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ar2-r.gif (1769 octets) JUDICIAIRES KONGO
Classement alphabétique :
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de A à J
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de K à L
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M
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N
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de O à V
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de W à Z
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Tous les proverbes judiciaires Kongo sont tirés du livre "Droit coutumier Africain, proverbes judiciaires kongo" par C. Bakwa et A. Ryckmans, Editions  L'Harmattan, 1993. Livre  également publié à Kinshasa par les éditions Aequatoria.

Au commencement du droit était le peuple, et donc la coutume. En ce temps-là, le droit naissait et se développait à l'image de l'homme et de la nature. Destiné à garantir l'harmonie de la vie en société, il apparaissait au fur et à mesure des besoins au départ d'un consensus qui garantissait à la fois son acceptation par le corps social et son efficacité. Certaines des solutions qui s'élaboraient ainsi au fil du temps duraient, d'autres disparaissaient. Les plus robustes, les plus durables devenaient coutume.

Sans doute cet âge du consensus n'était-il pas exempt d'inégalités et donc de pouvoir, de groupes de pression et donc de manipulations. Le droit était donc comme partout et toujours synonyme de pouvoir. Mais il ne s'élaborait pas de la seule volonté du juge, du législateur ou du savant face au sentiment du peuple. Le comportement de celui-ci en tant que mode privilégié de production de droit s'exprimant à travers la coutume demeurait la pierre de touche de la validité du juridique. Et lorsque le conflit naissait mieux valait dans des sociétés où l'on était, pourrait-on dire, "condamné" à vivre ensemble, mieux valait un mauvais (et, a fortiori un bon) compromis que la victoire de l'un et la défaite corrélative de l'autre avec ce qu'elles entraînent comme rancoeurs étouffés et querelles inassouvies.

Pareille vision de la raison d'être du juridique ne s'accommode guère d'une formulation rigoureuse et d'exercices exégétiques sur le sens des mots. Au contraire, on pourrait dire que plus les formulations du droit sauront être équivoques et contradictoires, plus elles présenteront d'intérêt puisqu'elles permettront, au terme d'un processus souvent fort élaboré et formalisé, de consacrer l'une et l'autre des thèses en présence, chacun quittant l'arène judiciaire avec le sentiment de l'avoir emporté. Il ne peut donc être question de regarder la source de droit comme exprimant "la" vérité. Il convient, au contraire, de ne l'envisager que comme une solution possible qui, combinée à d'autres solutions, également possibles, finit, dans une subtile alchimie dialectique à la pratique de laquelle tout le groupe participe, par aboutir à la solution du conflit et au rétablissement de l'harmonie sociale.

Ce qui frappe, à la lecture de ces proverbes, est qu'ils débordent le cadre du judiciare pour couvrir la quasi-totalité des conduites sociales ou interindividuelles; disons qu'ils sont judiciaires par opportunité plus que par essence; c'est une façon, pour eux, de révéler que le droit n'est pas une instance plaquée sur le vécu ou le pratiqué ensemble, il reste l'émanation du social dans toutes ses dimensions, par référence à la vie quotidienne et à l'environnement et conformément aux valeurs profondes héritées des ancêtres. Néanmoins les proverbes énumérés couvrent un certain nombre de champs qui intéressent les jugements coutumiers : les procédures et la plaidoirie, l'accusation, l'enquête, le témoignage et la preuve, le droit de propriété et le vol, la dette, la succession et l'héritage, les délits, les coups et blessures, les querelles, l'envoûtement et la sorcellerie, la médisance et la calomnie, les obligations et les contrats, les questions relatives à la famille, au mariage, au divorce, au statut des femmes et des enfants, aux relations matrimoniales, le respect des anciens des chefs, de l'autorité et des conventions, la responsabilité...