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PARCS NATIONAUX ar2-r.gif (1769 octets) Parc National des Virunga

Le naturaliste américain, Carl Akeley, fut un des premiers scientifiques à visiter la chaîne des volcans Virunga, en 1923. Il vint d'abord à la recherche de gorilles de montagnes dont il devait collecter des spécimens pour les musées américains, mais il retourna plus tard "sponsorisé" par le roi des Belges, Albert I, pour rassembler des informations scientifiques sur cet animal qui le fascinait tant. Il mourut quatre ans plus tard sur les hauteurs de Kabara, dans le col qui sépare le Mikeno du Karisimbi.

Entretemps son travail avait conduit à la créatoin, en 1925, du premier parc national africain, le Parc National Albert. Le parc fut prolongé plus tard vers le nord de la vallée du Rift jusqu'à inclure la plaine de la Rwindi, le lac Edouard, la forêt humide de basse altitude de Watalinga et le Ruwenzori, comprenant ainsi une extraordinaire diversité d'habitats dont l'altitude varie de 700 m à 5.100 m, et 71 espèces de grands mammifères dont 14 primates. A la création du parc, les populations locales conservèrent le droit de pêcher dans le lac, un des plus poissonneux d'Afrique, et deux grandes pêcheries, Kyavinyonge et Vitshumbi, furent maintenues à l'intérieur du parc. A l'indépendance, en 1960, le parc fut divisé entre deux pays, 165 km² des volcans Virunga devinrent le Parc National rwandais et le reste, soit 8.000 km², forma le Parc National des Virunga.

Avec ses 300 km de long et une largeur qui ne dépasse jamais 50 km, le Parc National des Virunga a des frontières exceptionnellement longues et subit une pression toujours croissante de la part des populations humaines vivant sur les sols très fertiles qui le bordent, de même que celle des pêcheries à l'intérieur du parc. Pour circonscrire au mieux les problèmes créés par cette forme longue et étroite, le Parc National des Virunga est divisé entrois secteurs sous la responsabilité d'un Conservateur en chef, et bien que le parc ait eut à affronter de sérieux problèmes ces dernières années -particulièrement le braconnage et l'afflux de réfugiés rwandais- il faut considérer comme un exploit le fait que ses limites soient restées pratiquement inchangées depuis sa création.

  • Le secteur Nord :

Le secteur Nord s'étend du Ruwenzori jusqu'à la rive nord du lac Edouard. D'Ishango, un des endroits les plus merveilleux du parc, la rivière Semliki mène les eaux du lac jusqu'au lac Mobutu. Le long des berges et des falaises qui surplombent la rivière, les scientifiques ont découvert beaucoup de vestiges du passé archéologique de la région. Les objets façonnés découverts à Ishango montrent que l'homme pêchait déjà sur les berges du lac, il y a des milliers d'années. Dominant Ishango, sur la branche ouest de la vallée du Rift, une petite population de gorilles continue de survivre dans la forêt de bambou du mont Tshiaberimu. Cette population de gorilles appartient à la sous-espèce de basse altitude, Gorilla gorilla graueri, et non à la sous-espèce de montagne Gorilla gorilla beringei pour qui le parc avait été originellement créé. Le parc a donc la particularité d'être la seule aire protégée qui contienne les deux sous-espèces orientales de gorilles ainsi que le chimpanzé.

La Semliki serpente vers le nord sur environ 100 km à travers une savane peu arborée avant de pénétrer dans la forêt tropicale humide de Watalinga où l'on a observé l'okapi, animal endémique en République démocratique du Congo. On a longtemps considéré la succession de rapides dans une gorge profonde au coeur de la forêt comme un obstacle naturel à la progression des crocodiles du lac Mobutu vers le lac Edouard. Néanmoins, l'apparition des crocodiles à Ishango en 1986 a marqué leur retour au lac après une absence de peut-être 20.000 ans.

Le Ruwenzori, que la République démocratique du Congo partage avec l'Ouganda, ne constitue pas seulement une aire importante pour l'approvisionnement en eau, mais aussi une attraction touristique de grand intérêt. Les forêts étranges et magnifiques de bruyères arborescentes couvertes de mousses et, plus en altitude, les séneçons géants et les lobélias de l'étage alpin attirent bien des visiteurs dans la montagne. Il faut prendre guides et porteurs à la station de Mutsora. Les marcheurs peuvent atteindre la base du glacier de Stanley grâce à l'existence de quatre gîtes de montagne et les grimpeurs plus expérimentés continuent au-delà du glacier pour arriver au sommet, le pic Marguerite (5.119 m).

  • Le secteur Central :

Le secteur Central comprend presque toute la partie congolaise du lac Edouard ainsi que la plaine de la Rwindi jusqu'au sud du lac. L'hôtel de la Rwindi, à la station principale, permet chaque année à plus de 7.000 personnes de visiter cette partie du parc dont une des principales attractions est le nombre spectaculaire d'hippopotames dans la rivière Rutshuru. On peut aussi y voir de grands troupeaux de buffles ainsi que beaucoup de cobes et de lions. Le nombre d'éléphants du parc s'est effondré dramatiquement (peut-être de 80 %) dans les années 80 à cause de la pression intense du braconnage. Ils sont devenus craintifs et difficiles à observer.

A l'est de ce secteur, la rivière Ishasha forme la frontière entre la République démocratique du Congo et l'Ouganda. Ici, comme dans le lac, le Parc National des Virunga jouxte le Parc National Queen Elisabeth d'Ouganda. A Lulimbi, sur les berges de la rivières Ishasha, on a établi, il y a quelque 18 ans, une station de recherches qui fait aussi office de sous-station pour la surveillance de ce secteur. Au milieu des années 50, on a créé le domaine de chasse de Rutshuru contigu à la limite sud-est du parc mais, contrairement à ce qui se passe pour le parc, il s'est avéré impossible d'empêcher l'empiètement de cette zone-tampon par les populations environnantes.

  • Le secteur Sud :

Il y a 1,5 million d'années, l'eau de ce qui est maintenant le lac Kivu se déversait vers le nord. Une activité volcanique intense a conduit dans un passé géologique récent à la formation de la chaîne des 8 volcans Virunga. S'élevant jusqu'à des hauteurs de 4.500 m, ces volcans, dont certaines cimes sont couvertes de neige, forment un barrage en travers de la vallée du Rift, empêchant l'eau du lac de s'écouler vers le nord. Deux de ces volcans, le Nyamulagira et le Nyiragongo, sont encore en activité et leurs éruptions spectaculaires à quelques années d'intervalle, quoique détruisant des centaines d'hectares de forêts dans le parc, constituent une attraction touristique majeure. De luxuriantes forêts ont poussé depuis des siècles sur les champs de lave et le passage fréquent de nouvelles coulées de lave a créé une mosaïque fascinante de forêts de différents âges. Ces forêts sont riches en figuiers (Ficus sp.), sources de nourriture importantes pour de nombreuses espèces d'oiseaux et de primates.