|
| C'est dans la nuit du 2 mars
1948 que naît Ntabala Mukoko-Tshibaka, à Kananga (Kasaï occidental). Il fait ses
études primaires dans cette même ville, à l'Ecole officielle laïque pour Congolais qui
vient d'être créée. Déjà à ce niveau, sa virtuosité pour le dessin le singularise
de ses compagnons. Ses instituteurs l'utilisent même pour l'illustration de certains
cours. Après le cycle d'orientation passé au lycée de Kele-Kele, il doit faire un choix
entre sa passion pour le dessin et son désir d'effectuer des études scientifiques. Il
essaie la 3e scientifique à l'Athénée royale, sans succès. Il comprend que sa vocation
est tracée. Il entre à l'Académie des Beaux-Arts où il se montre très doué. Durant
ses études secondaires, il eut à réaliser plusieurs tableaux lors des grands défilés
à Kananga, particulièrement les portraits de lex-président, le maréchal Mobutu.
Ce qui l'a rendu populaire dans les milieux katangais. |
| En 1969, il
achève ses humanités artistiques dans la première promotion qui a pris part aux examens
d'Etat. Sur trente-six candidats, il se trouve parmi les deux seuls reçus. Sans
problème, il est retenu pour donner des cours de dessin, d'anatomie et de mathématique
dans la même école. |
 |
| Soucieux de parfaire sa
formation, il s'inscrit à l'Institut supérieur des arts plastiques de Kinshasa en 1971. Il décroche son graduat en 1975, et est retenu dans
l'Institut en qualité de professeur d'anatomie artistique.
Ntabala Mukoko-Tshibaka compte à son actif
plusieurs expositions. En 1974 il participe à l'exposition
" Formaliza " au Collège Boboto. En 1977 il expose à la Banque du
Peuple par deux fois et à la FIKIN. En 1978 et 1979, il est pr ésent à
l'exposition organisée par le mouvement de la Nouvelle Génération. En 1979 toujours, il
prend part, par un envoi, à une exposition zaïroise qui se tient à Djeddah, en Arabie
Saoudite. En 1986, il travaille pour le président de la République et pour le gouverneur
de la ville de Kinshasa. |
| Ntabala est un
peintre à la palette chaude et tranchante. Sa main, dit-on, court sur la toile comme une
chenille aveugle, qui laisse des traces d'une harmonie suave. Sa première oeuvre remonte
à 1963, lorsque, entrant dans l'atelier de son cousin peintre, il
" dérobe " de la peinture et réalise un portrait réussi. C'est le
coup de foudre. Vers les années 1965, il fréquente le préfet Forzese qui l'initie aux
arcanes du métier. Il fait alors des reproductions des grands maîtres tels que Léonard
de Vinci, Rubens, Michel-Ange, etc. Bien
que traitant divers thèmes liés à la vie quotidienne, Ntabala semble avoir une
prédilection pour la femme et pour les nus. " Je trouve, dit-il, que la femme
possède des traits et des lignes gracieux et élégants ". Quant au nu, sa
qualité de professeur d'anatomie artistique l'y dispose naturellement. |
 |
| Son
nu n'a rien de sexuel, ni d'érotique. " Ce qui m'intéresse, confie-t-il, c'est
la découverte des harmonies qui se dégagent de la morphologie ". Joignant au geste la réflexion, l'artiste Ntabala
attache une grande importance aux débats culturels qui se déroulent autour de lui.
Membre du mouvement de la Nouvelle Génération, il s'efforce d'innover sans cesse dans sa
peinture et attache un grand prix aux critiques qui lui sont formulées. |
|
|