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YAKA ar2-r.gif (1769 octets) L'homme dans son univers magique
1. Croyances et vie
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  • Bungaanga bwa kuyimina, kuloomba n-seengo mbwa.

Pour te refuser la guérison, on te demande des cornes de chien. (Une façon de refuser quelque chose à quelqu'un est de lui demander une chose impossible, comme des cornes de chien.)

  • N-seengo mbwa, kaanganu dya bungaanga.

Corne de chien exigée, impasse de la guérison. (Idem)

  • Ndzaamba kakodila mafuti.

L'éléphant se sent fort grâce à ses muscles. (De même que les muscles servent de protection à l'éléphant, ainsi il est bon que l'homme se munisse d'une protection magique : fétiche, et, s'il le faut, sorcellerie.)

  • N-kisi, wusi usaka wa, wutoombula wa.

Que celui qui prépare des médicaments donne aux plantes employées un pouvoir de guérison! (Celui qui a engendré un enfant doit aussi l'éduquer.)

  • N-kisi, wusi ukaluka wa, wutata wa bizila.

Que celui qui entre en transe par une force impose aussi des interdits! (Idem)

  • Mbisi kafwa mu hata, hufuumbula ku n-situ.

L'animal meurt au village, on l'achève en forêt. (Au village, on accomplit les rites destinés à assurer une chasse fructueuse. On est sûr de leur efficacité, de sorte que la chasse qui suivra ne sera plus qu'une formalité. L'essentiel a lieu au village.)

  • Bakhaanga bakodi n-twa, matuku.

Les pintades ont la tête dure, leur descendance (écope). (Les pintades sont invulnérables; elles symbolisent ici les notables : les procès qu'ils perdent, ce sont leurs enfants qui les paient.

  • Yimbeefo ki(k)ukola k'ivula ko ngoombo (V. k'imana ko bilongo).

Une maladie dont on guérit ne nécessite pas de nombreux devins; elle n'épuise pas tous les médicaments. (Une maladie naturelle, curable, ne demande pas beaucoup de remèdes et ne peut se prolonger; par contre, une maladie causée par un sorcier risque d'être incurable.)

  • Yimbeefo lusweeka, yidilu kikuumbuluka.

Vous cachez la maladie, les pleurs l'ébruitent. (Il peut arriver qu'un malade cache sa maladie de peur qu'un sorcier ne vienne la rendre fatale. S'il meurt, les pleurs la publieront.)

  • Tiina vita, wamona n-nyanga.

Fuis-tu la guerre, tu trouves une autre souffrance sans fin.

2. Maladie - guérison; fétiche - traitement
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  • Wu tika mu kati, wu nwaana ye kyeelo.

Celui qui a la diarrhée se bat avec la porte (de la maison). (Un malade doit appeler un médecin; il ne peut demeurer passif. Un homme qui a commis une infraction devra chercher un bon avocat pour plaider sa cause.)

  • Wuna luundza mu kati, wunwaana ye kyaafulu.

Celui qui a mal au ventre se bat avec la porte. (Idem)

  • Luutu lukadi tubu, malaadi kwe makotila?

Le corps n'a pas d'ouverture; dés lors, par où la maladie a-t-elle bien pu pénétrer? (Toute maladie a quelque chose de mystérieux.)

  • Mbela wubeela kabusa ndzila ko.

Celui qui est malade ne refuse pas le chemin. (Un malade est docile et fait tout pour guérir.)

  • Kimbeefo kiukabukila, ikiinda ko.

Une maladie qui revient est fatale. (Récidiver devient fatal. Situation où l'on pardonne une fois, mais pas deux.)

Moni ngaanga, beela.

Si tu consultes un guérisseur, c'est que tu es malade.

  • Mbeefo wudiinga ngaanga, ngaanga kadiinga mbeefo ko.

Le malade a besoin du guérisseur, le guérisseur n'a pas besoin du malade.

  • Yaanga kasosa mbisi, mbisi kasosa ko yaanga.

Le chasseur cherche le gibier, le gibier ne cherche pas le chasseur.

  • Mbeefo wadila mooya, ngaanga wadila yitha.

Le malade pleure sa vie, le guérisseur pleure ses honoraires.

  • Luukidi ngaanga, mabeela mahuudi ko.

Si tu trompes le guérisseur, la maladie ne guérit pas.

  • Mene, n-khoyo, yilobuka ha nguumba, mana yikabula ko dihika.

Moi, oiseau n-khoyo, j'ai échappé à l'endroit où le feu de brousse, allumé en cercle, se rejoint, et (j'ai décidé) de ne plus y retourner. (Situation : un homme est malade au village. Son état ne semble pas s'améliorer. Il décide, soit de se rendre à l(hôpital, soit d'aller s'établir ailleurs. Là il guérit; il y reste.)

