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| Le virus Ebola est l'un des
virus les plus pathogènes que l'on connaisse, puisqu'il entraîne la mort chez 50 à 90 %
des malades présentant des manifestations cliniques. La fièvre hémorragique d'Ebola se
caractérise souvent par une brusque montée de température, avec faiblesse, douleurs
musculaires, céphalées et maux de gorge. Viennent ensuite des vomissements, de la
diarrhée, une éruption, une insuffisance rénale et hépatique et des hémorragies
internes et externes. On a identifié plusieurs formes du virus Ebola qui pourraient être
associées à d'autres manifestations cliniques et qui nécessitent la poursuite des
recherches.Incubation : 2 à 21 jours.
Diagnostic : Il repose sur des épreuves de laboratoire spécialisées
(non disponibles dans le commerce), sur des échantillons de sang à la recherche des
antigènes ou des anticorps spécifiques et/ou sur l'isolement du virus. Ces examens de
laboratoire présentent un risque biologique extrême et ne doivent être pratiqués que
dans des conditions de confinement rigoureux.
Traitement : Il n'existe aucun traitement ni vaccin spécifiques. Les
cas graves doivent être placés en unité de soins intensifs, car les malades sont
souvent déshydratés et doivent être placés sous perfusion. Les études expérimentales
portant sur l'utilisation de sérums hyperimmuns qui ont été effectuées sur des animaux
de laboratoire n'ont mis en évidence aucune protection à long terme contre la maladie
une fois le traitement interrompu.
Prévalence : Le virus Ebola a été identifié pour la première fois
en 1976 dans la province ouest-équatoriale du Soudan ainsi que dans une région voisine,
en République démocratique du Congo. Un cas isolé s'est déclaré à Tandala en RDC en
1977 et une seconde flambée a éclaté au Soudan en 1979, suivie d'une épidémie dans la
région de Bandundu au Congo qui a causé 245 décès en 1995. Deux cas isolés de fièvre
hémorragique d'Ebola ont également été observés en Côte d'Ivoire en 1994-1995. La
flambée la plus récente s'est produite en février 1996 dans une région rurale du
Gabon.
Réservoir naturel : Le réservoir naturel du virus Ebola est inconnu. Des
études écologiques de grande ampleur sont actuellement en cours en Côte d'Ivoire, au
Gabon et en République démocratique du Congo afin de tenter de l'identifier. Des
filovirus apparentés au virus Ebola ont été isolés sur des singes cynomolgus (Macacca
fascicularis) qui avaient été importés des Philippines aux Etats-Unis d'Amérique en
1989. Un certain nombre de ces singes sont morts et au moins quatre personnes ont été
contaminées, mais aucune d'entre elles n'a présenté de manifestations cliniques.
Transmission : La transmission du virus Ebola s'effectue par contact
direct avec le sang, les sécrétions, les organes ou le sperme de personnes contaminées.
La transmission par le sperme peut se produire jusqu'à sept semaines après la guérison
clinique, comme dans le cas de la fièvre hémorragique de Marbourg. On a également
constaté que le virus Ebola pouvait se transmettre lors de la manipulation de chimpanzés
malades ou morts porteurs du virus, comme on en a eu récemment la confirmation en Côte
d'Ivoire. Des personnels soignants ont été souvent contaminés alors qu'ils s'occupaient
de leurs malades.
Lors de l'épidémie de 1976 en République démocratique du Congo, l'évolution a toujours été mortelle lorsque la fièvre d'Ebola
avait été contractée par contact avec des seringues et des aiguilles contaminées.
Isolement : Les cas suspects doivent être isolés des autres malades
et le personnel soignant doit opérer dans des conditions de haute sécurité. Tout le
personnel hospitalier doit être informé de la nature de la maladie et des voies de
transmission. On insistera tout particulièrement sur le risque très important que
présentent certains gestes tels que la pose d'une perfusion, la manipulation de sang et
de sécrétions, de cathéters et de dispositifs d'aspiration, qui doivent également
s'effectuer dans des conditions de haute sécurité. Le personnel hospitalier doit porter
des blouses, des gants et des masques individuels. Les gants et les masques ne doivent pas
être réutilisés à moins d'avoir été désinfectés. Les morts doivent être
rapidement enterrés ou incinérés.
Contacts : Etant donné que le mode de transmission primaire de
personne à personne consiste dans le contact avec du sang, des sécrétions ou des
liquides biologiques contaminés, toute personne ayant eu des contacts physiques étroits
avec des malades doit être placée sous une surveillance rigoureuse, c'est-à-dire :
prise de la température deux fois par jour et si celle-ci dépasse 38,3C hospitalisation
immédiate en isolement total. Les contacts accidentels doivent rester sous contrôle
étroit et signaler toute poussée fébrile. La surveillance doit être intégralement
maintenue pendant les trois semaines suivant la date du dernier contact. Le personnel
hospitalier qui entrerait en contact étroit avec des patients ou du matériel contaminé
sans être porteur d'un dispositif de protection doit être considéré comme exposé et
placé sous surveillance médicale étroite. |
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