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| Né au Shaba, en juillet
1925, Mwenze Kibwanga est admis à l'atelier de Pierre-Romain Desfossés de Lubumbashi en
1950 et y séjourne durant quatre ans. A la fusion de cette Académie d'art populaire
indigène avec l'Académie officielle des Beaux-Arts créée par Laurent Moonens, Mwenze
fait partie du corps enseignant. L'Académie
d'art populaire indigène opère la première rupture de l'artiste évolué avec son
milieu coutumier, notamment par le truchement de la technique picturale, la peinture
étant presque inconnue comme telle en Afrique traditionnelle, sauf dans la préhistoire. |
| Cet art des
premiers temps à Lubumbashi reste profondément imprégné des traditions et de la
spontanéité des vrais primitifs. Mwenze ne s'offusque nullement des formules de métier
ou des stéréotypes de sujet. Il ne cherche ni la profondeur de l'espace, ni la rigueur
des proportions académiques, ni la virtuosité de la composition, mais se complaît dans
le pur décoratif. L'oeuvre de
Mwenze Kibwanga est bien connue des spécialistes de l'art africain. |
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| Elle figure dans des
collections aussi célèbres que celles du Musée royal de Tervuren ou du musée
Rockefeller de New York. Ses tableaux sont animés sur le fond et les motifs par des
hachures plus larges et moins souples que celles des toiles de Pili-Pili faisant penser
aux fonds de certaines nattes. Mwenze peint souvent des biches, des antilopes, des
poissons et des scènes de la vie villageoise. Les couleurs de sa palette sont
généralement monotones avec prédominance de tons bruns. |
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| La
profondeur du contenu de l'oeuvre de Mwenze a été perçue par son ancien maître qui n'a
pas hésité à s'expliquer là-dessus : " La technique de Mwenze faite de
petites barres, épousant la forme des objets, révèle un être plus complexe que la
moyenne du Zaïrois, a dit Desfossés, sa peinture exprime des conflits psychologiques,
une rare puissance d'imagination. Parfois, il explore même le domaine de l'érotisme.
Dans l'entrelacement des forces humaines, par exemple, Mwenze mêle sa propre
subjectivité à la représentation matérielle et atteint, à tous points de vue, un
équilibre parfait. Ses bacchanales de boucs et de serpents, dans une atmosphère
tragique, ont une telle expressivité de tons et de matières qu'on peut dire qu'il
représente la tension émotive des tensions qu'il représente. " |
| Mwenze a
participé à de nombreuses expositions dans le pays, notamment à Kinshasa, à
l'Académie des Beaux-Arts, au Musée national, à la Foire internationale (FIKIN) et à
la Galerie de la BCZ. A l'étranger, il a pris part à la Foire de Lausanne en 1974 et à
l'exposition des avant-gardistes à Paris en 1975. |
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