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| Né le 9 mars 1943
à Kinshasa, Wuma Mbambila Ndombasi, après ses études primaires, entreprend un cycle de
sept ans à l'Académie des Beaux-Arts. Etudiant, il se fait déjà remarquer par son
grand talent pour le modelage et le dessin et participe à des expositions importantes. Il
est en effet présent au premier Festival mondial des arts nègres de Dakar par un envoi. Ses études artistiques achevées, Wuma est engagé
à l'Université Lovanium, aujourd'hui Université de Kinshasa, comme
sculpteur-décorateur. Il y oeuvre encore. C'est de cette "colline
inspirée " que l'artiste déploie une énorme activité créatrice qui va de la
production sculpturale à la production céramique. Il effectue un périple en Europe et
en Amérique. |
| L'oeuvre de Wuma,
analvsée sous l'angle diachronique, présente une évolution sur deux plans. Dans un
premier mouvement, l'artiste passe d'un réalisme académique à un réalisme stylisé et
reste obsédé par la figure et le corps humains. Que cela soit dans le traitement de
petites têtes en bois ou en ivoire ou dans le travail de sculpture en similipierre ou en
bronze, Wuma est préoccupé par une tendance à la figuration de telle sorte que ses
tentatives à ce niveau de présenter un art abstrait sont soit fugaces, soit faibles.
Dans un second mouvement, l'artiste s'impose dans une orientation purement abstraite.
Tantôt réaliste, tantôt abstraite, l'une et l'autre de ces tendances le maintiennent
quelquefois dans une douloureuse contradiction. Wuma, finalement, se réfugie dans les
masses. Ses sculptures, auparavant étirées et souples, deviennent ramassées, ployant
sous le poids de la vie sans toutefois signifier un défaitisme. |
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| Dans ce recours aux
formes volumétriques accusées, le sculpteur puise abondamment dans la statuaire
traditionnelle Zande, Tchokwe et Kongo. Au mérite de cet artiste de caractère très
fermé, on n'omettra pas une passion de l'art que consacre " la culture des
matériaux " chère à Tatline. |
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Wuma travaille
indifféremment le bois, l'ivoire, la pierre, la malachite, le bronze, l'étain, le p1omb,
le laiton. Parmi ses meilleures
oeuvres, on citera la Lecture, Assistance aux malades, la Médecine, l'Agronomie, la
Baigneuse, la Pleureuse, la Beauté zaïroise, etc., que l'on retrouve à l'Université,
au centre-ville, au mont Ngaliema. Certains pavillons de Facultés sont décorés
d'immenses mosaïques dues à son talent.
Wuma figure assurément parmi les meilleurs
sculpteurs zaïrois d'aujourd'hui, à l'instar de Liyolo et de Tamba. Il est de ceux qui
ont pu s'assurer un certain bien-être matériel et s'installer dans le métier, grâce à
une clientèle fidèle et nombreuse et aux commandes officielles |
| et privées. Bien que ne faisant partie d'aucun groupe d'artistes,
hormis l'ANAZAP, Wuma n'en reste pas moins dans le circuit des discussions habituelles des
critiques, chroniqueurs et artistes sur l'évolution de l'art. Il est profondément
habité par le souci de créer un art authentique qui recherche une originalité avec des
apports esthétiques de la statuaire traditionnelle. Aussi constitue-t-il déjà le sujet
de bon nombre d'articles de presse, d'émissions de radio et de télévision, de travaux
d'étudiants et de critiques d'art. |
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