir duquel sexerce
nombre dactivités.
Il est, à ce sujet, intéressant de contempler notamment la construction ou la
réparation des nasses par les pêcheurs Wagenia, en amont de Kisangani. Un spectacle
unique au monde qui compose, au coucher du soleil surtout, un extraordinaire tableau
dart et dacrobatie au milieu du fleuve où les pêcheurs évoluent, en parfait
équilibre, une dizaine de mètres au-dessus de la surface des eaux, sur des échafaudages
de troncs darbres et de lianes entremêlées. Les autres curiosités quoffre
le fleuve sont, entre autres, les techniques de pêche sur des longues pirogues, la
randonnée en pirogues sous les palétuviers, les courses des pêcheurs ou les rencontres
entre bateaux et pirogues à loccasion des ventes.
Les affluents du Congo et leurs merveilles
Aux gorges de Nzilo, étroit couloir dune trentaine de mètres de large,
cest déjà une belle rivière resserrée entre deux murailles parfois hautes de 400
mètres. Un barrage, portant le même nom, y a été érigé pour alimenter en énergie
les industries minières de Kolwezi.
Cest à partir de Bukama, après un premier parcours de 666 km, que le Lualaba
devient navigable. Quand il débouche sur les plaines de Kamulondo, le fleuve présente un
enchevêtrement de chêneaux donnant accès à une multitude de lacs dont lUpemba et
le Kisale sont les plus significatifs, avec leurs lots de papyrus, de nénuphars et de
lotus.
Le Bief Supérieur du Lualaba, long de 640 km, sétend jusqu'à Kongolo,
doù il va se grossir daffluents aussi importants que la Lufira, la Luvua et
la Lukunga, déversoir du lac Tanganyika.
A Kongolo, aux fameuses Portes de lEnfer, on assiste à un spectacle aussi
impressionnant que sublime : le fleuve se retrouve piégé entre deux gorges qui se
resserrent jusqu'à ne plus mesurer que moins de 100 mètres de largeur. On lentend
alors mugir, on le sent se cabrer, avant de le voir séchapper en cinq rapides vers
Kasongo, où un bief stabilisé, le Bief Intermédiaire, sétend sur 110 km jusqu'à
Kimbondo.
En aval de ce poste, le courant redevient torrentueux jusqu'à Kindu, extrémité du
Bief Moyen, navigable sur 308 kilomètres, et qui se termine à Ubundu. A partir de là,
le spectacle devient féerique, avec les sept cataractes connues autrefois sous le nom de
" Stanley Falls ". Le Grand Bief, long de 1.734 kilomètres, jusqu'à
Kinshasa, sinfléchit vers louest. Alors quau pied des rapides son lit
navait plus que 650 mètres de large, il ne tarde pas à retrouver sa majesté,
aidé en cela par sa rencontre avec de gros affluents, qui se nomment la Lomami,
lIturi, lItimbiri, la Mongala, la Lulonga, lUbangi et le Kasaï.
Autant de magnifiques artères fluviales quil est possible de contempler à sa
guise en bateau, et quil ne faut manquer sous aucun prétexte. Il est aussi possible
de croiser de vastes pools parsemés dîles impénétrables, des bancs de sable
doré sur lesquels séchouent les " snags ", ces agglomérats
composés de toutes sortes de débris végétaux arrachés par les crues. Ici dorment des
bancs de crocodiles.
Aux rives couvertes de roseaux au-delà desquels se profilent la savane et ses collines
parsemées de palmiers, succède lépais rideau de la forêt équatoriale,
déchirée ça et là par détroites clairières où se blotissent des villages.
Tantôt, ce sont les ébats dhippopotames, les rires sarcastiques des singes ou
les acrobaties des cynocéphales sur les branches qui arrachent votre admiration. Le
voyageur qui manquera la chance de découvrir les immenses richesses du fleuve pourra
néanmoins se délecter, à travers le hublot de son avion, des formes du fleuve, un
gigantesque reptile serpentant au milieu dun infini tapis vert. |