Situé au nord-est de la République démocratique du
Congo, dans une région difficilement accessible, le Parc National de la Garamba, grand
sanctuaire de rhoncéros de l'Afrique centrale, couvre environ 5.000 km² constitués
principalement par des savanes arborées et ouvertes. Ses limites septentrionales sont
contigües a celles de la réserve de faune de Lantoto au Soudan. Trois zones de chasse
entoure le parc sur le territoire congolais : le Domaine des Azandés à l'ouest, le
Domaine de Mondo-Missa à l'est et le Domaine de Gangala au sud.
Le parc est constitué de biotopes appartenant au type de savanes
soudanaises et de galeries forestières guinéennes, ce qui confère à cet écosystème
un caractère biologique unique d'un très grand intérêt.
Dans la partie nord du parc, les galeries forestières sont
impressionnantes et ont été préservées grâce au relief et aux conditions édaphiques
du milieu (conditions liées au sol et qui ont une influence sur la répartition des
êtres vivants). Dans la partie méridionale, l'action des feux de brousse liée
probablement à celle des éléphants a provoqué la formation de savanes de type
soudanais qui comportent des graminés dominantes (les genres suivants : Loudetia, Panicum
et Hyparrhenia) qui peuvent atteindre 2 à 3 mètres de haut.
De nombreuses rivières drainent l'étendue du parc dont la Garamba, l'Aka
et la Dungu qui, à son tour, vient grossir les eaux de la rivière Uélé. L'altitude
varie de 710 à 1.061 mètres. Le paysage valonné comporte quelques monts d'origine
granitique et des dépressions marécageuses assez étendues. Au point de vue climatique,
la région est caractérisée par une longue saison des pluies (avril à novembre) et une
saison sèche de 3 à 4 mois. La pluviosité annuelle moyenne est de 1.500 mm. La
température ne dépasse normalement pas les 32°C, bien que des maxima de 40°C puissent
être atteints en décembre.
Sutout connue pour ses rhinocéros blancs, la Garamba constitue l'habitat
de quelque cent trente espèces de mammifères. Des observations ornithologiques ont
permis d'inventorier jusqu'à présent 284 espèces différentes. Les rhinocéros de la
Garamba sont probablement les derniers représentants de la sous-espèce rhinocéros blanc
du nord (Ceratotherium simum cottoni). En fait, ils ne sont pas plus blancs que
leur proche parent, le rhinocéros noir, n'est réellement noir. Les Afrikaners les
avaient appelés "witrenoster" en rapport avec leur large lèvre supérieure. De
là serait venue la confusion entre "wide" et "white". Les rhinocéros
blancs sont plus lourds et plus grands que les rhinocéros noirs. Les mâles pèsent en
moyenne 2.000 à 2.300 kg, les femelles entre 1.400 et 1.600 kg. Les deux sous-espèces,
septentrionale (C. simum cottoni) et méridionale (C. simum simum),
diffèrent par quelques caractères mais elles sont surtout séparées géographiquement.
Il y aurait quelques rhinocéros blancs du nord dans le sud du Soudan mais ceux de la
Garamba représentent le seul noyau d'animaux sauvages connus pouvant encore assurer
peut-être la survie de cette sous-espèce.
Les éléphants présentent à la Garamba des caractéristiques qui les
rapprochent des éléphants dits de forêts, plus petits que les éléphants de savane.
Leur nombre, en 1989, était estimé de 6.000 à 8.000 individus, formant parfois de très
grands et très impressionnants troupeaux. Le nombre de buffles est supérieur à 30.000
individus. Près de 3.000 hippopotames ont été comptés le long des principales
rivières. Une autre espèce particulière à la Garamba est la girafe du nord dont les
effectifs sont d'environ deux cents. Il y a aussi plusieurs espèces d'antilopes (cobes de
Buffon, bubales, cobes defassa, hippotragues, ourébis, guibs harnachés,
céphalophes...), des suidés (phacochères, hylochères et potamochères) ainsi que
divers carnivores (lions, léopards, hyènes...) |