  • Matuuka ku phati, makabula ku ngaanga.

Ce qui vient d'un féticheur va chez un guériseur. (Se dit de quelqu'un qui pourrait aussi bien rendre malade que guérir, pardonner que poursuivre.)

  • Telama, wakina, ngaanga bi kazolele.

Lève-toi et danse : telle est la volonté du guérisseur. (Il faut obéir au guérisseur, en observant les interdits qu'il impose, par exemple.)

  • Mukaya lwa n-tundala, kani lulookele, lubwa ko.

Même si la feuille de la plante n-tuunda sèche, elle ne tombe pas. (Même si un malade se trouve dans un état critique, il ne mourra pas.)

  • Keembila mwaana, keembidi ko tsaandza vumu !

Glorifie l'enfant, ne glorifie pas la grossesse. (Ne pas trop vite se réjouir d'une grossesse, car, dans le sein de la mère, le fétiche pourrait nuire à l'enfant.)

  • Khita mbela bathuumba, ye ngaanga mbela basaka.

Un tel a reçu le pouvoir du fétiche khita et un tel celui de guérisseur. (Seul le guérisseur de ce fétiche-traitement a le pouvoir de le pratiquer.)

  • Khusu kabaangu watoma kya tsala, kya maalu wafwa mambeta.

Le perroquet qui habite un creux a de belles plumes, par contre ses pattes sont tordues.

3. La sorcellerie
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  • Mutu kafwa mu ndzadi, yibiinda ku hata.

Un homme meurt-il au fleuve, la cause s'en trouve au village. (Une noyade - a l'instar de tout accident- n'est pas considérée comme une mort naturelle, mais est attribuée e.a. à la sorcellerie.)

  • Yisiindza mu kati ki ndzila, n-loki mu kati ki hata.

Une racine au milieu du chemin, le sorcier au milieu du village. (Je me blesse à une racine que je n'ai pas vue; un sorcier que je ne connais pas habite au milieu du village. C'est lui qui a rendu la racine dangereuse.)

  • N-loki kakutumi ku n-ti looka, bu wumata kwa.

Si le sorcier t'ordonne de monter sur un arbre mort, tu le fais. (Si la chute est mortelle, la mort ne sera pas attribuée à la chute, mais à la sorcellerie. Un mauvais camarade te détourne du bien et te conduit sur un mauvais chemin.)

  • N-loki wameenga tho maamba, busuungu kasaki ko.

Un sorcier hait la source, il ne participe pas à la chasse collective. (Un sorcier hait son frère; il se distancie des siens.)

  • N-loki ndokolo khama kalokila.

Le sorcier ensorcelle de cent manières.

  • Ho telemenene n-twa khani, waaku siisa.

Si tu as eu l'intention de t'en prendre à la tête d'un homme pervers, tu y laisses la tienne.

  • Mbulu n-kwa maalu, mbela wun-kula wuleemba.

Le chacal aux pattes rapides, lorsqu'un autre le poursuit, il n'a plus qu'à se reposer.

  • Nge wathambikina koongo, baloki ha bangwiila.

Toi, tu ébruites la nouvelle, les sorciers entendent parler de moi.

  • Banduwa bayebele ha maamba, lusala lubasaala.

Les oiseaux nduwa se sont lavés à la rivière, ils y ont laissé une plume. (Contexte de sorcellerie : à l'occasion d'une réunion secrète, des sorciers complotent la ruine de quelqu'un. Ils oublient de prendre toutes les précautions qui s'imposent. Cet oubli leur sera fatal et dévoilera leur complot.

  • Ndzaangi wahyuula makaanda, wudya kaanda dyangani.

Le singe qui s'informe au sujet des clans, mange dans un clan de tiers.

  • Yite n-taangu baloki kaphaapula mbuundu.

Celui qui interpelle en public aide les sorciers à se rappeler une affaire.

  • N-yaki n-taangu, ka muufi ko, n-loki.

Celui qui interpelle en public n'est pas un voleur, mais un sorcier.

  • Yiyukana ye n-kasi aama nde yiloki yena kyaawu.

Je m'entends avec mon épouse (au point d') être muni de sorcellerie! (Mari et femme s'entendent à merveille. D'autres sont jaloux de leur union et soupçonnent l'un des deux de sorcellerie!)

4. Le devin
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  • N-te ngoombo, n-ta n-laandu.

Celui qui consulte le devin se venge. (En cas de maladie ou de mort, la consultation du devin peut avoir divers objectifs : tant de prévenir de nouveaux décès, par exemple, si le devin recommande une révolution ou conseille d'achever une dot, que de révéler le coupable ou la cause. Dans ce dernier cas, une vengeance peut découler de la consultation.)

