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| Le jour de la Nativité de
l'an 1937, Konde Bila naît à Katala dans le Bas-Zaïre d'un père portugais et d'une
mère zaïroise. Il entreprend des études primaires et moyennes à la Colonie scolaire de
Boma, puis vient à Kinshasa pour des études de peinture à l'Académie des Beaux-Arts,
qu'il achève en 1960. A la
faveur d'une bourse, il gagne Rome où, après des études supérieures artistiques à
l'Acadmie des Beaux-Arts, il obtient une licenza dei corsi di pittura. Diverses
gratifications marquent son activité en Italie, notamment le premier prix Festa
dell'Unita d'Italia à Lucuguana, le premier prix au concours " Mission " en
outre-mer à Rome, la médaille d'or au Concours international de Chietti et le premier
prix au Concours de peinture contemporaine de Monte S. Giovanni Compano.
De retour au pays en 1964, il est nommé
professeur assistant à l'Académie des Beaux-Arts de Kinshasa où il dispense les cours
d'anatomie artistique et de graphisme, domaines dans lesquels il excelle. Il est ensuite
chef de travaux et chef de section adjoint chargé de la recherche et assure en outre des
cours d'art au Studio-Ecole de la Voix du Zaïre SEVOZA à Kinshasa. |
| Le talent de Konde
Bila est varié. Outre la peinture, il s'essaie à la céramique et à la gravure. Un
moment, il a dirigé une entreprise de décoration, " Artista " , qui
fut prospère. Issu de la première souche des artistes formés à l'Académie des
Beaux-Arts, Konde s'est toujours distingué par son sens aigu de l'observation qui, mêlé
à un esprit humoristique riche en calembours, en fait un peintre perspicace, d'une satire
subtile. Son art pictural est généralement marqué par la puissance exprimée surtout à
travers la couleur qu'il aime dense, avec une préférence pour les tons sourds. |
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| Il dépeint surtout des
scènes comprenant de nombreux personnages, d'où sa prédilection pour des toiles de
grandes dimensions. Peintre de la société, Konde s'efforce d'épouser les
préoccupations intimes de son milieu et de communier avec les aspects les plus poignants
de la vie quotidienne, comme par exemple l'atmosphère de crise sociale et l'angoisse qui
en découle. La disposition et les attitudes des personnages, la structure du décor fait
de maisons, de toits et d'échoppes, des arabesques du silence, d'une palme et de la
perspective qui nuance la densité chromatique sont autant d'éléments qui assurent à la
plupart de ses tableaux une composition équilibrée. Il est particulièrement heureux
dans l'une de ses dernières créations intitulé le Marché. Sorti d'une léthargie qui a duré plusieurs années
et qui fut marquée par une certaine dégénérescence physique ayant eu des
répercussions psychologiques, Konde Bila a repris vie et se révèle comme étant un
homme à plusieurs dimensions sociales. Il affiche une disponibilité permanente à
l'endroit des organisations à caractère socio-culturel qui sollicitent ses services, du
reste bénévoles.
Aussi le retrouve-t-on à la mutuelle des
professeurs de l'Académie, au sein du comité directeur de l'ANAZAP (Association
nationale des artistes en arts plastiques), à l'AICA/Zaïre, à l'Amicale des anciens de
l'Académie des Beaux-Arts. Il passe le plus clair de son temps à l'enseignement et à
l'encadrement des jeunes qui trouvent en lui un maître modèle. |
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