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| Issu
d'une famille très pauvre, Moke naît à Ibe, dans le Bandundu en 1950. Il débarque à
Kinshasa en 1960 pour y entreprendre des études. Son frère l'héberge. Après la
deuxième année primaire, il interrompt ses études durant une année, faute de moyens. En 1962, il entre en troisième année qu'il
ne termine pas, toujours par manque de soutien |
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| Contraint au chômage
et chassé de la maison de son frère aîné, il se livre au vagabondage et élit domicile
dans les marchés, dans les dépotoirs et sur les chaussées. La mort le tente. Il décide
de mettre un terme à sa vie pour rompre avec la misère. Un jour,
se promenant en ville, il découvre le marché touristique "place Braconnier". |
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Un choc se produit. Il sent en lui l'éveil d'une intuition
étrange à la vue des peintures étalées et qui font l'objet de l'intérêt de nombreux
Blancs."Pourquoi ne peindrais-je pas ?", se dit-il. Il se souvient qu'enfant, il
aimait dessiner sur le sol. Il se met à peindre avec ses doigts sur des morceaux de
carton ou de toile qui lui rapportent de deux à six frans lors de la première vente. |
| En 1963, son frère le chasse à nouveau de sa maison. Cette
fois-ci, bien que sans logis, il vit de sa peinture. En 1965, il présente un tableau du
général Mobutu qui lui vaut un fonds du Président de la République, grâce auquel il
peut se marier en 1968. La même année, il obtient un diplôme couronnant sa
participation à l'Exposition artistique et artisanale organisée par le Ministère de la
Culture et du Tourisme au parc de la Révolution. Ses tableaux sont exposés à la
première Foire Internationale de Kinshasa (FIKIN) en 1969. |
| En 1973, il rencontre un Français, Haffner, animateur au
Centre Culturel français. Grâce à ce mécène, Moke découvre certains secrets de la
peinture, car Faffner projetait devant lui des films sur la façon de travailler des
artistes européens. Deux expositions ont révélé l'artiste au grand public :
l'exposition "Art partout" organisée à l'Académie des Beaux-Arts par le CIAF
et l'AICA/Zaïre en 1978 et le Festival de Berlin "Horizon 79". |
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| La même année, il présente une exposition
individuelle au Centre Culturel français. En 1983, il participe à une grande
exposition collective d'art naïf au Goethe-Institut. Moke est sans doute l'un des
peintres naïfs les plus connus et les plus productifs. Sa peinture témoigne d'un bon
sens de la couleur, d'un mélange harmonieux de tons chauds donnant à ses tableaux une
luminosité joyeuse et d'une étonnante expressivité dans une athmosphère candide et
attrayante. Ses thèmes s'inspirent des scènes de la vie quotidienne, de la mythologie,
de l'histoire, de la religion, de la vie sociale. Tel un historien de l'instant, Moke fixe
certaines manifestations officielles : accueils des chefs d'Etat étrangers, défilé sur
le boulevard, cortège présidentiel, parades militaires, ...
Vivant au coeur le la masse grouillante, Moke stigmatise l'infidélité de
la femme, décrit la misère, la jouissance dans les bars, les difficultés du transport,
les "balados", les diputes, les jeux des enfants, le gendarme réglant la
circulation. A une certaine période de sa carrière, il a flirté avec l'art religieux.
L'art de Moke recherche avant tout la communication des messages. C'est
une peinture qui s'éloigne du dessin classique. |
Vivant au coeur le la masse grouillante, Moke
stigmatise l'infidélité de la femme, décrit la misère, la jouissance dans les bars,
les difficultés du transport, les "balados", les diputes, les jeux des enfants,
le gendarme réglant la circulation. A une certaine période de sa carrière, il a flirté
avec l'art religieux.
L'art de Moke recherche avant tout la communication des messages. C'est
une peinture qui s'éloigne du dessin classique. |
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