  • Mbvula mu kunoka, litaambi lwa khayi lumonekene.

Lorsqu'il a plu, la trace de l'antilope est bien visible. (Quelqu'un a lancé une menace. Celle-ci apparaît au grand jour, soit au moment de sa mise à exécution, soit au moment de la consultation du devin.)

  • Mbeefo malaadi thama mayala, makoonda ngoombo.

La maladie dont souffre un malade a commencé il y a lontemps, sans qu'il y ait eu consultation de devin. (Expression de la croyance selon laquelle, en cas de maladie, il est sage de consulter le devin sans trop attendre.)

  • Kinika kya ngoombo, mbeefo kaniimba kilu.

La vérité révélé par le devin fait que le malade jouira d'un bon sommeil. (Si la consultation du devin aboutit à un diagnostic vrai et à l'indication d'une médication adéquate, le malade sera sauvé.)

  • N-teedi ngoombo, n-zimbwalala ngoombo.

Si on consulte un devin, celui-ci doit tout révéler. (Proverbe prononcé après une consultation vaine. L'intention de la consultation est d'obtenir un diagnostic et des directives qui permettent de sortir de l'impasse.)

  • Tusya maalu mu ndzadi, ngaandu katubaka bikuma.

Mettons les pieds dans le fleuve, que le crocodile nous indique le motif (du décès). (Tout décès est une occasion de palabre clanique. Parmi les questions traitées, il y a, bien sûr, la recherche de la cause et/ou du coupable. Finalement les notables décident de consulter le devin.)

  • Luziimbu lwa phasa, kiima kyoniimba mu n-twa ngaanga ngoombo.

Le cauris est quelque chose qui dort sur la tête du devin. (Parmi les instruments de divination, il faut mentionner les cauris, disposés sur une peau de civette. Ils symbolisent les yeux.)

  • Ngaanga ngoombo wateele yileeko kya m-fula.

Le devin cite le filtre à sel. (Le devin se concentre en exerçant son art; si on le dérange ou si on le distrait, il sera troublé, par exemple, par une femme qui demande à tout le monde si personne n'a vu son filtre à sel. Ce proverbe est cité lorsqu'un devin s'est trompé ou qu'il ment.)

5. Mort - vie
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  • Beedi, saangala bwa saangala phadi muna baangu.

Si tu es malade, tords-toi comme se tord le rat phadi dans un creux d'arbre. (L'agonie est comparée à un rat traqué dans le creux d'un arbre; il monte et descend, remonte et redescend, jusqu'à en mourir.)

  • Yikhanda kiwola ku mataku, ku n-nwa ngoongi ye ngoma.

L'animal yikhanda, pris au piège, est déjà pourri du derrière, mais sa bouche parle et tambourine encore. (Quelqu'un qui reste conscient jusqu'à son dernier soupir.)

  • Ha fwiidi mbvuumbi, uniimbi kilu kyaaku, nge badilaanga.

Si, lorsqu'un homme est mort, tu dors d'un profon sommeil, c'est toi qu'on pleure.

  • Ku thuukidi, ku kyaana, ku yikweenda ku belabela.

Je viens de loin, mais le lieu où je suis sur le point d'aller est proche. (Ma jeunesse est lointaine, ma mort est proche!)

  • Yiimba dilobudi khulu, disukidi.

Quand le palmier-raphia fait sortir son fruit, il est épuisé. (Image de tou homme qui s'est marié, qui a eu des enfants et qui a vieilli... Sa vie est accomplie.)

  • Tsangala n-yende yekala ko dikheta.

Une hotte usée n'a plus de beauté. (Un vieillard n'a plus la vigueur d'autrefois.)

  • Yidiimba hulukidi mu n-taambu, mbaangala kahwiidi ko.

Le rat yidiimba a échappé au piège, mais la saison sèche n'est pas finie. (Un malade a retrouvé momentanément la santé, mais une rechute lui sera fatale.)

  • I bu tukele yaandi, huundila huya ban-neete.

A peine venons-nous d'être avec lui qu'on le cherche, qu'on l'emporte. (Cas de mort subite.)

  • Lufwa yen-yaaba ko, yen-tokila n-kuta?

J'ignore la mort, lui ferais-je un paquet de provisions? (Cas de mort subite. On n'a pas eu le temps de s'y préparer. Ce proverbe est aussi applicable à une visite imprévue.)

  • Lubudidi ndzuungu, maamba mu koopha yiofwaana, malufwaana ko dyaaka.

Vous avez cassé la marmite, vous n'avez plus la quantité d'eau suffisante à reverser dans votre timbale. (Application : contexte de décès par sorcellerie d'un homme de bien. C'en est fini du bien qu'il vous faisait.)